Lettre ouverte à l’attention du président de la Bibliothèque nationale de France (12/03/2013)

 Section de la Bibliothèque nationale de France

Local syndical Tolbiac, T4, A2, poste : 49.24, messagerie : sud@bnf.fr

 

Bonjour monsieur Racine,

Notre organisation syndicale a appris récemment avec un très grand étonnement que les vestiaires du site de Richelieu de la BnF viennent d’être fermés et sont désormais remplacés par des consignes automatiques.

Cette mesure n’a fait l’objet d’aucune information officielle de la part de la direction de la BnF, par exemple sur Biblionautes, jusqu’à ce matin et elle n’a été indiquée aux agents de service public du site de Richelieu qu’au tout dernier moment, ne laissant pas à ceux-ci/celles-ci le temps de s’organiser pour y faire face.

Au-delà de notre surprise face à cette façon de procéder, nous tenons à vous faire part de notre opposition complète à cette mesure, qui est selon nous inacceptable pour deux raisons.

Tout d’abord, parce qu’elle est entachée de nullité d’un point de vue réglementaire. En effet, la fermeture des vestiaires du site de Richelieu faisait partie des mesures incluses dans le texte intitulé : « perspectives concernant l’aménagement et les emplois des vestiaires » qui a été présenté lors du Comité Technique de la BnF le 23 novembre 2012. Or, ce texte, qui a été soumis au vote, a fait l’objet d’un vote négatif unanime de la part des représentant-e-s du personnel. De ce fait, ce texte et les dispositions qu’il contient sont rejetés. La direction de la BnF aurait dû reconvoquer un comité technique dans les 30 jours qui ont suivi ce vote, selon les termes de l’article 48 du décret n°2011-184 du 15 février 2011 (et de l’article 18 du règlement intérieur du Comité Technique de la BnF), si elle souhaitait que la discussion de celui-ci puisse se poursuivre. Cela n’a pas été le cas. De ce fait, la direction de la BnF n’a pas respecté la procédure réglementaire et la fermeture des vestiaires du site de Richelieu n’a donc pas de fondement légal.

A moins que la direction de la BnF ne considère que les attributions du Comité Technique et ses règles de fonctionnement ne soient quantité négligeable, qu’elle peut s’affranchir à son gré de ses obligations légales et qu’elle estime ne pas avoir à tenir compte du vote des représentant-e-s du personnel, pratiquant ainsi une politique du passage en force et du fait accompli. Dans ce cas, qu’elle le dise clairement. Les organisations syndicales et les agents de la BnF en tireront alors les conclusions qui s’imposent.

Ensuite, cette mesure de fermeture des vestiaires du site de Richelieu est critiquable en elle-même. Elle remplace un service fourni depuis très longtemps aux usagers-ères de ce site qui permettait de faire face à des situations très variées et de répondre aux différentes demandes des lecteurs/trices, par un système de casiers qui n’est pas du tout adapté aux besoins de ceux-ci/celles-ci. D’autant plus que le site de Richelieu reçoit plus particulièrement un public venant d’autres régions et de pays étrangers pour des recherches précises. Or, ce public vient souvent avec des bagages volumineux qui ne peuvent pas rentrer ou très difficilement dans des casiers standards. Cela crée donc une incompréhension et un mécontentement parmi ces lecteurs/trices.

De plus, cela augmente les tâches à gérer pour les agents de service public dans les salles de lecture, qui doivent expliquer la nouvelle situation aux usagers-ères, répondre à leurs questions ou à leurs protestations. Cela a été en particulier le cas pendant la période entre la fermeture des vestiaires et la mise en fonctionnement des nouveaux casiers automatiques. Les cas particuliers étaient alors renvoyés vers l’accueil du site de Richelieu, en sachant que celui-ci n’est pas ouvert le samedi. Mais ce type de problème se posera aussi à l’avenir. De ce fait, cette mesure entraîne une dégradation des conditions d’accueil des usagers-ères et une dégradation des conditions de travail des agents.

Enfin, tout cela a une répercussion négative sur l’emploi des agents contractuels à temps incomplet aux vestiaires. Que sont devenus les agents concernés ? Ont-ils/elles été redéployé-e-s sur le site de Tolbiac, où le même problème de passage à des consignes automatiques va bientôt se poser ? Qu’en est-il de leurs contrats ? Sont-ils/elles de nouvelles victimes de la politique d’austérité forcée imposée par le gouvernement ?

C’est pourquoi notre organisation syndicale demande l’arrêt immédiat de cette mesure, qui ne respecte pas les règles des instances officielles de la BnF et qui a un impact négatif sur les missions de service public de notre établissement et sur la situation de ses agents. Ce qui implique donc la réouverture des vestiaires du site de Richelieu dans leur configuration antérieure.

En attendant votre réponse.

Veuillez agréer, monsieur le président de la BnF, nos sincères salutations syndicalistes.

 

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