Après le succès de la grève du 8 juin, poursuivons la lutte (11/06/2013)

 Section de la Bibliothèque nationale de France

Local syndical Tolbiac, T4, A2, poste : 49.24, messagerie : sud@bnf.fr

Le samedi 8 juin 2013, les agents de la Bibliothèque nationale de France, à l’appel de l‘intersyndicale CGT-FSU-SUD ont fait grève contre la précarité, les suppressions de postes, les baisses du budget et la remise en cause de leurs missions.
Cette grève a été largement suivie et a perturbé fortement le bon fonctionnement de la BnF, en particulier sur le site François Mitterrand. Ainsi, la plupart des magasins sont restés fermés toute la journée, de même que la salle de lecture J et la mezzanine de la salle D. Les salles A, G et H ont elles fermées à 17h30, tandis que le reste de la bibliothèque a fermé à 19h. De plus, il n’y a pas eu d’accueil en pied de tours pendant toute la journée. Dans certains services, le nombre de grévistes était très largement majoritaire.
Dans le même temps, les agents grévistes ont été au contact des lecteurs/trices, afin de leur expliquer les raisons de notre mobilisation. Nous avons bénéficié de la part de ceux-ci/celles-ci d’un très large soutien, comme en témoigne la récolte de plus d’un millier de signatures sur la pétition de soutien aux revendications du personnel de la BnF. Nous avons pu aussi compter sur la visite de soutien du représentant des lecteurs/trices, qui a appuyé notre action.
Car les lecteurs/trices ont bien compris que eux/elles aussi sont directement touché-e-s par les mesures d’économies mises en place à la BnF. En nous y opposant, nous ne défendons pas simplement nos conditions de travail et nos statuts professionnels, nous défendons aussi le service public de la lecture, qui permet un accès universel, égalitaire et non-marchand aux connaissances.
La grève du samedi 8 juin est donc un succès important.
Pourtant, la direction de la BnF aura tout fait pour s’y opposer, essayant par tous les moyens de masquer l’impact de la grève, afin de faire croire que tout était normal. En particulier, la direction n’a pas hésité à maintenir des salles de lecture ouvertes le plus longtemps possible alors même qu’il n’y avait plus les agents nécessaires pour s’en occuper. Ainsi, la salle T est restée ouverte toute l’après-midi alors même que la banque T était fermée et que la salle était sans surveillance. En banques K/L et L/M, il n’y avait plus qu’un agent (de catégories A-B en l’occurrence) à partir de 17h pour gérer chaque banque, ce qui a contraint les membres de la direction présents exceptionnellement ce jour-là à venir en renfort faire des tâches qu’ils n’ont jamais fait pour assurer la fermeture. En salle X, il n’y avait plus qu’un agent à partir de 18h, alors que l’ensemble de la salle était ouvert. Il en a d’ailleurs été de même en salles E et F pendant une grande partie de la journée.

Au-delà du comportement abusif de membres de la direction de la BnF venant jouer les briseurs de grève en remplaçant des agents vacataires, qui gagnent beaucoup moins qu’eux, la volonté de maintenir ouvert à tout prix les salles de lecture est contraire aux règles de sécurité et de gestion des collections. De ce fait, la direction de la BnF a fait courir des risques anormaux aux agents qui n’ont pas fait grève, aux collections et aux usagers-ères. Nous dénonçons ce type de pratique et nous demandons qu’il cesse immédiatement.
Mais en agissant ainsi, la direction de la BnF a finalement bien compris l’enjeu de cette grève, qu’elle a tenté sans succès de minimiser.

Car la réalité, c’est que cette grève a été très suivie parmi les agents vacataires et qu’elle a montré une fois de plus que ce sont ces agents qui font fonctionner la BnF le week-end. Sans eux et elles, rien ne peut se faire ces jours-là, ils/elles sont indispensables. Malgré cela, la direction de la BnF refuse de prendre réellement en considération la situation de précarité dans laquelle sont ces collègues et d’y mettre fin. La grève du 8 juin n’était donc pas seulement une mobilisation pour des améliorations immédiates, c’était aussi une grève pour la dignité professionnelle des vacataires, pour la reconnaissance de la réalité de leur travail.

C’était de même un rejet clair de toutes les mesures d’économie que le gouvernement et la direction de la BnF imposent à notre établissement. C’était une nouvelle étape dans la résistance face à la casse de nos emplois, de nos conditions de travail, de nos missions et de nos situations professionnelles.
C’est pourquoi il faut continuer à se mobiliser et à agir, que nous soyons fonctionnaires, contractuels ou vacataires, pour revendiquer :

  • Le maintien au sein de la BnF et la stabilisation immédiate sur des contrats de 3 ans de tous les vacataires occasionnels qui sont en fait sur des besoins permanents, que ce soit en service public, sur le projet Richelieu ou sur la numérisation.
  • La garantie du passage en CDI au bout du premier CDD de 3 ans pour les agents des Vestiaires et le refus de tout « plan social » supprimant des postes aux Vestiaires, au SOL ou aux caisses.
  • L’augmentation du temps de travail des vacataires qui le souhaitent jusqu’à la limite légale de 110 heures par mois.
  • La mise en oeuvre d’un véritable plan de titularisation, sans condition ni de quotité horaire, ni d’ancienneté, ni de nationalité, pour les vacataires exclue-e-s par la loi Sauvadet.
  • L’arrêt de la suppression de postes et la création de postes de titulaires à la hauteur de nos besoins.
  • Une amélioration du budget de la BnF lui assurant de tenir pleinement ses missions de service public.
  • L’arrêt immédiat de toute marchandisation de la BnF, de ses bâtiments et de ses collections, la dissolution de la filiale BnF-partenariat et la mise en place d’un véritable service public de la numérisation, doté des moyens techniques, financiers et en personnel titulaire nécessaires à ses missions.

Les attaques que nous subissons ne sont pas des fatalités. Ce sont des choix politiques clairs de la part du gouvernement qui préfère s’en prendre aux services public et aux travailleurs/ses, plutôt que de s’en prendre au patronat et au système capitalisme.
Mais les richesses pour mettre fin à la précarité, pour créer des postes, pour améliorer nos conditions de travail et nos salaires, pour renforcer les services publics existent.

Partageons les richesses,
mettons fin à la précarité, aux sous-effectifs, à la perte de nos missions !

 

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