Non à la sous-traitance du PC de sûreté de nuit (22/06/2013)

 Section de la Bibliothèque nationale de France

Local syndical Tolbiac, T4, A2, poste : 49.24, messagerie : sud@bnf.fr

 

La très grande majorité des agents de la BnF travaillent de jour, quelques soit le site où ils/elles se trouvent. De ce fait, le travail qui s’effectue la nuit à la BnF est très mal connu. Pourtant, il est essentiel pour la préservation et le bon fonctionnement des bâtiments, des équipements et des collections de la BnF.

Ainsi, la surveillance et la gestion de la BnF la nuit sont assurées par le service de sûreté de nuit, qui est composé de fonctionnaires de la filière Accueil-Surveillance-Magasinage du ministère de la Culture. Mais ce service se trouve pris à son tour dans la tourmente des réorganisations et des suppressions de postes qui frappent partout à la BnF.

Jusqu’au début de l’année 2013, ce service se composaient de 10 agents, répartis en deux équipes de 5 qui se relaient selon un cycle de plusieurs nuits consécutives de travail, afin d’avoir une présence continue la nuit. Chaque équipe était constituée de 4 adjoints ASM et d’un chef d’équipe (Technicien des Services Culturels). Ces agents avaient principalement en charge la gestion du poste de contrôle de sûreté (PCS) qui, sur le site de Tolbiac, regroupe toutes les alarmes et les caméras pour surveiller les sites de Tolbiac, de Richelieu et les autres sites annexes. Cela leur permettait de connaître la situation des bâtiments et d’intervenir en cas de problème ou d’anomalie, en liaison avec les salarié-e-s de la société sous-traitante de gardiennage, tout en gérant aussi les interventions de la DMT ou des sociétés prestataires. Il s’agit là d’une lourde charge de travail, car la nuit l’ensemble des alarmes fonctionne dans l’établissement, contre seulement 10 % en journée. Néanmoins, jusqu’au début de l’année 2013, ce fonctionnement, assuré par des agents fonctionnaires, donnait toute satisfaction et se déroulait normalement.

Mais suite à des départs en mutation, le service de sûreté de nuit s’est trouvé réduit à 7 personnes. Au lieu de faire des efforts pour recruter d’autres fonctionnaires afin de compléter ce service, ce qui aurait été tout à fait possible, la direction de la BnF a profité de cette situation précaire pour changer radicalement les missions du service de nuit.

En effet, depuis le 1er février 2013, la gestion du poste central sûreté de nuit situé à Tolbiac a été confiée à la société privée à qui est sous-traité le gardiennage. C’est elle qui gère les alarmes, les caméras et déclenche les interventions. Les agents du service de sûreté de nuit de la BnF, eux/elles, sont dorénavant chargé-e-s de contrôler la prestation de service de la société privée, en ayant des informations en différée sur ce qui se passe au PC sûreté, tout en continuant à intervenir en cas de problème, mais en étant uniquement guidé par le PC sûreté qu’ils/elles ne gèrent plus. De plus, la direction de la BnF prend prétexte de ce changement du périmètre des attributions du service de sûreté de nuit pour réduire son personnel, qui doit passer à 5 agents, soit deux équipes de deux adjoints et un chef d’équipe, selon les attentes de la direction.

Pour nous, section SUD Culture de la BnF, ce changement des missions du service de sûreté de nuit est inacceptable, tant pour le patrimoine que pour les Adjoints ASM.

D’abord parce qu’il a été imposé et acté aux Adjoints sans concertation, sans information préalable des instances régulières de la BnF et dans la précipitation.

Ensuite, parce qu’il s’agit d’une sous-traitance supplémentaire de missions de la BnF, alors qu’il faudrait au contraire réduire le champ de la sous-traitance. C’est une forme déguisée de privatisation des fonctions de la BnF. De ce fait, c’est faire courir un risque important aux bâtiments, aux équipements et aux collections de la BnF (des dysfonctionnements récurrents et potentiellement graves ont déjà été signalés). La gestion du PC sûreté de nuit demande des qualifications précises, une formation et une expérience importante. Quelle garantie il y a-t-il que la société privée sous-traitante sera toujours en capacité de fournir des salarié-e-s ayant les qualifications requises (connaissance et maîtrise du site), ainsi que l’implication pour la préservation du patrimoine ? Nous savons très bien que dans le domaine du gardiennage, le but des sociétés privées est de diminuer les frais de formation et le nombre de salarié-e-s qualifié-e-s, afin de faire encore plus de profits. Par ailleurs, les sociétés privées du secteur du gardiennage connaissent souvent des faillites, des rachats, des changements de noms, etc… Cela s’est produit il n’y a pas si longtemps pour celle qui gérait le gardiennage du site de Tolbiac. Que se passera-t-il si la société privée qui gère le PC sûreté fasse faillite ? Est-ce la BnF qui devra reprendre celui-ci en gestion directe ? Dans ce cas, pourquoi tout simplement ne pas continuer à le gérer directement de manière permanente.

Dans le même temps, cela représente une brusque dégradation des conditions de travail des adjoints du service de sûreté de nuit. Ceux-ci/celles-ci sont en effet confronté-e-s à une réduction de leurs tâches, leur travail perd véritablement de sa valeur et de son sens. Ils/elles ne sont plus des opérateurs/trices utilisant leurs qualificationsleurs expériences et leurs implications directes, mais des « contrôleurs/ses » se trouvant à la périphérie du PC de sécurité. Ils/elles subissent une véritable dépossession de leurs missions. De plus, ce périmètre de travail amoindri les éloigne du fonctionnement des services de sûreté de nuit des autres établissements du ministère de la Culture, ce qui peut gêner leur évolution professionnelle ou leur mutation. Surtout, la réduction du nombre d’agents de ce service à 5, entraînera de gros problèmes de fonctionnement et de charge de travail. Car le chef d’équipe ne peut pas être là toutes les nuits. Quant aux adjoints, la moindre absence d’un d’entre eux/elles laisse son collègue seul, ce qui rend compliqué et dangereux tout travail de nuit et rend impossible toute intervention viable, notamment sur le parvis du site de Tolbiac. Sauf à interdire tout congé, arrêt-maladie, formation, etc…

Encore une fois, la recherche de suppressions de postes par la direction de la BnF se traduit par une dégradation de la situation professionnelle des adjoints ASM concerné-e-s, une remise en cause de leurs missions, la suppression de toute marge de manœuvre permettant de faire face à des situations difficiles, une sous-traitance au secteur privé de tâches relevant de la responsabilité de la BnF et une fragilisation des installations et des collections de la BnF. A l’image de ce qui se passe pour d’autres fonctions.

C’est pourquoi face à cela la section SUD Culture de la BnF réclame :

  • L’augmentation immédiate des effectifs du service de sûreté de nuit, à 8 Adjoints ASM, afin qu’il puisse avoir un fonctionnement normal et responsable.

  • L’annulation de l’avenant au marché de gardiennage qui confie la gestion du PC sûreté de nuit à la société privée sous-traitante et le retour de son utilisation, avec toutes les tâches afférentes, pour une sûreté efficace par les Adjoints ASM

 De jour comme de nuit, non aux suppressions de postes,

non à la remise en cause de nos missions !

 

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