Après le succès de la grève du 21 juin, la direction de la BnF doit prendre en compte nos revendications (24/06/2013)

Section de la Bibliothèque nationale de France

Le vendredi 21 juin 2013 a eu lieu à l’appel de l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture et de l’assemblée générale du personnel de la BnF la deuxième journée de grève du mois de juin dans cet établissement. Il s’agissait de refuser la baisse du budget de la BnF et toutes ses conséquences, comme les suppressions de postes, la précarité accrue des vacataires, la remise en cause de nos missions, la dégradation de nos conditions de travail et la marchandisation des collections publiques.
Cette journée de grève a été à nouveau très suivie, à l’image de celle du 8 juin. Sur le site de Tolbiac, il n’y a eu aucune communication des documents patrimoniaux stockés en magasins. Les salles de lecture du Haut-de-Jardin G et H sont restées fermées toutes la journée, tandis que la direction de la BnF a dû fermer les salles de lecture du Rez-de-Jardin K, L et M dans la matinée sous la pression des grévistes, car il était évident qu’il n’y avait pas assez d’agents pour assurer la sécurité minimum des collections et des lecteurs/trices dans ces salles. Les salles de lecture du niveau Haut-de-Jardin dans leur ensemble ont fermé à 17h30.
Dans le même temps, les agents grévistes ont été au contact des lecteurs/trices, car c’est aussi pour défendre une bibliothèque de service public, offrant des services de qualité à ses usagers-ères qu’il y a eu grève. Cela a d’ailleurs été très bien compris par les lecteurs/trices, qui ont signé massivement la pétition de soutien et donné de l’argent pour la caisse de grève. Le nouveau représentant des lecteurs/trices est aussi venu soutenir la grève, montrant ainsi la convergence des revendications entre usagers-ères et personnel de la BnF.
L’après-midi, les agents grévistes se sont rendu-e-s au Conseil d’Administration de la BnF, afin d’interpeller les représentants des ministères de tutelle de l’établissement (ministère de la Culture, ministère de l’enseignement supérieur, ministère de l’économie et des finances). Nous leur avons demandé de répondre clairement à nos revendications. Mais nous n’avons eu pour toute réponse que des discours de langue de bois bureaucratique, qui ne contenaient que de vagues promesses de « mieux tenir compte de la situation spécifique de la BnF » et « d’envisager une baisse du budget pour 2014 moins forte que prévue ». Ce qui revient à dire que la situation de notre établissement va continuer à se dégrader, mais peut-être moins violemment qu’envisagé.
Nous n’avons par contre eu aucune réponse sur la stabilisation immédiate de l’ensemble de la quarantaine d’agents vacataires de service public en fin de contrats à la fin du mois de juin et leur passage sur des CDD de 3 ans.
Nous n’avons pas eu de réponse sur les créations de postes d’agents titulaires nécessaire pour fonctionner de manière correcte.
Nous n’avons pas eu de réponse sur le dégel immédiat des crédits bloqués et le relèvement du budget pour l’année 2014.
Nous n’avons pas eu de réponse sur le maintien de missions de service public.
Pas plus que nous n’avons eu de réponse sur le refus de la marchandisation de la BnF, que ce soit à travers ses collections, ses bâtiments ou ses fonctions.
La direction de la BnF et les représentants des ministères de tutelle nous ont écoutés, mais ils/elles ne semblent pas avoir compris nos interventions.
Pourtant, le message des deux journées de grève est suffisamment clair.
Les agents de la BnF, toutes catégories, tous statuts et tous services confondu-e-s en ont assez. Ils/elles ne supportent plus la situation qu’ils/elles doivent subir. Il est donc plus que temps que cela cesse et que de vraies améliorations soient mises en place.
Nous ne voulons pas de discours évasifs ou des rappels de soi-disant difficultés financières pour justifier la casse de la BnF. L’argent pour financer les services publics existe. Ainsi, le salaire moyen d’un patron du CAC 40 est de 4,5 millions d’euros, soit exactement la somme perdue par la BnF sur son budget 2013. Pour SUD Culture, la BnF, ses missions, ses 2 500 agents et ses dizaines de milliers d’usagers-ères sont plus importants et plus utiles socialement que le revenu indécent d’un seul patron. Il n’y a pas de fatalité ou de contrainte insurmontable, il n’y a que des choix de société. Nous, nous faisons celui de la justice sociale, des services publics d’utilité sociale, de la répartition égalitaire des richesses.
La direction de la BnF et les tutelles doivent maintenant réellement prendre en compte nos revendications, à savoir :

  • L’arrêt des suppressions de postes et la création de postes statutaires partout où cela est nécessaire.
  • Des moyens à la hauteur des besoins et des missions de la BNF avec dans un premier temps un arrêt immédiat des baisses de subventions.
  • le respect des missions fondamentales de la BNF : conservation, catalogage, acquisitions…
  • Contre la privatisation des locaux appartenant à la BNF.
  • Contre la marchandisation des collections publiques numérisées.
  • Contre la multiplication des contrats précaires occasionnels et pour la stabilisation des vacataires concerné-e-s sur des CDD de 3 ans, ainsi que le respect de l’ensemble des droits des vacataires.

S’il n’y a pas de réelles avancées, nous continuerons à nous mobiliser et à agir, aussi longtemps qu’il le faudra.

On ne lâche rien !
Nous ne voulons ni précarité, ni baisse des budgets,
ni missions sacrifiées !
Défendons un service public de qualité et une situation professionnelle améliorée !

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