Aux lecteurs usagers de la Bnf (30/01/2014)

 Section de la Bibliothèque nationale de France

Local syndical Tolbiac, T4, A2, poste : 49.24, messagerie : sud@bnf.fr

 

Vous venez à la BnF pour effectuer vos recherches, pour visiter des expositions ou

assister aux événements proposés par l’établissement et vous trouvez naturel de pouvoir travailler et circuler dans un espace propre et entretenu. Sauf que depuis quelques mois, pour les salarié-e-s en charge du nettoyage du site de Tolbiac, les conditions ne sont plus réunies pour qu’ils et elles puissent effectuer leur travail normalement.

Quand les salarié-e-s du nettoyage deviennent la variable d’ajustement :

Depuis de nombreuses années, les personnels de nettoyage du site de Tolbiac

connaissent des changements d’employeurs incessants du fait de l’externalisation de cette activité. Le dernier renouvellement du marché a eu lieu le 1er janvier 2013 dans un contexte de restriction budgétaire généralisé dans l’établissement mais dont le marché de nettoyage a particulièrement pâti, se voyant amputé de près de 20% de son budget, avec de lourdes conséquences pour les personnels concernés.

En effet, dès la reprise du marché engagé avec la nouvelle entreprise entrante, ONET

services, cette dernière avait tenté de ne pas reprendre près de 10 salarié-e-s, arguant que le montant du marché était trop faible pour maintenir les effectifs en place. Il avait fallu la mobilisation et toute la détermination des personnels et de notre organisation syndicale pour faire reculer l’employeur dans sa volonté de réduire l’effectif. Mais depuis quelques mois, suite à des incitations au départ:

ce sont plus de 1600 heures de travail mensuel qui ont été perdues, sans que celles-ci aient été réaffectées. Aujourd’hui les personnels de nettoyage ne sont plus que 48 contre 61 au moment de la reprise du chantier

Plannings surchargés, travail bâclé, salarié-e-s pressurés et épuisés :

Et pourtant les besoins n’ont pas changé, la superficie du bâtiment demeure toujours aussi colossale et si la fréquence de nettoyage des bureaux a certes été un peu réduite, cela ne rend pas plus simple les tâches des agents qui se retrouvent à chaque passage avec un volume de travail plus conséquent, les déchets s’étant accumulés entre temps. Suite aux départs de leurs anciens collègues, non remplacé-e-s, les agents du nettoyage subissent des pressions depuis plusieurs mois pour effectuer des tâches supplémentaires. Résultat pour les personnels : il s’agit de passer des journées à courir dans tous sens, d’une tour à l’autre de l’établissement en essayant de tenir des plannings surchargés qui ne peuvent les mener qu’à l’épuisement.

Dans le même temps, cela se traduit aussi parfois par une moins bonne qualité du

nettoyage effectué, ce que peuvent constater aussi bien les agents de la BnF que les

lecteurs/trices.

Face à cette situation, la marge de manoeuvre des agents est restreinte et jamais sans risque pour eux et elles. Soit ils et elles effectuent l’ensemble des tâches supplémentaires dans un délai intenable en parcourant des espaces d’un bout à l’autre de la BnF, au risque de se voir par la suite systématiquement reprocher la qualité du travail effectué. Soit ils et elles refusent la charge de travail qui leur est imposée et ces agents font l’objet d’un rapport et d’une convocation auprès de l’employeur, ONET, pour une éventuelle mesure de sanction.

Alors même que l’effectif a déjà fondu depuis des mois, l’employeur a encore proposé récemment des changements de site à des agents. Cette situation ne peut plus durer et les agents soutenus par la section SUD Culture de la BnF, demandent :

-La clarification des tâches affectées à leurs postes, par la mise en place de plannings écrits

-Le retour à un niveau d’effectif permettant de travailler dans des conditions normales, par l’attribution d’heures complémentaires pour les agents qui en ont fait la demande, des passages à temps plein et des embauches à la hauteur des besoins.

Les conséquences néfastes de l’externalisation sur les conditions de travail :

Dans les établissements publics, l’externalisation d’une partie des activités, comme le nettoyage, conduit immanquablement à la mise en concurrence d’entreprises rivalisant d’imagination pour tirer les prix vers le bas et remporter les marchés. Imaginez des salarié-e-s qui changent d’employeur tous les 3 ans, dont les conditions d’emploi et les acquis sociaux doivent être défendus à chaque renouvellement de marché pour ne pas se voir abaissés, dont la marge de manoeuvre est particulièrement restreinte, coincés entre un employeur agitant à tout bout de champs la menace de sanction et l’établissement dans lequel ils et elles travaillent quotidiennement effectuant lui de son côté des contrôles afin de s’assurer que les prestations attendues sont conformes à la réalité et vous aurez compris le climat précaire et stressant dans lequel ces personnels travaillent.

Ce dumping social qui conduit ici à faire porter la charge du nettoyage sur les seuls

salarié-e-s d’ONET n’est satisfaisant ni pour eux et elles, ni pour l’ensemble d’entre nous, usagers et employé-e-s de la BnF. Aujourd’hui c’est la réduction du budget attribué au marché de nettoyage qui a des incidences négatives sur les conditions de travail des salarié-es du nettoyage et sur la qualité des prestations.

A cette occasion, la section SUD Culture BnF exprime une nouvelle fois son souhait de voir établie une charte sociale appliquée aux marchés publics, qui encadrerait les

conditions d’emploi des salarié-e-s des secteurs externalisés et qui permettrait ainsi de limiter les abus.

 

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