Contre les violences policières, l’état d’urgence et la criminalisation des luttes.

Congrès SUD Culture Solidaires, Reims 01 juin 2016
Motion d’actualité proposée par les sections BnF et ENS d’Architecture Paris La Villette

Depuis le début des mobilisations contre la loi dite « travail », de nombreux médias et observateurs/trices politiques ont pris le parti de mettre en avant, de façon racoleuse, la soi-disant violence de certain-e-s manifestant.e.s. Ces mêmes observateurs/trices ont aussi rapidement entrepris de faire un tri entre bons/nes et mauvais/es manifestant.e.s, entre « pacifistes » et groupes appelés « casseurs ». Ce type de discours médiatique stéréotypé visant à dénigrer la lutte sociale est le même que celui qui assimile de manière très abusive les grèves légitimes de travailleurs/euses à des « prises d’otages ».

Pour SUD Culture Solidaires et du point de vue de ceux et celles qui défilent, luttent et protestent depuis plusieurs mois, la vraie constante qui marque et rythme ces manifestations n’est pas la nuisance de soi-disant perturbateurs/trices, mais bien celle des appareils de répression d’Etat, conjuguée à la violence sociale entretenue dans le monde du travail par le patronat et le capitalisme.

Le déploiement des forces de l’ordre pour cadrer les cortèges dits de « jeunesse », les matraquages, gazages, humiliations, intimidations, les tirs tendus de grenades et de flashball, sont les provocations qui expliquent le climat des manifestations actuelles. Les interdictions de manifestation ou assignations à résidence durant la COP 21, ou encore la scandaleuse manifestation de policiers/ères qui n’ont pas hésité à s’afficher place de la République auprès de cadres d’extrême droite sont autant de provocations insupportables. Le nombre de blessé.e.s graves parmi les manifestant.e.s est actuellement la conséquence dramatique de ces violences orchestrées au niveau de l’Etat. Nous n’oublions pas la mort tragique de Rémi Fraisse, militant tué par la gendarmerie lors d’une manifestation à Sivens en octobre 2014. Nous n’oublions pas les victimes de bavures et violences policières dans les quartiers populaires, comme nous n’oublions pas non plus les dégâts causés par l’utilisation du flashball depuis des années ; la police agit, cela crève les yeux !

Actuellement, cette répression touche tous les cortèges de manifestant.e.s, régulièrement scindés et gazés et par les forces de l’ordre. Les poursuites et condamnations (aussi bien de lycéen.ne.s, étudiant.e.s, que de syndicalistes), gardes-à-vue et perquisitions de locaux syndicaux sont également le symptôme de cette volonté de criminaliser les mouvements sociaux et l’action syndicale de lutte. Cette criminalisation a conduit à la condamnation des syndicalistes de Goodyear, la mise en examen des « arracheurs de chemise » à Air France, et participe de la répression antisyndicale dans plusieurs secteurs.
Cela a également conduit à l’arrestation à Paris durant l’été 2015, puis à la condamnation en octobre, de 4 personnes, dont 2 militant.e.s de SUD Culture, venu.e.s soutenir dans un centre d’hébergement des réfugié.e.s qui ont dû fuir leur pays. Ils et elles ont été mis.e.s en cause par des membres d’une association pourtant censée aider ces mêmes personnes, leur condamnation est pour l’instant mise en appel.

Tout cela se passe dans le contexte de la prolongation régulière de l’état d’urgence, qui restreint les libertés publiques, menace les luttes sociales et justifie tous les abus. Rien ne justifie le maintien de cet état d’urgence, ni les tentatives de le faire passer dans le droit commun par le biais de la loi Urvoas.

SUD Culture Solidaires condamne toutes les tentatives de diviser les militant.e.s, ainsi que la répression qui s’abat sur ceux et celles engagé.e.s au quotidien pour défendre les droits des travailleurs/euses, des chômeurs/euses, précaires, sans papiers et réfugié.e.s et qui militent pour un autre projet de société. Nous ne céderons pas à cette stratégie de la peur et continuerons à manifester en restant solidaires. Nous exigeons l’arrêt des poursuites et la libération de toutes les personnes arrêtées lors de mouvements sociaux. Nous réclamons la cessation de la répression antisyndicale dans les lieux de travail et le respect du droit syndical. Nous demandons une amnistie pour le mouvement social et la fin de l’état d’urgence.

Nous appelons à la solidarité et au soutien de tous/toutes les militant.e.s poursuivi.e.s, et à participer aux mobilisations contre la répression.

Un coup porté contre l’un-e d’entre nous
est un coup contre tous et toutes !

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