MANIFESTATION EN SOLIDARITÉ AVEC LES MIGRANT-ES SAMEDI 26 NOVEMBRE 2016

Le 27 octobre la dite « Jungle » de Calais a été expulsée. Quelques jours après, le 4 novembre, les campements de Jaurès et de Stalingrad à Paris ont été eux aussi vidés.

D’une ville à l’autre, les autorités (État, préfecture et municipalité) ont joué sur deux fronts : l’un répressif, des centaines de policiers déployés avec toute la violence que cela comprend, et l’autre humanitaire avec l’appui d’associations telles que Emmaüs, la Vie active. Dans les deux situations, on a pu entendre des promesses de solutions « dignes », celles de l’hébergement, de l’étude des demandes d’asile, etc.

À Calais, la plupart des personnes qui vivaient dans la Jungle ont été emmenées à travers tout le pays dans des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO), nouvel outil en matière de politiques migratoires en dehors de tout cadre légal et réglementaire. Ce sont en quelque sorte des sous-centres pour demandeur-euses d’asile et des pré-centres de rétention où s’opère un tri. D’une certaine façon, l’État français expérimente ainsi « l’approche hotspot » voulue par l’Union Européenne mais à l’échelle du territoire national.

À Paris, les migrant-es ont eux-elles été emmené–es pour certain-es dans des centres d’hébergement d’urgence, pour d’autres dans des gymnases, où a-t-on dit « leurs situations seraient étudiées au cas par cas ». Pour preuve, les dizaines de salarié-es et bénévoles de l’OFII et de France Terre d’Asile présent-es sur place. Aucune des revendications que les migrant-es avaient rédigé dans un communiqué quelques jours auparavant n’ont été entendues. Le 3 novembre, des centaines de personnes ont répondu à l’appel des migrant-es à se rassembler avenue de Flandres pour soutenir leurs revendications. Dans quelques jours, la plupart retourneront à la rue.

Police et charité sont les deux faces d’une même monnaie, celle de la sélection, du tri, de dispersion. À travers ces expulsions, et les pseudo-solutions proposées, se dévoile sans peine la politique européenne en matière de gestion des frontières : séparer les « bons demandeurs d’asile » des autres, appliquer des quotas, en accueillir quelques-uns pour en expulser le plus grand nombre.

La dispersion répond également à la nécessité pour l’État de casser ce qu’il ne contrôle pas : la solidarité qui se développe, l’auto-organisation pour passer les frontières, la prise en main par les migrant-es eux et elles-mêmes de leurs revendications. Dans les médias, le gouvernement et ses pseudo-spécialistes lancent à tue-tête les éternels épouvantails racistes de « mafia », « passeurs », « réseaux criminels ».

Il est urgent de reprendre des initiatives larges en solidarité avec les migrant-es et de soutenir leurs revendications et leurs luttes. Contre-rassemblements et manifestations se sont multipliés ces dernières semaines dans des villes et villages face aux appels à la haine raciste d’élus de droite et du front national à se rassembler contre l’hébergement de migrant-es dans leurs communes.

Les migrant-e-s fuient la guerre, la dictature ou la misère. C’est le système capitaliste qui, en pillant les pays dits « du Tiers-Monde », en vendant des armes et en provoquant des guerres au gré de ses interventions impérialistes a créé cette situation.

Les migrant-es sont aussi des travailleurs/ses, qui risquent de se retrouver exploité-e-s par des patrons sans scrupules, qui sont les vraies « mafias ».

Il est aussi urgent d’établir un vrai service public d’accueil des migrant-e-s – avec des moyens conséquents, du personnel formé en nombre suffisant et avec un vrai statut – pour pallier les conditions de travail déplorables, la précarité et le sous-effectif que subissent les salarié-e-s des CAO, CADA, etc.

Manifestation « Migrant-es bienvenue » samedi 26 novembre

à 14h au métro Jaurès (ligne 2 et 5)

Soyons nombreux-euses !

Plus que jamais : liberté de circulation & d’installation !

 

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