Pour 2017, exigeons des conditions d’emploi dignes pour les salarié.e.s du nettoyage !

Cette année encore, la direction de la BnF présente ses vœux pour la nouvelle année. Au-delà des belles paroles et des bonnes intentions, pour nous salarié-e-s du nettoyage du site de Tolbiac,  organisé-e-s collectivement au sein de la section SUD Culture de la BnF, cette année 2017 va surtout être marquée au second semestre par un énième changement d’employeur.

En effet comme tous les 3-4 ans, la BnF, qui externalise plusieurs des métiers les plus pénibles bien qu’indispensables au bon fonctionnement de l’établissement, va lancer un appel d’offre pour la reprise du chantier de nettoyage du site de Tolbiac. Plusieurs prestataires de service privés vont donc entrer en concurrence pour tenter de remporter ce marché important, source de profits conséquents. Pour nous salarié-e-s du nettoyage, chaque renouvellement de marché est source de stress en raison du risque de voir nos acquis sociaux et nos conditions de travail une nouvelle fois dégradés. La direction de la BnF ne peut pourtant pas continuer d’ignorer le coût social des marchés de la sous-traitance, les situations de « dumping social » qui lui sont souvent propres, tout comme les tentatives de certaines entreprises de contourner ou de dégrader le droit social.

► Retour sur 4 années de luttes et de mobilisations des salarié.e.s d’Onet sur le site Tolbiac de la BnF :

2012 : La BnF décide de faire des économies en baissant de 20% le budget alloué au nettoyage.

Fin 2012 : juste avant sa reprise du chantier, la société Onet Services tente de remettre en cause les acquis sociaux des salarié-e-s et notre représentation syndicale : volonté de ne pas reprendre les délégués syndicaux / imposition d’une clause de mobilité sur les contrats (qui permet de changer de site un-e salarié-e sans le consulter) / attaques contre la prime de fin d’année et la majoration du dimanche…

Autant d’acquis obtenus par les agent-e-s travaillant à la BnF souvent depuis de nombreuses années !

Mais une forte mobilisation des agent-e-s et de notre organisation syndicale a au final permis d’obtenir le maintien des acquis sociaux et des mandats syndicaux.

2014 – 2015 : départs contraints par Onet d’une quinzaine d’agent-e-s, pour faire des économies et sans que la charge de travail diminue pour autant pour les équipes restées sur place.

Cette situation intenable a conduit les agent-e-s, à l’appel de notre organisation syndicale, à faire grève durant 13 jours consécutifs au mois d’avril 2015, ce qui leur a permis de gagner :

  • l’embauche de 3 collègues en CDI sur le site
  •  l’attribution de 100 heures complémentaires à répartir pour les agent-e-s à temps partiel
  •  un audit sur les matériels et tenues

Fin 2016 : menace sur la prime de fin d’année des personnels de Tolbiac !

Cette année la société Onet a versé aux agent-e-s la prime de fin d’année qui leur est garantie par plusieurs accords qui sont propres au site de Tolbiac et qui ont été signés entre l’employeur et notre organisation syndicale. Toutefois Onet a décidé de morceler cette prime sur les fiches de paie et de la cacher derrière l’accord de branche régissant le secteur du nettoyage au niveau national (et qui peut donc être sujet à des variations). Cette pratique est pour nous un nouveau dénigrement des acquis des salarié-e-s du site, créant le risque de les mettre en péril lors de la prochaine reprise du marché. Les agent-e-s attendent de la direction d’Onet des mesures rectificatives, et une intervention de la BnF en tant que donneur d’ordre.

En 2017, la BnF doit assumer pleinement la responsabilité sociale qui incombe à sa position de donneur d’ordre, et se doter de moyens permettant de garantir de manière pérenne les droits des salarié-e-s du nettoyage comme de tous/tes ceux et celles dépendant de services sous-traités à la BnF (restauration, sécurité, etc..).

► Nous revendiquons pour la mise en place du nouveau marché :

L’intégration au sein des cahiers des charges de clauses plus protectrices pour les salarié.e.s :

  •  Un volume d’heures incompressible nécessaire aux prestations et un nombre précis de salarié-e-s affecté-e-s sur le site.
  • L’extension au-delà de la convention collective des conditions de reprise des personnels pour qu’aucun-e salarié-e ne soit exclu-e du marché suivant.
  • L’énoncé de tous les acquis sociaux, qui doivent être entièrement repris pour les personnels du site, etc…

La transposition à la BnF de la charte sociale du Ministère de la Culture et de la Communication :

  • En appliquant les préconisations et les bonnes pratiques qui y sont énoncées, notamment concernant les renouvellements et suivi de marché, les réunions de suivi avec le prestataire pour rappeler ses obligations sociales, etc.
  • En déclinant localement une charte sociale adaptée au contexte de l’établissement et qui représente un véritable engagement vis-à-vis des salarié-e-s.

Pour SUD Culture Solidaires, l’externalisation de services n’a qu’un but : baisser le coût du travail et la masse salariale de l’État, tout en sous-traitant au passage les métiers les plus pénibles et les moins bien rémunérés pour se dégager de toute responsabilité sociale.

 Contre les sous-effectifs, les cadences infernales, la précarité et le dénigrement des droits des salarié.e.s :

 Réinternalisation de la sous-traitance, à la BnF comme ailleurs !

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