Un 8 mars de luttes ? c’est parti :

greve-8-mars

On ne le dit jamais assez : ce sont nos luttes qui ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Les lois sont là, elles sont même nombreuses et touchent à tant de domaines : les salaires, le champ professionnel (de l’embauche à la promotion en passant par les conditions de travail), le droit à disposer de nos corps, contre les violences… Malgré cela, en 2017, les inégalités persistent : aussi bien en termes de salaires, d’emploi, de sexisme…

Alors ce 8 mars, mettons à l’ordre du jour l’égalité !

La journée du 8 mars est la journée internationale pour les droits des femmes, ce n’est pas la journée de « la » femme, comme les médias le propagent, c’est une journée de luttes. Il n’y a pas une femme, mais des femmes qui, jour après jour sont confrontées aux « petites choses du quotidien » relevant de la domination masculine. Qu’il s’agisse de la « blague» sur les blondes, des remarques ou regards selon les tenues vestimentaires, des attouchements subis dans les transports en commun, des entretiens d’embauche où le désir de grossesse est questionné, des emplois à temps partiel qu’on nous réserve sous le prétexte de l’articulation avec la vie « familiale », du quart de différence de salaire en moins, de l’évidence qu’il faut « penser » les courses, les rendez-vous chez le médecin pour les enfants, le ménage… si la liste n’est pas exhaustive, elle est surtout très longue ! Elle est le signe d’un système (le patriarcat) qui, comme tout système, s’immisce dans notre quotidien et notre façon d’être, au point qu’il est extrêmement difficile d’y échapper.

Aussi, la récupération de cette journée à des fins commerciales, avec des messages publicitaires proposant de la « fêter » par un cadeau ou une distribution de fleurs sur le lieu de travail n’est pas supportable.

C’est pourquoi Solidaires construit la grève des femmes le 8 mars. Des préavis de grève sont déposés, comme des appels à débrayer et à agir partout.

A 15h40, on s’arrête !

Cette année, plusieurs organisations syndicales, féministes et altermondialistes appellent à faire de ce 8 mars une journée d’actions et de grèves pour les droits des femmes. Pour refuser le travail gratuit et exiger l’égalité professionnelle, elles appellent à des arrêts de travail et des rassemblements à 15h40 dans toute la France et sur tous les lieux de travail. Cet horaire correspond, pour une journée théorique de 8h (de 9h à 17h, avec une heure de pause déjeuner), à l’heure à partir de laquelle les femmes ne sont plus payées quotidiennement, au vu des différences de salaires entre femmes et hommes.

Il ne s’agit pas d’exclure les hommes, car heureusement les hommes féministes existent ! Mais ce sont les femmes les premières victimes de ces inégalités, il est donc aussi logique que cette journée soit l’expression d’une prise en charge de ces luttes par les femmes elles-mêmes. Les hommes peuvent témoigner de leur soutien.
Il faut aussi rajouter que ces luttes pour les droits  des femmes ont des résultats pour elles… comme pour les hommes : aménagements des conditions de travail, des temps de travail, proximité familiale, conditions d’évolutions des carrières… qui profitent à toutes et tous.

A l’international : ce sera (aussi) un 8 mars de grève…

Lancée par les Polonaises en défense du droit à l’avortement, reprise par les Argentines contre les violences dont les femmes sont victimes, et les Islandaises en défense de l’égalité des salaires… la grève des femmes fait son chemin et promet de rassembler des femmes solidaires à travers le monde. En Italie avec Non una di meno (pas une de moins), aux Etats Unis avec les Women’s march qui ont déjà défié le nouveau président Trump dès le lendemain de son élection, en Irlande pour le droit à disposer de son corps (Strike 4 Repeal – grève pour l’abrogation). En Italie, les Femmes en lutte contre l’austérité / Front de lutte anti-austérité appellent les organisations syndicales combatives à créer une dynamique pour cette journée de lutte : « Une grève générale de toutes et tous les travailleurs et travailleuses le 8 mars est nécessaire pour raviver la lutte pour l’émancipation des femmes et le combat contre les violences faites aux femmes, cette journée doit être un pas en avant vers la prise de conscience collective ». Les organisations du Réseau syndical international de solidarité et de luttes ont décidé de faire de cette journée de lutte un point d’accélération pour une campagne internationale pour les droits des femmes.

Montrons que nos luttes sont des conditions nécessaires et indispensables pour l’émancipation des femmes et des peuples.

Et montrons que nous devons toutes et tous rester solidaires, vigilantes et combatives pour renforcer nos acquis et obtenir de nouveaux droits.

Des outils web à notre disposition

Tout d’abord, il y a un site où vous êtes invité-es à poster les actions prévues (au travail, dans la rue, à la fac ou lieux d’étude, à la maison…) et où vous trouverez des éléments d’explications divers et variés sur toutes les inégalités. Vous pourrez également voter pour les revendications les plus urgentes… Et avoir des maquettes, des idées de matériel à reprendre pour l’action voire d’en poster !
Tout est là : http://8mars15h40.fr/
Tous ces outils sont à utiliser sans modération !

Mercredi 8 mars 2017 : grève et manifestation ! À Paris, rendez-vous 17h30 place de la République.

Publicités