Boycott du Conseil d’Administration de la BnF ce jeudi 21 juin 2018 !

Intersyndicale BnF : CGT – FSU – SUD Culture

Déclaration liminaire au Conseil d’Administration de la BnF du 21 juin 2018

« Les personnels et les organisations syndicales CGT FSU SUD Culture ont décidé de porter à l’attention du Conseil d’Administration de la BnF un état des lieux de la situation sociale de notre établissement, situation qui s’aggrave de jour en jour et à laquelle la direction de la BnF n’a pour l’instant apporté aucune solution positive, ce malgré 2 préavis de grève consécutifs.

Pour commencer nous rappelons que depuis plusieurs mois maintenant, les personnels de la BnF ont démontré grâce à des journées de grève nationales très suivies leur opposition au projet Action Publique 2022, que le gouvernement porte sans complexe avec un cortège de mesures mortifères pour nos emplois et nos missions.

Depuis plusieurs semaines également, les journées de grève se multiplient à la BnF sur nos revendications locales, qui font état de la situation désespérée de nombreux agents face aux sous effectifs, à la recrudescence de la souffrance au travail, au retour d’une ultra précarité indigne de notre établissement, à la déshérence de notre service médical ou encore à l’absence d’amélioration concrète de nos conditions de travail.

Nous tenons à citer le cas « exemplaire » du département Philosophie, Histoire et Sciences Sociales, où une réorganisation visant à faire tourner le plus gros département de la BnF avec des effectifs en moins, a non seulement détruit un collectif de travail, mais aussi mené plusieurs agents au surmenage, à l’épuisement physique, au stress et à l’isolement.

Les agents de la BnF ne sont pas dupes de cette situation. Cet exemple loin d’être isolé n’est pour nous qu’une préfiguration du sort réservé à l’ensemble des personnels de notre établissement pour les années à venir, détériorant au passage la qualité de notre service au public.

Nous ne resterons pas passifs face à ce désastre planifié, et demandons en premier lieu des réponses positives à plusieurs des revendications que nous portons depuis plusieurs semaines :

-l’arrêt des réorganisations qui ne font que gérer les pénuries de personnel au détriment de leur santé

-l’appel immédiat de l’intégralité de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers pour répondre aux nombreuses situations de sous-effectifs

-des solutions concrètes pour résorber la précarité, en faveur des agents concernés

-une réponse immédiate des tutelles sur la modification du décret régissant l’organisation de recrutements directs, afin de permettre à la BnF d’appliquer des volets internes et ainsi de titulariser les précaires de notre établissement, nombreux à vivre peu ou prou sous le seuil de pauvreté

-l’accélération des travaux permettant l’amélioration des conditions de travail des personnels travaillant dans des locaux privés de lumière du jour

-des solutions pérennes pour le bon fonctionnement du service médical

Nous demandons également la rénovation du bâtiment Louvois et l’arrêt du projet de fusion des salles de lecture à Richelieu, qui n’entrainera qu’une dégradation des conditions de travail des personnels et des conditions d’accueil du public. La mobilisation importante des personnels sur ce sujet ces derniers mois n’a jamais été entendue par la direction de la BnF, ce qui est inacceptable.

D’autre part, les dernières annonces émanant des tutelles de la BnF, concernant de nouvelles suppressions de postes et baisses de budget en 2019, sont pour nous une nouvelle provocation au vu des sacrifices endurés par les personnels de la BnF ces dernières années, avec pour rappel 270 postes perdus et plusieurs millions de coupes budgétaires qui n’ont jamais été compensées. Nous rappelons aussi qu’en 2017 et 2018, grâce à la mobilisation des personnels de la BnF, les budgets et le plafond d’emploi réel ont été stabilisés in extremis, mais sans qu’aucune garantie ne soit apportée pour les années à venir.

En conséquent nous demandons aujourd’hui aux tutelles ministérielles de la BnF des garanties sur l’arrêt des suppressions de postes et des baisses de budgets prévues pour 2019 et pour les années à venir.

Nous exigeons enfin de la direction de la BnF qu’elle ouvre sans tarder des négociations dignes de ce nom sur l’actuel préavis de grève, afin de ne pas laisser pourrir une situation sociale dégradée dont elle a l’entière responsabilité t de proposer des solutions réelles aux revendications légitimes des agents.

Par ailleurs, nous restons mobilisés et participerons massivement à la journée interprofessionnelle du 28 juin pour dénoncer les politiques patronales et gouvernementales destructrices de nos emplois et missions.

Sans ses personnels, la BnF et ses missions ne sont qu’une coquille vide !

On ne lâche pas l’affaire, la lutte continue !  »

 

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