Non à la précarité permanente !

Communiqué des « vacataires » en fin de contrat fin décembre à la BnF :

Non à la précarité permanente ! Des CDI pour tout le monde :

« Nous sommes 19 agent-e-s « vacataires » de la BnF. Nous y travaillons toutes et tous depuis au moins 1 ans et demi, mais en fait depuis bien plus longtemps pour la plupart, nous sommes là depuis 2 ans, 3 ans, parfois 4 ans. Nous travaillons presque tous les samedis, parfois les dimanches, nous faisons les soirées, mais nous sommes aussi là en semaine. Nous travaillons en service public : sans nous la BnF ne pourrait pas fonctionner, elle ne pourrait pas accueillir son public, l’informer, l’orienter, l’accréditer ou prendre ses affaires au Vestiaire. Nous prélevons les documents dans des locaux aveugles, nous nous occupons des photocopies, nous sommes en banques et en arrières-banques de salles. Nous sommes indispensables pour les missions de la BnF, mais aussi pour aider nos collègues dans leur travail, pour qu’ils et elles ne croulent pas sous une charge de travail trop lourde.

Pourtant, depuis tout ce temps, nous sommes toujours précaires. Nous sommes sur des CDD courts, le plus souvent de quelques mois, prolongés à chaque fois de quelques mois supplémentaires. Nous vivons dans la précarité permanente, dans la crainte de ne pas être renouvelé-e-s, dans la peur du chômage, de ne pas avoir d’avenir. Et tout cela parce que la BnF a abusé des règles d’emplois des contractuel-le-s, parce qu’elle a préféré créer des emplois très précaires plutôt que des emplois plus stables, parce qu’elle a voulu supprimer des postes en les faisant glisser sur des contrats courts en espérant les faire disparaître à terme, parce qu’elle a utilisé plein de prétextes pour nous laisser dans la précarité, alors que nous sommes bien toutes et tous sur des besoins permanents de l’établissement. Nous sommes sur des besoins permanents et, dans ce cas, en principe, la règle est claire, nous devons être sur des CDI. Nous sommes là, depuis longtemps, nos services ont besoin de notre travail, alors nous devons être en CDI. Mais cela, la direction de la BnF ne le veut pas, parce qu’elle veut réduire les effectifs, parce qu’elle veut du personnel précaire qui ne connaît pas ses droits, qui ne proteste pas. Si elle avait pu faire ce qu’elle voulait nous ne serions déjà plus là, mais à Pôle emplois.

Sauf que nous ne nous sommes pas laissé-e-s faire. Nous nous sommes réuni-e-s, nous avons participé à des AG, nous avons fait grève, nous avons fait des actions, nous avons tenu des piquets dans le hall Est du site de Tolbiac, nous avons pris part à des manifestations. Collectivement, en lien avec nos collègues, avec l’appui syndical, en portant aussi les autres revendications du mouvement de lutte qui dure à la BnF depuis maintenant 8 mois, nous avons obtenu d’abord que nos contrats soient tous prolongés jusqu’au 31 décembre 2018 (très rarement un peu plus), alors qu’ils devaient s’arrêter il y a des mois. Au début des négociations, cette simple prolongation n’était pas possible, puis finalement elle l’est devenue lorsque nous avons continué à nous mobiliser. Cet été, lors d’une négociation dans le cadre de la grève, la direction de la BnF a annoncé qu’elle proposerait à la fin de l’année une solution pour passer sur des emplois pérennes tous ceux et toutes celles qui auront plus de 15 mois d’ancienneté. Nous avons toutes et tous plus de 15 mois d’ancienneté. Mais en novembre, la direction avait changé d’avis et ne proposait plus un passage en CDI que pour quelqu’un-e-s et juste des prolongations de quelques mois en CDD pour d’autres. Nous avons refusé, car nous voulons une solution collective, nous sommes tous et toutes dans la même situation, nous voulons des CDI pour tout le monde. Alors, face à la pression de tous ces jours de grève, le 4 décembre, la direction de la BnF a annoncé qu’elle acceptait le passage en CDI de tout le monde au 1er janvier 2019. Elle s’y est engagée !

Mais à peine avions nous put souffler un peu, nous dire que les choses allaient s’améliorer, que la direction de la BnF fait de nouveau volte-face et qu’elle revient sur son engagement, tentant de faire du chantage en menaçant de retirer notre passage en CDI pour obliger le personnel mobilisé à renoncer à ses autres revendications et à accepter une réorganisation désastreuse du service public. Un tel reniement, un tel comportement est indigne de la part de la direction de la BnF. Elle fait de nous, les plus précaires, des victimes de ses manœuvres et de sa volonté de passer en force. Elle nous fait subir une nouvelle violence, en nous laissant sans aucune nouvelle de notre avenir professionnel à 10 jours de la fin de nos contrats, en pleine période des fêtes. Elle montre à quel point les notions de « dialogue social », de « concertation », dont elle parle à longueur de journée, n’ont aucun sens, puisqu’elle peut, de réunions en réunions revenir sur ses engagements, dire tout et son contraire, fuyant ainsi ses responsabilités face à la précarité qu’elle a créé et que nous subissons.

Alors, nous refusons ce recul, nous refusons que ne soit pas mis en œuvre ce qui est simplement la régularisation de la réalité de notre travail sur des besoins permanents de la BnF, nous refusons de repartir de nouveaux pour des mois ou des années de craintes, d’attentes, de périodes de travail sans contrat comme nous l’avons fait trop souvent. Nous voulons que la BnF, pour une fois, tienne son engagement, nous voulons qu’elle prenne en compte sa responsabilité sociale et morale, qu’elle fasse vraiment reculer la précarité et qu’aussi elle garantisse des effectifs dans les services en nous stabilisant.

Nous demandons ce qui est notre droit, ce que nous aurions dû avoir depuis le début, nous demandons à passer en CDI. Toutes et tous, sans sélection entre nous sur le fait de savoir qui est très ancien-ne et qui l’est un peu moins, sans nous diviser. Et nous sommes plus déterminé-e-s que jamais à nous mobiliser pour obtenir cela. Si la direction en nous menaçant espère sortir de la crise sociale actuelle, elle se trompe, c’est le contraire qu’elle est en train de faire. Alors, qu’elle règle le problème de la précarité, qu’elle nous stabilise et les choses pourront alors avancer.

Les agent-e-s « vacataires » en CDD.

Une pétition de soutien est en cours de diffusion, si vous voulez la signer, contactez-nous ! « 

greve11juin16

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