Exit la journée de « la » femme : Le 8 mars 2019, on passe à la grève !

Le 8 mars n’est pas la journée de « la femme », mais celle de toutes les femmes, car il n’existe pas une « femme » stéréotypée mais des millions, avec toutes leurs diversités.

La journée internationale de lutte pour les droits des femmes prend un accent particulier depuis plusieurs années, avec une idée de « grève des femmes » qui a fait son chemin dans de nombreux pays. L’objectif n’étant pas de recevoir des fleurs une fois par an mais bien de rendre visible, en cessant le travail, la place de toutes les femmes dans la société, tout comme leurs revendications en termes de droits et d’égalité avec les hommes, ou encore pour dénoncer les violences qu’elles subissent.

« si nosotras paramos el mundo no funciona »

(sans nous le monde ne fonctionne pas)
En Espagne le 8 mars 2018, des millions de femmes sont entrées en grève générale, avec l’objectif de déserter le travail tant salarié qu’invisible et de cesser toute consommation, répondant ainsi à un mot d’ordre féministe qui a permis d’aboutir à une mobilisation historique, avec le soutien syndical actif de nos camarades de la CGT-E.

Les femmes composent la majorité des personnels de la BnF, ce qui n’empêche pas pour autant les inégalités d’entrer dans ses murs. De fait, les femmes gagnent moins que les hommes dans la Fonction Publique, inégalité qui se poursuit avec des retraites en moyenne inférieures à celles des hommes. De plus, les activités souvent dévolues aux femmes et non-rémunérées, car perçues comme leur étant « naturelles », comme le soin aux enfants et aux personnes âgées peuvent les conduire à interrompre leurs carrières ou à demander des temps partiels, ce qui est un frein fréquent pour l’avancement et la promotion. A la BnF, 84% des agent-e-s à temps partiel sont des femmes, qui ont donc des salaires réduits de ce fait. Par ailleurs, la précarité touche plus fortement les femmes.

De manière générale, les doutes sur la capacité des femmes à occuper des postes jugés « masculins » persistent, les « métiers de femmes » étant d’ailleurs souvent les moins bien rémunérés en plus d’être dévalorisés quand ils ne sont pas réservés aux femmes exploitées des classes et quartiers populaires. A cela s’ajoute la notion de « double journée », le poids du travail dit « domestique » et la « charge mentale » de sa planification, le plus souvent assurés gratuitement par les femmes en plus du travail salarié, qui reste difficile à éradiquer du fait qu’il participe de la reproduction sociale d’un modèle patriarcal et capitaliste.

Les violences sexistes et sexuelles continuent d’être une réalité dans notre établissement, malgré les actions syndicales menées par la section SUD Culture de la BnF auprès de la direction. Le désintérêt de la direction pour ce sujet est manifeste quand on constate qu’aucun plan de prévention, accompagné de formations, n’a été mis en place, ni même de Midi de l’info et ce malgré des engagements pris en 2018. Les violences doivent s’arrêter, et nous invitons toutes les femmes qui les subissent à les dénoncer !

Pour toutes ces raisons, notre organisation syndicale a décidé pour la 2ème année consécutive de déposer un préavis de grève spécifique à la BnF pour le 8 mars et de mener une campagne d’affichage de témoignages de collègues subissant le sexisme dans l’établissement. Ces témoignages anonymisés sont repris sur le compte Twitter « Entendu à la BnF » [https://twitter.com/BnfSud], car nous ne nous tairons pas ! Il est grand temps d’interpeller la direction et de la mettre face à ses obligations de protection du personnel.

Pour une grève féministe et inclusive, suivie par toutes et tous, désertons les bureaux, les magasins, l’accueil, les salles de lecture, les locaux techniques, pour manifester ensemble dans la rue et construire la lutte indispensable pour gagner l’égalité et de nouveaux droits !

Vendredi 8 mars >>> RDV place de la République à Paris pour un rassemblement actif à 15h40*
(*heure quotidienne symbolique à partir de laquelle les inégalités salariales font que les femmes ne sont plus payées)
SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu, 75002 Paris
Tél. : 01.40.15.82.68, sud@culture.gouv.fr

SUD Culture Solidaires à Laurence Engel,
Présidente de la Bibliothèque nationale de France,
Quai François Mauriac, 75706 Paris cedex 13

Paris, le 26 février 2019

Objet : préavis de grève

Madame,

SUD Culture Solidaires dépose un préavis de grève couvrant l’ensemble du personnel de la
Bibliothèque nationale de France, pour le vendredi 08 mars 2019, du début à la fin du service.

Ce préavis de grève s’inscrit dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des
femmes et du préavis de grève déposé par Solidaires Fonction Publique à cette fin. Il porte sur des
revendications spécifiques à la Bibliothèque nationale de France, nouvelles ou renouvelées :

· pour la mise en place dans de brefs délais d’un plan de prévention d’ampleur contre les
violences sexistes et sexuelles à la Bibliothèque nationale de France, ce qui passe entre autre
par des formations, la production et la diffusion de matériel d’information aux personnels.

· pour que les signalements de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et de violences
sexistes fassent l’objet d’un véritable suivi régulier, d’enquêtes approfondies et de saisines
systématiques des différentes autorités ministérielles pour mener à bien les procédures
réglementaires, dont la mise en oeuvre de la protection fonctionnelle pour les victimes et la
sanction des auteurs de ces violences.

· pour que soit rapidement décliné à la Bibliothèque nationale de France le protocole d’accord
relatif à l’égalité professionnelle entre les Femmes et Hommes du Ministère de la Culture,
signé par SUD Culture Solidaires en novembre 2018. Et pour que cette déclinaison soit le plus
tôt possible présentée dans les instances de l’établissement.

· pour qu’un plan d’action soit engagé pour lutter contre les inégalités salariales et
professionnelles entre femmes et hommes à la Bibliothèque nationale de France,
notamment en matière de promotion et d’avancement, ainsi que sur le plan salarial, ce qui
nécessite à la fois un travail de repérage de ces inégalités et la mise en place d’un système de
rattrapage à différents niveaux, entre autre au niveau du régime indemnitaire pour les
personnels titulaires.

Veuillez agréer, madame Engel, nos sincères salutations syndicalistes.

Pour SUD Culture Solidaires, le Secrétaire National

Copie au Ministère de la Culture8_mars_badges_04-04

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