Non à une réouverture de la BnF au mépris du CHSCT,  de notre santé et de nos conditions de travail !

Sections FSU et SUD Culture Solidaires de la BnF
fsu@bnf.fr / sudbnf@hotmail.fr 

Communiqué

Le 10 mai 2020

- Paris Tolbiac-BNFPrès de 2 mois après la fermeture totale de ses sites, la Bibliothèque nationale de France annonce sa réouverture partielle au personnel à compter du 11 mai et la reprise d’une partie de ses activités. Sans prendre en compte le contexte sanitaire incontrôlable en Île-de-France, région parmi les plus touchées par le coronavirus, la direction marche sans surprise dans les pas du gouvernement en demandant à ses agent-es de retourner au travail.

Cette réouverture précipitée fait peser sur les personnels un risque sanitaire. En effet l’usage des transports en commun s’annonce particulièrement difficile en Île-de-France et le brassage inévitable de la population dans des espaces confinés expose les personnels à un fort risque de contamination. Ce déconfinement prématuré pourrait d’ailleurs engendrer une seconde vague épidémique, « risque sérieux » selon les mots même du premier ministre, qui pourrait amener la BnF à fermer de nouveau. Dans ces conditions, la décision de rouvrir la BnF est pour nous inacceptable : elle se ferait au détriment de la santé et de la sécurité des agent.es dont la direction a pourtant la responsabilité au regard du code du travail.

Du 11 mai à début juin ce sont donc des dizaines puis des centaines d’agent-es qui devront travailler sur sites, tandis qu’une partie du personnel sera elle invitée à rester en travail « à distance », tant que sa production sera jugée « acceptable ». Aux agent-es BnF prévu-es en présentiel s’ajoutent par ailleurs les dizaines de travailleurs et travailleuses des entreprises prestataires de service (nettoyage, sûreté, ouvrier-es du bâtiment, agent-es techniques…)   indispensables à cette remise en route prématurée et pour lesquel-les le plus grand flou règne en termes de garanties de protections.

Jeudi 7 mai – 4 jours avant la reprise et veille d’un week-end de 3 jours – s’est déroulé dans un contexte particulièrement chaotique le CHSCT consacré au « Plan de reprise de l’activité de la BnF ». Ce plan avait commencé à circuler dans les différentes directions en amont du CHSCT alors même que les membres de l’instance n’avaient reçu aucun ordre du jour, ni documents. Convocation et transmission hors délais des documents essentiels aux membres du Comité, documents lacunaires, protocoles absents, préconisations contradictoires ou inapplicables, autant d’éléments indiquant que toutes les conditions requises pour une reprise le 11 mai ne sont pas réunies. L’instance en ellemême n’a pas permis la levée de nombreux flous, incertitudes et contradictions, la direction s’avérant généralement incapable d’apporter des réponses précises et sérieuses aux nombreuses questions légitimes des organisations syndicales.

La philosophie générale du plan de reprise repose sur une inversion des rôles, la BnF tentant de faire porter la responsabilité de la prévention et de la sécurité qui lui incombe, aux agent.es. Pour preuve, cette absurde « attestation sur l’honneur » concernant la prise de connaissance des règles sanitaires et la dotation de chaque agent-e en masques que la BnF souhaitait faire signer aux agent.es au moment de leur reprise. Cette proposition a fait bondir les organisations syndicales qui en ont demandé solennellement le retrait, obtenu provisoirement.

Comme souvent, le dialogue social conçu par la direction a donc consisté à passer au plus vite à la question suivante afin de terminer la séance et de procéder au vote. Pourtant, des points importants n’ont pas été examinés tels que la procédure en cas de contamination. A ces écueils s’ajoutent le constat du délitement continu de la médecine de prévention dont les effectifs seront réduits dès le début du mois de juin, l’absence de réel plan de prévention des risques psychosociaux durant cette période particulièrement angoissante, une série d’incertitudes sur la distribution des différents types de masques …

C’est dans ces conditions de mépris du CHSCT, mépris qui n’est d’ailleurs  pas nouveau à la BnF, mais d’autant plus grave dans un contexte de pandémie mortelle, que nos organisations syndicales ont décidé de refuser de prendre part au vote du plan de reprise et ont rappelé leur opposition totale à une réouverture de la BnF. Notre désaccord, tant sur le fond de ce projet prématuré que sur sa forme incomplète et insatisfaisante – la seconde phase de mise en œuvre, inscrite à l’ordre du jour, n’a même pas été abordée – nous a imposé de refuser fermement de nous associer à une telle mascarade.

Nous rappelons également notre opposition ferme au vol de nos congés et aux dérives liées au flou entre travail à distance et télétravail dans cette période de crise sanitaire et sociale, qui ne doit pas être une antichambre de la casse du droit du travail. Nous dénonçons fermement les injonctions gouvernementales et patronales menant à envoyer, dès le 11 mai, des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs au casse-pipe dans le seul but de relancer à tout prix l’économie, quitte à prendre le risque de relancer l’épidémie.

Ils sont en guerre, nous sommes en lutte !
Non à la reprise à la BnF !

Le communiqué en format PDF :
Réouverture BnF_communiqué FSU_SUD


>>>Déclaration liminaire FSU SUD Culture CHSCT 7 mai:
>>>Courrier de SUD Culture à la présidente de la BnF sur le dialogue social :