IGDC et avenir des sites de Bussy et de Sablé : un AMI qui nous veut du mal

Les Centres techniques de conservation | BnF - Site institutionnel

Depuis mars 2019, des inquiétudes ont lieu au sujet de l’avenir des sites de Bussy-saint-Georges et Sablé-sur-Sarthe, dans le cadre du projet IGDC  (Implantation et Gestion Dynamique des Collections). En effet, la BnF prévoit la construction d’un nouveau site de stockage des collections, les magasins arrivant à saturation sur les sites de Tolbiac et de Richelieu (à cause entre autre de l’abandon du site de Louvois). Si la construction d’un espace supplémentaire de stockage est une nécessité, comme notre organisation syndicale le réclame depuis longtemps, vu le manque de place sur ces sites et vu la vitesse d’accroissement des collections, ce sont les modalités de sa mise en oeuvre qui posent problème. Car la direction de la BnF a décidé d’un nouveau site unique et qui aura aussi un rôle important de conservation.

Or, un seul site signifie le sacrifice soit du site de Bussy soit du site de Sablé, si ce n’est les deux. Un AMI (Appel à Manifestation d’Intérêt : à l’attention des villes prêtes à accueillir le nouveau site) a été publiée dans ce but pour la période de juillet à octobre, et les résultats devraient être annoncés en novembre (pour décision définitive au printemps prochain, d’après la direction).

Sur le site de Bussy, de nombreux/.ses collègues, qui ont notamment fait leur vie en Seine-et-Marne avec leurs proches et qui il y a 20 ans, lors de l’ouverture du site de Bussy, ont été invité.es à venir s’installer dans les environs ; sont désormais inquiet.es de se voir déplacé-e-s, d’être obligé-e-s de déménager, ou de se retrouver obligé-e-s de venir travailler sur Paris. Mais ils et elles sont également inquièt-e-s des conditions de travail au cours des années à venir : il est clair que la construction d’un nouveau site signifie la fin des investissements en matériel et en personnel sur l’ancien site. La colère est d’autant plus grande que la direction de la BNF donne l’impression d’avoir laissé le site à l’abandon ces dernières années afin d’en conclure qu’il n’est plus fonctionnel et de pouvoir plus légitimement s’en débarrasser. Il en est de même à Sablé, où les travaux de rénovations du site se font attendre et où la volonté de le mettre en extinction a été affirmé il y a maintenant plusieurs années.

Depuis deux ans, la direction de la BNF envoie régulièrement les équipes de l’IGDC  informer les collègues des sites concernés de l’avancée de leur travail, pour répondre aux inquiétudes. L’avancement du projet IGDC est aussi régulièrement vu en comité technique. Pour autant, la communication faite autour du projet reste largement floue, car il est présenté comme une porte ouverte à toutes les éventualités. Là où la direction de la BnF aurait pu axer son projet sur la conservation et le développement des sites de Bussy Saint Georges et Sablé sur Sarthe, afin de privilégier une certaine continuité, elle met au même niveau les sites existants et la possibilité de création d’un nouveau site dans un endroit très éloigné. Alors que Bussy Saint Georges a été créé en 1995 pour pallier à l’accroissement des collections, en privilégiant un terrain étendu qui aurait dû permettre la construction de nouveaux magasins, il est maintenant question d’ouvrir un autre site différent. La vision à long terme de la direction de la BnF parait ici défaillante. 

Le rapport IGDC prévoit que le nouveau site soit notamment dédié à la presse. Il envisage également la possibilité de la libération d’une tour entière du site François Mitterrand. Lors de la dernière réunion de consultation avec les syndicats, il a été avancé que cet espace libéré pourrait être dédié aux chercheurs/ses, mais également loué pour des événements privés. Il s’agit encore une fois de brader l’immobilier public pour augmenter les recettes en fond propre de l’établissement, suite à la baisse du financement public par le gouvernement. Nous nous opposons toujours à cette vision marchande de nos espaces de travail et à cette dynamique qui ferait dépendre une part du budget de la BnF de fond privé, alors que nos missions de services publics nécessitent des financements publics à hauteur de nos besoins.

La section SUD Culture de la BnF s’oppose à ce que des collègues soient sacrifié.es dans leur travail et leur vie par la fermeture d’un des deux sites ou des deux, sur l’autel du bradage vers le privé des espaces publics de la BnF. La saturation des magasins est un vrai problème et un nouvel espace de stockage est bien nécessaire, mais les solutions doivent être construites avec les équipes sans abandonner les collègues de Bussy ou de Sablé, ni en ayant pour conséquence de voir leurs conditions de travail se dégrader.

Afin de ne pas se retrouver devant le fait accompli lors du résultat de l’AMI, nous appelons à une mobilisation dès maintenant.

REUNION D’INFORMATION SYNDICALE SUR L’IGDC

JEUDI 1er/10/2020, A 14H

AUDITORIUM DU SITE DE BUSSY-SAINT-GEORGES

Vous bénéficiez d’une autorisation d’absence d’une heure sur votre temps de travail pour vous rendre à cette réunion – décret du 28/05/1982, prévenez votre encadrement

Cette réunion se fera en respectant les règles sanitaires en vigueur, avec port du masque obligatoire et en laissant un siège vide entre chaque personne !