CHSCT exceptionnel du 20 janvier : la mascarade continue !

Communiqué FSU – SUD Culture de la Bibliothèque nationale de France

A la suite de l’annonce jeudi 14 janvier de l’avancement du couvre-feu à 18h, les organisations syndicales de la BnF avaient demandé la convocation d’un CHSCT exceptionnel le lendemain pour que soit examinée l’implication de cette décision sur l’organisation du travail. La direction n’y avait pas fait droit, proposant une simple réunion d’échanges l’après-midi et annonçant sur biblionautes, avant même la tenue de cette réunion – à laquelle la CFDT, la FSU et SUD Culture ont refusé de se rendre – la fermeture des salles de lecture à 17h. Cette manière cavalière de procéder est devenue une habitude, tant la direction fait peu de cas du « dialogue social » et du CHSCT en particulier. Les discours de façade ne font plus illusion pour personne. Les pratiques, elles, demeurent, en dépit d’un contexte de pandémie mortelle qui devrait inciter, plus que jamais, à respecter les avis du CHSCT. La direction de la BnF semble, au contraire vouloir se conforter dans une posture autoritaire au mépris de ses agent.es.

Celle-ci aura donc tout juste consenti à avancer le CHSCT initialement prévu le 22 janvier au mercredi 20 janvier, pour y examiner le schéma d’organisation de l’activité prévu pour le mois de février. Sans surprise concernant les horaires des salles de lecture, ce schéma est celui déjà en vigueur en janvier avec, pour seule modification, une fermeture avancée à 17h. En revanche, tout en annonçant que ce schéma était identique à celui de janvier, la direction a introduit une modification quant au nombre de documents réservables : ce ne sont plus désormais 5 documents par jour, mais 10 ! Autre modification : les agent-e-s à temps partiel et les « vacataires » ne verront plus leur temps de présence sur site proratisé. Mesure de « justice sociale » ? Il s’agirait selon la direction de « mettre tout le monde au même niveau ». Les personnes à temps plein travaillant en présentiel devant venir 4 jours sur site, les personnes à temps partiels et à temps incomplet devront également être présentes le même nombre de jours. Cette mesure inique ne manquera pas d’entraîner l’augmentation de l’effectif présent. En réalité, loin de maintenir l’organisation de janvier, cela permettra mécaniquement à la direction d’augmenter le nombre d’agents présent-e-s en février ! La courbe de l’effectif de la BnF présent sur sites augmenterait donc au même rythme que celle des contaminations à l’échelle nationale… Cette conception toute macroniste de l’égalité – que nous préférons appeler nivellement par le bas – crée, en effet, une inégalité entre agent-e-s en surexposant au risque d’infection celles et ceux qui travaillent en présentiel à temps partiel ou à temps incomplet, et qui sont essentiellement des femmes et des précaires percevant les plus bas salaires. La direction est restée impavide, malgré l’unanimité syndicale sur beaucoup de points. Elle n’aura proposé qu’une modification, qualifiée « d’importante », montrant par-là qu’elle a perdu le sens des réalités : désormais, la bonification entre 7h et 8h se fera « à la minute ». En revanche, l’heure bonifiée de 18h à 19h est supprimée, ce qui, là encore, va à l’encontre des mesures de protection sanitaire.

A l’initiative de la FSU et de la section SUD Culture, une motion a été soumise au vote de l’instance demandant le retour au schéma d’activité de décembre et validée par la CGT, la FSU et SUD Culture :

« Afin d’assurer la protection des agents de l’établissement et du public dans un contexte de reprise épidémique forte et avec la mise en place d’un couvre-feu dès 18h, les organisation syndicales de la BnF demandent le retour immédiat au schéma d’organisation du travail du mois de décembre 2020 à savoir : la fermeture des salles de lecture du Haut-De-Jardin, l’ouverture des salles de lecture du Rez-De-Jardin de 10h à 17h du mardi au vendredi, 3 jours maximum de présence sur site pour les agents ne pouvant pas télé-travailler, donc 3/5éme du temps de travail habituel pour les agents à temps partiel et pour les contractuels à temps incomplet. »

Seules ces mesures permettront une vraie protection sanitaire des agent-e-s !

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