Face à la reprise de la crise sanitaire, il faut de vraies mesures de protection du personnel et des usagers-ères !

SUD Culture Solidaires / Section de la Bibliothèque nationale de France

Nous subissons actuellement une cinquième vague de l’épidémie de COVID, avec une très forte augmentation du nombre de cas positifs (entre 55 000 et 60 000 par jour désormais) et une hausse des hospitalisations, tous les indicateurs étant désormais dans le rouge. La BnF n’est bien sûr pas épargnée par cette reprise de la crise sanitaire et cela entraîne une hausse du nombre d’agent-e-s touché-e-s par le COVID et du nombre de cas contacts placés à l’isolement, ce qui pèse lourdement sur l’organisation du travail, en particulier en service public, sur les équipes et le fonctionnement de l’établissement.

Alors qu’il faudrait prendre des mesures pour protéger pleinement la population dans son ensemble, le gouvernement n’annonce que de vagues recommandations et des mesurettes qui ne vont pas changer grand chose, tout en continuant à fermer des lits d’hôpitaux, à mépriser le personnel médical et à supprimer des postes dans les services publics. Car la priorité pour le gouvernement, c’est encore et toujours le fonctionnement normal de l’économie pour permettre aux patrons de faire des profits, non pas la santé des travailleurs/ses et surtout pas celle des travailleurs/ses « de première ligne » qui n’ont pas vu leur situation s’améliorer depuis mars 2020. De plus, le gouvernement continue à refuser la levée des brevets des vaccins et la fourniture de vaccins les moins chers possibles aux pays pauvres, ce qui est pourtant essentiel pour une vaccination massive à l’échelle planétaire. Par contre, il poursuit sa logique autoritaire en continuant à imposer le passe sanitaire, alors que celui-ci ne sert à rien contre le développement de l’épidémie et ne fait que diviser, exclure de l’accès à des services publics (comme les bibliothèques territoriales et les équipements culturels) les populations les plus précaires, discriminer et renforcer le contrôle social.

L’attitude de la direction de la BnF dans cette situation est dans la même ligne, avec comme objectif de maintenir l’ouverture de l’établissement au public le plus « normalement » possible, coûte que coûte, même si c’est au détriment de la santé du personnel et des usagers-ères. Ainsi les mesures qu’elle prévoit sont inacceptables, que ce soit en renvoyant à chaque service la responsabilité des ajustements à faire à cause de l’absence de toute procédure commune (ce qui revient à faire peser les décisions sur la disponibilité des agent-e-s et à alourdir leur charge de travail) ou en ne donnant aucun détail sur le passage d’un stade de crise sanitaire à un autre, tout étant flou et renvoyé à des choix subjectifs. De plus, l’affirmation qu’il faut à tout prix continuer le déménagement des collections ou l’ouverture au public (en priorité des salles de la bibliothèque de recherche), avec comme seul critère le nombre d’agent-e-s absent-e-s est incroyable, puisqu’il ne s’agit pas de mesure de protection sanitaire, mais juste d’une gestion du sous-effectif, qui ne peut que s’aggraver dans ce cas.

Or, face à cette nouvelle vague épidémique, ce qu’il faut c’est prendre des mesures de protection de tout le monde.

Notre organisation syndicale exige donc :

-Le retour a minima des jauges à 50% dans les salles de lecture et des règles précises et communes à tout l’établissement concernant la réduction des services au public. Cela doit se faire en fonction de l’évolution des indicateurs sanitaires généraux et surtout pas en fonction du nombre d’agent-e-s absent-e-s, ce qui revient à faire des agent-e-s malades une variable d’ajustement, ce qui est inacceptable. L’obligation légale de la BnF, c’est de protéger la santé des agent-e-s, pas de pressurer les équipes de travail en les laissant dans l’arbitraire ;


-La mise en place de capteurs de CO2 dans tous les sites et espaces de la BnF, comme le prévoit l’instruction ministérielle du ministère de la Culture du 3/12/2021, afin de mesurer régulièrement les teneurs en particules et de communiquer ces résultats ;

-Le retour en télétravail intégral ou en ASA (selon les situations) de tous et toutes les agent-e-s vulnérables ou vivant avec des personnes vulnérables, sans distinction, selon la règle en place jusqu’en septembre ;

-L’augmentation à titre exceptionnel dans le cadre de la crise sanitaire du nombre de jours de télétravail pour les agent-e-s dont les tâches sont réellement télétravaillables, avec le matériel nécessaire pour cela et une bonne organisation de ce télétravail (règles claires sur les jours de télétravail, maintien des collectifs de travail, procédure garantissant les droits des agent-e-s). Cela sans possibilité pour les services de recourir à la notion floue de nécessité de service pour s’y opposer ;

-Afin de ne pas pénaliser les agent-e-s qui ne peuvent pas télétravailler et qui sont donc les plus exposé-e-s, sur site et dans les transports (agent-e-s de catégorie C, agent-e-s faisant surtout du service public, une partie des agent-e-s de catégorie B…), il faut une réduction du nombre de jours de présence sur site, en revenant a minima à 3 jours de présence par semaine, les deux autres jours devant être en ASA, avec une proratisation équivalente du temps de travail pour les agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet et pour les agent-e-s titulaires et contractuel-le-s à temps partiel ;

-La suspension des plages obligatoires de présence, afin de permettre aux agent-e-s de mieux gérer leurs horaires de travail pour éviter les moments de fortes fréquentations dans les transports en commun ;

– La mise automatique en ASA de toutes et tous les agent-e-s qui sont en garde d’enfants suite à des contaminations (cas positifs), fermetures de classes, de crèches, etc…, car la garde d’enfants n’est pas compatible avec le télétravail ;

-Le respect des règles de mise en ASA pour les jours de vaccination et pour les jours suivants en cas d’effets secondaires, quels qu’ils soient ;

-La prise en charge des tests par la BnF en attendant un retour à la gratuité pour toutes et tous ;

-Une nouvelle dotation de masques par la BnF, en commandant cette fois-ci des masques à la Coopérative des Masques (https://www.lacoopdesmasques.com/)

La priorité, c’est la protection et la santé des agent-e-s, pas les chiffres de fréquentation !

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