Compte-rendu de la rencontre entre l’intersyndicale CGT-FSU-SUD et la présidente de la BnF

Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD

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Suite à l’envahissement par près de 150 agents au Conseil d’administration le 25 novembre dernier, la Présidente a proposé un rendez-vous à l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD le 8 décembre.

Étaient présents au côté de la Présidente : le Directeur général Kevin Riffault, le Directeur du DAP par intérim, Benoit Chevrier, la directrice des collections Marie de Laubier, la DRH Carole Etienne Boisseau

En préambule, la direction s’est dite surprise par le mécontentement des personnels, en particulier de Richelieu, qui sont d’après elle « enthousiasmés » (sic) par le projet envisagé pour le site.

A ce terme répété plusieurs fois par la directrice des collections, l’intersyndicale a répondu que les agents de Richelieu, après 13 ans de travaux et de difficultés méritaient mieux qu’un projet de réouverture qui dégradait leurs conditions de travail. Il en va de même, pour les agents de François Mitterrand qui sont à nouveau concernés par la perte de 40 emplois alors que plus de 300 postes ont déjà été supprimés à la BnF. D’ailleurs, il n’y a aucun « enthousiasme » dans la prise de position des agents de départements de Richelieu, mais bien des critiques.

L’intersyndicale a souhaité aborder 3 points importants avec la direction :

  1. Les baisses d’effectifs des dernières années cumulées au projet de « redéploiement » de 40 postes de Tolbiac vers Richelieu mènent à une impasse. Si le ministère de la Culture ne renforce pas les effectifs, ce qui est indispensable, est-ce que la direction de la BnF va renoncer à élargir l’amplitude d’ouverture de Richelieu ?

Réponse de la direction : non il faut selon elle ouvrir plus (à savoir plus tard en journée, le dimanche et les jours fériés pour la salle Ovale et le musée…) soi-disant en compensation des investissements faits par le ministère de la Culture pour la rénovation du site Richelieu. Mais cela se fera sans aucun recrutement supplémentaire.

L’intersyndicale déplore cette vision comptable et dénonce le manque d’intérêt et de considération de la direction envers les personnels et leurs conditions de travail. Après plus de 300 suppressions de postes en 10 ans (dont un tiers de magasiniers) la situation de nombreux services et agents s’est beaucoup dégradée et les plannings de service public sont devenus extrêmement tendus, tandis que d’un autre côté s’empilent les projets, ce qui aggrave la charge de travail. Il faut donc renforcer les effectifs et en particulier d’organiser un nouveau recrutement de magasinier comprenant un véritable volet interne pour permettre un accès à l’emploi titulaire aux plus précaires.

  1. L’intersyndicale fait le constat d’un dialogue social fortement dégradé et demande à la direction la reprise des discussions sur l’ensemble du projet Richelieu au sein d’instances re-convoquées en bonne et due forme.

Réponse de la direction : cette dernière indique comme « non négociable » ce qui relève pour elle de grands « principes », à savoir une amplitude d’ouverture plus importante. Elle indique sans autre engagement accepter de reprendre les discussions, mais uniquement concernant le nombre de jours fériés ouverts et le placement dans la semaine de la soirée en salle Ovale (initialement prévu le vendredi).

  1. Pour l’intersyndicale, c’est un maigre début qui ne répond pas réellement aux revendications exposées et ne saurait suffire. Depuis des mois maintenant, les instances sont utilisées par la direction pour imposer de manière unilatérale des principes auxquels une franche opposition est pourtant exprimée. En organisant à son seul rythme et en choisissant à elle seule les sujets de discussions qu’elle estime nécessaires, la direction renvoie de fait toute voix dissonante aux oubliettes du dialogue social. Cela doit cesser et c’est bien l’ensemble des principes d’ouverture de Richelieu qui doivent être rediscutés.

En annonçant sa volonté de recruter des CDD de 10 mois non renouvelable sur des missions pourtant permanentes, la direction remet en question le Protocole de fin de grève de 2016 qui garantit le recrutement en CDI des agents non titulaires à temps incomplet (les « vacataires »)

Réponse de la direction : le cadre réglementaire permettrait selon elle de recruter des CDD de 10 mois non renouvelable, mais elle propose de discuter de cette question lors de la présentation des Lignes Directrices de Gestion Recrutement en février 2022.

L’intersyndicale a rappelé que ce protocole de fin de conflit avait été signé par Laurence Engel et que cette signature engageait moralement la présidente, remettre en cause cet accord constituerait un précédent extrêmement grave que les organisations syndicales ne sauraient accepter. La non application de ce protocole constituerait un grave recul social, créant de l’ultra-précarité pour les agents concernés mais touchant aussi tout le personnel (comment fonctionner avec des agents sur des contrats courts qui changent tout le temps). Ce protocole de fin de grève, gagné par le personnel, n’est ni amendable, ni négociable !

En conclusion : le boycott des instances et la mobilisation des personnels le 25 novembre ont permis dans un premier temps de remettre en débat les positions de la direction, mais les réponses de cette dernière sont bien en deçà des attentes. Pour l’intersyndicale, le début de l’année 2022 sera déterminant et nécessitera la poursuite et l’amplification de la mobilisation. Nous appelons l’ensemble du personnel à construire le rapport de force nécessaire et à participer pour cela massivement aux Assemblées Générales qui seront organisées en janvier 2022 !

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