Boycott de la Commission Consultative Paritaire des Contractuels de la BnF du 23 juin 2022

Communiqué intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF

Depuis bientôt deux mois, le personnel de la BnF est en grève et multiplie les actions de protestation.

Ce conflit social, long et important, qui perturbe fortement le fonctionnement de notre établissement, porte des revendications contre le sous-effectif qui touche l’ensemble de la BnF et pour réclamer la création des postes nécessaires à son bon fonctionnement, pour lui permettre de remplir pleinement ces missions de service public, ce qui nécessite en particulier la création des postes de magasiniers titulaires pour rattraper toutes les pertes subies ces dernières années.

Il porte aussi un refus clair, ferme et complet de la réorganisation du service public imposé de manière autoritaire par la direction de la BnF, qui réduit la communication directe des documents des magasins à 3h30 l’après-midi, entre 13h30 et 17h, ce qui dégrade fortement les conditions de travail des agents, touche de manière inacceptable les chercheurs et chercheuses, le public de la BnF et frappe de plein fouet le sens de nos métiers et de notre activité à la BnF. Ce nivellement par le bas, ce sacrifice du service public pour gagner des postes et des heures de travail qui pourront être redéployés ensuite de manière bureaucratique et comptable sur les nouvelles tâches que la direction empile sans moyens, est refusé par tout le monde, par les agents, y compris l’encadrement, par le public, par les chercheurs, par les intellectuels. Cette réorganisation doit être immédiatement abandonnée, il doit y avoir un retour à la communication directe des documents patrimoniaux toute la journée, il y a les effectifs pour cela contrairement à ce que la direction prétend, si la priorité est donnée comme cela doit l’être au service public et si les chantiers exceptionnels très lourds pour le futur site de stockage d’Amiens sont suspendus tant qu’il n’y aura pas les effectifs suffisants pour les faire. Les conditions de travail du personnel, le fonctionnement des plannings de manière équilibrée toute la journée, le respect du travail interne habituel, doivent être la priorité.

Mais cette grève, qui dure depuis 7 semaines, toutes ces journées de grève, sont aussi une opposition totale à l’instauration des contrats ultra-précaires d’un an sur des quotités horaires ridicules (60 heures par mois) pour les nouveaux contractuels à temps incomplet sur besoins permanents. Ce recul social sans précédent, qui balaye 20 ans d’améliorations contre la précarité dans notre établissement, est inacceptable. Nous refusons que la direction de la BnF puisse ainsi renier sans le moindre scrupule le protocole de fin de grève de juillet 2016 qu’elle a signé, démontrant ainsi et sans complexe que ses engagements n’ont aucune valeur. Nous refusons l’entrée dans nos murs de contrats aussi courts, qui n’offrent aucune stabilité ni aucune perspective professionnelle aux personnes qui les occuperont, qui les priveront de pratiquement tous leurs droits sociaux (dont l’accès au logement social) et qui avec une quotité horaire tellement faible ne leur donnera laissera qu’un salaire de misère autour de 450-500, salaire qui ne permet à personne et surtout pas à des étudiants de vivre et de mener leurs études. Nous refusons que des collègues ultra-précaires, sans droit, se retrouvent à servir de rustines pour combler les trous dans les plannings de service public, à Tolbiac comme à Richelieu, dans des conditions de travail dégradées. Nous refusons enfin que les équipes de travail se retrouvent destabilisées par l’arrivée de ces ultra-précaires qui tourneront sans arrêt et qui partiront juste au moment où ils et elles seront formés.

Nous le redisons donc clairement, fortement et fermement, nous exigeons que les contractuel-le-s à temps incomplet sur besoins permanents soient embauchés sur des CDI et à 110 heures de travail par mois, afin de leur garantir un salaire un minimum décent, des droits sociaux, une évolution de carrière, des perspectives professionnelles. Nous réitérons enfin notre revendication de l’organisation d’un recrutement direct de magasiniers/ères comportant un volet interne important afin de permettre une réelle sortie de la précarité aux plus fragiles d’entre nous. Cette sortie de la précarité, quoi qu’en dise la direction, doit et ne peut passer que par l’accès au statut de la fonction publique, et par là même à des postes de magasiniers titulaires tels qu’ils ont toujours existé dans notre établissement.

Nous constatons à ce jour que la direction de la BnF reste campée sur ses positions de manière idéologique à ce sujet depuis le début du conflit social et qu’elle ne répond rien, refusant ainsi de prendre en considération la colère du personnel mobilisé.
Cela rejoint l’attitude générale de la direction de la BnF, qui laisse ce conflit s’éterniser, sans donner la moindre nouvelle aux organisations syndicales depuis le 10 juin, sans proposer de nouvelles négociations pour prendre en compte de manière positive les revendications des grévistes et sans sembler prendre la mesure des événements et de la détérioration de la situation. Elle porte donc l’entièrement responsabilité de la poursuite de la grève et de tout ce qu’elle implique, l’Assemblée Générale du personnel ayant, face à une volonté manifeste de pourrissement du conflit, déjà décidé d’appeler à la grève le jeudi 30 juin