À la BnF comme ailleurs, réclamons de meilleurs salaires // Grève jeudi 29 Septembre !

Le 29 septembre, une grève pour de meilleurs salaires, pensions et droits est appelée par l’intersyndicale CGT-FSU-UNSA-Solidaires. Une bonne occasion de faire le point sur les rémunérations à la BnF, entre augmentation du SMIC, augmentation de l’inflation, très léger dégel du point d’indice et reclassement des contractuel·les.

Certain·es seront peut-être surpris·es d’apprendre que, oui, une part importante de collègues de catégorie C mais aussi de catégorie B ont été concerné·es par les augmentations successives du SMIC en 2021-2022. En effet, les échelons les plus bas de ces grilles se sont retrouvés plusieurs fois en dessous du SMIC suite à sa revalorisation au mois d’octobre 2021, puis le 1er janvier et le 1er mai 2022. Pour compenser cela, la rémunération plancher dans la fonction publique a été remonté à l’indice 352 le 1er mai. Résultat, pour le moment, les agent·es aux échelons 1 à 7 chez les catégories C1 sont tou·tes payé·es à cet indice plancher, l’avancement se retrouve donc gommé, et sans décret de mise à jour de la grille, un·e collègue à l’échelon 3 mettrait 6 ans avant de voir son salaire augmenté. De plus, cela entraîne un « tassement des rémunérations indiciaires » qui est visible pour les trois grades de catégories C ainsi que pour le premier grade en catégorie B. Pour les agent·es de cette catégorie, un décret rééchelonnant leurs indices a été publié en septembre 2022 mais sans effet rétroactif ! Le gouvernement fait donc des économies sur notre dos, en minimisant le plus possible les augmentations, pourtant plus que nécessaires, de nos salaires. Pire, cela maintien de nombreux/ses collègues parmi les plus bas salaires (19% des agent·es de catégorie C et 82% des « vacataires » de la BnF sont à l’indice plancher 352).

Le point d’indice, mis KO par l’inflation ?
Dans cette situation, on pourrait donc presque se réjouir de l’augmentation de 3,5 % de la valeur du point d’indice, qui a pris effet en juillet 2022. Si cette mesure a au moins permis de très légèrement décoller les salaires les plus bas du SMIC (1678,95 euros brut mensuel, contre 1707,21 pour les salaires à l’indice 352), elle laisse toutefois un goût amer après comparaison avec l’inflation : 10% depuis 2017 ! La perte est encore plus forte à cause du gel du point d’indice pendant 10 ans, puisque cela représente une baisse de « pouvoir d’achat » de près de 25%.

Il est urgent, alors que les prix de l’énergie et de l’alimentaire, mais aussi les loyers, ne cessent d’augmenter, d’arrêter la casse de nos conditions de vie, d’augmenter franchement le point d’indice, de repyramider la catégorie C et d’augmenter plus fortement les plus bas salaires ! Tout comme il est urgent de bloquer les prix de l’énergie, de mettre en place un mécanisme permettant de pouvoir vivre décemment, de façon soutenable, en améliorant l’isolation des logements, en instaurant la gratuité des consommations énergétiques de bases et en gelant, puis en baissant, les loyers !

Reclassement des contractuel·les dans l’arrière cuisine
Avec son plan de reclassement des contractuel·les dans le nouveau cadre de gestion, la BnF a sans doute voulu ajouter sa part à cet état des lieux. Car à côté de la hausse de salaires pour certain·nes contractuel·les, dans notre établissement non plus, il n’y a pas de petites économies, que cela soit en jouant sur les projections d’avancement de certain·es collègues, ce qui permet de ne pas les revaloriser correctement et surtout en gommant l’ancienneté des contractuel·les du groupe 1, à temps plein ou incomplet. Bien qu’ils et elles soient déjà les plus bas salaires de la BnF, la direction a décidé que la revalorisation de leur grille se ferait sans reprise de leur ancienneté globale dans l’établissement ! Ainsi, toutes et tous les contractuel·les à temps incomplet du groupe 1 se retrouvent à l’indice plancher 350, même après 20 ans d’ancienneté. On est loin du discours officiel sur la reconnaissance des compétences et de l’expérience acquise. Étrangement cela n’arrive pas au groupe 6.
On est donc loin du compte. Il faut relever le début du groupe 1 au minimum à l’indice 370 et reclasser les agent·es contractuel·les, temps plein et temps incomplet de ce groupe en reprenant toute leur ancienneté.

Déprécarisation, exploitation, pas de biftons
Le fameux plan de déprécarisation vendu grossièrement par la direction s’ajoute à cela, notamment parce que les collègues « vacataires » qui acceptent de devenir contractuel·les à temps plein ne toucheront pas les primes accordées aux fonctionnaires faisant le même travail, un manque à gagner de près de 400 euros par mois en début de carrière, pour le même travail !

Une petite pensée pour les dernier·ères arrivé·es ?
Toujours pour soi-disant lutter contre la précarité, la direction embauche maintenant des vacataires sur des CDD d’un an à 60 ou 80h par mois, soit un salaire de misère entre 550 et 700 euros. Nous sommes sûr·es que nos nouveaux et nouvelles collègues apprécient ce traitement, après tout, qui a besoin d’argent pour vivre en région parisienne ? Pour ne rien gâcher, la Direction des Collections nous a récemment informé·s que nous sommes « insultant·es » en les appelant « précaires ».

Pendant ce temps, les profits des patrons et des actionnaires explosent (160 milliards d’euros en 2021 pour le CAC 40), la fraude fiscale est toujours aussi élevée (100 milliards d’euros) et les riches sont toujours plus riches.

NOUS VOULONS DES HAUSSES DE SALAIRES POUR PERMETTRA TOUTES ET TOUS DE VIVRE DIGNEMENT ! LIMITONS L’ECART DES REVENUS DE 1 A 5 !
PARTAGEONS VRAIMENT LES RICHESSES PAS LA MISÈRE !

À la BnF, les problèmes sont nombreux : sous-effectif, attaques contre le service public, contrats ultra-précaires, mauvaises conditions de travail, blocage des salaires. Face à cela, il faut continuer à agir.

GRÈVE JEUDI 29 SEPTEMBRE !

RASSEMBLEMENT A 11H,
TOLBIAC, HALL EST pour nos revendications à la BnF !


MANIFESTATION INTERPROFESSIONNELLE À 14H,
DENFERT-ROCHEREAU (rdv BnF devant la gare RER)

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