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Le 31 janvier on tape encore plus fort

Le 31 janvier on tape encore plus fort

Jeudi 19 janvier nous avons été des millions à nous mobiliser par la grève et/ou en manifestant. Nous le savons : la majorité de la population et l’ultra majorité des travailleuses et travailleurs rejettent ce projet de réforme injuste et brutal.

L’intersyndicale nationale a appelé à une journée de grève et de manifestation le 31 janvier prochain, avec comme objectif une mobilisation allant crescendo et s’inscrivant dans la durée pour gagner.

Le gouvernement est fébrile. Il avait annoncé qu’il n’y aurait pas de mobilisation massive, nous avons prouvé le contraire. Il clame qu’il ne retirera pas sa réforme, nous allons lui prouver qu’il n’a pas le choix.

Pour gagner, l’Union syndicale Solidaires appelle le maximum de travailleurs et travailleuses à participer à la journée de grève et de manifestation du 31. il faut convaincre autour de nous pour que nous soyons encore plus nombreuses et nombreux dans la rue !

Pour réussir le 31, il nous faut mettre collectivement de l’énergie : multiplier les rassemblements, les actions et les manifestations, les réunions et débats publics, les tractages, collages, mise en place de banderoles, interpellations d’élu-es locaux ou nationaux (hors extrême droite) etc…

Il faut construire dans le maximum de secteurs des assemblées générales de grévistes pour débattre des suites de la mobilisation et poser la question de la grève reconductible : il va falloir passer à un cran supérieur de la lutte pour faire plier définitivement le gouvernement. Cela passera par le blocage de l’économie liée à des grèves massives et continues dans tous les secteurs.

De plus en plus de monde se rend compte que le sujet de fond c’est celui du partage des richesses et du temps de travail. Nous voulons une réforme des retraites de progrès social, avec retour à 60 ans max, 37.5 années de cotisations sans décote et à taux plein. C’est totalement possible si on arrête de se laisser voler notre travail, si on instaure – enfin !- l’égalité des salaires et si on revalorise les métiers féminisés, si on supprime les exonérations fiscales,et que nous récupérons les milliards d’euros qui chaque année engraissent les actionnaires, les milliardaires et les paradis fiscaux !

L’Union syndicale Solidaires est mobilisée et déterminée à faire retirer ce projet de réforme. Notre force est visible, amplifions le mouvement pour gagner !

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Pour que nos voeux deviennent réalité !

La tradition veut qu’en début d’année, un peu tout le monde présente ses vœux. Il y a même des directions d’établissements qui organisent cela très sérieusement, afin de répandre les « éléments de langage » et vanter leurs « réussites ».

Puisque c’est une habitude, nous allons nous aussi présenter ce que nous voulons pour l’année 2023 qui commence, mais pas en tenant une langue de bois ou en tentant de transformer en réussite des réorganisations qui ne fonctionnent pas, non, nous allons le faire en partant de la réalité du travail que nous, agent·es de la BnF, vivons tous les jours.

Alors, en 2023, nous exigeons :

  • L’abandon de la réorganisation du service public, qui est un échec complet, le retour aux horaires normaux de communication des documents des magasins, le respect de nos missions de service public et des demandes de nos usagers-ères. Ce qui implique aussi la dissolution des équipes mobiles de travail, source de souffrance et d’isolement et la remise en place de plannings de service public acceptable.
  • La création massive de postes pérennes, en particulier de catégorie C, pour assurer l’ensemble des missions de la BnF et pourvoir tous les besoins, ce qui permettra aussi de garantir de bonnes conditions de travail, que ce soit à la DCO, au Dépôt Légal, au service des Expositions, à la DPU, à Tolbiac, à Richelieu, à Bussy… partout où c’est nécessaire. Cela implique l’organisation rapide d’un recrutement sans concours de magasiniers·ières, comme la BnF sait le faire depuis longtemps.
  • L’arrêt des contrats ultra-précaires (CDD d’un an sur des quotités horaires faibles avec des salaires de misère) pour les « vacataires » et le passage en CDI à 110h de tous ceux et toutes celles qui sont sur des besoins permanents, en respect du protocole de fin de grève de juillet 2016. Respecter enfin ses engagements peut être une bonne résolution de début d’année ! Pour les « vacataires » de manière générale,  il faut un vrai plan de titularisation sans condition.
  • De vrais hausses de salaires, avant tout pour les bas salaires, dont les grilles sont désormais écrasées par la hausse de l’inflation et du SMIC, ce qui nécessite une hausse de la valeur du point d’indice, un repyramidage des grilles de catégorie C et du début de la catégorie B, que ce soit pour les fonctionnaires ou les contractuel-le-s (temps plein et temps incomplet), afin de réduire aussi les inégalités de salaires.
  • L’abandon de la construction du futur site de stockage de collections à Amiens, projet destructeur au niveau social et nuisible au niveau écologique.
  • Une véritable égalité hommes-femmes, à tous les niveaux (salaires, déroulement de carrière, équilibre vie privée/vie professionnelle), un combat déterminé contre les violences sexuelles et sexistes et la mise à bas du patriarcat, dans nos lieux de travail comme dans toute la société.
  • La réintégration des activités externalisées à des sociétés prestataires (nettoyage, cantine, numérisation, sécurité…) et de leurs personnels.
  • La défense et l’amélioration du système solidaire de retraites, avec une retraite à 60 ans, pour 37,5 ans de cotisation, avec un niveau de pension permettant de vivre décemment, avec une sécurité sociale complète et prenant en charge l’ensemble de la protection sociale, avec l’application pleine du droit au logement, du droit à des services publics de qualité, à la gratuité des transports en commun, tout cela financé par la récupération collective des profits que fait le capitalisme sur le dos des travailleurs/ses.
  • Une rupture avec le système capitaliste qui exploite non seulement les êtres humains, mais est aussi en train de détruire la planète et qui provoque une catastrophe écologique qui s’accélère. Il faut des mesures fortes de transformation écologique et sociale (relocalisation des productions, sortie des énergies fossiles, arrêt du nucléaire et des productions nuisibles, interdiction des activités polluantes…), garantissant l’ensemble des droits sociaux des travailleurs/ses concerné-e-s, avec un grand plan d’isolation thermique des bâtiments et de réaménagement urbain, ainsi que le développement d’une agriculture paysanne, locale et biologique.

Et puis, vu que le début d’année est aussi l’occasion de saluer les gens que nous connaissons :

« salut à vous camarades travailleurs sans-papiers de Chronopost et de DPD qui êtes en grève depuis plus d’un an ; salut à vous camarades victimes de la répression antisyndical ; salut à vous chômeurs·euses et précaires qui se mobilisent pour leurs droits ; salut à vous grévistes en Grande-Bretagne qui relèvent la tête ; salut à toi population d’Exarcheia à Athènes ; salut à toi peuple kurde en lutte au Rojava, au Sinjar et à Heftani ; salut à vous peuples d’Iran ; salut à toi communauté zapatiste du Chiapas et à tous ceux et toutes celles qui luttent pour une autre société dans le monde entier. »

Mais nous savons très bien que sans mobilisation collective, sans action directe forte et déterminée, tout cela ne restera que des vœux. Alors, pour faire aboutir tout cela, pour défendre nos droits et en gagner de nouveaux, pour améliorer vraiment les choses, organisons-nous, réunissons-nous, faisons des AG et luttons !    

… 2023 = ANNÉE DE COMBATS !       

RSA conditionnel : le nouveau cadeau de Noël au patronat !

Parmi les nombreuses attaques antisociales du gouvernement et du patronat, celle obligeant à travailler 15 à 20h par semaine pour prétendre au RSA (598 € par mois pour une personne) est emblématique. Noyée dans la réforme dite « France Travail » qui fusionne Pôle Emploi, missions locales et formation professionnelle, cette promesse de Macron vise surtout à forcer les chômeurs-euses et les pauvres à occuper des emplois les plus rebutants, très précaires et très mal payés qui ne trouvent pas preneurs. Sous le prétexte fumeux de faire revenir vers l’emploi les personnes qui en seraient les plus éloignées, c’est une nouvelle aubaine pour le patronat, qui va disposer du travail gratuit des populations les plus précaires. Eloigné-es de l’emploi ? Pourtant 60 % des allocataires RSA (1,88 million de foyers) sont inscrit-es à Pôle Emploi sans trouver de travail ! Cette mesure électorale s’emboite avec la réforme de l’assurance chômage dont le ministre Dussopt entend baisser d’un quart les allocations chômage au 1er février prochain voire ensuite de 40 % sous prétexte d’un marché de l’emploi « florissant ». Quand bien même à Perpignan ou à Valenciennes, le chômage excède largement les 10 % de la population active…

Ayant le projet de la mettre complétement en place en 2024, le gouvernement a décidé d’ici là d’expérimenter le RSA conditionnel et proposé aux collectivités de faire acte de candidature. 18 départements et la Métropole de Lyon ont été finalement retenus, prêts à l’instar du dispositif du « Contrat d’engagement jeunes » à conditionner l’obtention du RSA à l’accomplissement entre 15 et 20 heures « d’activités hebdomadaires obligatoires censées favoriser l’intégration durable des allocataires dans le marché du travail ». Sans quoi celles et ceux qui n’y souscriront pas ne toucheront plus rien du tout. Obliger au travail obligatoire sans quoi ce sera la faim et la rue !

Pouvoir disposer au travers de stages ou de mises en situation professionnelle d’une main d’œuvre gratuite prise en charge financièrement par la collectivité, le patronat jubile. Il pourrait bien comme pour les services civiques remplacer par des allocataires au RSA des salarié-es titulaires jugé-es trop coûteux ! Flairant le piège, le département de la Seine Saint Denis s’est immédiatement retiré de l’expérimentation. Et celui de la Loire Atlantique a déclaré qu’il ferait de même si des « lignes rouges étaient franchies » comme la mise en place d’activités forcées ou devoir exercer un chantage à l’allocation.

Cette réforme s’annonce bien comme une des mesures les plus détestables de la Macronie dont le marqueur économique est toujours plus libéral. A l’instar de la mobilisation des travailleurs/ses sociaux/ales en Ardèche, le mouvement social doit s’opposer fortement à cette vilenie antisociale et ce quasi retour à l’esclavage. RSA conditionnel, réforme de l’assurance chômage, loi antisquat et contre les locataires défaillants, loi immigration et réforme des retraites, c’est une attaque totale que mène l’Etat et le MEDEF contre nos droits sociaux.

L’Union syndicale Solidaires appelle à mettre en pièces ces projets désastreux qui remettent en cause l’idée même de justice sociale. Ils veulent le triomphe de l’injustice car c’est bon pour leurs profits ! Alors, en janvier, on grève, on manifeste et ensuite on continue. Tant qu’ils ne lâcheront rien, nous serons là !

Conseil d’Administration de la BnF : les tutelles rejouent la fuite de Varennes !

Communication de la direction de la BnF aux agent-es la veille du CA


Déclaration SUD Culture Solidaires au Conseil d’Administration de la BnF du 24 novembre 2022

« Il y a près de 6 mois débutait une mobilisation sans précédent à la BnF, mobilisation qui s’est profondément ancrée dans les esprits et dans notre établissement. Toutes les voix incarnées par ce mouvement n’ont eu de cesse,  comme l’indiquent encore les derniers préavis de grève déposés, de dénoncer la gestion de la direction de la BnF et sa politique de marche forcée.

SUD Culture saisit l’occasion de ce Conseil d’Administration fraichement recomposé pour dénoncer une fois de plus les passages en force successifs de la direction sur des questions pourtant essentielles, qui touchent le cœur de nos missions, creusant ainsi toujours plus le fossé entre décisionnaires déconnecté-es du terrain et exécutant-es qui se sentent plus méprisé-es que jamais. Jamais en effet notre établissement n’a traversé une telle crise sociale, et les agent-es affrontés de telles régressions. La tenue de ce Conseil d’Administration sans vraie justification en visio-conférence est dans ce sens un pas supplémentaire dans une gestion technocratique de notre établissement et une marque renouvelée du mépris à l’égard du personnel, dont il faut éviter à tout prix toute manifestation éventuelle.

Régression dans l’offre faite au public, amputée d’une partie des communications directes de documents des magasins qui faisaient la spécificité de la BnF, régression que doivent assumer chaque jour contre leur gré les agent-es, à l’heure même où paradoxalement les tarifs de la bibliothèque augmentent.

Régression au sein des collectifs de travail, où les plannings de Service Public morcelés dispersent les équipes de magasinage confrontées à des tâches vidées de leur sens, tandis que l’organisation des chantiers et travaux internes souffre du sous-effectif que les politiques d’austérité pensent pouvoir creuser toujours plus sans retour de flamme.

Régression en termes de précarité, avec le franchissement d’une ligne rouge, celle d’un protocole de fin de grève piétiné publiquement, où les besoins permanents de l’établissement sont désormais pourvus par des agent-es contractuel-le-s à temps incomplet ultra précaires en CDD d’un an, payé-e-s un salaire de misère et presque sans droits.

Régression dans les conditions de travail avec la dernière création en date d’équipes d’agent-es ultra précaires isolé-es, dit-es équipes mobiles, utilisé-es comme bouches trous flexibles et dont la fonction est, nous citons, comparée à celles de « voitures balais » dans les hautes sphères. Mais cette régression des conditions de travail touche aussi d’autres services, directions et sites de la BnF, comme au service des Expositions qui est en alerte aux Risques Psycho-Sociaux depuis plus d’un an sans que rien ne change ; au Dépôt Légal qui est en sous-effectif face à une charge de travail qui ne diminue pas ou sur les sites de Sablé et de Bussy, laissés à l’abandon et où les départs ne sont pas remplacés, le travail à faire retombant sur les agent-e-s qui restent.  

Régression pour les plus ancien/nes des précaires, en attente de l’organisation d’un recrutement direct de magasiniers/ères et non d’un soi-disant plan de déprécarisation qui est non seulement éparpillé dans le temps mais qui les prive d’un accès au statut dont bénéficient pourtant leurs collègues titulaires effectuant exactement les mêmes tâches et les place à un salaire inférieur, puisqu’il n’y a ni primes ni prise en compte de leur ancienneté globale.

Régression du dialogue social, avec des manœuvres indignes telles que celle d’utiliser les 20 ETP gagnés au CA de juin suite aux nombreuses journées de grève et à l’interpellation des tutelles de la BnF pour créer non pas des postes permanents de catégorie C mais bien pour dépenser ces crédits en emplois précaires et temporaires.

Régression qui mène notre propre public à effectuer un recours au Tribunal Administratif contre la BnF, tant le dialogue avec la direction se résume, malgré une pétition titanesque, à des portes claquées au visage. Du jamais vu.

Découle de l’ensemble de ces régressions le désagréable sentiment, partagé par une importante partie du personnel, de la perte de sens de nos métiers et missions désormais soumis à des règles comptables où la comptabilisation de l’activité prime sur le reste.

Les raisons de ces régressions ? L’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture  les pointe depuis de longs mois, bien avant même le fort mouvement amorcé en mai.

Ce sont :

  • les suppressions de postes subies ces dernières années, en particulier de fonctionnaires magasiniers-ières
  • l’absence d’anticipation des besoins de postes pérennes en catégorie C (cat. C qui furent pourtant en première ligne quand la direction, en télétravail, a décidé de rouvrir au public pendant la crise sanitaire),
  • l’absence d’écoute du personnel croulant sous les nouvelles missions.

A cela s’ajoute la gestion orgueilleuse d’une énième réorganisation du Service Public  dont chacun-e constate pourtant l’échec.

A l’heure où le Musée du Louvre annonce un recrutement pied de corps en catégorie C de dizaines de postes de titulaires, notre organisation syndicale constate que malgré le tableau dressé par la direction de la BnF, les solutions par le haut existent bien à certains endroits du Ministère, ce qui ne peut que motiver le personnel à continuer la mobilisation.

La sortie de crise est possible et elle devra commencer par l’annonce immédiate d’un recrutement direct de magasiniers-ières fonctionnaires amenant rapidement les effectifs dont nous avons tant besoin là où ils sont indispensables, notamment en prévision du déménagement à Amiens et suite à la réouverture de Richelieu, et pour assurer le flux continue de nos missions de conservation et de service public. La sortie de crise commence aussi par le fait de savoir reconnaitre ses erreurs en annulant une réorganisation du service public qui ne fonctionne pas. La sortie de crise commence enfin par annuler le recrutement de contrats ultra précaires pour revenir à la norme gagnée par le personnel avec l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture : un besoin permanent = un CDI.

La section SUD Culture de la BnF  n’est pas « maximaliste » mais simplement réaliste face à la souffrance de nos collègues et nous continuons ce jour de porter haut et fort ces revendications. Nous ne nous laisserons endormir ni par le temps qui passe, ni par les « mesurettes », les ajustements ou autre cache misère. Nous refusons aussi les instances tronquées, les cadres de discussion réduits à du virtuel et le refus de parler aux personnels. Nous ne siégerons donc pas dans ce CA qui n’est qu’une caricature d’une instance déjà peu démocratique ! »

Précarité à la BnF : La LUTTE CONTINUE !

SUD Culture Section BnF

Appel de collègues « vacataires » à une Assemblée Générale
SAMEDI 19/11, 12h30-13h30, Tolbiac, locaux syndicaux T4A2 !

En septembre sont arrivés de nouveaux contrats précaires spécialement concoctés par la direction pour pallier le sous-effectif chronique dont souffrent les équipes de service public. Aux collègues « vacataires » embauché-es parfois depuis des années en CDI et travaillant jusqu’à 110h par mois notamment en soirée et le weekend, se sont greffées – sur des tâches similaires et bien permanentes – des agent-es sur contrats d’un an renouvelables une fois et sur de faibles quotités horaires, qui forment des équipes SP dîtes « mobiles » le matin ou sont posté-e-s selon les besoins.

Cette situation absurde, qui creuse les inégalités entre agent-es, est la conséquence directe des choix de la direction, qui a décidé de renier son engagement à embaucher en CDI et jusqu’à 110h/mois les agent-es « vacataires » travaillant sur des besoins permanents (protocole de fin de grève signé par la présidente de la BnF Laurence Engel avec les organisations syndicales CGT-FSU-SUD en 2016).

Malgré des mois de lutte contre cette situation liée au sous-effectif en cat. C et de nombreux préavis de grève, les choses n’ont pas bougé, la direction ayant ainsi et de son seul fait décidé d’instaurer un conflit durable, conflit qui ne risque pas de s’éteindre quand on considère l’insupportable affront incarné par cette politique antisociale.

Pendant ce temps, la réorganisation du service public, dont nous constatons chaque jour l’inefficacité et l’indigence, continue de désorganiser le travail des équipes de magasinage, qui comportent désormais 4 statuts différents : des magasiniers/ères titulaires, des magasiniers/ères contractuel-les à temps plein, des « vacataires » en CDI à 110h et d’autres sur des contrats de 1 an (sans compter les contrats réellement temporaires de remplacement)…

Nos collègues fraîchement embauché-es (élégamment surnommés les « voitures balais » dans les hautes sphères qui n’en sont plus à une marque de mépris près), se retrouvent à courir pour des salaires de misère et sur un temps réduit de station en station, coupé-es du reste de leur équipe, sans affectation précise, et parfois sans pause déjeuner comme c’est le cas le samedi avec des postages de 11h à 14h.

A côté de cela, les plus ancien-nes « vacataires » se sont vu-es promettre une soi-disant sortie de la précarité suite à l’ouverture de postes de contractuel-les à temps plein mais qui en fait ne permettent d’obtenir le statut protecteur de fonctionnaire et qui ne donnent pas droit aux primes, créant ainsi une différence de salaires avec leurs collègues fonctionnaires. Dans l’air du temps, la direction joue pleinement la contractualisation de la Fonction Publique voulue par le gouvernement et dont la finalité est bien de libéraliser l’ensemble des services publics. La seule sortie viable, c’est celle du recrutement direct de magasiniers/ères (avec volet interne) pour titulariser les précaires !

Mais la solidarité tout comme la colère sont là et de nombreux/ses agent-es marquent

régulièrement leur désaccord avec cette gestion antisociale des effectifs, d’autant plus quand cette gestion catastrophique se double d’atteinte aux droits les plus élémentaires des plus précaires d’entre nous (droit aux demi-journées d’indisponibilités, de suivre des formations sur le temps de travail, accès aux prestations sociales etc.).

En appui à l’appel diffusé par des collègues « vacataires » du DEP (voir au dos), la section SUD Culture de la BnF appelle les précaires de l’établissement mais aussi l’ensemble des agent-es à s’organiser en participant à une :

Assemblée Générale
Samedi 19 novembre > 12h30-13h30

Locaux syndicaux Tolbiac T4/A2

Une heure d’information syndicale a été déposée pour vous permettre d’y assister sur votre temps de travail. Prévenez juste votre hiérarchie, venez déjeuner sur place et en encouragez les collègues hésitant-es à venir !

BnF, les raisons de la colère sont toujours là. Texte adopté en AG.

Appel à une nouvelle Assemblée Générale le JEUDI 20/10
12h30, Hall Ouest, site de Tolbiac !

« Nous, personnel de la BnF réuni en Assemblée Générale le jeudi 13 octobre 2022 :

Constatant que les nombreux problèmes d’organisation du travail causés par la « réforme » du service public perdurent et se sont même multipliés avec la nouvelle version de cette « réforme » depuis fin septembre, à cause de changements réguliers de consignes qui font que plus personnes n’y comprend rien ;

Constatant que les graves problèmes de sous-effectif qui touchent la BnF à cause des suppressions de postes, en particulier en catégorie C, sont toujours là et que rien n’a été réglé à ce sujet ;

Constatant que la seule « réponse » de la direction de la BnF est le recours toujours plus fort à des contrats ultra-précaires, CDD d’un an à temps incomplet sur des quotités horaires de 50h à 80h, sans droit, pour un salaire de misère et qui servent de à combler tous les manques dans les plannings en service public ou contrats de projet, CDD sans date de fin, pour faire les chantiers exceptionnels pour Amiens dans des conditions déplorables.

Constatant ainsi que la direction de la BnF a utilisé les 20 postes en plus en catégorie C à la DCO, gagnés par la grève, uniquement pour embaucher du personnel précaire, sans créer un seul poste de titulaire, ce qui est un mépris complet du personnel ;

Constatant que tout cela entraîne une forte dégradation des conditions de travail du personnel, quelle que soit sa catégorie, avec des plannings ingérables ; une fragmentation de la journée de travail ; une dislocation des équipes, des charges de travail intenables, en particulier pour les « équipes volantes » ou Nouvelles Equipes Mobiles qui doivent passer de postes de travail en postes de travail pendant la matinée ; des pressions importantes ; l’abandon complet de toutes les règles protégeant les conditions de travail (travail isolé en magasin, articulation de la journée de travail entre travail interne et service public…) ;

Constatant que ces problèmes de sous-effectif, d’abus de contrats précaires courts, de surcharge de travail touchent en fait toute la BnF, toutes les directions, tous les départements, que ce soit sur le site de Richelieu (manque de personnel, malfaçons, fonctionnement uniquement grâce à des précaires, nouveaux horaires durs à gérer), à la DSR, entre autre au Dépôt Légal, mais aussi sur les sites de Bussy et Sablé condamnés à fermer, à la DDC dont le service des Expositions, à la DPU… ;

Constatant que tout cela se fait aussi dans le cadre d’une dégradation forte des missions de la BnF et des services offerts au public, dont la réduction de la communication directe des documents patrimoniaux est l’exemple le plus visible ;

Constatant enfin que cela se fait dans un contexte d’austérité avec la baisse du budget des acquisitions, de tensions sur la masse salariale, à cause de la hausse des coûts de l’énergie, mais que par contre il n’y a pas d’austérité sur les dépenses de publicité, d’audits inutiles ou de festivités ;

Nous constatons et dénonçons le fait que les problèmes que connaît la BnF sont toujours là, que nous avons toujours autant de raison d’être en colère, que notre lutte qui dure depuis 5 mois et demi continue, que nos revendications sont toujours les même ;

C’est pourquoi nous appelons l’ensemble des agent-es et les organisations syndicales à continuer à se mobiliser par les moyens nécessaires (grève, rassemblements, déclarations…) pour obtenir : les créations de tous les postes pérennes nécessaires au bon fonctionnement de la BnF avec un effort particulier pour les catégories C, le retrait de la « réforme » du service public et le retour à la communication directe des documents toute la journée, l’amélioration réelle des conditions de travail, l’arrêt des contrats ultra-précaires et le passage en CDI de ces collègues.

La direction de la BnF et le ministère de la Culture doivent mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour cela et pour mettre fin à la crise sociale que connaît notre établissement.

Nous continuerons tant qu’il le faudra !

Nous appelons l’ensemble du personnel de la BnF à faire grève le MARDI 18/10 !

Nous appelons à participer largement à une nouvelle Assemblée Générale le JEUDI 20/10, à 12h30, Hall Ouest, site de Tolbiac !« 

À LA BNF, ÇA CRAQUE DE PARTOUT !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE BnF
JEUDI 13 OCTOBRE
12H30 HALL OUEST

Des services en sous-effectifs           

Alors que la direction de la BnF a mis en place sa réforme amendée des communications, nous ne pouvons que constater qu’elle entraîne désorganisation et mal-être au travail, sans même cacher la misère du sous-effectif. Dans de nombreux départements, une seule absence suffit à bousculer tout le service public ! L’organisation illisible des communications se ressent aussi du côté des lecteurs et lectrices, pour qui la fréquentation des salles de lecture devient un vrai casse-tête. Cette situation est extrêmement pesante, et cela alors même que les chantiers de préparation pour le futur site d’Amiens n’ont pas commencé, chantier dont chacun·e réalise bien qu’ils ne pourront pas être intégrés dans des plannings qui craquent déjà de partout. Mais le sous-effectif est plus général, il touche aussi la DSR (au DL entre autre), la DPU, la DDC, Bussy et Sablé…    

Une précarité insupportable

            Alors que les 20 postes supplémentaires en catégorie C à la DCO gagnés par la lutte auraient dû servir à embaucher du personnel titulaire, la direction de la BnF s’en sert en fait pour recruter uniquement du personnel précaire, dans des conditions inadmissibles : obligation de présence en semaine tous les matins, impossibilité de poser des demi-journées d’indisponibilité pourtant prévues au règlement intérieur, postage le samedi de 11h à 14h, donc impossibilité d’utiliser la cantine de l’établissement. Tout ça pour un salaire misérable de moins de la moitié du SMIC, 450 à 600 euros par mois, puisque nos nouveaux et nouvelles collègues sont embauché·es sur des contrats de 50 à 80 heures par mois avec un CDD d’un an. Dans ces conditions, il est bien difficile de recruter des étudiant·es, car oui, les cours ont aussi parfois lieu le matin, n’en déplaise à la direction !

Une rentrée difficile sur le site de Richelieu

            Malgré la durée des travaux, le site de Richelieu est encore plein de surprise, entre malfaçons, fuites, portes inadaptées et plafonds croulants. Des conditions de travail certainement pas à la hauteur de la facture, et tout cela dans la même joie du sous-effectif qu’à Tolbiac, puisque les services doivent désormais assurer une heure supplémentaire par jour d’ouverture au public. En sus, la Musique et les Manuscrits ont maintenant le plaisir de devoir se tasser dans une salle et une arrière-banque de salle trop petite. Les lecteurs et lectrices ne sont pas non plus en reste, puisque la salle Ovale, ouverte à toutes et tous et ne fonctionnant que grâce à des précaires, laisse chercheurs et chercheuses sur le carreau dans l’attente d’une place, quand il ne faut pas traverser tout le site pour se procurer une mallette transparente.

Un hiver glacial pour toutes et tous ?

            Alors que le moral n’est pas au beau fixe dans les différents départements, la direction de la BnF en rajoute une louche, promettant un hiver sombre. Les acquéreurs et acquéreuses des différents départements ont entendu dire que leur budget diminuait pour régler la facture de chauffage, une annonce démontrant si besoin était la technocratie de notre direction : la politique documentaire n’étant finalement qu’un vœu pieu dans la balance gestionnaire. La direction annonce finalement en CHSCT diminuer le chauffage sur tous les sites, pour faire sa part dans la consigne de sobriété énergétique gouvernementale. Ce n’est pas faute de savoir depuis longtemps que la majorité des sites de la BnF sont des passoires énergétiques, sans pour autant qu’une réelle politique de rénovation et d’isolation soit mise en place. Ce n’est pas sans savoir non plus que de nombreux bureaux, notamment dans les tours de François Mitterrand sont équipés de chauffages électriques d’appoint pour palier une température trop basse.

RÉCHAUFFONS LE CLIMAT SOCIAL !
Le 13 octobre à 12h30, Retrouvons-nous en Assemblée Générale !
TOLBIAC, HALL OUEST !

Une heure mensuelle d’information syndicale a été déposée auprès de la DRH, qui vous permet d’assister à l’assemblée générale sur votre temps de travail en prévenant votre hiérarchie.

BnF en grève, personnels mobilisés

Rassemblement BNF et manifestation interprofessionnelle ce jeudi 29 septembre

Depuis 2009, à cause des politiques d’austérité des différents gouvernements, la BnF a perdu plus de 400 agent-e-s, soit plus de 15 % de ses effectifs. La direction de l’établissement prétend que cette hémorragie s’est arrêtée ces dernières années. Elle oublie de dire que c’est grâce à la grève du personnel en 2016 qu’il y a eu un arrêt des pertes théoriques de postes à partir de 2017, ce qui n’a pas empêché le ministère de la Culture de couper encore 10 postes en équivalent temps plein en 2018. Pourtant, entre 2017 et 2021, la BnF a continué à perdre 100 agent-e-s, soit 54 équivalent temps plein. Pourquoi ? Parce que dans le cadre d’une masse salariale contrainte, la direction a fait le choix de privilégier le recrutement de contractuel-le-s à temps plein en catégorie A sur des postes de chargé-e-s de mission plutôt que de pourvoir les postes essentiels sur le cœur de métier de la BnF, en particulier en catégorie C.
Ainsi, la BnF a perdu 200 postes de fonctionnaires en catégorie C depuis 2009, soit la moitié de la perte des postes, alors que les catégories C ne formaient alors que un tiers des effectifs. Si on rajoute les suppressions de postes d’agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet, dont le nombre a diminué de 50% dans le même temps, on voit bien à quel point la catégorie C a porté la très grande majorité des suppressions de postes. La direction de la BnF a sciemment sacrifié cette catégorie. Ainsi, malgré la stabilité supposée des effectifs, la direction a supprimé 40 agent-e-s de catégorie C entre 2020 et 2021, en pleine crise sanitaire.
Cela a touché en particulier le corps des magasiniers-ières, avec la suppression de 170 postes en une dizaine d’années, soit 30 % des effectifs à la BnF, ce qui est énorme.

Les conséquences de ces suppressions continues sont que désormais, il n’y a pas assez de personnel de magasinage pour assurer le fonctionnement normal du service public et de la communication des documents. Face à cette situation de crise qu’elle a elle-même créé, la direction n’a pas décidé de recréer les postes perdus, elle a décidé d’imposer une diminution des services au public, faisant ainsi payé cette dégradation de la situation à la fois aux usagers-ères et au personnel.

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