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Action Publique 2022 : le « ni gauche, ni droite » appliqué au ministère de la culture

cropped-tc3a9lc3a9chargement.jpgSUD Culture Solidaires, le 20 novembre 2017.

Pour contrer l’opacité qui règne au sein du Ministère de la Culture, heureusement, des lanceurs/ses d’alerte existent ici, comme ailleurs. Même si Emmanuel Macron n’a pas manqué de fustiger les fonctionnaires « déloyaux » qui refusent d’obéir avec servilité, même si Françoise Nyssen entend une nouvelle fois se ridiculiser en portant plainte contre un « délit d’information », nous pouvons compter sur celles et ceux qui se font un honneur d’alerter les citoyen-nes sur ce qui se trame dans notre dos.

A la lecture de la lettre du cadrage adressée le 26 septembre par Édouard Philippe à ses ministres et secrétaires d’état, déclinant les fondamentaux du programme « Action Publique 2022 », nous avions anticipé les nouvelles attaques à venir contre le Fonction publique en général et contre la culture en particulier. La composition du Comité Action Publique, mêlant la fine fleur des experts de l’ultralibéralisme : économistes de l’ancienne commission Attali, ami-e-s plus ou moins proches d’Emmanuel Macron (énarques, banquiers, créateurs d’entreprises numériques, représentant-e-s de grands groupes immobiliers,…) et excluant tout responsable des services publics, syndicalistes, associations d’usagers, nous révèle bien ses objectifs : casser et privatiser ce qu’il reste des services publics. Les scénarios annoncés auront de quoi réjouir les anciens promoteurs de ces politiques mortifères : Sarkozy en a rêvé, Macron l’a fait !

L’intersyndicale Culture avait demandé la convocation d’un Comité de l’Administration centrale pour que celle-ci daigne nous présenter la méthode, le calendrier et les incidences sur la gestion des emplois d’« Action Publique 2022 ». En guise de document de travail, l’administration nous a envoyé un diaporama aseptisé reprenant les grandes lignes de la lettre du cadrage d’Édouard Philippe. Fort heureusement, entre-temps, nous avions pris connaissance de cette désormais fameuse « contribution du Ministère de la Culture aux travaux du CAP 2022 » (datée du 3 novembre), oh combien révélatrice, qui a « fuitée » dans la presse. C’est donc fort de ces informations que nous avons participé au comité technique convoqué ce 16 novembre. Étant entendu qu’il n’était pas question pour SUD Culture de se contenter de propos aussi lénifiants qu’indigestes. Mais bien que l’on nous explique qui avait rédigé et validé un document qui vise essentiellement à réduire toujours plus la voilure du ministère.

Prise les doigts dans le pot de confiture, l’administration ne nous a pas fait l’affront de l’ignorer. Mais, comme nous y attendions, le secrétaire général nous a ressorti le discours convenu de ses prédécesseurs qui n’ont eu de cesse, depuis les Stratégies Ministérielles de Réforme de la fin du XXè siècle, la Lolf, les transferts de missions aux collectivités locales, les deux RGPP, la MAP, la Revue des missions, les mesures de simplification, la réforme territoriale, de s’attaquer aux effectifs et aux missions de notre ministère. Il s’agit de moderniser et redonner du sens à l’action publique tout en faisant des économies. Il n’a eu de cesse de nous répéter que ce document était incomplet et tronqué et qu’en aucune manière, on ne pouvait le qualifier de document idéologique. C’est tout juste, s’il ne nous a pas vendu AP 2022 comme une session de rattrapage à la RGPP. Vous voyez bien que le ministère ne fonctionne pas bien, il nous faut bien une réforme de plus.

Ah bon ? Un projet qui s’appuie sur les suppressions de postes, les transferts aux collectivités territoriales, l’autonomie accentuée des établissements publics, la destruction de pans entiers de nos archives pour ne conserver que celles-dites « essentielles », des « gains » budgétaires, pour pouvoir répondre au sacro-saint dogme de la maîtrise des dépenses publiques,.. Tout ceci ne serait pas idéologique. Ah, oui pardon, ce n’est ni de gauche ni de droite. C’est « normal » comme aurait pu le dire un ancien président de la République.

Pour Sud Culture, cette « contribution », loin d’être « tronquée », répond bel et bien à la commande du gouvernement qui veut imposer de nouvelles orientations  à toute la fonction publique. L’administration aura beau habiller ses propositions du verbiage habituel « recentrer l’administration centrale », « élargir les publics », « améliorer l’efficacité opérationnelle », « offrir aux agents publics un environnement de travail modernisé » nous sommes depuis longtemps vaccinés contre l’usage de cette novlangue technocratique.

Pas un mot sur le dialogue social mais une démarche qui relève d’un rare cynisme : « conditions de succès : annonce rapide de la stratégie de transformation » peut-on lire ! Comme pour la « réforme » du code du travail, il faut aller vite, ne pas laisser le temps aux agent-e-s de s’organiser. Le calendrier infernal exigé par le premier ministre est ridicule : les propositions pour repenser notre ministère doivent être bouclées pour mars 2018 et la ministre devra présenter son plan de transformation  d’ici l’été 2018. A l’évidence, il ne s’agit pas de tirer des enseignements des réformes passées, de s’appuyer sur les rapports dûment argumentés de l’IGAC, encore moins favoriser la qualité de vie au travail et œuvrer pour un meilleur service rendu à l’usager/ère-citoyen-ne.

En appelant à notre responsabilité, le secrétaire général nous a proposé « de travailler en commun pour éviter qu’un autre scénario, autrement plus dur, nous soit imposé ». En clair, acceptons de nous couper ensemble un bras avant que le gouvernement nous coupe les deux !

Promis-juré, le plan de transformation ministériel sera travaillé avec les agent-e-s et leurs représentant-e-s. Des marges de négociation existant, ce document « officieux » sera bien évidemment amendé. Sur les questions précises des suppressions d’emplois et des chiffres annoncés, là aussi, tout est en discussion. Ne vous inquiétez pas, chères organisations syndicales, chers agent-e-s, nous allons vous écouter, il se peut que nous ne soyons pas d’accord à la fin mais nous vous aurons écouté.

Pour mieux nous entendre, la ministre, « qui est très pragmatique », fera une intervention lors du prochain CTM du 4 décembre. Ce sera le top départ de la concertation. Lors du premier trimestre, des groupes de travail thématiques seront réunis. Ceux-ci s’empareront des « réformes » proposées : Archives (comment archiver moins et rendre moins coûteuse la politique des Archives), Musées (qui veut de mon SCN : EP ou Collectivité ?), RH (après la centralisation de la paie, réfléchissons à sa déconcentration et enfin le SRH qui pourra mettre en place la GPEEC), Création (la sélectivité des aides à la création et la réinterrogation des cahiers des charges validés il y a un an avec la LCAP)…

C’en est assez ! Nous n’allons pas rester sidéré-es face à ce projet de casse du ministère !

A chaque changement de ministre, sa prétendue « modernisation ». Les agent-e-s sont épuisés de subir ces réformes technocratiques enrobées sous couvert de meilleur service au citoyen-ne et d’une meilleure attention aux attentes du public.

Oui, madame la ministre,  il nous faut enfin une vraie réforme qui prenne en compte les conditions de travail des agent-e-s, leurs rémunérations, leurs missions.

Un service public de la culture, ce n’est certainement pas vider ce ministère de tout sens et transformer votre administration centrale en simple machine à compter.

Un service public de la culture, ce n’est pas essayer perpétuellement de nous faire comprendre que les agent-e-s de la fonction publique sont un poids pour les finances publiques et que, sans eux et elles, le pays fonctionnerait tellement mieux.

Un service public de la culture, ce n’est pas confier ses clés à tous ceux et celles qui ne rêvent que d’en externaliser ou privatiser ses missions pour en tirer de futurs profits, ce n’est pas en confiant aux boites privés les nécessaires politiques de numérisation, gages de futurs juteux contrats, ce n’est pas en confiant la sauvegarde du patrimoine à un Stéphane Bern dont l’incompétence s’ajoute à sa capacité à injurier systématiquement, sans que vous y trouviez à redire, les agent-e-s du ministère et des DRAC.

Un service public de la culture, en ces temps troublés, comme vous l’avez exprimé, c’est un gain pour la société.

   Alors, ne multipliez pas les discours creux sur le nécessaire « développement d’un dialogue social de qualité basé de l’écoute et l’échange », la nécessité de « travailler sur le temps long » et patati et patata[1]

Mettez enfin vos paroles en accord avec vos actes ! A défaut, vous romprez définitivement le lien, déjà fortement fragilisé avec les agent-e-s de ce ministère. N’en doutez pas,  ils ne se contenteront sûrement pas de répondre épisodiquement à un questionnaire dit du « baromètre social » qui ne saurait tenir lieu de politique sociale !

[1]Nous vous renvoyons à votre intervention au CTM du 7 juillet

SUD Culture Solidaires
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QUEL AVENIR POUR LE CENTRE NATIONAL DU LIVRE ?

cropped-tc3a9lc3a9chargement.jpgCommuniqué SUD Culture Solidaires du 10/11/2017
Suite à la remise du rapport sur la lecture remis par Marie-Georges Buffet à la ministre  de la Culture, un point d’information sur la lecture publique a été fait au Comité Technique Ministériel.
Ce point a été pour notre organisation syndicale l’occasion de défendre le rôle important du CENTRE NATIONAL DU LIVRE (CNL), que ce rapport met justement en valeur. Car le CNL est un des maillons essentiels de la lecture publique et de la création littéraire. Il met ainsi en œuvre les politiques du ministère de la culture en la matière.
Or, depuis quelques années, le budget du CNL, qui provient de taxes affectées, taxes sur  le chiffre d’affaires des plus importantes maisons d’éditions et sur la vente d’appareils de  reprographie, est en baisse. Et les prévisions indiquent que cette baisse va sûrement s’accélérer à l’avenir.
Depuis 70 ans, le CNL par des bourses, des subventions ou des prêts, apporte son soutien  aux auteur-e-s, traducteurs/trices, éditeurs/trices, revues, librairies, bibliothèques, salons du livre…
Ainsi, en 2016, le CNL a aidé :
-Plus de 100 auteur-e-s dont Marcus Malte, Jean Hatzfeld, les traducteurs traduisant en  français ou du français en langues étrangères
– des éditeurs dont La Fabrique, le Temps des cerises, Présence Africaine, L’Atelier…  l’édition en grands caractères.
– des revues dont Agone, Les Cahiers Jaurès…
En s’appuyant sur les DRAC, il a aidé :
– des librairies pour la création, la reprise, l’agrandissement… ce qui représente 400 librairies aidées pour développer leur fonds….généralistes comme Violette and Co (Paris), Envie de lire (Ivry) ou spécialistes BD, Théâtre…, de St Chély d’Apcher, à St Denis de la Réunion… ; à l’étranger pour le rayonnement de la langue française en Tunisie, Laos,  Egypte…
Pour le ministère de la Culture, il gère les demandes de label pour la défense des  librairies indépendantes et de qualité.
– les bibliothèques dans les prisons comme Fleury Mérogis, en milieu hospitalier , le  public empêché dans les bibliothèques de lecture publique (handicap, dépendance),  éloigné dans les petites communes…
– la vie littéraire en France comme le Maghreb des livres, Quai du polar… Le CNL organise également «Partir en livre» pour le compte du ministère de la Culture, pour faire découvrir la lecture par les jeunes.
Le CNL défend de plus la rémunération des auteur-e-s lorsqu’ils/elles participent à une manifestation en l’exigeant des partenaires.
C’est pourquoi, au vu de l’importance de ces missions pour le service public de la lecture  et de l’activité littéraire, Sud Culture Solidaires :
-réaffirme avec force l’importance que tous les moyens humains et financiers nécessaires soient accordés au CNL, ce qui passe entre autre par de nouvelles sources de  financement pérennes ;
-demande que le personnel du CNL soit régulièrement tenu au  courant des recherches de financement ;
-que des réponses claires soient apportées sur la volonté de préserver la création littéraire et sa diffusion et que soient communiqués les  résultats de l’Inspection Collin et Kansel.

SUD Culture Solidaires
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Richelieu dans un cul de sac ? HMI vendredi 24 novembre 12h30

Intersyndicale CGT – FSU – SUD Culture BNF

Richelieu dans un cul de sac ?

Près d’un an après la réouverture du quadrilatère, la liste des problèmes rencontrés par le personnel n’a eu de cesse de s’allonger : températures inadaptées dans les espaces de travail ou en magasin, ascenseurs en panne ou inadéquats, problème d’accès aux espaces, difficultés de circulation… Malgré les interventions quotidiennes du DMT, le personnel peine à obtenir des réponses à leurs problèmes.

Après cette année difficile, les perspectives d’avenir du site sont tout aussi inquiétantes. En effet, la programmation des espaces présentée au dernier CHSCT par la direction est totalement inacceptable ! Les locaux dédiés aux personnels, aux collections et aux matériels sont de plus en plus étroits alors que dans le même temps les immeubles de la Bnf attenant au quadrilatère sont bradés et que la superficie dévolue aux expositions et autres manifestations explose ; la circulation dans les espaces est rendue difficile ; des projets de mutualisation de salles de lecture et de planning de plusieurs départements spécialisés sont en cours d’instruction…

C’est pourquoi au CHSCT du 10 novembre, l’ensemble des organisations syndicales CFDT-CGT-FSU-SUD Culture a voté contre le projet d’implantation des espaces à la cible. Pour gagner de l’espace au sein du quadrilatère, l’une des solutions pourrait consister à obtenir que la BnF conserve un ou plusieurs des bâtiments attenant au site Richelieu (les bureaux du 61 rue Richelieu, la maison de l’Abbé Barthélémy, le bâtiment Louvois accueillant actuellement le département de la Musique) et de revoir l’implantation des espaces dans le quadrilatère.

C’est maintenant qu’il faut agir !
Pour discuter et réagir collectivement face à ces problèmes :

Réunion d’information syndicale
Vendredi 24 novembre
12h30-13h30
Salle Richelieu 1
Salle à droite de l’entrée

 

Vous disposez d’une autorisation d’absence d’une heure sur votre temps de travail pour assister à cette réunion : décret du 28 mai 1982

Destruction étatique du site archéologique d’Hasankeyf au Kurdistan en Turquie : une catastrophe scientifique, humaine et écologique

téléchargementCommuniqué SUD Culture Solidaires du 22 août 2017

Cet été 2017 est à nouveau propice à la destruction des paysages et des trésors culturels du Kurdistan par l’État turc. L’association pour la survie du site archéologique d’Hasankeyf a ainsi dénoncé le 15 août, les destructions en cours opérées par l’État turc sur ce site qui témoigne de traces d’activités humaines datant de plus de 12 000 ans. Des parois rocheuses ont ainsi été dynamitées, au motif qu’elles représentaient un danger, mais leur destruction touche aussi directement le site en lui-même et notamment les nombreuses grottes qui s’y trouvent.

Depuis 2010, l’État turc a considérablement accéléré les travaux pour préparer l’inondation de l’intégralité du site archéologique et de la petite ville voisine, qui comptent des milliers de grottes troglodytes mais aussi des traces de l’époque médiévale dont une vieille mosquée et une nature riche, afin de construire un barrage et une usine hydroélectrique. En mai 2017, le mausolée de Zeynel Bey avait été déplacé ouvrant la voie à cette destruction.

L’inondation est prévue dans le cadre d’un ensemble de barrage gigantesque sur le fleuve Tigre, qui renforcera encore le contrôle de l’État turc sur les eaux de ce fleuve qui traverse ensuite l’Irak pour se jeter dans le Golfe persique, posant ainsi des problèmes de partage des eaux et d’accès à l’irrigation.

Ces barrages s’inscrivent aussi dans le cadre d’une politique de contrôle de l’État turc sur les territoires de peuplement kurde et une partie d’entre eux ont pour objectif de réduire le terrain occupé par les guérillas du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan). Enfin la création de ce barrage électrique vise à renforcer la situation d’exploitation des terres du Kurdistan, que l’État turc considère comme un grenier sans âme dont les ressources peuvent être pillées jusqu’à leur épuisement.

C’est la même logique qui est à l’œuvre à Sur, la vieille ville de Diyarbakir, principale cité du Kurdistan nord.
Suite au soulèvement des habitant-e-s de Sur à l’automne 2015, l’armée turque a mené de très violentes opérations militaires contre ce centre historique, qui comptait de nombreux monuments classés (par exemple l’église de la vierge Marie datant de 1700 ans, les remparts construit en -350 avant notre ère ou le site de Hevsel qui date de –8000 ans avant notre ère), entraînant des centaines de morts, la fuite de dizaines de milliers d’habitant-e-s et endommageant de nombreuses habitations.

Après avoir écrasé la rébellion, l’état turc a décidé de tirer profit de la situation pour raser la vieille ville de Sur, détruisant au passage tous les sites historiques présents, sous prétexte de reconstruire les quartiers concernés. Si les habitant-e-s résistent encore, l’état turc est bien décidé à finir la destruction en cours (un tiers de la ville a déjà été détruit), car derrière cette énorme opération d’urbanisme, se jouent à la fois de très juteuses opérations immobilières pour les entreprises du bâtiment liées à l’AKP, le parti islamo-autoritaire au pouvoir et une tentative de contrôle militaire de la population pour éviter tout nouveau soulèvement.

Comment dès lors ne pas faire le lien avec le retour de la politique de terre brûlée qui a été appliquée dans la région de Dersim? Des dizaines d’hectares de forêt ont ainsi été volontairement détruits par l’armée turque au Kurdistan nord mettant en danger les habitant-e-s et détruisant les écosystèmes locaux. D’autres forêts ont aussi pris feu suite à des opérations de gendarmerie sans que l’État n’intervienne et en interdisant aux populations d’éteindre les feux. Le but de ces incendies volontaires étant de gêner les guérilleros du PKK et de punir la population locale.

Les attaques contre le peuple kurde passent ainsi par un double processus : une guerre impitoyable qui depuis juillet 2015 a entraîné la mort de plusieurs milliers de personnes et la destruction physique de la région.

Sud Culture Solidaires dénonce la destruction du patrimoine historique et culturel du Kurdistan par l’état turc, ainsi que les désastres que subissent les éco-systèmes de la région. Ce patrimoine historique et naturel doit être sauvé. Nous dénonçons la toute puissance de l’État turc qui n’a de préoccupation ni pour les populations, ni pour la nature, ni pour la culture. Nous exigeons donc l’arrêt immédiat des destructions de sites historiques et culturels, la réhabilitation de ceux qui peuvent l’être, le retour chez eux/elles des habitant-e-s déplacé-e-s, la reconstruction de leurs habitations et de leurs quartiers, décidée par eux/elles-mêmes selon leurs choix et l’arrêt des opérations militaires destructrices.

Nous continuerons par ailleurs à être solidaires des militant-e-s syndicaux/ales, associatifs/ives et politiques qui subissent la répression en Turquie et au Kurdistan et qui luttent pour défendre les droits des travailleurs/ses, des femmes, des minorités et des populations locales.

SUD CULTURE SOLIDAIRES, 61, rue de Richelieu – 75002 PARIS – tel : 01.40.15.82.68 – fax : 01.40.15.85.99 – sud@culture.gouv.fr

Turquie : la guerre contre les libertés civiles et la liberté de la presse doit cesser !

téléchargementCommuniqué SUD Culture Solidaires du 22 août 2017

Depuis quelques semaines les médias hexagonaux s’affairent autour de l’emprisonnement de plusieurs journalistes français en Turquie, le dernier en date étant le journaliste indépendant Loup Bureau. Mais ces affaires ne sont que la partie émergée de l’iceberg: actuellement, plus de 170 journalistes seraient enfermé-e-s dans les prisons turques (source plateforme24,http://www.kedistan.net/2017/08/10/loup-bureau-deniz-yucel-and-162-other-journalists/). Certain-ne-s attendent des procès, d’autres ont été c

ondamné-e-s. Les journalistes ne sont pas les seul-e-s visé-e-s: certain-ne-s employé-e-s de télévision ou de journaux papier sont aussi sous le coup d’arrestation.

A côté de l’enfermement des journalistes et employé-e-s, plusieurs dizaines de médias divers et variés (quotidiens, magazines, télévision, radios) ont été fermés, particulièrement dans le sud-est du pays, zone de peuplement kurde. Nous pouvons notamment citer la fermeture de l’emblématique quotidien pro-mouvement kurde Ozgür Gündem. A la suite de cette fermeture en avril 2016, une grande campagne avait été lancée, des personnalités du monde des médias de Turquie se relayant pour être éditeur/trice en chef-fe d’un jour. Depuis certaines ont été arrêtées pour un soi-disant «soutien à une propagande terroriste».

Cette répression de la presse est bien sûr le reflet de la dérive dictatoriale en cours en Turquie, la situation est donc d’autant plus inquiétante, que le pouvoir enferme à la fois les opposant-e-s politiques et sociaux (militant-e-s, syndicalistes, étudiant-e-s…) et ceux/celles qui peuvent informer sur cette situation.

Ces arrestations et ces fermetures se font essentiellement sous l’inculpation de soutien voire d’appartenance à une «organisation terroriste». En fait, cela veut dire que toute personne soupçonnée de sympathie avec le mouvement kurde ou le HDP (parti démocratique des peuples, issu du mouvement kurde) peut se trouver dans le viseur de l’État. Même si parmi les personnes réprimées, on trouve aussi quelques défenseurs de l’opposant islamiste Fethullah Gülen, accusé d’être derrière le coup d’État raté de l’été 2016. La situation n’a fait que s’aggraver depuis ce putsch manqué, dans lequel le président turc Erdogan puise les justifications de la fin des libertés publiques en Turquie. Il s’agit bien sûr de ne pas être dupe car la répression avait commencé avant et a toujours visé le mouvement ouvrier, les syndicats, les partis de gauche et les minorités (kurde, alévi, arménienne).

Le temps n’est plus à l’inquiétude mais à la solidarité concrète. L’union syndicale Sud Culture et Médias Solidaires dénonce la fin des libertés publiques et la fin de la liberté de la presse en Turquie et appelle à soutenir toutes les campagnes de Solidarité en cours pour les journalistes comme pour les syndicalistes emprisonnés. Nous exigeons de l’état turc la libération des journalistes et employé-e-s des médias emprisonné-e-s, ainsi que de tous/toutes les autres prisonniers-ères politiques, l’arrêt des poursuites, la réouverture des médias fermés et le respect de liberté d’information et d’expression.

SUD CULTURE SOLIDAIRES, 61, rue de Richelieu – 75002 PARIS – tel : 01.40.15.82.68 – fax : 01.40.15.85.99 – sud@culture.gouv.fr

Non aux fermetures des bibliothèques des quartiers populaires et au travail du dimanche dans les collectivités territoriales ! Rassemblement jeudi 15 juin 15h devant le congrès de l’ABF !

bibliothécaires grenoble

Depuis bientôt un an, nos collègues bibliothécaires et les habitants de Grenoble se mobilisent pour contrer un plan d’austérité dirigé entre autres services contre le réseau des bibliothèques. Leur mobilisation a permis de sauver une des trois bibliothèques menacées. Mais huit postes ont été supprimés, et deux bibliothèques vidées de leurs collections. C’est donc avec stupéfaction que nous découvrons que l’ABF (Association des Bibliothécaires de France)  invite, à l’occasion de son congrès, Eric Piolle, maire de Grenoble et responsable de ces fermetures, afin qu’il réponde à la question : « fermer une bibliothèque est-ce une source d’inégalité ? ». Sans attendre sa réponse, nous affirmons que oui. Ces fermetures procèdent d’une logique purement comptable, qui dégrade nos conditions de travail et la qualité du service rendu. Face à l’absence d’une politique culturelle ambitieuse, la marchandisation du bien commun gagne du terrain et condamne les bibliothèques à devenir des supermarchés culturels.

La lecture publique pour toutes et tous en voie de disparition. À Grenoble, la fermeture des bibliothèques dans des quartiers populaires a déjà des conséquences lourdement dommageables. L’acte de lire ne se décrète pas, susciter le désir de lecture est un travail de longue haleine. Priver les populations des quartiers populaires d’équipements de proximité, c’est renforcer l’éloignement du livre et de la culture, c’est amplifier la relégation d’une partie de la population. Et les bibliothèques de Grenoble ont beau être labellisées Bibliothèques numériques de référence, le numérique ne remplacera jamais ces lieux de vie que sont les bibliothèques de quartier.

Ainsi, alors qu’aujourd’hui les bibliothécaires parviennent à toucher un public plus large que la plupart des institutions culturelles, on assiste à un véritable démantèlement de la lecture publique. Au-delà de Grenoble, on ne compte plus les bibliothèques menacées de fermeture, les équipes largement précarisées, qui ne cessent de diminuer, les budgets amputés parfois de moitié. L’ouverture des bibliothèques le dimanche, à laquelle nous nous opposons, ne remplacera jamais les bibliothèques de quartier et l’articulation fine et régulière des différents lieux de lecture.

Non au travail du dimanche et aux bibliothèques supermarché !  Le repos du dimanche n’est pas négociable. Seul jour de repos commun, fruit des luttes sociales, il doit permettre à chacun et chacune de disposer de son temps comme bon lui semble. Le travail du dimanche doit être réglementé, largement compensé et surtout rester exceptionnel. Car, nous n’en doutons pas, les bibliothèques territoriales, comme les commerces, ne sont qu’une étape supplémentaire vers la généralisation du travail le dimanche. Ce qui réduit à néant tous les arguments sur le « volontariat » ou la « meilleure rémunération du travail dominical » : quand la plupart des salarié-e-s travailleront le dimanche ces compensations seront hors de propos.

Nous refusons aussi la rationalisation et la centralisation du travail en médiathèque, qui, hiérarchisent et parcellisent le travail. Enfin, nous souhaitons avoir un rapport au public autre que celle d’une masse qu’il faut gérer.

Pour une autre politique de la lecture publique. Si l’accès pour toutes et tous à la lecture est véritablement l’enjeu des débats, d’autres voies sont à soutenir : la multiplication des lieux de proximité, la gratuité d’accès, les services à domicile, les actions hors les murs, le temps pour construire des partenariats durables et constructifs, pour maîtriser et apprécier les contenus et les outils que nous proposons, pour connaître les différents publics auxquels nous nous adressons. Du temps aussi pour la formation à un métier, qui certes évolue, mais avec quels moyens et dans quelle condition ?…

Plutôt que d’ouvrir plus, ouvrons mieux ! Nous défendons une augmentation du nombre d’agents et de lieux de lecture pour mener à bien les activités que nous jugeons essentielles : les animations, les ateliers, la programmation culturelle, les temps de préparation, les commandes, les déplacements, la lecture, la mise en valeur des fonds… Si nous appelons à l’élaboration d’une loi sur les bibliothèques, afin que leur existence s’imposent aux collectivités territoriales ou à l’état, nous voulons que cette loi soit une véritable reconnaissance de leur action dans l’éducation culturelle et populaire, le soutien aux artistes et à la pratique artistique, et non une entrave à la constitution et à la mise à disposition de fonds ou une casse des droits des salariés.

Afin de soutenir nos collègues Grenoblois

Rassemblement jeudi 15 juin à 15h

Devant l’entrée du congrès de l’ABF,

Parc des expositions Hall 5.1

(M° Porte de Versailles)

(un préavis de grève est déposé pour les Collectivités Territoriales)

A l’appel de personnels de différentes bibliothèques territoriales, du collectif des bibliothécaires de Grenoble en lutte, de la CNT SSCT 38, de la CGT Fédération des services publics, de SUD CT, de SUD Culture Solidaires, de SUD Culture BnF, de SUD CT 75 Culture, de la CGT BnF et de la CGT des bibliothèques parisiennes

BnF : pour les agent-e-s posté-e-s de la BnF qui souhaitent se rendre à ce rassemblement, contactez la section SUD Culture de la BnF : sud@bnf.fr

 Pour un départ groupé de la BnF : rendez-vous à 14h au local syndical SUD Culture (T4, A2) jeudi 15 juin!

COUPES CLAIRES POUR LA CULTURE AMERICAINE mais pas que… SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS DE LA CULTURE U.S. mais pas que…

téléchargementDonald Trump vient de décider la suppression totale des subventions de quatre agences fédérales en charge de la culture aux Etats Unis pour 2018. Soit au total 971 millions de $ d’économies !

Rien d’étonnant à cela : Donald Trump, homme d’affaires véreux, menteur patenté et star de télé réalité est partisan de la culture degré zéro. Pour comprendre ses  premières mesures politiques, il ne faut surtout pas oublier que son équipe gouvernementale est composée d’un noyau dur d’idéologues « libertariens » qui révèrent Ayn Rand, philosophe américaine d’origine russe fondatrice de « l’objectivisme », une théorie selon laquelle le seul système politique possible est le capitaliste dérégulé et le seul objectif moral, la recherche égoïste du bonheur individuel. On comprend alors que Donald Trump n’est pas seulement un cinglé illuminé (même s’il l’est aussi).

Dans ce contexte de tension politique et économique extrême, il est essentiel de ne pas se tromper de combat, ni d’adversaires. Bien sûr, nous apportons notre soutien plein et entier aux travailleurs américains de la culture dont les conditions de vie seront nécessairement impactées par ces coupes budgétaires, mais ce préambule de rigueur établi, il faut préciser deux choses importantes à nos yeux : tout d’abord les 4 agences fédérales dont il est question ici (the National Endowment for Arts, the National Endowment for Humanities, the
Institute of Museum and Library services et the Corporation for Public Broadcasting) sont de puissants organismes très conservateurs sur le plan culturel dirigés par des responsables politiques tout aussi conservateurs. C’était le cas par exemple de Kenneth Tomlinson, Président de la CPB (Corporation for Public Broadcasting) de 2003 à 2005, également patron du Reader’s Digest. Durant sa présidence, Kenneth Tomlinson n’eut de cesse de privilégier son soutien aux médias les plus réactionnaires au détriment des plus progressistes et novateurs.

Alors il va de soi pour Sud Culture Solidaires qu’il ne faut pas confondre un soutien sans faille aux salariés qui vont subir les contre-coups (et les licenciements) inhérents à ces coupes budgétaires avec un soutien à l’action menée par ses quatre agences fédérales en charge de pans entiers de la culture aux Etats Unis (médias, musées, etc…).

La deuxième chose qu’il nous semble capital de préciser, c’est que tous les domaines qui touchent de près ou de loin à l’environnement, à la recherche, à l’éducation, à la santé et plus généralement à tous les services publics aux États Unis, vont subir de plein fouet les attaques et les coupes budgétaires de l’administration Trump, et bien entendu pas seulement la culture. Le seul budget fédéral en augmentation pour 2018 sera celui de l’armée, puisqu’il passera (avec 54 milliards de $ d’augmentation) de 549 milliards de $ à 603 milliards de $ !!! Cible privilégiée de Trump et des climato-sceptiques qui l’entourent : toutes les organisations écologistes qui militent contre le réchauffement climatique. C’est ainsi que l’EPA (Environmental Protection Agency) verra son budget réduit de 31 % en 2018. Cette baisse budgétaire entraînera mathématiquement la suppression de 3200 postes sur les 15 000 que compte l’EPA à ce jour. Sans oublier la réduction de nombreux plans de lutte contre les
gaz à effet de serre et l’abandon d’une cinquantaine de programmes importants par exemple celui qui apporte une aide aux populations Inuits d’Alaska ou aux villages proches de la frontière mexicaine.

L’éducation est également dans le viseur de Trump et de ses dangereux collaborateurs. Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser à Betsy de Vos, la toute nouvelle secrétaire à l’éducation, fraîchement désignée par Trump. Le credo de cette femme d’affaires, c’est la privatisation totale du système éducatif américain et son allégeance à l’église protestante.

Betsy de Vos ne s’en cache pas, elle veut utiliser l’école américaine pour « construire le royaume de dieu » . Tout un programme ! Alors il va de soi que le soutien de Sud Culture Solidaires va non seulement aux travailleurs de la culture mais aussi à tous les travailleurs sociaux américains aujourd’hui visés par l’administration Trump, qu’ils se trouvent dans le secteur de l’éducation, de la santé, de la culture ou de l’environnement.

Pour conclure, à un mois du premier tour de l’élection présidentielle en France, ne nous y trompons pas : ce programme de purges budgétaires dans les services publics et les organisations para-gouvernementales d’intérêt public n’est pas réservé aux américains. Parmi les candidats en lice en France, nombreux sont ceux qui préconisent les mêmes solutions que Donald Trump aux Etats Unis.

Alors la meilleure manière de soutenir les travailleurs américains n’est-elle pas de se
mobiliser contre les mêmes politiques réactionnaires et capitalistes qui risqueraient de
produire ici les mêmes effets qu’elles produisent déjà là-bas ?

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