Archives pour la catégorie SUD Culture Solidaires

COVID – 19 : l’impréparation du monde de la Culture

sud culture

Covid 19 :
Quand l’impréparation des pouvoirs publics met en danger la santé, la sécurité et les moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses de la Culture.

Le 19 mars 2020

Que ce soit au Ministère de la Culture (administration centrale, services déconcentrés, établissements…), dans les structures privées et associatives, SUD Culture Solidaires constate depuis le mois de février une impréparation totale et un retard systématique dans les mesures à prendre face à l’épidémie du Covid-19.

En fin de compte, ces mesures n’ont fait que suivre, avec retard, les annonces déjà insuffisantes des pouvoirs publics. Il s’en est suivi une confusion totale et des annonces partielles de fermeture. Des informations floues voire contradictoires ont laissé les salarié·es dans l’inquiétude et l’incertitude, particulièrement au long du week-end dernier.

La doctrine est désormais la préconisation du télétravail pour maintenir l’activité économique mais sans garantir des conditions de travail optimales (matériel informatique insuffisant ou obsolète, garde d’enfant en parallèle, …). Sous prétexte du cas de force majeur, ce télétravail nous a été imposé à toutes et tous sans s’intéresser au choix ni aux possibilités matérielles de chacun·e.

Dans le même temps, au motif d’une absolue nécessité de continuité de l’activité, des salarié·es se rendent toujours sur les lieux de travail sans protection, lors du transport et/ou à leur poste.

Faute de moyens permettant l’exercice de nos missions dans des conditions sanitaires satisfaisantes ou des règles de distanciation réelle, nous sommes à la merci du hasard. Les salarié·es sont plus considéré·es comme des variables statistiques du risque épidémique que comme des personnes dont la santé au travail relève de la responsabilité directe de leur employeur.

Pour toutes ces raisons, SUD Culture Solidaires exige :

• un télétravail au choix des salarié·es ;
• une transformation des arrêts de travail pour garde d’enfant en autorisation spéciale
d’absence pour les agent·es du secteur public ;
• une protection sanitaire renforcée pour les personnels toujours en fonction aussi bien en termes de matériel que de suivi médical ;
• l’application des mesures sanitaires aux salarié·es des prestataires de service ;
• la fin des jours de carence en cas d’arrêt maladie pour toutes et tous ;

À côté de cela, de nombreux·euses travailleurs·euses du monde de l’Art et de la Culture se
retrouvent à présent sans ressource à la suite des annulations en cascade des spectacles,
festivals, représentations et commandes. Pour d’autres, la fermeture d’une structure culturelle a aussitôt entraîné l’arrêt immédiat de leur rémunération.

Pour toutes et tous, la conséquence directe est la précarité pure et simple. Cette situation est inacceptable et va mettre à mal le monde culturel. Il est impératif que des mesures spécifiques soient mises en oeuvre pour les accompagner.

SUD Culture Solidaires exige :

• la prolongation automatique de plusieurs mois de tous les contrats arrivant à échéance
au mois de mars et dans les prochains mois d’état de crise ;
• le paiement des heures non-efectuées des vacataires pour tous et toutes ;
• le gel des loyers et des factures d’eau, de gaz et d’électricité pour tous et toutes ;
• la garantie de l’intégralité du salaire en cas de chômage technique pour l’ensemble des
salarié·es concerné·es ;
• la prolongation automatique des droits et des indemnisations des chômeurs·euses ;
• la prise en compte de la période d’arrêt en cours et de ses conséquences pour le calcul
des droits au chômage et à la sécurité sociale ;
• un salaire décent et des droits sociaux pour les intermittent·es et les travailleurs·euses
soi-disant indépendant·es.

De manière plus générale, notre organisation sera vigilante à ce que les mesures prises pour lutter contre l’épidémie de covid-19 n’entraînent pas de remise en cause de nos libertés fondamentales.

SUD Culture Solidaires condamne les récentes annonces guerrières et la rhétorique martiale du gouvernement concernant le déploiement d’un dispositif policier et militaire visant à restreindre toujours plus, par la répression, la circulation des personnes en France comme en Europe.

Nous condamnons également l’attitude du gouvernement consistant à rendre responsables les habitant·es de la propagation de l’épidémie. Les risques actuels sont en grande partie le résultat des politiques libérales et des choix économiques de ces dernières décennies comme de ces dernières semaines, notamment en ce qui concerne le secteur de la santé. Nous exigeons des moyens immédiats pour l’hôpital public !

Enfn, pour préserver durablement notre système de protection sociale, nous demandons non pas la suspension ou le report des réformes des retraites et de l’assurance chômage mais leur retrait pur et simple !

FACE À L’ÉPIDÉMIE, PROTÉGEONS NOTRE SANTÉ, GARANTISSONS NOS DROITS SOCIAUX, LUTTONS CONTRE LE CAPITALOVIRUS !

Paris, le 19 mars 2020


SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu 75002 Paris – 01.40.15.82.68
sud@culture.gouv.frhttps://sud-culture.org

Covid 19 : La section SUD Culture de la BnF demande des garanties à la direction durant la fermeture exceptionnelle

SUD Culture Solidaires
Section de la Bibliothèque nationale de France

À l’attention de la présidente de la BnF

Madame,

La section SUD Culture de la BnF souhaite obtenir des informations et surtout porter plusieurs demandes suite aux annonces gouvernementales visant à lutter contre l’épidémie de coronavirus. Nous avons pris connaissance des récentes annonces de la direction de la BnF, notamment concernant l’assurance d’une continuité dans le versement des salaires aux personnels. Toutefois, plusieurs inquiétudes demeurent, raison pour laquelle notre organisation syndicale demande :

  • que tout soit mis en œuvre pour informer au mieux les personnels de l’évolution de la situation, plusieurs agent·es nous ayant signalé ne pas avoir été informé·es de la décision de fermeture aux personnels de notre établissement à compter du dimanche 15 mars. Nous demandons à ce titre que les moyens de communication auprès des agent·es nous soient précisés, des agent·es ayant été contacté·es par leur hiérarchie par sms, d’autres par mail, d’autres n’ayant pas été informé·es du tout.  Cette organisation n’est clairement pas efficace et pose la question épineuse de l’utilisation des données personnelles des agent·es, utilisées par ailleurs sans leur accord. Afin d’informer au mieux les personnels de l’évolution de la situation, notre organisation syndicale préconise que la page d’accueil du site bnf.fr soit dotée d’un lien plus visible et évident vers l’espace réservé à l’information aux personnels.
  • que le télétravail ne soit pas imposé aux personnels étant en situation de garde d’enfants, même pour les personnes utilisant habituellement le télétravail. La garde d’enfant étant incompatible avec le télétravail et devant être l’objet d’autorisation spéciale d’absence.
  • que le télétravail ne soit imposé à aucun·e agent·e sans son accord, même en cas de tâches télétravaillables. Nous souhaiterions à ce titre connaître le nombre de personnes en télétravail dans notre établissement, avant et après la mise en place des mesures de confinement.
  • que, pour les personnes utilisant déjà le télétravail et surtout pour celles ayant fait la demande récemment, ces modalités soient bien mises en place avec du matériel informatique de la BnF, avec la disposition d’un minimum de garanties concernant des conditions de travail normales, notamment le respect des horaires de travail et des normes de sécurité informatique. Si ces conditions ne sont pas réunies, nous demandons à ce que les agent·es bénéficient d’autorisations spéciales d’absences.
  • que les nouveaux outils informatiques que la BnF vient de mettre en place et qui devaient être discutés lors du CHSCT d’avril ne deviennent pas des normes automatiques impliquant une mise en place systématique une fois la crise sanitaire passée.
  • que des mesures et des garanties soient adoptées pour les travailleurs/ses des sociétés prestataires. Notre organisation syndicale souhaite s’assurer que ces derniers/ères ont bien été prévenu·es de ne pas se rendre à la BnF jusqu’à nouvel ordre. Nous souhaitons également connaître le nombre de personnes considérées comme exerçant un service vital pour la BnF et devant continuer à travailler même en effectif réduit (nettoyage, informatique, sécurité, restauration). Nous demandons aussi à ce que des garanties réelles soient assurées, pour que ces salarié-es qui ne viendront pas travailler à la BnF et qui ne feront pas du télétravail touchent bien intégralement leurs salaires et bénéficient de leurs droits habituels (congés, etc…).
  • que, pour les agent·es contractuel·elles en CDD et dont les contrats vont se terminer prochainement, la direction de la BnF prolonge automatiquement l’ensemble de ces contrats au minimum jusqu’au mois de juin, voire au-delà en fonction de l’évolution de la situation. Terminer un contrat et se retrouver au chômage en pleine crise sanitaire pourraient avoir de terribles conséquences, raison pour laquelle nous demandons une intervention au titre de la responsabilité sociale de la direction vis-à-vis de ces personnels fragiles.
  • que les droits des agent·es soient bien respectés et que certaines primes ou compensations qui ne sont normalement données que pour service fait (jours de congés en compensation pour travail en local aveugle, prime dominicale à l’Accueil, indemnité d’insalubrité…) soient bien versées aux agent·es, la situation sanitaire nécessitant un arrêt de leur activité n’étant pas de leur fait.
  • que la garantie d’un réel suivi, en lien avec la médecine de prévention, des informations sur les situations des agent·es potentiellement malades ou présentant des difficultés soit assurée et suivie des moyens nécessaires.
  • que l’évolution du nombre de personnes dont le travail et surtout la présence sur site est indispensable soit révisée et communiquée régulièrement.
  • que, pour les agent·es ayant des besoins urgents au niveau de documents officiels (par exemple concernant les aides sociales et les questions de logement) leur soit assurée une continuité des services de l’Action Sociale, sans exposer les personnels, à minima afin d’aider les agent·es qui en ont besoin. Cette mesure concernant aussi les aides exceptionnelles immédiates, dont nous demandons à ce qu’elles puissent être attribuées sans passer par la commission des aides exceptionnelles qui n’aura pas la possibilité de se réunir physiquement.

En vous remerciant par avance de vos réponses veuillez agréer, madame, nos sincères salutations syndicalistes.

La section SUD Culture de la BnF

Dépôt d’un préavis de grève à la BnF pour le 8 mars 2020

Paris, le 2 mars 2020
Objet: préavis de grève
SUD Culture Solidaires
A l’attention de la présidente de la BnF
« Madame,
SUD Culture Solidaires dépose un préavis de grève couvrant l’ensemble du personnel de la Bibliothèque nationale de France, pour le dimanche 8 mars 2020, du début à la fin du service.Ce préavis de grève s’inscrit dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et du préavis de grève déposé par Solidaires Fonction Publique à cette fin. Il s’inscrit également dans le cadre de la lutte contre la casse des retraites, les femmes étant les grandes perdantes du projet porté par le gouvernement. Il porte sur des revendications spécifiques à la Bibliothèque nationale de France qui n’ont pas suffisamment avancé depuis le préavis de grève déposé pour le 8 mars 2019par notre organisation syndicale:
• pour la mise en place dans le courant de l’année 2020 d’un vrai plan de prévention d’ampleur contre les violences sexistes et sexuelles à la Bibliothèque nationale de France, ce qui passe non seulement par des formations spécifiques ouvertes à tous et toutes,mais aussi parla production, la diffusion de matériel d’information aux personnels et l’organisation d’un midi de l’info ou d’un forum sur le sujet.
• pour que les signalements de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle,de violences sexistes fassent l’objet d’un véritable suivi régulier, d’enquêtes approfondies et de saisines systématiques des différentes autorités ministérielles pour mener à bien les procédures réglementaires, dont la mise en œuvre de la protection fonctionnelle pour les victimes.
• pour qu’un travail de sensibilisation au repérage, mais aussi à l’accompagnement des victimes de violences conjugales soit mis en place à la Bibliothèque nationale de France.
• pour que soit enfin décliné à la Bibliothèque nationale de France le protocole d’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les Femmes et Hommes du Ministère de la Culture, signé par SUD Culture Solidaires en novembre 2018. Et pour que cette déclinaison soit présentée aux instances de l’établissement ainsi qu’aux personnels avant la fin de l’année 2020.
• pour qu’un plan d’action soit engagé pour lutter contre les inégalités salariales et professionnelles entre femmes et hommes à la Bibliothèque nationale de France, notamment en matière de promotion et d’avancement, ainsi que sur le plan salarial, ce qui nécessite à la fois un travail de repérage de ces inégalités et la mise en place d’un système de rattrapage à différents niveaux, entre autre au niveau du régime indemnitaire pour les personnels titulaires et au niveau des indices de rémunération et de règles d’avancement pour les personnels non-titulaires. « 
Veuillez agréer, madame, nos sincères salutations syndicalistes.
Pour SUD Culture Solidaires, la Secrétaire Nationale
Copie au ministère de la Culture
cultiver le champ social

La Culture en action contre la réforme des retraites ! Récit de la journée du 10 janvier 2020

SUD Culture Solidaires

61 rue de Richelieu, 75002 Paris
Tel. : 01.40.15.82.68, mel : sud@culture.gouv.fr, https://sud-culture.org/

Vendredi 10 janvier, plusieurs secteurs de la Culture se sont rassemblés aux colonnes de Buren, en face du ministère de la Culture, à l’appel de l’intersyndicale Culture CGT-FSU-SUD-UNSA, pour des prises de paroles de différents établissements et métiers en lutte depuis le 5 décembre contre la contre-réforme des retraites :  Louvre, BPI, BnF, école du Louvre, Spectacle, château de Versailles…

Parallèlement au rassemblement, les agent.es de la ville de Paris se sont invité.es au Conseil d’Etat, juste de l’autre côté des Colonnes de Buren et des banderoles ont été déployés avec force slogan pour dénoncer le dépôt du projet de loi de casse des retraites au Conseil d’Etat. Agent.es de la Ville de Paris et de la Culture se sont finalement rassemblé.es sur la place du Palais Royal. Une déambulation a ensuite débuté, dans les rues du quartier, pour finir dans la cour puis le hall du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France où slogans et chants ont retenti ! A la sortie de la BnF, le cortège a été nassé par la police mais tout le monde a pu rapidement sortir sans dommage.

La lutte continue à la Culture : toutes et tous en Assemblées Générales, en grève, et en manifestation ! Etendons la lutte, multiplions les actions, reconduisons la grève, participons aux mobilisations interprofessionnelles !

 On lâche rien jusqu’au retrait ! Toutes et tous ensemble on va gagner !

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