Archives pour la catégorie SUD Culture Solidaires

Ni élite, ni exclusion ! La politique scientifique de la BnF nous concerne tous et toutes :

cultiver le champ social

Au cours du mois d’octobre 2019 a lieu à la BnF l’élection au Conseil Scientifique. Celui-ci est un organisme consultatif qui peut être interrogé sur les questions relatives à la politique scientifique de la BnF et à ses activités de recherche.

On remarque déjà que le CS n’a qu’un rôle limité, puisqu’il ne peut que donner son avis sans que celui-ci ait un effet quelconque et qu’il n’est même pas systématiquement saisi des questions relevant de ses compétences.

Mais ce qui est vraiment très critiquable, c’est le mode d’élection des représentant·e·s du « personnel » de la BnF pour ce CS.

En effet, les agent·e·s de la BnF, par rapport au CS, sont réparti·e·s en 3 catégories :

► Les conservateur·trice·s, titulaires, sûrement « l’élite » aux yeux de la direction de la BnF, qui votent à part, dans le premier collège électoral et qui désignent 2 représentant·e·s.

► Les autres agent·e·s de catégorie A et B, fonctionnaires ou contractuel·le·s sur emplois, à condition qu’ils/elles travaillent dans des directions dites scientifiques (la DCO, la DSR, la DDC, la DPU et la DRI) et exercent des fonctions dites à caractères scientifiques et techniques, votent dans un deuxième collège électoral et désignent eux/elles aussi 2 représentant·e·s.

Tou·te·s les autres agent·e·s de la BnF sont exclu·e·s des élections au CS et n’existent pas dans ce cadre, parce que selon la direction de la BnF, ils/elles ne sont pas sur les bons postes, ils/elles ne travaillent pas dans les bonnes directions, sont de catégories C ou bien tout simplement ils/elles sont « vacataires », caractéristiques suffisamment graves pour être réduit·e·s au silence, alors même que certain·e·s sont sur des fonctions scientifiques ou techniques et que nous avons tou·te·s l’expertise propre à notre poste et catégorie.

 Ce système électoral est profondément injuste et inégalitaire.

 Il exclut plus de 54% des agent·e·s de la BnF, qui se retrouvent privé·e·s de tout droit d’expression. Par ailleurs, son fonctionnement hiérarchique et élitiste donne autant de poids au premier collège électoral qu’au second, alors que le premier collège ne représente que 27% des votant·e·s du second collège (et seulement 12% du personnel de la BnF). L’existence même de collèges électoraux est discutable, mais si en plus elle permet de surévaluer l’importance de certains groupes d’agent·e·s, cela fausse toute notion de « démocratie sociale » ou de « représentation du personnel ».

Pourtant, sans le travail quotidien, efficace et en commun de tou·te·s les agent·e·s de la BnF, quelles que soient leurs catégories, leurs statuts professionnels et leurs directions, tous les projets scientifiques, de recherche et le service public ne pourraient aboutir. Rien ne peut se faire sans le travail des magasiniers·ères, des « vacataires » et des agent·e·s de la DAP. Rien ne peut se faire non plus sans la coopération des conservateur·trice·s et des autres personnels de catégories A et B.

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De même, tout le personnel de la BnF est concerné par les choix de politiques scientifiques et de recherche de l’établissement. Tout le personnel a un avis sur ces orientations et doit pouvoir l’exprimer, parce que cela le touche d’une manière ou d’une autre et parce que son travail y contribue, d’une façon ou d’une autre.

Mais la direction de la BnF, elle, continue de choisir un système d’exclusion et de division, malgré les demandes de modifications des modalités de l’élection au CS que nous portons depuis plusieurs années. Par conséquent, il est pour nous, section SUD Culture de la BnF, toujours impossible de prendre part à un tel scrutin. Nous notons d’ailleurs que cette année nous ne sommes plus la seule organisation syndicale à porter cette position et qu’il n’y a qu’un seul syndicat qui se présente à cette élection, montrant bien à quel point celle-ci est factice.


Il y a bien des choses à dire par rapport à la politique scientifique de la BnF, que ce soit la baisse des budgets d’acquisitions et de conservation, les problèmes du catalogue, le remplacement de périodiques papiers par des versions électroniques sans aucune garantie pour l’accès aux archives, la Gestion Dynamique des Collections, les expositions, la privatisation inacceptable du patrimoine public à travers la filiale BnF-Partenariats et les contrats qu’elle signe…

C’est ce que fait régulièrement notre organisation syndicale, dans ses interventions et dans ses actions. Mais l’élection au Conseil Scientifique ne permet pas à l’ensemble du personnel de s’exprimer sur tous ces sujets.


Nous appelons donc les agent·e·s de la BnF qui peuvent voter à ce scrutin à s’abstenir, afin de montrer leur rejet de ce système électoral et d’obtenir un nouveau mode de scrutin qui permette une expression égale de tou·te·s les agent·e·s de la BnF.

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Solidarité avec la population du Rojava Manifestation à Paris >>> place de la République, SAMEDI 19 OCTOBRE, 14h30

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Solidarité avec la population du Rojava pour réclamer le retrait de l’armée turque suite à l’attaque de l’état turc contre le Rojava et la Syrie du Nord et de l’Est .

Manifestation à Paris >>> place de la République, SAMEDI 19 OCTOBRE, 14h30

Solidarité internationale !

 

Grève nationale interprofessionnelle mardi 24 septembre Pour nos retraites, nos salaires, nos emplois et nos conditions de travail MOBILISATION GÉNÉRALE À LA BNF !

SUD Culture Solidaires / Section de la BnF

Tous et toutes mobilisé·e·s, en grève et dans la rue contre le projet de retraites à points :

images4Mardi 24 septembre aura lieu une grande mobilisation pour défendre une fois de plus nos retraites des assauts du gouvernement, qui présente une contre-réforme à rebours de tout principe de justice sociale. Les grévistes de la RATP vendredi 13 septembre ne s’y sont pas trompé·e·s : ce n’est qu’en cessant le travail, en attaquant le porte-monnaie des patrons par des blocages, en exerçant notre droit de grève et de rassemblement et en manifestant massivement dans les rues, que nous serons entendu·e·s !

Pour gagner sur nos revendications, un seul moyen : l’union et la détermination !

Plus que jamais, l’unité et la réaction interprofessionnelle sont indispensables car ne nous leurrons pas : une journée de grève ne suffira pas. Seule une mobilisation longue et surtout massive permettra de faire reculer le gouvernement et d’imposer notre voix. Pour cela, le rassemblement des différents secteurs en lutte sera déterminant afin que cette rentrée sociale permette de faire aboutir nos revendications pour :

>Un modèle socialement juste fondé sur la redistribution pour nos retraites
>La défense des moyens humains et financiers pour l’ensemble des services publics, dont ceux de
proximité (écoles, postes, hôpitaux/maternités, transports en commun, finances publiques…)
>Le refus de la réforme de la Fonction Publique : destruction des CHSCT, mobilité forcée,
incitation à des « départs volontaires », recours massif aux contractuel·le·s et à la précarité, sous-traitance, individualisation accrue des « performances », rémunération au mérite, etc.
L’arrêt de la sélection sociale à l’entrée des universités
La lutte pour le climat et l’environnement et contre les destructions inhérentes au capitalisme
La régularisation de tous les « sans-papiers » et la requalification de leurs contrats pour ceux et celles qui sont exploité-e-s par le patronat

Agir globalement oui, mais aussi localement à la BnF !

Les logiques gouvernementales à l’oeuvre pour imposer un nouveau recul social avec une énième contre-réforme des retraites sont les mêmes qui touchent les établissements du ministère de la culture et donc la BnF depuis plusieurs années : réorganisations, coupes budgétaires, suppressions de postes, nivellement par le bas des acquis sociaux. Pour cette raison la section SUD Culture de la BnF considère que la lutte locale menée depuis 16 mois doit continuer, sous différentes formes, à commencer par une grève massive le 24 septembre à la BnF, pour nos retraites mais aussi pour continuer de réclamer :

>L’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères, car une dizaine de personnes dont 5 de nos collègues « vacataires » attendent toujours d’être appelé·es. Si l’appel de cette liste a pu évoluer favorablement en 2019 alors que la direction disait que c’était impossible, ce n’est que grâce à la grève et à la mobilisation des personnels, il faut donc continuer pour obtenir l’appel complet avant la fin de validité de cette liste en novembre 2019 !

>Le respect du principe d’embauche en CDI des « vacataires » sur besoins permanents. Cet été, grâce à la pression de la section SUD Culture de la BnF et du personnel mobilisé durant ces derniers mois, 10 contrats en CDI ont été proposé·es aux agent·es « vacataires » qui avaient été abusivement embauché·es sur des CDD courts en février dernier. Cela a permis de stabiliser ces collègues sur de vrais contrats, mais surtout d’obliger la direction à respecter le principe prévu par le protocole de fin de grève de juillet 2016, celui de l’embauche en CDI des « vacataires » sur besoins permanents. C’est une nouvelle preuve que seule la lutte paie. Mais il faut rester vigilant-e-s et ne pas laisser passer, ressurgir et s’installer de nouveaux contrats ultra-précaires comme encore récemment, avec des personnels interchangeables de plus en plus utilisé·es comme bouche-trou dans les services.

>L’arrêt des suppressions de postes pour les années à venir, un budget fourni par le ministère de la Culture à hauteur des besoins pour assurer les missions de la BnF et les créations d’emplois de titulaires nécessaires pour cela.

>L’arrêt d’une réorganisation du travail en Service Public entamée de manière catastrophique et précipitée à Tolbiac en cette rentrée, démontrant bien l’absence d’anticipation des besoins réels des services de la part de la direction. Ce n’est pas en faisant travailler plus les agent-e-s, en déplaçant les charges de travail entre directions ou en profitant des bas salaires pour inciter à faire des heures supplémentaires le samedi que la difficulté se réglera, c’est uniquement la création des emplois titulaires nécessaires qui peut répondre aux problèmes rencontrés.


Au Fait, c’est quoi ce nouveau projet de loi sur les retraites ?

► Plus de départ à 62 ans sans décote de 10% = soit 14,1% de moins que pour un départ à 64 ans (conçu comme « âge pivot »), donc une incitation à partir toujours plus tard en retraite
► Retraite calculée sur toute la carrière et non les 25 meilleures années ou le dernier traitement de salaire (sur 6 mois) = un grave recul pour les plus précaires et les carrières interrompues, les femmes étant particulièrement concernées
►Un système de points incontrôlable et connu au dernier moment pour les retraité-es = la valeur du point, conçu comme variable d’ajustement, étant indexée selon le contexte économique
► Absence de reconnaissance de l’espérance de vie différenciée des travailleur.se.s, que l’on soit cadre, dentiste ou plutôt ouvrière métallurgiste, cheminote, infirmier, livreuse, boulanger, etc.
►Une remise en cause du système actuel (perfectible) de répartition solidaire = paupérisant les plus petites retraites quand les plus aisé·es se tourneront vers des complémentaires privées grâce à des avantages fiscaux

Nous revendiquons au contraire au sein de l’Union syndicale Solidaires :

►Un âge de départ à 60 ans maximum, avec prise en compte de la pénibilité pour des départs anticipés
►Un taux de remplacement de 75% et au moins le Smic,
►Que l’égalité entre les femmes et les hommes soit enfin mise en oeuvre de manière effective
►La possibilité de départ en retraite dès les 37.5 années de cotisation


GRÈVE et manifestation:

Mardi 24 septembre
départ 14h Place de la République !

>>>Rendez-vous bnf : angle du bd voltaire

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Solidarité face à la répression policière en Grèce contre le quartier alternatif d’Exarcheia :

SUD Culture Solidaires

Section de la Bibliothèque nationale de France

Le 12 septembre 2019

Le 26 août dernier, l’Etat grec a lancé une attaque très violente contre le quartier d’Exarcheia à Athènes.

autogestion.jpgCe quartier historique est le lieu d’implantation de nombreux centres sociaux autogérés, d’espaces militants alternatifs (bibliothèques, centres de santé autogérés, cantines…) et de bâtiments réquisitionnés pour loger les victimes de la crise du capitalisme et les migrant-e-s. C’est aussi un centre important du mouvement libertaire, autogestionnaire et anti-autoritaire grec qui grâce à son dynamisme, ses actions et ses initiatives multiples, a réussi à faire d’Exarcheia un quartier différent, fondé sur des dynamiques égalitaires et collectives en rupture avec le capitalisme et l’Etat, mettant en place des solidarités entre travailleurs/ses grecs-ques, précaires et migrant-e-s, qui sont nombreux/ses à Athènes, à l’opposé de la politique de discrimination et d’enfermement que tente de leur imposer l’Etat grec.

C’est tout cela que l’Etat grec ne peut pas supporter et c’est cela qu’il tente aujourd’hui de détruire en expulsant et en fermant les bâtiments réquisitionnés, en arrêtant les militant-e-s grecs-ques et les soutiens internationaux, en emmenant les migrant-e-s raflé-e-s dans des centres d’enfermement.

Cette offensive contre Exarcheia est menée par le nouveau gouvernement de droite, en lien avec sa politique ultra-libérale de relance des privatisations et de suppressions des contrôles fiscaux pour les riches et les patrons. Mais le précédent gouvernement de gauche « anti-libéral » a préparé cette attaque anti-sociale en multipliant les trahisons et les renoncements, en mettant en œuvre les demandes du patronat grec et des marchés financiers internationaux, en lançant une campagne de dénigrements infondée contre Exarcheia, en renforçant une police très violente, dont les liens avec l’extrême-droite sont nombreux et qui est responsable de différents crimes, comme l’assassinat, à Exarcheia justement, en décembre 2008, du jeune Alexis Grigoropoulos (dont le policier responsable vient d’être libéré de prison bien avant la fin de sa peine). C’est donc bien l’Etat grec dans son ensemble qui veut en finir avec une expérience alternative qui montre qu’une autre société est possible.

Face à cela, la section SUD Culture Solidaires de la Bibliothèque nationale de France tient :

-> A dénoncer les attaques de la police grecque contre le quartier d’Exarcheia, contre les lieux militants autogérés et la répression des luttes sociales.

-> A réclamer l’arrêt de toutes les opérations policières contre les bâtiments réquisitionnés et la libération de toutes les personnes arrêtées.

-> A apporter tout son soutien aux organisations, collectifs, mouvements, lieux autogérés, qui participent dans leur diversité à cette lutte et aux expériences alternatives.

-> A rappeler son appui et sa solidarité avec les centres de santé autogérés qui empêchent tant bien que mal une catastrophe sanitaire en Grèce ; avec les lieux de production repris en autogestion par les travailleurs/ses comme l’usine Viome à Thessalonique ; avec les organisations syndicales révolutionnaires et alternatives qui tentent de développer une vraie lutte syndicale.

->  A soutenir et appeller à participer aux actions de protestation qui sont organisées un peu partout contre les opérations policières à Exarcheia.

Notre solidarité avec les luttes sociales en Grèce, avec les lieux autogérés à Exarcheia et ailleurs, avec les collectifs de solidarité avec les migrant-e-s est la même avec les lieux autogérés et de lutte en France, tout comme notre soutien avec les luttes des migrant-e-s et des travailleurs/ses « sans-papiers » ici.

Nous soutenons ainsi les différentes actions qui ont lieu depuis plusieurs mois pour réclamer la régularisation de toutes et tous les « sans-papiers ». Nous soutenons les luttes dans et contre les centres de rétention. Nous soutenons les actions de solidarité sous toutes leurs formes dans les Alpes avec les migrant-e-s victimes de conditions de vie terribles et de la répression policière. Nous soutenons les actions de solidarité et de sauvetage de vie en Méditerranée, véritable cimetière marin où des milliers d’êtres humains se noient à cause de l’Europe forteresse.

Enfin, nous participons à la lutte des travailleurs « sans-papiers » de l’agence Chronopost d’Alfortville, victimes de l’exploitation de la Poste et de ses sous-traitants, pour leur régularisation et leur embauche en CDI par Chronopost (voir ici : https://solidaires.org/2-mois-de-greve-et-de-lutte-les-sans-papiers-de-Chronoposte-Alfortville).

D’Alfortville à Exarcheia, soyons solidaires, unissons-nous face au capitalisme et à son Etat !

Résistons et multiplions les alternatives !

BnF : Face à la hausse de la fréquentation de la bibliothèque de Recherche, la direction doit réviser son système de « surréservation »!

Communiqué SUD Culture BnF

En mai dernier, notre organisation syndicale avait dénoncé dans un communiqué le système de « surréservation » de places de lecteurs/trices en Rez-de-Jardin, mis en place depuis plusieurs années à la BnF avec un système des places virtuelles qui avait pour objectif de rentabiliser l’occupation des places en salles de lecture. Si au départ ce système pouvait paraître une bonne idée pour régler des problèmes antérieurs, il est vite apparu qu’il en créait d’autres et qu’en cas de forte fréquentation, comme cela arrive souvent, certaines salles de lecture étant pleines, les lecteurs/trices se trouvaient déplacé-e-s de salles en salles jusqu’à trouver une place de libre, voire pire, certain.e.s erraient avec des documents des magasins hors de leur bandeau de réservation.

Au final, cette situation ne fait donc que dégrader les conditions d’accueil et les services au public, mais aussi les conditions de travail des agent-e-s, qui doivent non seulement gérer les critiques et l’incompréhension du public, mais aussi les tâches supplémentaires liées à l’augmentation des réservations de documents, dont la communication est rendue compliquée du fait du manque de places.

Face à cette situation problématique, liée à une volonté de faire du chiffre de fréquentation à tout prix sans pour autant garantir de bonnes conditions d’accueil aux usagers/ères, notre organisation syndicale est intervenue lors du Comité Technique du 14 juin pour dénoncer ce système de surréservation.

La direction de la DCO a été forcée de reconnaître qu’il y avait bien un problème et elle s’est donc engagée à réduire les quotas de surréservations lors des périodes de fortes fréquentations, comme c’est le cas cet été. Ce qui rejoint d’ailleurs les demandes de certains départements de la DCO, eux aussi conscients de cette difficulté.

C’est là une première avancée, mais il faut qu’elle se concrétise et que ce système de surréservation soit réellement revu en août comme annoncé à la DCO et que les quotas de réservations possibles soit diminués pour que les conditions d’accueil des usagers/ères et les conditions de travail du personnel puissent s’améliorer. Notre organisation syndicale sera vigilante à ce sujet et interviendra autant que nécessaire pour que cela soit bien le cas.

Nous voulons de bonnes conditions d’accueil et de travail, pas des places virtuelles !

SUD BnF

La casse du service public tue : procès des dirigeants de France Telecom responsables de la vague de suicides en 2009-2010

Communiqué SUD Culture – Solidaires

Depuis le lundi 6 mai se tient enfin le procès des patrons de France Telecom (période 2009-2010), qui sont responsables, par leurs restructurations ultra-violentes, par les suppressions de postes, les reclassements forcés et la remise en cause des missions, des fonctions et de l’éthique professionnelle des travailleurs et travailleuses de France Telecom, d’une vague de suicides qui a coûté la vie à des dizaines de personnes. La justice reconnaît une vingtaine de suicides et une vingtaine de tentatives, ce qui est déjà inacceptable, mais il y en a en réalité bien plus.

Ce procès arrive bien tard, 10 ans après les faits, mais le fait qu’il puisse tout de même se tenir est déjà une victoire face à toutes les manoeuvres de ces patrons et de leurs soutiens du MEDEF et politicien-ne-s, qui ont tout fait pour qu’il n’ait pas lieu. La justice bourgeoise est décidément plus rapide lorsqu’il s’agit de juger des manifestant-e-s, des « gilets jaunes », des syndicalistes, des migrant-e-s et leurs soutiens qui ne font que militer et défendre leurs droits, que lorsqu’il s’agit de juger des patrons responsables de nombreux morts.

Nos camarades de SUD PTT et l’Union syndicale Solidaires dans son ensemble ont dès le début tout fait pour que cette vague de suicides s’arrête, puis pour que toute la lumière soit faite à son sujet et que les responsables rendent des comptes. C’est grâce à cet acharnement et à cette mobilisation, ainsi qu’à celui des victimes et leurs familles que ce procès a enfin lieu. SUD PTT et Solidaires sont d’ailleurs parties civiles.

Afin de suivre ce procès qui n’est pas que celui de patrons individuels, mais bien celui d’un système et des pratiques de management qui lui sont liées, Solidaires publie chaque jour de procès un compte-rendu sur son site dédié aux conditions de travail et d’hygiène : http://la-petite-boite-a-outils.org/chantiers/suicides-a-france-telecom-le-proces/

Notre organisation syndicale relaye ces compte-rendus car nous pensons qu’il est très important d’informer largement sur ce sujet.

En effet, cette vague de suicides ne vient pas de nulle part. Elle n’est pas le résultat de problèmes ponctuels, de malchance ou des manœuvres de quelques dirigeants particulièrement vicieux.

Elle est le résultat de la casse du service public des PTT et la transformation successive de France Telecom en entreprise publique puis en entreprise privée, par les différents gouvernements de gauche et de droite pendant 20 ans, qui ont transformé un service public en machine à faire des bénéfices (Lombard, patron de France Telecom à l’époque et principal accusé du procès se vantait d’obtenir « sept milliards d’euros de cash flow », au prix de morts et de souffrance), ouvrant au passage le « marché » des télécommunications à la concurrence avec des conséquences sociales désastreuses.

Elle est le résultat des réorganisations incessantes, visant à faire perdre leurs repères aux travailleurs/ses, à casser les collectifs de travail, à casser surtout les résistances et les mobilisations, ainsi que le syndicalisme de lutte. Elle est le résultat de transformations violentes, de changements fondamentaux (cette fameuse culture du changement) pour supprimer le statut de fonctionnaires à France Telecom, pour abolir les anciennes fonctions, les métiers des agent-e-s et tout transformer. Elle est le résultat de la fermeture de services entiers, de sites de travail, de déplacements forcés parfois loin des domiciles pour continuer à travailler.

Elle est le résultat d’un management agressif, par le stress, déterminé à tout casser, méprisant aussi bien l’éthique professionnelle des agent-e-s que les services offerts au public (disparu au profit des « client-e-s » dans la novlangue imposée) et qui ne peut fonctionner qu’en brisant les travailleurs/ses, en les niant et en les méprisant.

Elle est le résultat de la recherche du profit immédiat, à tout prix, le plus vite possible, à travers des suppressions de postes, avec 22 000 postes supprimés entre 2006 et 2010, avec comme seuls indicateurs les résultats financiers, les cours de la Bourse, des chiffres n’ayant plus aucun rapport avec le travail et la vie réelle.

Pour toutes ces raisons, ce qui s’est passé à France Telecom n’est ni un cas isolé, ni un exemple extrême ou une déviation, ce n’est que le modèle de ce que le système capitaliste impose sur toute la planète. C’est à l’image de ce qui se passe dans de très nombreuses autres entreprises (à la même époque, Didier Lombard reçoit les récompenses des autres patrons et de la presse financière) et c’est aussi à l’image de ce qui se passe dans les services publics, à la SNCF (https://solidaires.org/Un-suicide-devant-le-siege-SNCF-le-jour-de-l-ouverture-du-proces-Orange-Lombard), dans l’énergie, dans les hôpitaux et c’est cette logique que les gouvernements imposent depuis des années à la fonction publique.

C’est aussi un rappel que le capitalisme tue, tous les jours, que ce soit en poussant des travailleurs/ses au suicide, à travers les accidents du travail (un mort par jour ouvré en France), par les maladies professionnelles (comme les dizaines de milliers de morts de l’amiante), par les mauvaises conditions de travail, la pollution, le chômage et la précarité. Cette violence sociale extrême et meurtrière n’est jamais dénoncée par l’État et les médias, elle n’est jamais combattue et elle ne passe que très rarement en procès.

Alors, mobilisons nous à l’occasion du procès France Telecom, diffusons les informations sur les suicides au travail, sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, soutenons les luttes des secteurs touchés, mais surtout luttons ici et maintenant contre la casse des services publics, contre le management, contre la casse des collectifs de travail, pour défendre nos conditions de travail, nos emplois, nos métiers. Et puisque c’est ce système économique qui est porteur de mort et de souffrance, rompons avec lui et remplaçons le par une système de gestion collective et démocratique, au service des besoins de la population, autogéré localement par les travailleurs et travailleuses concerné-e-s, avec la propriété collective et égalitaire des moyens de production.

Paris, le 18/06/2019

« Le Louvre suffoque » > Fermeture du musée le 27/05 suite à un droit de retrait du personnel !

SUD Culture Solidaires – section Louvre

Communiqué :

En  2018  la  fréquentation  du  Louvre  a  franchi  la  barre  des  10,2  millions  de  visiteurs.
Si  les chantres  de  l’industrie  touristique  s’en  félicitent,  les  personnels  constatent  une  dégradation sans  précédent  des  conditions  de  visite,  et  évidemment  des  conditions  de  travail.
Alors que  le  public  a  augmenté  de  plus  de  20%  depuis  2009,  le  palais  lui  ne  s’est  pas  agrandi.
Les effectifs, par  contre,  n’ont  cessé  de  diminuer. Aujourd’hui  la situation est  intenable.

>>> Les agents réunis en AG ce jour ont décidé d’exercer leur droit de retrait et de se rendre à la direction afin de crier leur colère et porter leurs revendications pour de meilleures conditions de travail et le respect du public.
Le musée, en l’absence du personnel d’accueil et de surveillance, est actuellement fermé au public.

SUD Culture Solidaires
Paris, le 27 mai 2019

SUD Culture Louvre


LE LOUVRE SUFFOQUE

En 2018 la fréquentation du Louvre a franchi la barre des 10,2 millions de visiteurs. Si les chantres de l’industrie touristique s’en félicitent, les personnels constatent une dégradation sans précédent des conditions de visite, et
évidemment des conditions de travail. Alors que le public a augmenté de plus de 20% depuis 2009, le palais lui ne s’est pas agrandi. Les effectifs, par contre, n’ont cessé de diminuer. Aujourd’hui la situation est intenable.

LE PUBLIC, LES OEUVRES ET LES PERSONNELS EN DANGER

Les personnels sont tous consternés par l’image honteuse que nous donnons de notre établissement face à un public qui, quand il n’est pas injurieux, nous fait part de sa juste colère.
Mais à ce jour, aucune mesure concrète d’urgence ni aucune solution ne nous ont été apportées, sinon la réflexion sur la mise en place d’une « jauge »dans un futur indéterminé. La direction a été interpellée maintes fois en particulier au cours du CHSCT extraordinaire du 23 mai. Les travaux en cours ont encore accru les risques encourus, et pourtant :
– Toujours rien pour prévenir les mouvements de foule (qui ont déjà eu lieu, de la pyramide aux salles muséographiques) ;
– Toujours plus d’agressions du public en colère contre les personnels, du belvédère à l’espace d’assistance en passant par les espaces d’exposition ;
– Toujours pas de mesures adéquates en cas d’évacuation d’urgence…
Et ne parlons pas de la problématique des objets suspects alors même que les agent-es ne distinguent pas leurs pieds dans la foule !

Quels remparts avons-nous contre la peur qui s’installe dans les rangs des agent-es ? Aucun !!
Même si l’administration nous assure qu’elle a bien pris la mesure de l’urgence de la situation, les solutions sont repoussées à une date ultérieure. Malgré la volonté affichée de la Direction du musée de réduire le nombre de visiteurs et la mise en place de groupes de travail spécifiques à la gestion de flux particulièrement à la Salle des Etats, le manque manifeste d’anticipation n’a fait qu’aggraver la situation.
Qu’a motivé la mise en place d’un calendrier de travaux aussi hasardeux, dans les espaces à très forte affluence de Sully à Denon, en pleine saison touristique ? Comment n’a-t-on pas imaginé que les salles adjacentes deviendraient des déambulatoires pour accéder à l’idole qu’est la Joconde ?

PARCOURS DE VISITE OU DU COMBATTANT ?

Que dire des conditions de visite quand les gens sont confrontés au bruit, au piétinement, à des attroupements, à la fatigue extrême et à l’inadaptation totale des équipements du musée à un tel volume de visiteurs ?
« Les conditions de visite sont déplorables… à croire que les objectifs de ce musée sont devenus purement mercantiles, quelle tristesse », – voilà les commentaires qu’on entend régulièrement maintenant dans les salles.

LE LOUVRE N’A PAS LES MOYENS DE SES AMBITIONS

Outre la pertinence ou non des projets de médiation culturelle, le Louvre n’est aujourd’hui pas en capacité de les mettre en oeuvre. Le symbole le plus probant en est la fameuse nocturne du samedi (qui a servi au passage de justification à la suppression de la gratuité du dimanche) : en raison de la destruction de l’emploi public et de la politique d’extinction de la filière Accueil, Surveillance et Magasinage, le musée s’évertue à ouvrir avec des effectifs très insuffisants et en partie non formés aux problématiques de sûreté et de sécurité des espaces muséographiques. L’établissement s’affranchit même maintenant de sa responsabilité sociale et profite de l’extrême précarité des plus faibles en créant des contrats de 4h mensuelles !
Entre décisions inadaptées de la direction, contraintes imposées par les tutelles (aussi bien sur les emplois que le budget) et politique gouvernementale de destruction de la fonction publique, il y a urgence pour les agentes du Louvre à reprendre leur destin en main : c’est aujourd’hui une question de survie.

DES CHIFFRES A FAIRE PEUR

Fréquentation
2009 > 8 435 000
2018 > 10 200 000
Ecart = + 1 750 000 + 20,92%

Effectifs Louvre
2009 > 2160,8
2018 > 2004,6
Ecart = – 156,2 équivalents temps plein – 7,23%

Agent-es d’accueil et de surveillance(personnels au contact immédiat du public)
2009 > 978,3
2018 > 802,7
Ecart = – 175,6 équivalents temps plein – 17,95%

CA SUFFIT

Nous refusons de continuer à nous faire insulter par le public en colère ! Nous refusons les mauvaises conditions de travail qui sont imposées à l’ensemble des personnels au contact du public (accueil contrôle, accueil groupes, surveillance…).
Nous refusons le coût social et culturel vertigineux de ces 10 millions de visiteurs/euses ! Peut-on croire que seuls les agent-es de terrain soient gravement préoccupé-es par cette situation ?
A quel jeu joue la direction générale qui a fait le choix, depuis 10 ans de faire peser les suppressions de postes exclusivement sur les agent-es envoyé-es au front ?
Les personnels d’accueil et de surveillance ne sont pas de la chaire à canon. Le corps des adjoints techniques d’Accueil, surveillance et magasinage a perdu plus de 175 postes en 10 ans ; cela signifie que non seulement il a absorbé la totalité des destructions d’emplois (puisque le Louvre en a perdu 160 sur la période), mais en plus que cette destruction a permis à certaines autres directions d’augmenter leurs effectifs. Le manque de moyens humains qui nous est imposé est une souffrance pour toutes et tous, et plus encore un mépris que nous ne pouvons plus souffrir.

 

NOUS EXIGEONS
> Le déploiement d’effectifs idoines qui nous permette d’accueillir convenablement le monde entier
dans nos murs
> La mise en place rapide d’un numerus clausus adapté aux impératifs de sécurité et de transmission
culturelle
ET TOUT DE SUITE !!

 

C’EST LA SÉCURITÉ DU PUBLIC, CELLE DES AGENT˙ES ET LA SAUVEGARDE DU PATRIMOINE QUI SONT EN JEU

Le musée accueille depuis le début de l’année 100 000 visiteurs de plus en moyenne par mois. Le nombre moyen de visiteurs/euses quotidien tourne autour de 40 000. Et ce n’est qu’un début ! Nous savons tous que la saison ne fait que commencer. Alors que le mois de juillet 2018 a vu atteindre des fréquentations record d’1 000 000 de visiteurs et visiteuses, comment imaginer les mêmes chiffres dans un contexte fortement dégradé ?
Qu’adviendra-t-il alors que de nouveaux travaux sont prévus sans que les premiers soient terminés ? Et au-delà de cette nécessité immédiate, le Louvre doit s’inscrire dans une réflexion profonde pour redéfinir les contours de nos missions. Sortir du tourisme de masse, refuser la transformation en Disneyland culturel de notre établissement, offrir une culture de qualité pour toutes et tous, voilà l’enjeu de ces décisions !

Paris, le 26 mai 2019

SUD Culture Solidaires – section Louvre – 01 40 20 57 06 – sud@louvre.fr

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