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La Culture en action contre la réforme des retraites ! Récit de la journée du 10 janvier 2020

SUD Culture Solidaires

61 rue de Richelieu, 75002 Paris
Tel. : 01.40.15.82.68, mel : sud@culture.gouv.fr, https://sud-culture.org/

Vendredi 10 janvier, plusieurs secteurs de la Culture se sont rassemblés aux colonnes de Buren, en face du ministère de la Culture, à l’appel de l’intersyndicale Culture CGT-FSU-SUD-UNSA, pour des prises de paroles de différents établissements et métiers en lutte depuis le 5 décembre contre la contre-réforme des retraites :  Louvre, BPI, BnF, école du Louvre, Spectacle, château de Versailles…

Parallèlement au rassemblement, les agent.es de la ville de Paris se sont invité.es au Conseil d’Etat, juste de l’autre côté des Colonnes de Buren et des banderoles ont été déployés avec force slogan pour dénoncer le dépôt du projet de loi de casse des retraites au Conseil d’Etat. Agent.es de la Ville de Paris et de la Culture se sont finalement rassemblé.es sur la place du Palais Royal. Une déambulation a ensuite débuté, dans les rues du quartier, pour finir dans la cour puis le hall du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France où slogans et chants ont retenti ! A la sortie de la BnF, le cortège a été nassé par la police mais tout le monde a pu rapidement sortir sans dommage.

La lutte continue à la Culture : toutes et tous en Assemblées Générales, en grève, et en manifestation ! Etendons la lutte, multiplions les actions, reconduisons la grève, participons aux mobilisations interprofessionnelles !

 On lâche rien jusqu’au retrait ! Toutes et tous ensemble on va gagner !

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Professionnel-les des arts et de la culture, toutes et tous concerné-es par nos retraites. En grève et en manif à partir du 5 décembre !

SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu, 75002 Paris
01 40 15 82 68, sud@culture.gouv.fr
https://sud-culture.org/

PROFESSIONNEL·LES DES ARTS ET DE LA CULTURE
TOUTES ET TOUS CONCERNÉ·ES PAR NOS RETRAITES
EN GRÈVE ET EN MANIF À PARTIR DU 5 DÉCEMBRE !!

Travailler plus pour partir retraite (encore plus) pauvre : Le gouvernement Macron veut nous imposer un système de retraite par points. Partout où ces types de réformes ont été instaurés, le niveau des pensions a baissé de 20 à 30%. Cela va donc nous obliger à travailler plus longtemps pour une retraite moindre et sujette aux caprices de la valeur du point.


AVANT : Le montant des retraites est calculé sur les 25 meilleures années de salaires pour les salarié·es et sur les 6 derniers mois pour les fonctionnaires.
Au global, tout le monde touche aux alentours de 75% de son meilleur salaire. Et surtout, on connaissait la somme qu’on allait avoir.

APRÈS : Le nombre de points sera calculé sur l’en-semble de la carrière avec ses hauts et ses bas (période de chômage, accident de travail, grossesse etc…).
Donc pendant les bas, pas ou peu de points. Ensuite, avec cette réforme, on ne connaîtra le montant de notre retraite qu’au moment de partir. Attention donc aux mauvaises surprises!


La retraite par point universelle voulue par le gouvernement va énormément pénaliser les salarié·es précaires (Intérimaires, cdd, intermittent·es du spectacle) :car seuls les salaires sont pris en compte pour le calcul, pas les allocations chômage. C’est donc sur la moyenne de TOUTE la carrière qu’on va calculer le taux de retraite, les pires années seront prises en compte et feront baisser le montant de la pension.

Les femmes seront les grandes perdantes de cette réforme : Elles représentent la majorité des congés parentaux, plus de carrières morcelées, plus de précarité, plus de temps partiel et des salaires moindres. A cela va s’ajouter la disparition des trimestres supplémentaires pour maternité et une baisse de la majoration à partir du troisième enfant. Pour la pension de reversion, il faudra dans le projet Macron être encore marié·es (ce qui n’était pas le cas jusqu’alors) et l’âge pour pouvoir en bénéficier est reporté de 55 ans à 62 ans. Moins de salaire, moins de point, moins de retraite.

Et pourtant de l’argent pour financer un système de retraite solidaire, il y en a !
La productivité en France entre 2000 et 2015 a augmenté de 10%, et le montant de l’évasion fiscale est estimé à plus de 80 milliards par an. On peut aussi regarder du côté des bénéfices du CAC 40 (65 milliards d’euros), des cadeaux fiscaux au patronat (20 milliards de CICE), et soyons utopiques, de ce qui serait gagné par une réelle égalité entre hommes et femmes ! D’autres choix que ceux de Macron et son monde sont possibles mais ils ne pourront être obtenus que par la lutte collective. C’est pourquoi SUD Culture appelle à l’organisation d’assemblées générales, à des actions, des manifestations et à une grève reconductible et massive à partir du 5 décembre.

Salarié·es et fonctionnaires de la culture
artistes et technicien·nes intermittent·es du spectacle,
autrices et auteurs
enseignant·es des conservatoires, des écoles d’art et d’architecture,

CONSTRUISONS LA GRÈVE, OBTENONS LE RETRAIT DU PROJET DE RÉFORME DES RETRAITES, ET FAISONS AVANCER NOS PROPRES REVENDICATIONS !

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Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

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Communiqué SUD Culture Solidaires

le 18 novembre 2019

Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

Le ministère de la culture s’enorgueillit à longueur de colonnes de son double label « diversité » et « égalité ». Moins du protocole égalité femmes/hommes, signé en 2018 par l’ensemble des organisations syndicales représentatives ! L’énergie et les moyens consacrés à l’obtention de ce label auraient été mieux employés en finançant la mise en oeuvre du protocole qui est assurément à la peine. Il aura fallu un an pour qu’un plan d’action contre les violences sexistes et sexuelles soit présenté aux organisations syndicales (si tout va bien au CHSCT Ministériel du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes oblige). Il faudra encore attendre qu’il soit décliné dans les directions et les Établissements publics du
ministère qui sont largement à la traîne.

Le cas sidérant de Christian N.

Une nouvelle fois, après des premières révélations publiées dans le Canard enchaîné (29 mai 2019) le ministère fait la une des médias à la suite d’une enquête de Libération. Non pas pour vanter sa politique culturelle, mais pour une affaire de
violences sexistes et sexuelles dont s’est rendu coupable un administrateur civil hors classe.

Christian N. – nous conservons un anonymat de façade –, après une carrière à France Télécom, a occupé des responsabilités au sein de notre ministère (sous directeur des politiques des ressources humaines et des relations sociales, 2008-2013) puis à la DGFAP (sous-directeur de l’animation interministérielle des politiques de RH, novembre 2013-mai 2014) qui l’avait nommé pour siéger au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ! La DGFAP l’éjectera au bout de six mois, selon nos sources, parce qu’il avait pris des photos sous les jupes d’une de ses collègues, ce qui mit également immédiatement fin à ses fonctions au sein du Haut conseil. Le ministère de la culture l’a alors récupéré et lui a trouvé un point de chute au Département de l’Action Territoriale (DAT) pour gérer la fusion des DRAC avant de le nommer directeur adjoint de la DRAC Grand Est.

Pendant près de 10 ans, Christian N. a ainsi pu se livrer à ses turpitudes : prendre en photo des agentes du ministère (qu’elles soient en jupe ou en pantalon) et intoxiquer ses interlocutrices avec des diurétiques pour les obliger à uriner devant lui, afin de jouir de leur humiliation. Alors qu’il prenait en photo une sous-préfète, un fonctionnaire de la DRAC Grand Est l’a pris en flagrant délit et a eu le courage de dénoncer ces faits (juin 2018) auprès du secrétaire général qui a fait un premier signalement auprès du procureur. Sa suspension a alors été prononcée. C’est par un pur hasard qu’une collègue de la DRAC Grand Est a découvert dans une clef USB une liste de plus de deux cents victimes. Cette découverte a fait l’objet d’un second signalement au procureur par le ministère en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale et d’une CAP disciplinaire qui a abouti à la radiation de la fonction publique du coupable (arrêté du 13 décembre 2018). Il officie désormais dans … le coaching individuel. Christian N. ayant été mis en examen fin octobre 2019 et placé sous contrôle judiciaire, la procédure pénale suit désormais son cours, avec son lot de convocations de témoins.

Cet individu, nous l’avons côtoyé régulièrement au Comité Technique Ministériel (CTM), au Comité Hygiène, Sécurité et Condition de travail (CHSCTM) ou dans des réunions syndicales, notamment lors de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) dont il était un farouche partisan. Ironie du sort, c’est à lui qu’il revenait de recevoir les candidates victimes ou non de mobilités forcées en raison de la suppression de leurs postes. Si nous l’avons combattu pour son
zèle à mettre en oeuvre la RGPP puis la fusion des DRAC, nous n’avions jamais décelé ses méfaits et n’avons jamais été alerté·es par des victimes ou des témoins.

En tant que syndicalistes, cette absence de signalement nous interpelle. Certes, nombre de ses victimes, souvent en situation de précarité, n’ont peut-être pas eu conscience sur le moment de l’aspect volontaire de ses agissements. Des retours que nous avons aujourd’hui, c’est à la lecture
de la presse que nombre d’entre elles ont compris ce qui leur était arrivé. Mais pour les autres ? Alors que SUD Culture est depuis longtemps impliqué dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, nous n’avons clairement pas été identifié·es comme pouvant leur apporter une aide. Il nous appartient de mieux communiquer afin que les victimes ne se sentent plus isolées et que les lanceurs et lanceuses d’alerte se sachent soutenu·es syndicalement.

Une prise de parole tardive du ministre

Lors du CHSCTM du 14 novembre, dans son discours introductif, Franck Riester a eu des phrases fortes. Nous l’avons interpellé pour qu’il prenne ses responsabilités et s’adresse enfin aux médias et aux agent·es et que toutes les victimes puissent bénéficier d’une écoute et d’une protection fonctionnelle pour celles travaillant encore au ministère. Il s’est prononcé favorablement.

Quant aux victimes ayant quitté le ministère, il a proposé qu’elles soient mises en contact avec des associations pouvant les accompagner juridiquement. Or ces associations n’ont plus les moyens de faire face, puisque le gouvernement, prompt à faire de la com’ et des tweets, a diminué drastiquement leurs subventions. Nous avons donc demandé que le ministère participe au financement de ces structures si elles doivent accompagner des victimes de Christian N. Il est par contre resté plus flou s quant à la mise en oeuvre d’une enquête, notamment sur sa forme, destinée à identifier les dysfonctionnements de l’administration et les éventuelles complicités qui ont permis la poursuite de tels agissements. L’article de Libération fait état de signalements de la part de victimes qui n’ont pas été suivis d’effet. Nous voulons savoir pourquoi Christian N. a pu continuer sa carrière en bénéficiant de mobilités, s’il y a eu une volonté de le protéger, d’étouffer l’affaire ou de minimiser les faits.

Combien de Christian N. au sein du Ministère de la culture et de ses établissements ?

Si nous pouvons espérer qu’un tel degré de perversion est rare et que le cas de Christian N. soit unique au ministère, l’ampleur et la durée de ses pratiques ne doivent pas nous conduire à occulter les violences sexistes et sexuelles auxquelles sont exposées les agentes, les salariées des entreprises de sous-traitance ainsi que les étudiantes du ministère .

Il en est ainsi, par exemple, du monde de l’art et ses écoles qui n’ont pas été épargnées ces dernières années. Mains sur la cuisse, insultes sexistes, harcèlement sexuel et moral, élèves contraintes d’éviter des professeurs et des cours tout au long de leur cursus, humiliations, remarques sur l’apparence,présupposés sexistes sur la qualité du travail ne sont pas rares. Si ces dérives ont été dénoncées par SUD Culture, elles ont aussi été mises en lumière, dès 2006 puis en 2009, par Reine Prat, inspectrice générale au ministère de la Culture et autrice des rapports pour l’égalité des femmes et des hommes dans les arts du spectacle. En juin 2013, un rapport choc de la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin (PCF) sur « la place des femmes dans l’art et la culture : le temps est venu de passer aux actes », remis à Aurélie Filippetti prouvait que le fléau des comportements sexistes restait relativement banalisé dans les écoles d’art. L’omerta résultait de la conjonction de plusieurs facteurs : la sous-représentation des femmes dans le corps enseignant et aux postes de direction des établissements d’enseignement artistique ainsi quel’absence d’une réflexion approfondie sur la pédagogie. Ce n’est qu’en mars 2015, qu’une charte a été signée par les 57 écoles sous tutelle du ministère de la Culture. Mais les différentes révélations surgies dans le sillage de #MeToo nous laissent plus que sceptiques sur son application.

80 % des femmes salariées considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes (1).
1 femme sur 3 a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle.
5% seulement des cas ont été portés devant la justice (2).
En l’absence de données spécifiques, nous pouvons sans peine appliquer ces statistiques à l’ensemble du périmètre ministériel.

Si le ministère commence à se doter d’outils pour lutter contre ces violences encore faut-il que les victimes soient entendues, que leur parole ne soit pas remise en cause, que leur hiérarchie cesse de protéger les agresseurs, y compris lorsqu’il s’agit de hauts fonctionnaires.

La tâche est grande pour l’administration du ministère… comme ses organisation syndicales.

Il faut que la honte change de camp et que les femmes prennent la parole et soient écoutées !

Contre les violences faites aux femmes, toutes et tous dans la rue le 23 novembre

SUD Culture Solidaires s’inscrit dans l’appel unitaire de #NousToutes et de l’Union syndicale Solidaires pour la journée d’action du 23 novembre (3).

Il faut s’attaquer au système patriarcal partout et constamment, dès l’école maternelle, dans la rue, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives.

C’est ce système qui « autorise et tolère » socialement les conduites de dominations, de violences envers les femmes jusqu’à la mort de plusieurs dizaines d’entre elles chaque année.

Les mesures à appliquer sont déjà connues :
• La reconnaissance de la spécificité des violences faites aux femmes par l’inscription dans la loi du terme de féminicide.
• Aucune plainte refusée et sans suite, ce qui veut dire tenir compte de la parole des femmes pour les aider à justement dénoncer ce qu’elles vivent, sans honte ni culpabilité.
• Des mesures de protection rapides ce qui veut dire mettre fin à l’impunité des agresseurs, quels qu’ils soient.
• Des places suffisantes en hébergement d’urgence dans tous les départements.
• Des fonds pour les associations qui accompagnent les femmes victimes…
Il faudra aussi un budget à la hauteur de ces ambitions, et nous réclamons comme d’autres organisations féministes un vrai milliard pour enfin stopper cette horreur !

Pour accélérer et imposer la mise en place de ces mesures, il faut être nombreuses et nombreux à se retrouver dans la rue. Nous vous donnons rendez-vous à la manifestation nationale à Paris le samedi 23 novembre, 14h à Opéra, et dans les nombreuses initiatives prises un peu partout en France autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.


1 Rapport du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n°2015-01 publié le 6 mars 2015.
2 Enquête IFOP pour le Défenseur des droits – mars 2014
3 https://solidaires.org/Manifestations-Contre-les-violences-faites-aux-femmes


SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu, 75002 Paris
01 40 15 82 68, sud@culture.gouv.fr
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Ni élite, ni exclusion ! La politique scientifique de la BnF nous concerne tous et toutes :

cultiver le champ social

Au cours du mois d’octobre 2019 a lieu à la BnF l’élection au Conseil Scientifique. Celui-ci est un organisme consultatif qui peut être interrogé sur les questions relatives à la politique scientifique de la BnF et à ses activités de recherche.

On remarque déjà que le CS n’a qu’un rôle limité, puisqu’il ne peut que donner son avis sans que celui-ci ait un effet quelconque et qu’il n’est même pas systématiquement saisi des questions relevant de ses compétences.

Mais ce qui est vraiment très critiquable, c’est le mode d’élection des représentant·e·s du « personnel » de la BnF pour ce CS.

En effet, les agent·e·s de la BnF, par rapport au CS, sont réparti·e·s en 3 catégories :

► Les conservateur·trice·s, titulaires, sûrement « l’élite » aux yeux de la direction de la BnF, qui votent à part, dans le premier collège électoral et qui désignent 2 représentant·e·s.

► Les autres agent·e·s de catégorie A et B, fonctionnaires ou contractuel·le·s sur emplois, à condition qu’ils/elles travaillent dans des directions dites scientifiques (la DCO, la DSR, la DDC, la DPU et la DRI) et exercent des fonctions dites à caractères scientifiques et techniques, votent dans un deuxième collège électoral et désignent eux/elles aussi 2 représentant·e·s.

Tou·te·s les autres agent·e·s de la BnF sont exclu·e·s des élections au CS et n’existent pas dans ce cadre, parce que selon la direction de la BnF, ils/elles ne sont pas sur les bons postes, ils/elles ne travaillent pas dans les bonnes directions, sont de catégories C ou bien tout simplement ils/elles sont « vacataires », caractéristiques suffisamment graves pour être réduit·e·s au silence, alors même que certain·e·s sont sur des fonctions scientifiques ou techniques et que nous avons tou·te·s l’expertise propre à notre poste et catégorie.

 Ce système électoral est profondément injuste et inégalitaire.

 Il exclut plus de 54% des agent·e·s de la BnF, qui se retrouvent privé·e·s de tout droit d’expression. Par ailleurs, son fonctionnement hiérarchique et élitiste donne autant de poids au premier collège électoral qu’au second, alors que le premier collège ne représente que 27% des votant·e·s du second collège (et seulement 12% du personnel de la BnF). L’existence même de collèges électoraux est discutable, mais si en plus elle permet de surévaluer l’importance de certains groupes d’agent·e·s, cela fausse toute notion de « démocratie sociale » ou de « représentation du personnel ».

Pourtant, sans le travail quotidien, efficace et en commun de tou·te·s les agent·e·s de la BnF, quelles que soient leurs catégories, leurs statuts professionnels et leurs directions, tous les projets scientifiques, de recherche et le service public ne pourraient aboutir. Rien ne peut se faire sans le travail des magasiniers·ères, des « vacataires » et des agent·e·s de la DAP. Rien ne peut se faire non plus sans la coopération des conservateur·trice·s et des autres personnels de catégories A et B.

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De même, tout le personnel de la BnF est concerné par les choix de politiques scientifiques et de recherche de l’établissement. Tout le personnel a un avis sur ces orientations et doit pouvoir l’exprimer, parce que cela le touche d’une manière ou d’une autre et parce que son travail y contribue, d’une façon ou d’une autre.

Mais la direction de la BnF, elle, continue de choisir un système d’exclusion et de division, malgré les demandes de modifications des modalités de l’élection au CS que nous portons depuis plusieurs années. Par conséquent, il est pour nous, section SUD Culture de la BnF, toujours impossible de prendre part à un tel scrutin. Nous notons d’ailleurs que cette année nous ne sommes plus la seule organisation syndicale à porter cette position et qu’il n’y a qu’un seul syndicat qui se présente à cette élection, montrant bien à quel point celle-ci est factice.


Il y a bien des choses à dire par rapport à la politique scientifique de la BnF, que ce soit la baisse des budgets d’acquisitions et de conservation, les problèmes du catalogue, le remplacement de périodiques papiers par des versions électroniques sans aucune garantie pour l’accès aux archives, la Gestion Dynamique des Collections, les expositions, la privatisation inacceptable du patrimoine public à travers la filiale BnF-Partenariats et les contrats qu’elle signe…

C’est ce que fait régulièrement notre organisation syndicale, dans ses interventions et dans ses actions. Mais l’élection au Conseil Scientifique ne permet pas à l’ensemble du personnel de s’exprimer sur tous ces sujets.


Nous appelons donc les agent·e·s de la BnF qui peuvent voter à ce scrutin à s’abstenir, afin de montrer leur rejet de ce système électoral et d’obtenir un nouveau mode de scrutin qui permette une expression égale de tou·te·s les agent·e·s de la BnF.

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Solidarité avec la population du Rojava Manifestation à Paris >>> place de la République, SAMEDI 19 OCTOBRE, 14h30

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Solidarité avec la population du Rojava pour réclamer le retrait de l’armée turque suite à l’attaque de l’état turc contre le Rojava et la Syrie du Nord et de l’Est .

Manifestation à Paris >>> place de la République, SAMEDI 19 OCTOBRE, 14h30

Solidarité internationale !

 

Grève nationale interprofessionnelle mardi 24 septembre Pour nos retraites, nos salaires, nos emplois et nos conditions de travail MOBILISATION GÉNÉRALE À LA BNF !

SUD Culture Solidaires / Section de la BnF

Tous et toutes mobilisé·e·s, en grève et dans la rue contre le projet de retraites à points :

images4Mardi 24 septembre aura lieu une grande mobilisation pour défendre une fois de plus nos retraites des assauts du gouvernement, qui présente une contre-réforme à rebours de tout principe de justice sociale. Les grévistes de la RATP vendredi 13 septembre ne s’y sont pas trompé·e·s : ce n’est qu’en cessant le travail, en attaquant le porte-monnaie des patrons par des blocages, en exerçant notre droit de grève et de rassemblement et en manifestant massivement dans les rues, que nous serons entendu·e·s !

Pour gagner sur nos revendications, un seul moyen : l’union et la détermination !

Plus que jamais, l’unité et la réaction interprofessionnelle sont indispensables car ne nous leurrons pas : une journée de grève ne suffira pas. Seule une mobilisation longue et surtout massive permettra de faire reculer le gouvernement et d’imposer notre voix. Pour cela, le rassemblement des différents secteurs en lutte sera déterminant afin que cette rentrée sociale permette de faire aboutir nos revendications pour :

>Un modèle socialement juste fondé sur la redistribution pour nos retraites
>La défense des moyens humains et financiers pour l’ensemble des services publics, dont ceux de
proximité (écoles, postes, hôpitaux/maternités, transports en commun, finances publiques…)
>Le refus de la réforme de la Fonction Publique : destruction des CHSCT, mobilité forcée,
incitation à des « départs volontaires », recours massif aux contractuel·le·s et à la précarité, sous-traitance, individualisation accrue des « performances », rémunération au mérite, etc.
L’arrêt de la sélection sociale à l’entrée des universités
La lutte pour le climat et l’environnement et contre les destructions inhérentes au capitalisme
La régularisation de tous les « sans-papiers » et la requalification de leurs contrats pour ceux et celles qui sont exploité-e-s par le patronat

Agir globalement oui, mais aussi localement à la BnF !

Les logiques gouvernementales à l’oeuvre pour imposer un nouveau recul social avec une énième contre-réforme des retraites sont les mêmes qui touchent les établissements du ministère de la culture et donc la BnF depuis plusieurs années : réorganisations, coupes budgétaires, suppressions de postes, nivellement par le bas des acquis sociaux. Pour cette raison la section SUD Culture de la BnF considère que la lutte locale menée depuis 16 mois doit continuer, sous différentes formes, à commencer par une grève massive le 24 septembre à la BnF, pour nos retraites mais aussi pour continuer de réclamer :

>L’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères, car une dizaine de personnes dont 5 de nos collègues « vacataires » attendent toujours d’être appelé·es. Si l’appel de cette liste a pu évoluer favorablement en 2019 alors que la direction disait que c’était impossible, ce n’est que grâce à la grève et à la mobilisation des personnels, il faut donc continuer pour obtenir l’appel complet avant la fin de validité de cette liste en novembre 2019 !

>Le respect du principe d’embauche en CDI des « vacataires » sur besoins permanents. Cet été, grâce à la pression de la section SUD Culture de la BnF et du personnel mobilisé durant ces derniers mois, 10 contrats en CDI ont été proposé·es aux agent·es « vacataires » qui avaient été abusivement embauché·es sur des CDD courts en février dernier. Cela a permis de stabiliser ces collègues sur de vrais contrats, mais surtout d’obliger la direction à respecter le principe prévu par le protocole de fin de grève de juillet 2016, celui de l’embauche en CDI des « vacataires » sur besoins permanents. C’est une nouvelle preuve que seule la lutte paie. Mais il faut rester vigilant-e-s et ne pas laisser passer, ressurgir et s’installer de nouveaux contrats ultra-précaires comme encore récemment, avec des personnels interchangeables de plus en plus utilisé·es comme bouche-trou dans les services.

>L’arrêt des suppressions de postes pour les années à venir, un budget fourni par le ministère de la Culture à hauteur des besoins pour assurer les missions de la BnF et les créations d’emplois de titulaires nécessaires pour cela.

>L’arrêt d’une réorganisation du travail en Service Public entamée de manière catastrophique et précipitée à Tolbiac en cette rentrée, démontrant bien l’absence d’anticipation des besoins réels des services de la part de la direction. Ce n’est pas en faisant travailler plus les agent-e-s, en déplaçant les charges de travail entre directions ou en profitant des bas salaires pour inciter à faire des heures supplémentaires le samedi que la difficulté se réglera, c’est uniquement la création des emplois titulaires nécessaires qui peut répondre aux problèmes rencontrés.


Au Fait, c’est quoi ce nouveau projet de loi sur les retraites ?

► Plus de départ à 62 ans sans décote de 10% = soit 14,1% de moins que pour un départ à 64 ans (conçu comme « âge pivot »), donc une incitation à partir toujours plus tard en retraite
► Retraite calculée sur toute la carrière et non les 25 meilleures années ou le dernier traitement de salaire (sur 6 mois) = un grave recul pour les plus précaires et les carrières interrompues, les femmes étant particulièrement concernées
►Un système de points incontrôlable et connu au dernier moment pour les retraité-es = la valeur du point, conçu comme variable d’ajustement, étant indexée selon le contexte économique
► Absence de reconnaissance de l’espérance de vie différenciée des travailleur.se.s, que l’on soit cadre, dentiste ou plutôt ouvrière métallurgiste, cheminote, infirmier, livreuse, boulanger, etc.
►Une remise en cause du système actuel (perfectible) de répartition solidaire = paupérisant les plus petites retraites quand les plus aisé·es se tourneront vers des complémentaires privées grâce à des avantages fiscaux

Nous revendiquons au contraire au sein de l’Union syndicale Solidaires :

►Un âge de départ à 60 ans maximum, avec prise en compte de la pénibilité pour des départs anticipés
►Un taux de remplacement de 75% et au moins le Smic,
►Que l’égalité entre les femmes et les hommes soit enfin mise en oeuvre de manière effective
►La possibilité de départ en retraite dès les 37.5 années de cotisation


GRÈVE et manifestation:

Mardi 24 septembre
départ 14h Place de la République !

>>>Rendez-vous bnf : angle du bd voltaire

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Solidarité face à la répression policière en Grèce contre le quartier alternatif d’Exarcheia :

SUD Culture Solidaires

Section de la Bibliothèque nationale de France

Le 12 septembre 2019

Le 26 août dernier, l’Etat grec a lancé une attaque très violente contre le quartier d’Exarcheia à Athènes.

autogestion.jpgCe quartier historique est le lieu d’implantation de nombreux centres sociaux autogérés, d’espaces militants alternatifs (bibliothèques, centres de santé autogérés, cantines…) et de bâtiments réquisitionnés pour loger les victimes de la crise du capitalisme et les migrant-e-s. C’est aussi un centre important du mouvement libertaire, autogestionnaire et anti-autoritaire grec qui grâce à son dynamisme, ses actions et ses initiatives multiples, a réussi à faire d’Exarcheia un quartier différent, fondé sur des dynamiques égalitaires et collectives en rupture avec le capitalisme et l’Etat, mettant en place des solidarités entre travailleurs/ses grecs-ques, précaires et migrant-e-s, qui sont nombreux/ses à Athènes, à l’opposé de la politique de discrimination et d’enfermement que tente de leur imposer l’Etat grec.

C’est tout cela que l’Etat grec ne peut pas supporter et c’est cela qu’il tente aujourd’hui de détruire en expulsant et en fermant les bâtiments réquisitionnés, en arrêtant les militant-e-s grecs-ques et les soutiens internationaux, en emmenant les migrant-e-s raflé-e-s dans des centres d’enfermement.

Cette offensive contre Exarcheia est menée par le nouveau gouvernement de droite, en lien avec sa politique ultra-libérale de relance des privatisations et de suppressions des contrôles fiscaux pour les riches et les patrons. Mais le précédent gouvernement de gauche « anti-libéral » a préparé cette attaque anti-sociale en multipliant les trahisons et les renoncements, en mettant en œuvre les demandes du patronat grec et des marchés financiers internationaux, en lançant une campagne de dénigrements infondée contre Exarcheia, en renforçant une police très violente, dont les liens avec l’extrême-droite sont nombreux et qui est responsable de différents crimes, comme l’assassinat, à Exarcheia justement, en décembre 2008, du jeune Alexis Grigoropoulos (dont le policier responsable vient d’être libéré de prison bien avant la fin de sa peine). C’est donc bien l’Etat grec dans son ensemble qui veut en finir avec une expérience alternative qui montre qu’une autre société est possible.

Face à cela, la section SUD Culture Solidaires de la Bibliothèque nationale de France tient :

-> A dénoncer les attaques de la police grecque contre le quartier d’Exarcheia, contre les lieux militants autogérés et la répression des luttes sociales.

-> A réclamer l’arrêt de toutes les opérations policières contre les bâtiments réquisitionnés et la libération de toutes les personnes arrêtées.

-> A apporter tout son soutien aux organisations, collectifs, mouvements, lieux autogérés, qui participent dans leur diversité à cette lutte et aux expériences alternatives.

-> A rappeler son appui et sa solidarité avec les centres de santé autogérés qui empêchent tant bien que mal une catastrophe sanitaire en Grèce ; avec les lieux de production repris en autogestion par les travailleurs/ses comme l’usine Viome à Thessalonique ; avec les organisations syndicales révolutionnaires et alternatives qui tentent de développer une vraie lutte syndicale.

->  A soutenir et appeller à participer aux actions de protestation qui sont organisées un peu partout contre les opérations policières à Exarcheia.

Notre solidarité avec les luttes sociales en Grèce, avec les lieux autogérés à Exarcheia et ailleurs, avec les collectifs de solidarité avec les migrant-e-s est la même avec les lieux autogérés et de lutte en France, tout comme notre soutien avec les luttes des migrant-e-s et des travailleurs/ses « sans-papiers » ici.

Nous soutenons ainsi les différentes actions qui ont lieu depuis plusieurs mois pour réclamer la régularisation de toutes et tous les « sans-papiers ». Nous soutenons les luttes dans et contre les centres de rétention. Nous soutenons les actions de solidarité sous toutes leurs formes dans les Alpes avec les migrant-e-s victimes de conditions de vie terribles et de la répression policière. Nous soutenons les actions de solidarité et de sauvetage de vie en Méditerranée, véritable cimetière marin où des milliers d’êtres humains se noient à cause de l’Europe forteresse.

Enfin, nous participons à la lutte des travailleurs « sans-papiers » de l’agence Chronopost d’Alfortville, victimes de l’exploitation de la Poste et de ses sous-traitants, pour leur régularisation et leur embauche en CDI par Chronopost (voir ici : https://solidaires.org/2-mois-de-greve-et-de-lutte-les-sans-papiers-de-Chronoposte-Alfortville).

D’Alfortville à Exarcheia, soyons solidaires, unissons-nous face au capitalisme et à son Etat !

Résistons et multiplions les alternatives !