Archives pour la catégorie Section SUD Culture BnF

Pour que nos voeux deviennent réalité !

La tradition veut qu’en début d’année, un peu tout le monde présente ses vœux. Il y a même des directions d’établissements qui organisent cela très sérieusement, afin de répandre les « éléments de langage » et vanter leurs « réussites ».

Puisque c’est une habitude, nous allons nous aussi présenter ce que nous voulons pour l’année 2023 qui commence, mais pas en tenant une langue de bois ou en tentant de transformer en réussite des réorganisations qui ne fonctionnent pas, non, nous allons le faire en partant de la réalité du travail que nous, agent·es de la BnF, vivons tous les jours.

Alors, en 2023, nous exigeons :

  • L’abandon de la réorganisation du service public, qui est un échec complet, le retour aux horaires normaux de communication des documents des magasins, le respect de nos missions de service public et des demandes de nos usagers-ères. Ce qui implique aussi la dissolution des équipes mobiles de travail, source de souffrance et d’isolement et la remise en place de plannings de service public acceptable.
  • La création massive de postes pérennes, en particulier de catégorie C, pour assurer l’ensemble des missions de la BnF et pourvoir tous les besoins, ce qui permettra aussi de garantir de bonnes conditions de travail, que ce soit à la DCO, au Dépôt Légal, au service des Expositions, à la DPU, à Tolbiac, à Richelieu, à Bussy… partout où c’est nécessaire. Cela implique l’organisation rapide d’un recrutement sans concours de magasiniers·ières, comme la BnF sait le faire depuis longtemps.
  • L’arrêt des contrats ultra-précaires (CDD d’un an sur des quotités horaires faibles avec des salaires de misère) pour les « vacataires » et le passage en CDI à 110h de tous ceux et toutes celles qui sont sur des besoins permanents, en respect du protocole de fin de grève de juillet 2016. Respecter enfin ses engagements peut être une bonne résolution de début d’année ! Pour les « vacataires » de manière générale,  il faut un vrai plan de titularisation sans condition.
  • De vrais hausses de salaires, avant tout pour les bas salaires, dont les grilles sont désormais écrasées par la hausse de l’inflation et du SMIC, ce qui nécessite une hausse de la valeur du point d’indice, un repyramidage des grilles de catégorie C et du début de la catégorie B, que ce soit pour les fonctionnaires ou les contractuel-le-s (temps plein et temps incomplet), afin de réduire aussi les inégalités de salaires.
  • L’abandon de la construction du futur site de stockage de collections à Amiens, projet destructeur au niveau social et nuisible au niveau écologique.
  • Une véritable égalité hommes-femmes, à tous les niveaux (salaires, déroulement de carrière, équilibre vie privée/vie professionnelle), un combat déterminé contre les violences sexuelles et sexistes et la mise à bas du patriarcat, dans nos lieux de travail comme dans toute la société.
  • La réintégration des activités externalisées à des sociétés prestataires (nettoyage, cantine, numérisation, sécurité…) et de leurs personnels.
  • La défense et l’amélioration du système solidaire de retraites, avec une retraite à 60 ans, pour 37,5 ans de cotisation, avec un niveau de pension permettant de vivre décemment, avec une sécurité sociale complète et prenant en charge l’ensemble de la protection sociale, avec l’application pleine du droit au logement, du droit à des services publics de qualité, à la gratuité des transports en commun, tout cela financé par la récupération collective des profits que fait le capitalisme sur le dos des travailleurs/ses.
  • Une rupture avec le système capitaliste qui exploite non seulement les êtres humains, mais est aussi en train de détruire la planète et qui provoque une catastrophe écologique qui s’accélère. Il faut des mesures fortes de transformation écologique et sociale (relocalisation des productions, sortie des énergies fossiles, arrêt du nucléaire et des productions nuisibles, interdiction des activités polluantes…), garantissant l’ensemble des droits sociaux des travailleurs/ses concerné-e-s, avec un grand plan d’isolation thermique des bâtiments et de réaménagement urbain, ainsi que le développement d’une agriculture paysanne, locale et biologique.

Et puis, vu que le début d’année est aussi l’occasion de saluer les gens que nous connaissons :

« salut à vous camarades travailleurs sans-papiers de Chronopost et de DPD qui êtes en grève depuis plus d’un an ; salut à vous camarades victimes de la répression antisyndical ; salut à vous chômeurs·euses et précaires qui se mobilisent pour leurs droits ; salut à vous grévistes en Grande-Bretagne qui relèvent la tête ; salut à toi population d’Exarcheia à Athènes ; salut à toi peuple kurde en lutte au Rojava, au Sinjar et à Heftani ; salut à vous peuples d’Iran ; salut à toi communauté zapatiste du Chiapas et à tous ceux et toutes celles qui luttent pour une autre société dans le monde entier. »

Mais nous savons très bien que sans mobilisation collective, sans action directe forte et déterminée, tout cela ne restera que des vœux. Alors, pour faire aboutir tout cela, pour défendre nos droits et en gagner de nouveaux, pour améliorer vraiment les choses, organisons-nous, réunissons-nous, faisons des AG et luttons !    

… 2023 = ANNÉE DE COMBATS !       

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Les agent-e-s de la BnF ont droit au repos, prenons une pause les 24 et 31/12 !

SUD Culture Solidaires / Section de la Bibliothèque nationale de France

Il faut que la BnF ferme complètement au public les 24 et 31/12

La direction de la BnF a décidé de maintenir la BnF ouverte au public les samedis 24 et 31 décembre, mais en réduisant à la fois les horaires d’ouverture et les espaces ouverts au public.

Ainsi, la bibliothèque de recherche sera fermée, ce qui fait que le public ne pourra utiliser que les salles de la bibliothèque grand public à Tolbiac et la salle Ovale à Richelieu. Les expositions seront par contre fermées, ce qui limitera d’autant la fréquentation de la BnF.

De plus, les horaires d’ouverture seront réduits, puisque la BnF ne sera ouverte que de 10h à 15h, donc pour 5 heures, ce qui bouleverse considérablement les plannings de service public. D’ailleurs, les informations à ce sujet et les modifications des horaires pour les agent-e-s qui doivent travailler ces jours-là n’ont pas toujours été bien diffusées, il reste donc des zones de flous, entre autre à la DPU.

En réduisant ainsi les horaires d’ouverture et les espaces ouvert au public, la direction de la BnF reconnaît bien que les samedis 24 et 31 décembre, jours de fête et veilles de jours fériés, ne sont pas des jours comme les autres et qu’il y aura beaucoup moins d’usagers-ères qui viendront à la BnF. Mais elle ne va pas au bout de cette logique, en voulant maintenir une ouverture, même limitée et parfois symbolique, à tout prix, sûrement pour afficher plus de jours d’ouverture dans l’année (comme pour la suppression de la fermeture annuelle qui provoque plusieurs grosses difficultés) et faire grimper un peu le nombre des entrées.

Pourtant, c’est une contrainte pour les agent-e-s qui devront travailler ces deux jours-là, même sur des horaires réduits, car en terminant à 15h, en comptant le temps de transport, cela revient à faire une journée presque complète. Ce qui est pénalisant pour ces collègues, qui ont le droit comme tout le monde de profiter de ces deux week-ends pour se reposer et de préparer les fêtes.

De plus, cette ouverture les 24 et 31 décembre, même dans un format réduit, se rajoute pour le personnel concerné, à une année qui aura été de nouveau difficile et éprouvante, avec au début de l’année 2022, des horaires et des plannings bouleversés régulièrement par les mesures sanitaires, puis à partir du mois de mai par le passage en force de la contre-réforme du service public. Tout ceci a fortement dégradé les conditions de travail, perturbent les équipes, pour mettre en œuvre à tout prix un système qui ne fonctionne pas, malgré les cinq mois de lutte du personnel de la BnF et à plus de 30 jours de grève.

Dans ces conditions, ce qui est nécessaire pour permettre aux agent-e-s de se reposer vraiment et de profiter des fêtes de fin d’année, c’est de fermer complètement la BnF au public les 24 et 31 décembre et de comptabiliser ces deux journées pour les agent-e-s plannifi-é-s.

     

Violences sexistes et sexuelles à la BnF : Mettons fin au déni !

Le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ces violences se produisent aussi sur nos lieux de travail : une femme sur trois y est victime de harcèlement sexuel et 9% des violences y sont commises, par des collègues ou des usagers. Notre section syndicale se mobilise toute l’année contre les violences sexistes et sexuelles et pour les droits des femmes et des minorités de genre !

La BnF face à ses obligations

Selon le code du travail, l’employeur a obligation d’assurer la sécurité de ses employé.es, ainsi que de protéger leur santé physique et mentale. Contre les violences sexistes et sexuelles, il doit donc agir à plusieurs niveaux :

  • en organisant des formations de prévention pour informer et sensibiliser les agent·es,
  • en mettant en œuvre un dispositif efficace de signalement et de traitement des violences,
  • en protégeant et en accompagnant les victimes,
  • en sanctionnant l’agresseur à la hauteur de la gravité des faits.

À la BnF, certaines mesures ont été mises en place, après des années de travail de notre organisation syndicale pour faire reconnaitre la nécessité de prendre des mesures face à des violences longtemps restées impunies.

Ainsi, une formation « Lutte contre les violences sexistes et sexuelles » a été mise en place, et la procédure de signalement via stop-harcelements@bnf.fr a été créée en 2019. Nous avons dû intervenir pour que la formation devienne obligatoire, et pour que la procédure de signalement soit indiquée en page d’accueil de Biblionautes, alors qu’elle était avant compliquée à trouver. Malgré ses avancées, nous constatons les limites de l’action de l’établissement en matière de prévention de ces violences et de leur traitement quand elles ont lieu.

Nous estimons que la BnF, pour satisfaire à ses obligations en matière de santé et de sécurité, doit former les agent·es de façon constante, anticiper les situations de violences possibles, prendre en compte les signalements flous et rumeurs pour faire la lumière sur ces situations, et non pas se contenter de réagir une fois mise au pied du mur, lorsque les violences ont déjà eu lieu. Le « tout le monde savait » banalisant la violence sexiste et l’isolement des victimes doit cesser !

Se former mieux

La formation mise en place pour le moment à la BnF  est pertinente, mais insuffisante. Une demi-journée dans une carrière ne permet pas d’appréhender la réalité des violences sexistes et sexuelles au travail. Notons d’ailleurs que cette formation se décline en deux versions, une pour les agent·es et une pour l’encadrement, et que les deux ne durent que trois heures et ont lieu en distanciel. Cette formation de trois heures est dispensée par un organisme extérieur, les encadrant·es n’y sont donc pas formé·es à la procédure interne de signalement de la BnF, outil pourtant essentiel.

 Ce manque dans la formation interne a conduit encore cette année à des situations absurdes, la hiérarchie de certains départements continuant à essayer de cacher sous le tapis des actes de harcèlement sous couvert de « régler en interne » ces situations, plutôt que de les signaler. Ce genre de comportement est intolérable, car il est en lui-même porteur de violence pour les personnes déjà victimes.

De la même façon, l’obligation de formation est pour le moment théorique, malgré l’importance du sujet : les correspondant·es formation relancent régulièrement les collègues pour les pousser à s’inscrire aux formations obligatoires, mais rien de plus contraignant n’est prévu. Cette situation est inacceptable, et il est absolument nécessaire que la direction de la BnF y remédie rapidement.

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Conseil d’Administration de la BnF : les tutelles rejouent la fuite de Varennes !

Communication de la direction de la BnF aux agent-es la veille du CA


Déclaration SUD Culture Solidaires au Conseil d’Administration de la BnF du 24 novembre 2022

« Il y a près de 6 mois débutait une mobilisation sans précédent à la BnF, mobilisation qui s’est profondément ancrée dans les esprits et dans notre établissement. Toutes les voix incarnées par ce mouvement n’ont eu de cesse,  comme l’indiquent encore les derniers préavis de grève déposés, de dénoncer la gestion de la direction de la BnF et sa politique de marche forcée.

SUD Culture saisit l’occasion de ce Conseil d’Administration fraichement recomposé pour dénoncer une fois de plus les passages en force successifs de la direction sur des questions pourtant essentielles, qui touchent le cœur de nos missions, creusant ainsi toujours plus le fossé entre décisionnaires déconnecté-es du terrain et exécutant-es qui se sentent plus méprisé-es que jamais. Jamais en effet notre établissement n’a traversé une telle crise sociale, et les agent-es affrontés de telles régressions. La tenue de ce Conseil d’Administration sans vraie justification en visio-conférence est dans ce sens un pas supplémentaire dans une gestion technocratique de notre établissement et une marque renouvelée du mépris à l’égard du personnel, dont il faut éviter à tout prix toute manifestation éventuelle.

Régression dans l’offre faite au public, amputée d’une partie des communications directes de documents des magasins qui faisaient la spécificité de la BnF, régression que doivent assumer chaque jour contre leur gré les agent-es, à l’heure même où paradoxalement les tarifs de la bibliothèque augmentent.

Régression au sein des collectifs de travail, où les plannings de Service Public morcelés dispersent les équipes de magasinage confrontées à des tâches vidées de leur sens, tandis que l’organisation des chantiers et travaux internes souffre du sous-effectif que les politiques d’austérité pensent pouvoir creuser toujours plus sans retour de flamme.

Régression en termes de précarité, avec le franchissement d’une ligne rouge, celle d’un protocole de fin de grève piétiné publiquement, où les besoins permanents de l’établissement sont désormais pourvus par des agent-es contractuel-le-s à temps incomplet ultra précaires en CDD d’un an, payé-e-s un salaire de misère et presque sans droits.

Régression dans les conditions de travail avec la dernière création en date d’équipes d’agent-es ultra précaires isolé-es, dit-es équipes mobiles, utilisé-es comme bouches trous flexibles et dont la fonction est, nous citons, comparée à celles de « voitures balais » dans les hautes sphères. Mais cette régression des conditions de travail touche aussi d’autres services, directions et sites de la BnF, comme au service des Expositions qui est en alerte aux Risques Psycho-Sociaux depuis plus d’un an sans que rien ne change ; au Dépôt Légal qui est en sous-effectif face à une charge de travail qui ne diminue pas ou sur les sites de Sablé et de Bussy, laissés à l’abandon et où les départs ne sont pas remplacés, le travail à faire retombant sur les agent-e-s qui restent.  

Régression pour les plus ancien/nes des précaires, en attente de l’organisation d’un recrutement direct de magasiniers/ères et non d’un soi-disant plan de déprécarisation qui est non seulement éparpillé dans le temps mais qui les prive d’un accès au statut dont bénéficient pourtant leurs collègues titulaires effectuant exactement les mêmes tâches et les place à un salaire inférieur, puisqu’il n’y a ni primes ni prise en compte de leur ancienneté globale.

Régression du dialogue social, avec des manœuvres indignes telles que celle d’utiliser les 20 ETP gagnés au CA de juin suite aux nombreuses journées de grève et à l’interpellation des tutelles de la BnF pour créer non pas des postes permanents de catégorie C mais bien pour dépenser ces crédits en emplois précaires et temporaires.

Régression qui mène notre propre public à effectuer un recours au Tribunal Administratif contre la BnF, tant le dialogue avec la direction se résume, malgré une pétition titanesque, à des portes claquées au visage. Du jamais vu.

Découle de l’ensemble de ces régressions le désagréable sentiment, partagé par une importante partie du personnel, de la perte de sens de nos métiers et missions désormais soumis à des règles comptables où la comptabilisation de l’activité prime sur le reste.

Les raisons de ces régressions ? L’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture  les pointe depuis de longs mois, bien avant même le fort mouvement amorcé en mai.

Ce sont :

  • les suppressions de postes subies ces dernières années, en particulier de fonctionnaires magasiniers-ières
  • l’absence d’anticipation des besoins de postes pérennes en catégorie C (cat. C qui furent pourtant en première ligne quand la direction, en télétravail, a décidé de rouvrir au public pendant la crise sanitaire),
  • l’absence d’écoute du personnel croulant sous les nouvelles missions.

A cela s’ajoute la gestion orgueilleuse d’une énième réorganisation du Service Public  dont chacun-e constate pourtant l’échec.

A l’heure où le Musée du Louvre annonce un recrutement pied de corps en catégorie C de dizaines de postes de titulaires, notre organisation syndicale constate que malgré le tableau dressé par la direction de la BnF, les solutions par le haut existent bien à certains endroits du Ministère, ce qui ne peut que motiver le personnel à continuer la mobilisation.

La sortie de crise est possible et elle devra commencer par l’annonce immédiate d’un recrutement direct de magasiniers-ières fonctionnaires amenant rapidement les effectifs dont nous avons tant besoin là où ils sont indispensables, notamment en prévision du déménagement à Amiens et suite à la réouverture de Richelieu, et pour assurer le flux continue de nos missions de conservation et de service public. La sortie de crise commence aussi par le fait de savoir reconnaitre ses erreurs en annulant une réorganisation du service public qui ne fonctionne pas. La sortie de crise commence enfin par annuler le recrutement de contrats ultra précaires pour revenir à la norme gagnée par le personnel avec l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture : un besoin permanent = un CDI.

La section SUD Culture de la BnF  n’est pas « maximaliste » mais simplement réaliste face à la souffrance de nos collègues et nous continuons ce jour de porter haut et fort ces revendications. Nous ne nous laisserons endormir ni par le temps qui passe, ni par les « mesurettes », les ajustements ou autre cache misère. Nous refusons aussi les instances tronquées, les cadres de discussion réduits à du virtuel et le refus de parler aux personnels. Nous ne siégerons donc pas dans ce CA qui n’est qu’une caricature d’une instance déjà peu démocratique ! »

BnF : UN SERVICE DES EXPOSITIONS EN SOUFFRANCE !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Malgré une première alerte de Risques Psycho-Sociaux en 2014, lancée entre autres par notre organisation syndicale et une seconde alerte RPS déclenchée par les agent-es en octobre 2021, les conditions de travail au sein du service des Expositions ne s’améliorent pas, elles empirent.

Le rapport définitif de l’étude RPS, comprenant des pistes de solution, a été remis à la Direction de la DCM en Juillet 2022. Depuis, les agent-e-s du service des Expositions demandent de recevoir des réponses claires sous la forme d’un plan d’actions assorti d’un calendrier de mise en oeuvre pour remédier de toute urgence à la situation.

Il s’avère qu’aucune proposition adaptée à l’urgence n’a été proposée à ce jour.

Depuis 18 mois, le service recense 3 burn-out, 8 arrêts maladies et 7 départs dont des membres historiques du service.

Depuis 18 mois, le service a pourtant ouvert 21 expositions intérieures sur quatre sites différents (sans compter le musée et les expositions extérieures dont les missions impactent également ses activités), avec une charge de travail énorme et un dépassement très important des heures de travail normales.

Depuis 18 mois, il n’y a eu que 1 poste de chargé de logistique de créé, 1 renfort temporaire engagé à la régie des oeuvres qui a déjà quitté ses fonctions pour un CDI dans une autre institution et deux renforts d’assistant.e.s de 6 mois dont un départ imminent pour un contrat de plus longue durée dans une autre institution.

Ces renforts ne sont pas du tout proportionnés à la charge de travail et surtout à l’hémorragie des effectifs qui se poursuit…. le service est continuellement en sous-effectif.

Il est mathématiquement impossible d’ouvrir 4 expositions majeures sur 3 sites différents en 3 semaines d’intervalle avec seulement 3 régisseurs d’oeuvres (comprenant le renfort) et 1 régisseuse générale et son adjoint (d’autant que ce poste est toujours vacant depuis Juin dernier).
Il n’est donc pas envisageable, au vu des moyens, des effectifs actuels et des ambitions de chaque projet, de poursuivre ainsi.

Les agent-es du service des Expositions souhaitent ainsi dans les plus brefs délais :

– finaliser le recrutement d’un adjoint à la régie générale avec un salaire conforme aux missions dont il aurait la charge ;
– relancer le recrutement d’un coordinateur administratif (infructueux à deux reprises, suite à un déclassement de la catégorie A à la catégorie B) ;
– transformer un poste d’agent de la régie technique à 110h en un poste de référent technique à temps plein
– revoir la programmation des expositions de 2023 et des années à venir pour espacer les ouvertures et fermetures des expositions d’une même saison d’au moins deux semaines entre elles ;
– recentrer les missions des chef.fes de projet sur leur coeur de métier aujourd’hui noyé par une charge administrative exponentielle.

En l’absence de mesures d’urgence dans les prochaines semaines, les membres du service des expositions envisagent d’utiliser les différentes formes d’actions possibles, y compris leur droit de retrait face à une charge qu’ils ne sont plus en capacité de supporter plus longtemps sans risques physiques et psychologiques.

Notre organisation syndicale soutient pleinement les revendications des agent-e-s du service des Expositions, dont la situation n’est pas tolérable et ne peut pas durer. Comme dans les autres services de la BnF, ces agent-e-s ont le droit d’avoir de bonnes conditions de travail, une vraie reconnaissance de leurs métiers, des effectifs pérennes suffisants pour mener à bien leurs missions, de sortir de la précarité.

Il faut maintenant des mesures fortes pour cela !

À LA BNF, ÇA CRAQUE DE PARTOUT !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE BnF
JEUDI 13 OCTOBRE
12H30 HALL OUEST

Des services en sous-effectifs           

Alors que la direction de la BnF a mis en place sa réforme amendée des communications, nous ne pouvons que constater qu’elle entraîne désorganisation et mal-être au travail, sans même cacher la misère du sous-effectif. Dans de nombreux départements, une seule absence suffit à bousculer tout le service public ! L’organisation illisible des communications se ressent aussi du côté des lecteurs et lectrices, pour qui la fréquentation des salles de lecture devient un vrai casse-tête. Cette situation est extrêmement pesante, et cela alors même que les chantiers de préparation pour le futur site d’Amiens n’ont pas commencé, chantier dont chacun·e réalise bien qu’ils ne pourront pas être intégrés dans des plannings qui craquent déjà de partout. Mais le sous-effectif est plus général, il touche aussi la DSR (au DL entre autre), la DPU, la DDC, Bussy et Sablé…    

Une précarité insupportable

            Alors que les 20 postes supplémentaires en catégorie C à la DCO gagnés par la lutte auraient dû servir à embaucher du personnel titulaire, la direction de la BnF s’en sert en fait pour recruter uniquement du personnel précaire, dans des conditions inadmissibles : obligation de présence en semaine tous les matins, impossibilité de poser des demi-journées d’indisponibilité pourtant prévues au règlement intérieur, postage le samedi de 11h à 14h, donc impossibilité d’utiliser la cantine de l’établissement. Tout ça pour un salaire misérable de moins de la moitié du SMIC, 450 à 600 euros par mois, puisque nos nouveaux et nouvelles collègues sont embauché·es sur des contrats de 50 à 80 heures par mois avec un CDD d’un an. Dans ces conditions, il est bien difficile de recruter des étudiant·es, car oui, les cours ont aussi parfois lieu le matin, n’en déplaise à la direction !

Une rentrée difficile sur le site de Richelieu

            Malgré la durée des travaux, le site de Richelieu est encore plein de surprise, entre malfaçons, fuites, portes inadaptées et plafonds croulants. Des conditions de travail certainement pas à la hauteur de la facture, et tout cela dans la même joie du sous-effectif qu’à Tolbiac, puisque les services doivent désormais assurer une heure supplémentaire par jour d’ouverture au public. En sus, la Musique et les Manuscrits ont maintenant le plaisir de devoir se tasser dans une salle et une arrière-banque de salle trop petite. Les lecteurs et lectrices ne sont pas non plus en reste, puisque la salle Ovale, ouverte à toutes et tous et ne fonctionnant que grâce à des précaires, laisse chercheurs et chercheuses sur le carreau dans l’attente d’une place, quand il ne faut pas traverser tout le site pour se procurer une mallette transparente.

Un hiver glacial pour toutes et tous ?

            Alors que le moral n’est pas au beau fixe dans les différents départements, la direction de la BnF en rajoute une louche, promettant un hiver sombre. Les acquéreurs et acquéreuses des différents départements ont entendu dire que leur budget diminuait pour régler la facture de chauffage, une annonce démontrant si besoin était la technocratie de notre direction : la politique documentaire n’étant finalement qu’un vœu pieu dans la balance gestionnaire. La direction annonce finalement en CHSCT diminuer le chauffage sur tous les sites, pour faire sa part dans la consigne de sobriété énergétique gouvernementale. Ce n’est pas faute de savoir depuis longtemps que la majorité des sites de la BnF sont des passoires énergétiques, sans pour autant qu’une réelle politique de rénovation et d’isolation soit mise en place. Ce n’est pas sans savoir non plus que de nombreux bureaux, notamment dans les tours de François Mitterrand sont équipés de chauffages électriques d’appoint pour palier une température trop basse.

RÉCHAUFFONS LE CLIMAT SOCIAL !
Le 13 octobre à 12h30, Retrouvons-nous en Assemblée Générale !
TOLBIAC, HALL OUEST !

Une heure mensuelle d’information syndicale a été déposée auprès de la DRH, qui vous permet d’assister à l’assemblée générale sur votre temps de travail en prévenant votre hiérarchie.

BnF en grève, personnels mobilisés

Rassemblement BNF et manifestation interprofessionnelle ce jeudi 29 septembre

Depuis 2009, à cause des politiques d’austérité des différents gouvernements, la BnF a perdu plus de 400 agent-e-s, soit plus de 15 % de ses effectifs. La direction de l’établissement prétend que cette hémorragie s’est arrêtée ces dernières années. Elle oublie de dire que c’est grâce à la grève du personnel en 2016 qu’il y a eu un arrêt des pertes théoriques de postes à partir de 2017, ce qui n’a pas empêché le ministère de la Culture de couper encore 10 postes en équivalent temps plein en 2018. Pourtant, entre 2017 et 2021, la BnF a continué à perdre 100 agent-e-s, soit 54 équivalent temps plein. Pourquoi ? Parce que dans le cadre d’une masse salariale contrainte, la direction a fait le choix de privilégier le recrutement de contractuel-le-s à temps plein en catégorie A sur des postes de chargé-e-s de mission plutôt que de pourvoir les postes essentiels sur le cœur de métier de la BnF, en particulier en catégorie C.
Ainsi, la BnF a perdu 200 postes de fonctionnaires en catégorie C depuis 2009, soit la moitié de la perte des postes, alors que les catégories C ne formaient alors que un tiers des effectifs. Si on rajoute les suppressions de postes d’agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet, dont le nombre a diminué de 50% dans le même temps, on voit bien à quel point la catégorie C a porté la très grande majorité des suppressions de postes. La direction de la BnF a sciemment sacrifié cette catégorie. Ainsi, malgré la stabilité supposée des effectifs, la direction a supprimé 40 agent-e-s de catégorie C entre 2020 et 2021, en pleine crise sanitaire.
Cela a touché en particulier le corps des magasiniers-ières, avec la suppression de 170 postes en une dizaine d’années, soit 30 % des effectifs à la BnF, ce qui est énorme.

Les conséquences de ces suppressions continues sont que désormais, il n’y a pas assez de personnel de magasinage pour assurer le fonctionnement normal du service public et de la communication des documents. Face à cette situation de crise qu’elle a elle-même créé, la direction n’a pas décidé de recréer les postes perdus, elle a décidé d’imposer une diminution des services au public, faisant ainsi payé cette dégradation de la situation à la fois aux usagers-ères et au personnel.

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À la BnF comme ailleurs, réclamons de meilleurs salaires // Grève jeudi 29 Septembre !

Le 29 septembre, une grève pour de meilleurs salaires, pensions et droits est appelée par l’intersyndicale CGT-FSU-UNSA-Solidaires. Une bonne occasion de faire le point sur les rémunérations à la BnF, entre augmentation du SMIC, augmentation de l’inflation, très léger dégel du point d’indice et reclassement des contractuel·les.

Certain·es seront peut-être surpris·es d’apprendre que, oui, une part importante de collègues de catégorie C mais aussi de catégorie B ont été concerné·es par les augmentations successives du SMIC en 2021-2022. En effet, les échelons les plus bas de ces grilles se sont retrouvés plusieurs fois en dessous du SMIC suite à sa revalorisation au mois d’octobre 2021, puis le 1er janvier et le 1er mai 2022. Pour compenser cela, la rémunération plancher dans la fonction publique a été remonté à l’indice 352 le 1er mai. Résultat, pour le moment, les agent·es aux échelons 1 à 7 chez les catégories C1 sont tou·tes payé·es à cet indice plancher, l’avancement se retrouve donc gommé, et sans décret de mise à jour de la grille, un·e collègue à l’échelon 3 mettrait 6 ans avant de voir son salaire augmenté. De plus, cela entraîne un « tassement des rémunérations indiciaires » qui est visible pour les trois grades de catégories C ainsi que pour le premier grade en catégorie B. Pour les agent·es de cette catégorie, un décret rééchelonnant leurs indices a été publié en septembre 2022 mais sans effet rétroactif ! Le gouvernement fait donc des économies sur notre dos, en minimisant le plus possible les augmentations, pourtant plus que nécessaires, de nos salaires. Pire, cela maintien de nombreux/ses collègues parmi les plus bas salaires (19% des agent·es de catégorie C et 82% des « vacataires » de la BnF sont à l’indice plancher 352).

Le point d’indice, mis KO par l’inflation ?
Dans cette situation, on pourrait donc presque se réjouir de l’augmentation de 3,5 % de la valeur du point d’indice, qui a pris effet en juillet 2022. Si cette mesure a au moins permis de très légèrement décoller les salaires les plus bas du SMIC (1678,95 euros brut mensuel, contre 1707,21 pour les salaires à l’indice 352), elle laisse toutefois un goût amer après comparaison avec l’inflation : 10% depuis 2017 ! La perte est encore plus forte à cause du gel du point d’indice pendant 10 ans, puisque cela représente une baisse de « pouvoir d’achat » de près de 25%.

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