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Expo Tolkien : grève à la BnF ce jeudi 31 octobre !

Communiqué de presse

INTERSYNDICALE BNF CGT-FSU-SUD

Le 22 oct. 2019 s’est ouverte à la Bibliothèque nationale de France l’exposition « Tolkien : voyage en terre du Milieu ». Depuis l’ouverture, les personnels du service de l’Accueil de la BnF sont confrontés à un afflux exceptionnel de visiteurs, plus de mille par jour, dans un climat très difficile et des conditions de travail dégradées de longue date…

Les personnels du service l’Accueil se sont mis en grève pour dénoncer :
– Des conditions de travail déplorables et un sous-effectif chronique
– Une nouvelle organisation du travail qui détériore l’accueil des lecteurs et en particulier celui des chercheurs
– L’extension des horaires de l’exposition Tolkien pendant 4 mois jusqu’à 21h les jeudis soirs alors que l’exposition est déjà accessible 6 jours sur 7 jusqu’à 19h

Pour en savoir plus sur l’accueil au rabais décidé par la BnF, le passage en force concernant les horaires en soirée et les conditions de travail dégradées par un réaménagement tant coûteux qu’inefficace :
1. Non à la détérioration de l’accueil des usagers et des lecteurs
La direction de la BnF a souhaité refonder l’accueil des lecteurs de la BnF en concentrant sur une seule équipe leurs inscriptions. Résultat, une charge de travail en très nette augmentation (+40%) dans un hall Est particulièrement bruyant et mal aménagé. Ces collègues (accueil, caisses et vestiaires) en sous-effectif chronique n’en peuvent plus de la situation dégradée à laquelle ils sont confrontés. Côté usagers, les lecteurs de la Bibliothèque de recherche, jusque là inscrits, conseillés et orientés par des personnels de bibliothèque, ne sont plus accompagnés par des professionnels. Clairement le service rendu aux lecteurs et les conditions de travail se sont détériorés et cela les agents ne l’acceptent plus.

2. Non aux extensions d’horaires en soirée
Malgré le Règlement intérieur qui cadre les horaires de travail de l’établissement (8h-20h15) et l’avis négatif de la majorité des représentants du personnel siégeant au CHSCT, la direction a décidé pendant 4 mois d’étendre jusqu’à 21h les horaires de l’exposition Tolkien le jeudi soir. En ne respectant pas le cadre réglementaire et en passant outre l’avis du CHSCT, la direction a fait le choix, une fois encore, du passage en force. S’abritant derrière un appel au volontariat et un renfort ponctuel assuré par des agents précaires, l’administration pense que les personnels sont dupes face à ses tentatives répétées de faire travailler toujours plus les agents (projet d’une nocturne sur le site François Mitterrand en 2016 abandonné suite à la mobilisation des personnels, projet d’horaires étendus sur le site de Richelieu, augmentation du nombre de samedis postés, etc.). Alors que la BnF bénéficie d’une amplitude d’ouverture déjà très conséquente (9h-20h quasiment 6 jours sur 7 toute l’année), un élargissement serait synonyme de dégradations des conditions de travail, de santé et de vie des agents.

3. Non à des conditions de travail dégradées par un réaménagement tant coûteux qu’inefficace
Le hall d’entrée de la Bibliothèque François Mitterrand suite à d’importants travaux, et malgré les alertes répétées des organisations syndicales, est devenu un hall de gare extrêmement bruyant et mal agencé où les conditions de travail sont souvent difficiles. Ce chantier piloté par l’actuel directeur général M. Denis Bruckmann s’est déroulé en 2013 dans un contexte budgétaire extrêmement tendu qui voyait les crédits de la bibliothèque amputés de plusieurs millions d’euros. Malgré ce contexte, la direction de l’époque avait maintenu 4,9 millions d’euros de travaux pour réaménager le hall Est et le Haut de Jardin (soit l’entrée principale et la bibliothèque tout public inaugurées en 1996).
Rappelons qu’en 2009 le budget prévisionnel du projet ne s’élevait qu’à 3 M€, mais qu’en 2011 avec l’arrivée d’un MK2 (des salles de cinéma installées dans la BnF côté hall Est) les coûts explosent ! Quasiment 5M€ de dépenses pour un projet contesté et inabouti, soit une augmentation de près de 2 M€ en période de restrictions budgétaires, cette affaire et ce gaspillage d’argent public avaient fait scandale chez les personnels. L’enlèvement du travelator (le tapis roulant qui permettait d’atteindre le hall Est) a coûté à lui seul près d’un demi-million d’euros TTC, soit l’équivalent, au même moment, des coupes dans les budgets dévoués à la conservation des collections patrimoniales.

Ni élite, ni exclusion ! La politique scientifique de la BnF nous concerne tous et toutes :

cultiver le champ social

Au cours du mois d’octobre 2019 a lieu à la BnF l’élection au Conseil Scientifique. Celui-ci est un organisme consultatif qui peut être interrogé sur les questions relatives à la politique scientifique de la BnF et à ses activités de recherche.

On remarque déjà que le CS n’a qu’un rôle limité, puisqu’il ne peut que donner son avis sans que celui-ci ait un effet quelconque et qu’il n’est même pas systématiquement saisi des questions relevant de ses compétences.

Mais ce qui est vraiment très critiquable, c’est le mode d’élection des représentant·e·s du « personnel » de la BnF pour ce CS.

En effet, les agent·e·s de la BnF, par rapport au CS, sont réparti·e·s en 3 catégories :

► Les conservateur·trice·s, titulaires, sûrement « l’élite » aux yeux de la direction de la BnF, qui votent à part, dans le premier collège électoral et qui désignent 2 représentant·e·s.

► Les autres agent·e·s de catégorie A et B, fonctionnaires ou contractuel·le·s sur emplois, à condition qu’ils/elles travaillent dans des directions dites scientifiques (la DCO, la DSR, la DDC, la DPU et la DRI) et exercent des fonctions dites à caractères scientifiques et techniques, votent dans un deuxième collège électoral et désignent eux/elles aussi 2 représentant·e·s.

Tou·te·s les autres agent·e·s de la BnF sont exclu·e·s des élections au CS et n’existent pas dans ce cadre, parce que selon la direction de la BnF, ils/elles ne sont pas sur les bons postes, ils/elles ne travaillent pas dans les bonnes directions, sont de catégories C ou bien tout simplement ils/elles sont « vacataires », caractéristiques suffisamment graves pour être réduit·e·s au silence, alors même que certain·e·s sont sur des fonctions scientifiques ou techniques et que nous avons tou·te·s l’expertise propre à notre poste et catégorie.

 Ce système électoral est profondément injuste et inégalitaire.

 Il exclut plus de 54% des agent·e·s de la BnF, qui se retrouvent privé·e·s de tout droit d’expression. Par ailleurs, son fonctionnement hiérarchique et élitiste donne autant de poids au premier collège électoral qu’au second, alors que le premier collège ne représente que 27% des votant·e·s du second collège (et seulement 12% du personnel de la BnF). L’existence même de collèges électoraux est discutable, mais si en plus elle permet de surévaluer l’importance de certains groupes d’agent·e·s, cela fausse toute notion de « démocratie sociale » ou de « représentation du personnel ».

Pourtant, sans le travail quotidien, efficace et en commun de tou·te·s les agent·e·s de la BnF, quelles que soient leurs catégories, leurs statuts professionnels et leurs directions, tous les projets scientifiques, de recherche et le service public ne pourraient aboutir. Rien ne peut se faire sans le travail des magasiniers·ères, des « vacataires » et des agent·e·s de la DAP. Rien ne peut se faire non plus sans la coopération des conservateur·trice·s et des autres personnels de catégories A et B.

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De même, tout le personnel de la BnF est concerné par les choix de politiques scientifiques et de recherche de l’établissement. Tout le personnel a un avis sur ces orientations et doit pouvoir l’exprimer, parce que cela le touche d’une manière ou d’une autre et parce que son travail y contribue, d’une façon ou d’une autre.

Mais la direction de la BnF, elle, continue de choisir un système d’exclusion et de division, malgré les demandes de modifications des modalités de l’élection au CS que nous portons depuis plusieurs années. Par conséquent, il est pour nous, section SUD Culture de la BnF, toujours impossible de prendre part à un tel scrutin. Nous notons d’ailleurs que cette année nous ne sommes plus la seule organisation syndicale à porter cette position et qu’il n’y a qu’un seul syndicat qui se présente à cette élection, montrant bien à quel point celle-ci est factice.


Il y a bien des choses à dire par rapport à la politique scientifique de la BnF, que ce soit la baisse des budgets d’acquisitions et de conservation, les problèmes du catalogue, le remplacement de périodiques papiers par des versions électroniques sans aucune garantie pour l’accès aux archives, la Gestion Dynamique des Collections, les expositions, la privatisation inacceptable du patrimoine public à travers la filiale BnF-Partenariats et les contrats qu’elle signe…

C’est ce que fait régulièrement notre organisation syndicale, dans ses interventions et dans ses actions. Mais l’élection au Conseil Scientifique ne permet pas à l’ensemble du personnel de s’exprimer sur tous ces sujets.


Nous appelons donc les agent·e·s de la BnF qui peuvent voter à ce scrutin à s’abstenir, afin de montrer leur rejet de ce système électoral et d’obtenir un nouveau mode de scrutin qui permette une expression égale de tou·te·s les agent·e·s de la BnF.

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Service Public à Tolbiac : une réorganisation ni faite, ni à faire

Gandalf gardien du SP section BnF$


Communiqué SUD Culture BnF

Les agent·e·s titulaires de la DCO effectuant leur service public à Tolbiac ont eu la mauvaise surprise, lors de la réouverture du site après la fermeture annuelle, de devoir signaler en urgence leur volonté ou non d’effectuer des samedis supplémentaires sur l’année 2020. Ce branle-bas de combat, pour lequel un délai supplémentaire a finalement été accordé tant la situation était précipitée, répondait à un contexte particulier : la mise en œuvre illico presto de la réorganisation du service public (sur Tolbiac dans un premier temps), que la direction a décidé de faire passer en force cet été malgré les oppositions syndicales, et dont les balbutiements sont dénués d’anticipation et déconnectés de la réalité des services.

Une conception particulière du « volontariat »

Cette méthode douteuse, qui oblige chacun·e à se positionner plutôt que de ne recenser que les volontaires, est un coup porté à la notion même de « volontariat », déjà bancale car sans fondement juridique général et global dans la Fonction Publique et dans le droit du travail en général. L’appel signé par plus de 660 agent·e·s en avril 2019 n’aura manifestement pas suffit à faire connaitre le sentiment de refus d’une importante partie du personnel quant à cette réorganisation…

► Pour notre organisation syndicale, cette manière de procéder n’est pas acceptable, car elle revient de fait à mettre la pression sur l’ensemble des agent·e·s et à obliger ceux et celles qui veulent en rester à l’application du règlement intérieur à se signaler, alors qu’ils et elles n’ont pas à le faire. Nous craignons que ce procédé ait aussi eu pour but de solliciter des candidatures supplémentaires à tout prix, dont nous ne pouvons qu’espérer qu’aucune n’aura été forcée, et de faire connaitre cette nouvelle offre « à la carte » aux agent·e·s de manière promotionnelle. Nous demandons que cesse l’obligation de remplir ce type de formulaire pour les agent·e·s qui ne veulent pas, à juste titre, travailler plus de 10 samedis par an et qu’il n’y ait que les « volontaires » qui se signalent.

Volontariat pour les un·e·s, obligation pour les autres

Pour les agent·e·s hors DCO (ainsi que ceux et celles des services transverses de la DCO qui faisaient pourtant déjà du service public), désormais obligé·e·s de participer au Service Public, avec 5 samedis obligatoires par an, le volontariat aura donc finalement été abandonné, malgré certaines modalités de dispense peu claires et laissées à la discrétion des services de façon tout à fait arbitraire.

► Pour une partie de ces agent·e·s (notamment à la DSR) qui avaient décidé d’intégrer des équipes sans service public parfois après de longues années au contact du public, le constat reste que la direction de la BnF ne connait pas la spécificité de leurs missions et ne respecte pas leurs choix professionnels. En effet, déplacer ces personnels en service public crée logiquement une carence dans le temps de travail consacré à leurs tâches spécifiques quotidiennes (conservation, travail sur les entrées de collections,…). De quoi créer un malaise, voire de susciter la contestation. Notre organisation syndicale avait pourtant porté cette question simple à plusieurs reprises : qui fera la part de travail interne indispensable, délaissée pour le service public, sans personnel supplémentaire ? Rattrapée par la réalité, la direction de la BnF aurait pour le moment ralenti la mise en œuvre de cette obligation de service public pour une partie des agent·e·s hors DCO, sans toutefois s’exprimer clairement sur ce point.

Mais selon nous, il s’agit encore là d’une question qui a été complétement ignorée, et qui reste loin d’être réglée, tout comme la question de la formation de ces personnels à de nouvelles tâches ainsi que celle de leur affectation dans tel ou tel département pour le service public.

 Des inégalités qui se creusent plutôt que de se résorber

Autre inégalité flagrante : les différentes modalités d’accès ─ DCO par rapport à hors DCO ─ aux maigres primes destinées à inciter les agent·e·s « volontaires » à travailler plus de samedis (il faut que les agent·e·s DCO fassent 15 samedis par an pour avoir la prime minime de 375 euros, alors que les agent-e-s hors DCO et assimilé·e·s ne doivent faire que 10 samedis par an pour la toucher), ne font finalement que creuser les inégalités entre personnels, même quand ces derniers et dernières sont issu·e·s du même corps de métier et de la même filière. À statut égal, traitement inégal. C’est pourtant ce même argument qui a été avancé durant plusieurs mois par la direction de la BnF : l’ensemble des agent·e·s de la filière bibliothèque devant selon elle participer à cette charge de service public. Mais si les plannings de service public, surtout les samedis, sont difficiles à faire, ce n’est pas parce que chacun-e n’y contribuerait pas assez, c’est parce que les gouvernements successifs ont imposé la suppression de plus de 300 postes depuis une dizaine d’année.

En prétendant procéder à une répartition équivalente de la charge de travail parmi les personnels, niant donc au passage l’architecture des différentes directions quant à la spécificité de leurs missions, la direction de la BnF aura au final réussi à attiser une division absurde chez les personnels en générant un sentiment d’injustice.

Un plafond de 10 samedis annuels transformé en plancher et transversalité à tout va :
On marche sur la tête !

                Le plafond ou maxima de 10 samedis travaillés par an pour les agent·e·s de la DCO, resté à ce jour inchangé dans le règlement intérieur, semble désormais avoir été transformé en plancher ou minima par la direction. En effet, de nouvelles règles, interdisant par exemple le don de samedi dont l’usage répandu permettait jusqu’ici de faciliter la vie des agent·e·s, ont aussi récemment vu le jour, sans que cette question n’ait jamais été l’objet de discussions avec les organisations syndicales.

A vouloir normaliser les exceptions et annihiler les usages courants, la direction aura donc réussi à désordonner des pratiques jusque-là encadrées par le seul bon sens des collectifs de travail !

                 De même, les agent·e·s ont été informé·e·s de la possibilité d’effectuer leur service public de manière transversale, avec des postages potentiels dans d’autres départements selon les besoins. Encore une décision niant totalement les spécificités propres à chaque département, avec des organisations du travail différentes (en ABS, banques de salles, en magasins). Une connaissance approfondie des collections acquise par les personnels affectés dans tel ou tel service, est pourtant une expertise indispensable tant pour la communication des collections que pour leur conservation. La direction montre encore une fois que pour elle, les agent·e·s ne sont que des pions interchangeables.

Les réorganisations inutiles, ça suffit !

images4En plus de cette mise en place difficile, la direction de la BnF s’est bien gardée de communiquer à nouveau pour expliquer son projet aux agent·e·s. Le flou règne actuellement sur les modalités exactes applicables aux « volontaires » pour toucher leurs primes et organiser leurs plannings (avec la contrainte en plus de devoir faire deux samedis en plus avant le 31/05), ce qui accroît aussi la charge de travail des responsables des plannings.

Nous avons lutté contre ce projet tout comme les 660 signataires de l’appel à l’initiative d’un collectif d’agent·e·s mobilisé·e·s, et nous continuerons de le faire. A la charge de la direction de la BnF de rattraper le désordre qu’elle a semé avec sa réorganisation à tiroirs, source d’inégalités, d’augmentation des risques d’épuisement physique, sous couvert de « volontariat ».

Les solutions aux problèmes de plannings de service public restent simples :

>>> Recrutement suffisant de titulaires, en particulier de magasinier·ère·s partout où c’est nécessaire.

>>> Passage et l’embauche directe en CDI des « vacataires » qui travaillent sur des besoins permanents, comme le prévoit le protocole de fin de grève signé par la direction en 2016.

>>> Arrêt des suppressions de poste, augmentation des budgets et organisation de recrutements directs avec volets internes permettant de titulariser les plus précaires.

>>> Action contre l’isolement, qui passe par l’amélioration des conditions de travail, pour lutter contre toute source de risque psycho-social ou de risque organisationnel.

La mobilisation réussie pour le passage en CDI des « vacataires » sur besoins permanents, pour l’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasinier·ère·s désormais gagné, et les luttes réussies les années passées contre les suppressions de postes montrent bien que seule la lutte paie et permet d’intégrer des personnels supplémentaires là où on en a besoin !

Pour faire tenir les plannings, il faut plus d’agent·e·s, pas plus de samedis travaillés !
Préservons notre santé et notre vie sociale : augmentation des bas salaires !

 

Nouveau suicide dans le jardin du site François Mitterrand de la BnF : L’inaction de la direction doit cesser au plus vite.

Lundi 30 septembre 2019, une nouvelle personne s’est suicidée en se jetant dans le jardin du site François Mitterrand, vers 15h30. C’est le troisième évènement de ce type depuis le début de l’année, si l’on comptabilise une chute accidentelle survenue en juin. En avril 2019, suite à une tentative de suicide, la section SUD Culture de la BnF avait déjà dénoncé l’attitude fataliste de la direction et avait exigé des mesures concrètes et immédiates afin que ce type d’évènement ne se reproduise plus. Nous en sommes aujourd’hui à une triste moyenne d’une chute ou d’un saut par an depuis septembre 2015, date à laquelle la direction avait manifesté sa volonté de lancer une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Nous sommes en octobre 2019 et toujours rien !

La question des études, de leurs coûts comme de celui des infrastructures à mettre en place (barrière en plexiglass pour exemple) et des contraintes architecturales du bâtiment abordées en CHSCT de juillet 2019, a mené la direction de la BnF dans une impasse, repoussant la question à plus tard, arguant comme souvent des contraintes budgétaires insurmontables… Pourtant depuis septembre 2015, le sujet a été inscrit à l’ordre du jour du CHSCT au moins 4 fois : le 09/10/2015, le 25/03/2016, le 11/10/2016 et le 28/04/2017.

Car en effet, la direction de la BnF est bien responsable de la sécurité  et de la santé des personnes qu’elle accueille, tout comme de la santé de celles et ceux qui y travaillent. Or, ce genre d’évènement est traumatisant pour les collègues qui ont pu y assister, de manière directe ou indirecte, comme ce fut le cas ce lundi 30 septembre. Il en va de même pour une partie du public, invitée sans explication lundi 30 septembre à évacuer les salles de lecture du rez-de-jardin de la bibliothèque.

À ce titre, notre organisation syndicale tient à dénoncer la gestion désordonnée et inappropriée de cet évènement : reproches aux agent·e·s sous le choc tentant d’informer avec leurs moyens le public de ce qui se passe, propos déplacés de certain·e·s encadrant·e·s, obligation première pour la DCO de réouverture des salles K, L, M alors que des agent.e.s étaient encore sous le choc…  Une telle gestion inhumaine est inadmissible : l’ouverture des salles ne doit pas se faire au prix de la santé des agent.es ! Un meilleur accompagnement des personnels affecté·e·s aurait dû être mis en place, au-delà d’une gestion purement logistique !

D’autre part, notre organisation syndicale considère que les cellules d’aide psychologique, telles que celle mise en place le 1er octobre par le service médical de manière tout à fait légitime pour accueillir les personnels choqués, ne peuvent suppléer à une prévention digne de ce nom.

Combien faudra-t-il encore de drames tels que ceux survenus de manière régulière ces derniers mois, pour qu’une décision soit prise afin d’empêcher toute chute ou saut depuis cette esplanade ?

Notre organisation syndicale a été informée du fait qu’un point particulier relatif à cet évènement sera à l’ordre du jour du CHSCT du 17 octobre. Le constat effarant du nombre d’agent·e·s choqué·e·s par ce nouvel évènement dramatique (tous départements confondus) doit absolument déboucher sur des préconisations suivies d’effets rapides, la santé des agent·e·s de la BnF et de celle du public lui aussi touché devant être considérée comme une priorité. Nous souhaitons qu’une procédure claire concernant l’évacuation du public, des agent·e·s, et leur information soit mise en place au plus vite, et qu’en même temps soient mis en œuvre les travaux nécessaires pour la mise en place d’un dispositif anti-chutes efficace sur l’esplanade.

 

LA LUTTE PAIE : APPEL INTÉGRAL DE LA LISTE COMPLÉMENTAIRE DU RECRUTEMENT DE MAGASINIER.E.S !

La direction de la BnF a annoncé lors d’une réunion où était conviée l’intersyndicale CGT FSU SUD Culture lundi 30 septembre que l’ensemble de la liste complémentaire du recrutement de magasinier.e.s serait bien appelée d’ici la mi-novembre. Grâce à cela, les 9 personnes qui étaient encore en attente sur cette liste seront titularisées, dont 5 collègues « vacataires ». C’est une victoire pour les personnels mobilisés, dont c’était l’une des revendications centrales depuis un an et demi ! Alors même qu’on leur répétait de toutes parts que cet appel intégral ne serait pas possible et que les contraintes budgétaires seraient trop fortes, les agent-es en lutte ont démontré qu’il n’existe pas de telle fatalité. Encore une fois, ce sont le rapport de force et la détermination des agent.e.s qui ont payé!

La réunion de ce lundi, arrachée dans le cadre du protocole de fin de grève signé en mai dernier entre la direction et notre organisation syndicale, faisait suite aux multiples préavis de grève intersyndicaux déposés pendant un an et à plus de 30 jours de grève. Elle avait justement pour but de faire le point sur l’état d’avancement de cette liste complémentaire, avant son échéance mi-novembre.

Notre organisation syndicale se satisfait bien entendu de cette décision, qui n’est que le fruit des luttes collectives qui ont été menées pendant plus d’un an. En ce qui concerne les dates d’appel, la direction de la BnF n’a pas encore de visibilité précise, et procédera à un appel global des 9 personnes pour une prise de poste avant la fin de validité de la liste.

Continuons la lutte contre la casse de la fonction publique, les suppressions de postes, le sous effectif et la précarité !

Solidarité face à la répression policière en Grèce contre le quartier alternatif d’Exarcheia :

SUD Culture Solidaires

Section de la Bibliothèque nationale de France

Le 12 septembre 2019

Le 26 août dernier, l’Etat grec a lancé une attaque très violente contre le quartier d’Exarcheia à Athènes.

autogestion.jpgCe quartier historique est le lieu d’implantation de nombreux centres sociaux autogérés, d’espaces militants alternatifs (bibliothèques, centres de santé autogérés, cantines…) et de bâtiments réquisitionnés pour loger les victimes de la crise du capitalisme et les migrant-e-s. C’est aussi un centre important du mouvement libertaire, autogestionnaire et anti-autoritaire grec qui grâce à son dynamisme, ses actions et ses initiatives multiples, a réussi à faire d’Exarcheia un quartier différent, fondé sur des dynamiques égalitaires et collectives en rupture avec le capitalisme et l’Etat, mettant en place des solidarités entre travailleurs/ses grecs-ques, précaires et migrant-e-s, qui sont nombreux/ses à Athènes, à l’opposé de la politique de discrimination et d’enfermement que tente de leur imposer l’Etat grec.

C’est tout cela que l’Etat grec ne peut pas supporter et c’est cela qu’il tente aujourd’hui de détruire en expulsant et en fermant les bâtiments réquisitionnés, en arrêtant les militant-e-s grecs-ques et les soutiens internationaux, en emmenant les migrant-e-s raflé-e-s dans des centres d’enfermement.

Cette offensive contre Exarcheia est menée par le nouveau gouvernement de droite, en lien avec sa politique ultra-libérale de relance des privatisations et de suppressions des contrôles fiscaux pour les riches et les patrons. Mais le précédent gouvernement de gauche « anti-libéral » a préparé cette attaque anti-sociale en multipliant les trahisons et les renoncements, en mettant en œuvre les demandes du patronat grec et des marchés financiers internationaux, en lançant une campagne de dénigrements infondée contre Exarcheia, en renforçant une police très violente, dont les liens avec l’extrême-droite sont nombreux et qui est responsable de différents crimes, comme l’assassinat, à Exarcheia justement, en décembre 2008, du jeune Alexis Grigoropoulos (dont le policier responsable vient d’être libéré de prison bien avant la fin de sa peine). C’est donc bien l’Etat grec dans son ensemble qui veut en finir avec une expérience alternative qui montre qu’une autre société est possible.

Face à cela, la section SUD Culture Solidaires de la Bibliothèque nationale de France tient :

-> A dénoncer les attaques de la police grecque contre le quartier d’Exarcheia, contre les lieux militants autogérés et la répression des luttes sociales.

-> A réclamer l’arrêt de toutes les opérations policières contre les bâtiments réquisitionnés et la libération de toutes les personnes arrêtées.

-> A apporter tout son soutien aux organisations, collectifs, mouvements, lieux autogérés, qui participent dans leur diversité à cette lutte et aux expériences alternatives.

-> A rappeler son appui et sa solidarité avec les centres de santé autogérés qui empêchent tant bien que mal une catastrophe sanitaire en Grèce ; avec les lieux de production repris en autogestion par les travailleurs/ses comme l’usine Viome à Thessalonique ; avec les organisations syndicales révolutionnaires et alternatives qui tentent de développer une vraie lutte syndicale.

->  A soutenir et appeller à participer aux actions de protestation qui sont organisées un peu partout contre les opérations policières à Exarcheia.

Notre solidarité avec les luttes sociales en Grèce, avec les lieux autogérés à Exarcheia et ailleurs, avec les collectifs de solidarité avec les migrant-e-s est la même avec les lieux autogérés et de lutte en France, tout comme notre soutien avec les luttes des migrant-e-s et des travailleurs/ses « sans-papiers » ici.

Nous soutenons ainsi les différentes actions qui ont lieu depuis plusieurs mois pour réclamer la régularisation de toutes et tous les « sans-papiers ». Nous soutenons les luttes dans et contre les centres de rétention. Nous soutenons les actions de solidarité sous toutes leurs formes dans les Alpes avec les migrant-e-s victimes de conditions de vie terribles et de la répression policière. Nous soutenons les actions de solidarité et de sauvetage de vie en Méditerranée, véritable cimetière marin où des milliers d’êtres humains se noient à cause de l’Europe forteresse.

Enfin, nous participons à la lutte des travailleurs « sans-papiers » de l’agence Chronopost d’Alfortville, victimes de l’exploitation de la Poste et de ses sous-traitants, pour leur régularisation et leur embauche en CDI par Chronopost (voir ici : https://solidaires.org/2-mois-de-greve-et-de-lutte-les-sans-papiers-de-Chronoposte-Alfortville).

D’Alfortville à Exarcheia, soyons solidaires, unissons-nous face au capitalisme et à son Etat !

Résistons et multiplions les alternatives !

BnF : Face à la hausse de la fréquentation de la bibliothèque de Recherche, la direction doit réviser son système de « surréservation »!

Communiqué SUD Culture BnF

En mai dernier, notre organisation syndicale avait dénoncé dans un communiqué le système de « surréservation » de places de lecteurs/trices en Rez-de-Jardin, mis en place depuis plusieurs années à la BnF avec un système des places virtuelles qui avait pour objectif de rentabiliser l’occupation des places en salles de lecture. Si au départ ce système pouvait paraître une bonne idée pour régler des problèmes antérieurs, il est vite apparu qu’il en créait d’autres et qu’en cas de forte fréquentation, comme cela arrive souvent, certaines salles de lecture étant pleines, les lecteurs/trices se trouvaient déplacé-e-s de salles en salles jusqu’à trouver une place de libre, voire pire, certain.e.s erraient avec des documents des magasins hors de leur bandeau de réservation.

Au final, cette situation ne fait donc que dégrader les conditions d’accueil et les services au public, mais aussi les conditions de travail des agent-e-s, qui doivent non seulement gérer les critiques et l’incompréhension du public, mais aussi les tâches supplémentaires liées à l’augmentation des réservations de documents, dont la communication est rendue compliquée du fait du manque de places.

Face à cette situation problématique, liée à une volonté de faire du chiffre de fréquentation à tout prix sans pour autant garantir de bonnes conditions d’accueil aux usagers/ères, notre organisation syndicale est intervenue lors du Comité Technique du 14 juin pour dénoncer ce système de surréservation.

La direction de la DCO a été forcée de reconnaître qu’il y avait bien un problème et elle s’est donc engagée à réduire les quotas de surréservations lors des périodes de fortes fréquentations, comme c’est le cas cet été. Ce qui rejoint d’ailleurs les demandes de certains départements de la DCO, eux aussi conscients de cette difficulté.

C’est là une première avancée, mais il faut qu’elle se concrétise et que ce système de surréservation soit réellement revu en août comme annoncé à la DCO et que les quotas de réservations possibles soit diminués pour que les conditions d’accueil des usagers/ères et les conditions de travail du personnel puissent s’améliorer. Notre organisation syndicale sera vigilante à ce sujet et interviendra autant que nécessaire pour que cela soit bien le cas.

Nous voulons de bonnes conditions d’accueil et de travail, pas des places virtuelles !

SUD BnF