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BnF : Face à la hausse de la fréquentation de la bibliothèque de Recherche, la direction doit réviser son système de « surréservation »!

Communiqué SUD Culture BnF

En mai dernier, notre organisation syndicale avait dénoncé dans un communiqué le système de « surréservation » de places de lecteurs/trices en Rez-de-Jardin, mis en place depuis plusieurs années à la BnF avec un système des places virtuelles qui avait pour objectif de rentabiliser l’occupation des places en salles de lecture. Si au départ ce système pouvait paraître une bonne idée pour régler des problèmes antérieurs, il est vite apparu qu’il en créait d’autres et qu’en cas de forte fréquentation, comme cela arrive souvent, certaines salles de lecture étant pleines, les lecteurs/trices se trouvaient déplacé-e-s de salles en salles jusqu’à trouver une place de libre, voire pire, certain.e.s erraient avec des documents des magasins hors de leur bandeau de réservation.

Au final, cette situation ne fait donc que dégrader les conditions d’accueil et les services au public, mais aussi les conditions de travail des agent-e-s, qui doivent non seulement gérer les critiques et l’incompréhension du public, mais aussi les tâches supplémentaires liées à l’augmentation des réservations de documents, dont la communication est rendue compliquée du fait du manque de places.

Face à cette situation problématique, liée à une volonté de faire du chiffre de fréquentation à tout prix sans pour autant garantir de bonnes conditions d’accueil aux usagers/ères, notre organisation syndicale est intervenue lors du Comité Technique du 14 juin pour dénoncer ce système de surréservation.

La direction de la DCO a été forcée de reconnaître qu’il y avait bien un problème et elle s’est donc engagée à réduire les quotas de surréservations lors des périodes de fortes fréquentations, comme c’est le cas cet été. Ce qui rejoint d’ailleurs les demandes de certains départements de la DCO, eux aussi conscients de cette difficulté.

C’est là une première avancée, mais il faut qu’elle se concrétise et que ce système de surréservation soit réellement revu en août comme annoncé à la DCO et que les quotas de réservations possibles soit diminués pour que les conditions d’accueil des usagers/ères et les conditions de travail du personnel puissent s’améliorer. Notre organisation syndicale sera vigilante à ce sujet et interviendra autant que nécessaire pour que cela soit bien le cas.

Nous voulons de bonnes conditions d’accueil et de travail, pas des places virtuelles !

SUD BnF

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TACLE : n°3

Le troisième numéro de TACLE (Trajectoire Alternative pour une Culture en LuttE), bulletin de la section SUD Culture de la BnF, est en ligne !


Au sommaire :

– Direction des Publics : une naissance dans la douleur p.1

– POUR LES DROITS DES LGBT+: MARCHONS, PARTOUT ! p.1

– Négociations du 8 mars à la corbeille ! Prévention zéro des situations de violences faites aux femmes à la BnF !… SUD Culture claque la porte du groupe de travail sur les RPS ! p.2

– Salle ovale, salle fourre-tout ? p.3

– 5 bonnes raisons de ve-nir et participer aux AG ! p.3

– Suicides à France Télécom : les patrons à la barre des accusés p.3

– ALGÉRIE : À la croisée des chemins… p.4

– Extension du domaine de la répression p. 4

 

+ les mots entrecroisés ! p.2 (solutions p. 4)


Retrouvez tous les articles de TACLE ici :

Tacle 3

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Signature d’un protocole : nouvelles avancées dans le cadre du préavis de grève déposé en juillet 2018 par SUD Culture !

Manifestant-es-SUD-Culture-Solidaires

SUD Culture Solidaires / Section de la Bibliothèque nationale de France

Après plusieurs mois de négociations, souvent laborieuses et tendues, avec la direction de la BnF dans le cadre d’un préavis de grève déposé en juillet 2018, la section SUD Culture de la BnF a signé vendredi 17 mai un accord conduisant à la levée du préavis en cours pour concrétiser les acquis d’une lutte qui aura duré un an.

Les avancées contenues dans ce protocole :

►passage en CDI de 12 « vacataires » embauché-es de manière abusive en CDD, ce qui porte à 18 les cdisations gagnées dans le cadre de la lutte
►appel de 8 personnels supplémentaires de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères, en plus des 6 déjà prévues, portant à 25 le nombre total de personnes appelées depuis début 2018 (dont plusieurs précaires de la BnF)
►engagement à poursuive les négociations sur l’appel de la liste complémentaire en septembre 2019 et sur le rééquilibrage des recrutements en faveur des catégorie C et B
►passage du groupe 2 au groupe 3 des « vacataires » des pieds de tour
►relance du ministère de la Culture pour la mise en place de volets internes aux futurs recrutements directs

Cela se rajoute aux améliorations déjà obtenues au cours d’un an de lutte par l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture :

►mise en œuvre définitive du protocole de fin de grève de 2016 concernant la comptabilisation du temps de travail des « vacataires »
►mise en place d’un dispositif améliorant la gestion collective des avancements et promotions des titulaires
►arrivée de magasiniers-ières titulaires à PHS et LLA où le sous-effectif était le plus fort
►accélération des travaux pour améliorer les conditions de travail à Tolbiac
►utilisation de l’enveloppe de 540 000 euros de primes en 2018 pour remonter au socle de l’IFSE tous et toutes les titulaires de la filière bibliothèque, redéfinition plus favorable du calcul de ce socle pour les magasiniers-ères ce qui a permis une hausse de l’IFSE pour plus d’agent-e-s et engagement de la direction à mettre en œuvre un plan d’action pluriannuel d’amélioration des primes des titulaires

Piquets de grève dynamiques, actions, pétitions, appels au public, et surtout mobilisation des personnels dans la grève (30 jours de grève) à l’appel de l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture ou de notre organisation syndicale seule, ont permis d’arracher ces avancées alors que la direction prétendait comme souvent que c’était impossible ou qu’elle n’avait pas les moyens, preuve une nouvelle fois que seuls le rapport de force et la lutte permettent de faire bouger les lignes.

Bien entendu nous n’oublions pas les tentatives de la direction de réprimer de manière inédite la colère des agent-es et les organisations syndicales de lutte, à coup de présence d’huissier sur les piquets, de tentative d’entrave avec lettre de menace adressée à un de nos militant-es, de demandes de contreparties scandaleuses dictant ce qui doit ou non être revendiqué, de chantage vis-à-vis des plus précaires pour casser la grève, ou encore d’accusations ridicules de violences suite à l’intervention lors d’une émission de radio en direct de France Culture qui s’était très bien passée…

Une direction qui récidive, en annonçant fièrement sur Biblionautes suite à la signature de ce protocole, alors que l’encre n’était pas encore sèche, la « cessation de mouvements sociaux liés aux revendications exprimées » dans le cadre du préavis. Chacun-e sait pourtant qu’il est toujours dangereux voire présomptueux de se réjouir trop vite…

Pour nous les choses sont claires : la mobilisation ne peut que continuer !

Parce que la BNF va perdre en 2019 10 postes, ce qui fait une perte cumulée de plus de 300 postes en 10 ans et parce que les attaques contre notre établissement et toute la Fonction Publique continuent et s’aggravent mois après mois.

Parce que l’ultra-précarité que nous avons combattue durant des mois continue, du fait d’une direction qui a décidé de ne plus respecter ses obligations issues du protocole de fin de grève de juillet 2016 (impliquant l’embauche directe en CDI des « vacataires » sur besoins permanents), en embauchant en février dernier 11 « vacataires » sur de nouveaux CDD abusifs de 7 mois !

Parce que la direction de la BnF doit retirer son projet de réorganisation-régression du service public et faire cesser les abus concernant les écarts statuts-fonctions, le non-respect des fiches de poste, la désorganisation des tâches et la surcharge de travail constatés à la Direction des Publics.

Parce que le ministère de la Culture doit nous donner les moyens de fonctionner, notamment pour permettre d’ici novembre 2019 l’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères, où plusieurs de nos collègues précaires sont toujours en attente d’une titularisation. La BnF doit obtenir le budget et les emplois de titulaires, dans toutes les catégories, nécessaires à l’accomplissement de l’ensemble de ses missions.

Nous appelons donc les agent-es de la BnF à continuer de se mobiliser, à venir massivement en Assemblées Générales pour participer aux prises de décisions, et à rejoindre toutes les actions qui seront proposées pour continuer de défendre nos emplois, nos missions et nos conditions de travail !


Pour expliquer le protocole d’accord signé le 17 mai et faire le point sur les avancées obtenues en un an de lutte ; pour voir les revendications qu’il reste encore à obtenir ; pour discuter collectivement de la situation de la BnF et de la fonction publique, la section SUD Culture de la BnF organise une :

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE des personnels de la BnF
SAMEDI 25 mai, 12h30-13h30, locaux syndicaux (T4, A2)

Vous disposez d’une heure d’information à titre syndicale sur le temps de travail pour y assister, pensez à prévenir votre encadrement !

« Vacataires », contractuel-le-s à temps plein, titulaires, nous sommes toutes et tous concerné-e-s ! Réunissons nous et organisons nous !


Seule la lutte paie !

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Assemblée générale des personnels BnF samedi 25 mai 2019 (12h30-13h30)

SUD Culture Solidaires / Section de la BnF

Assemblée générale samedi 25 mai 2019

12h30-13h30

Local syndical Tolbiac (T4/A2)

Ordre du jour (qui peut être complété) :

>>> Avancées obtenues dans le cadre du préavis de grève déposé par SUD Culture en juillet 2018 (protocole) et suites de la mobilisation

>>> passage en CDI de « vacataires » sur CDD abusifs

>>> état de l’appel de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères avec l’avancée gagnée par la lutte de l’appel de 8 personnes de plus de cette liste

>>> nouveaux recours à des contrats ultra précaires (contrats de 7 mois février – août)

>>> problèmes de pose de congés (dont congés « fractionnés »)

>>> réorganisation du service public, où en est-on ?

>>> permanence provisoire caisse de solidarité (pensez à apporter vos fiches de paie et vos relevés de jours de grève envoyés par la DRH), pour état des besoins avant une prochaine redistribution

« Vacataires », contractuel-le-s à temps plein, titulaires de la BnF, organisons-nous, réunissons-nous !

Vous disposez d’une autorisation d’absence d’une heure pour assister à cette réunion (prévenez vote encadrement)

Non aux congés « fractionnés » imposés aux « vacataires » et non à l’ultra précarité !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Mai 2019

En février dernier, la direction de la BnF a procédé au recrutement de 11 « vacataires » sur des contrats de courte durée qui prendront fin août 2019, prétextant un renfort ponctuel notamment dans les départements LLA et PHS qui connaissent, du fait de leur activité de service public soutenue, de gros problèmes de sous-effectifs. Il va pourtant de soi que ce besoin justifie en réalité des embauches directes en CDI. Les postes occupés par ces agent·es relève en réalité de besoins permanents, puisqu’ils et elles sont sur des tâches de service public qui font bel et bien partie des missions permanentes de la BnF, toute l’année. De plus, les problèmes de plannings rencontrés par ces départements ne risquent malheureusement pas de disparaitre par miracle à la rentrée de septembre…

Cette situation inacceptable et totalement irrégulière va d’ailleurs à l’encontre des obligations de la direction de la BnF depuis la signature d’un protocole de fin de grève avec les organisations syndicales CGT-FSU-SUD Culture en juillet 2016, suite à une grève victorieuse dont les « vacataires » de la BnF ont été des acteurs et actrices important·es. Ce protocole prévoit notamment l’embauche directe en CDI des agent·es « vacataires » sur besoins permanents, au titre de l’application d’une instruction ministérielle manifestement mise de côté à ce jour…

La direction chercherait-elle à se venger de cette lutte victorieuse qui dénonçait les pratiques abusives de la direction à l’égard d’une catégorie de personnels qui en a marre d’être méprisée ? Elle nous assure que non mais fait pourtant tout pour continuer à ne pas respecter ce protocole !

Car les abus continuent…

Notre organisation syndicale a été informée du fait que plusieurs de ces « vacataires » sont victimes d’une gestion abusive de leurs congés. En effet, ces agent·es se voient imposer les fameux « congés fractionnés », congés déduits du temps de travail mensuel à effectuer qui impliquent en fait l’impossibilité de poser des congés de manière libre et sur des périodes significatives, système qui n’est possible que pour des contrats courts. Malgré les interventions passées de notre organisation syndicale sur ce problème malheureusement récurrent, nous constatons une fois de plus qu’aucune information n’a été donnée à ces agent·es lors de leurs embauches et que cela ne figure pas dans leurs contrats alors que c’est obligatoire selon le texte officiel de gestion du temps de travail des agent·es non titulaires à temps incomplet de la BnF. En principe, les agent·es concerné·es doivent se voir proposer le choix et peuvent refuser ce système de calcul des congés non avantageux. Ce qui une nouvelle fois n’a pas été fait du tout, les agent·es n’apprenant ce problème que lorsqu’ils et elles ont voulu poser des congés.

La section SUD Culture de la BnF demande donc à ce que ces abus cessent immédiatement, que les agent·es lésé·es puissent avoir le choix d’accepter ou non ce système de calcul des congés et que les pratiques réglementaires concernant les congés soient respectées pour l’ensemble des agent·es, qu’ils et elles soient « vacataires » ou non.

Notre organisation syndicale met également en garde la direction de la BnF contre les recours abusifs à des contrats ultra précaires de quelques mois sur des besoins permanents qui doivent en fait donner lieu à des embauches directes en CDI. Les manœuvres visant à déguiser les besoins permanents en besoins occasionnels doivent cesser.

L’ultra précarité est actuellement entretenue par la direction de la BnF, avec son intention de créer de nouveaux contrats jetables dans le cadre de son projet de réorganisation du service public. Il s’agirait de contrats dits « étudiant·es » de quelques mois, entraînant en prime des droits très amoindris : plus d’accès aux prestations d’action sociale et au parc logement, plus de grille de hausse des salaires, pas de possibilité de passer les concours en interne …. Cette ultra précarité doit être combattue !

► Nous demandons donc le respect du protocole de fin de grève de 2016, avec l’embauche directe des « vacataires » sur besoins permanents en CDI, et le passage en CDI des 11 précaires recruté·es abusivement sur des CDD de quelques mois !

► Nous continuons aussi de réclamer l’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasinier·ères, pour titulariser nos collègues précaires en attente d’être appelé·es, au moment où de nombreux services ont besoin de leur présence !

► Nous réclamons encore et toujours la mise en place de volets internes aux futurs recrutements directs pour titulariser les précaires qui le souhaitent et un vrai plan de titularisation sans condition !

« Vacataire », ce n’est pas un métier, stop à la précarité !

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Bienvenue sur AirBnF : Attention, vous risquez de rester coincé•e dans les couloirs !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Voilà plusieurs mois maintenant que la direction de la BnF cherche à imposer une réorganisation-régression du service public. À cette occasion, l’organisation des services offerts au public dans notre établissement a pu être comparée, lors de plusieurs interventions malheureuses de la direction devant les agent·es, à celle d’Easyjet. Comme si les services publics méritaient d’être traités comme des compagnies aériennes à bas budget, fraudeuses fiscales et réduisant à rien les droits sociaux et les conditions de travail de leurs personnels.

Or, il y a déjà plusieurs années que la direction de la BnF imite en fait discrètement les compagnies aériennes avec la mise en place d’un système de sur-réservation dans les salles de lecture du Rez-de-Jardin. Ce dispositif a été mis en place pour résoudre un problème réel : parfois, des places réservées n’étaient jamais occupées, et des usager·ères ne pouvaient plus entrer dans une salle en réalité pleine… de fantômes. Pour remédier à cela, la direction a donc décidé de créer des places virtuelles, que les lecteurs et lectrices réservent et dont le nombre est supérieur au nombre de places Avion BnF.pngréelles qui lui ne change pas. Ce système fonctionne… à condition que l’affluence au sein de notre établissement n’augmente pas elle de manière significative ! En effet, il arrive de plus en plus fréquemment que les salles soient tellement remplies que des usager·ères, ayant pourtant réservé, se retrouvent sans place réelle et soient contraint·es de traverser l’établissement pour trouver une place physique dans une autre salle. Cela les éloigne également des ouvrages en libre-accès des salles dans lesquelles elles et ils avaient pourtant réservé.

Ce système pose également un vrai problème pour les agent·es posté·es en service public. D’une part les discussions avec le public deviennent tendues (« Oui vous avez un numéro de réservation mais non vous n’avez pas de place assise malgré vos 10 livres qui sont bien arrivés »), générant du stress et un environnement de travail pesant. D’autre part, la gestion des documents commandés demande du travail supplémentaire, sans assurance qu’ils arrivent à destination faute de place en salle. Même pour les documents, les conditions sont dégradées : baladés dans tout le rez-de-jardin, déplacés dans tous les départements. Les risques de transit d’ouvrages des magasins hors des salles de leur bandeau s’intensifient.

Bref, une fausse bonne solution qui engendre de la colère légitime chez le public, des conditions de travail dégradées pour les agent·es, et qui détériore les ouvrages de la BnF par une trop grande manipulation, sans compter les risques de perte. Après plusieurs années de fonctionnement, il est donc maintenant temps de dire que ce système ne fonctionne plus et qu’il pose de plus en plus de problèmes, face à la plus grande fréquentation des salles de lecture.

Alors que le projet de réorganisation du service public est un scandale, à la fois pour les agent·es et pour les lecteurs et lectrices, puisqu’il va entraîner une dégradation des conditions de travail, créer de l’utra-précarité, inciter les agent·es à « travailler toujours plus »  tout en supprimant des postes, nous nous opposons une fois de plus à une gestion qui prend modèle sur le secteur privé et qui n’a par conséquent que faire de l’intérêt général, de la qualité du service rendu et des acquis sociaux.

► Nous demandons donc le retour à un nombre de places réservables égales à celui des places physiquement attribuables lors des périodes de forte affluence (vacances universitaires, fermeture de la BPI, etc.).

On notera que la direction de la BnF a fini par se reprendre pour finalement comparer notre bibliothèque à Air France : une comparaison bien audacieuse quand on se souvient de la fameuse « chemise arrachée » en plein conflit social !

Arrêtons le « surbooking » et les pratiques managériales « low cost » à la BnF !

Pour un service public de qualité !

La casse du service public tue : procès des dirigeants de France Telecom responsables de la vague de suicides en 2009-2010

SUD Culture Solidaires / Section BnF

images4Depuis le lundi 6 mai se tient enfin le procès des patrons de France Telecom (période 2009-2010), qui sont responsables, par leurs restructurations ultra-violentes, par les suppressions de postes, les reclassements forcés et la remise en cause des missions, des fonctions et de l’éthique professionnelle des travailleurs et travailleuses de France Telecom, d’une vague de suicides qui a coûté la vie à des dizaines de personnes. La justice reconnaît une vingtaine de suicides et une vingtaine de tentatives, ce qui est déjà inacceptable, mais il y en a en réalité bien plus.

Ce procès arrive bien tard, 10 ans après les faits, mais le fait qu’il puisse tout de même se tenir est déjà une victoire face à toutes les manœuvres de ces patrons et de leurs soutiens du MEDEF et politicien-ne-s, qui ont tout fait pour qu’il n’ait pas lieu. La justice bourgeoise est décidément plus rapide lorsqu’il s’agit de juger des manifestant-e-s, des « gilets jaunes », des syndicalistes, des migrant-e-s et leurs soutiens qui ne font que militer et défendre leurs droits, que lorsqu’il s’agit de juger des patrons responsables de nombreux morts.

Nos camarades de SUD PTT et l’Union syndicale Solidaires dans son ensemble ont dès le début tout fait pour que cette vague de suicides s’arrête, puis pour que toute la lumière soit faite à son sujet et que les responsables rendent des comptes. C’est grâce à cet acharnement et à cette mobilisation, ainsi qu’à celui des victimes et leurs familles que ce procès a enfin lieu. SUD PTT et Solidaires sont d’ailleurs parties civiles.

Afin de suivre ce procès qui n’est pas que celui de patrons individuels, mais bien celui d’un système et des pratiques de management qui lui sont liées, Solidaires publie chaque jour de procès un compte-rendu sur son site dédié aux conditions de travail et d’hygiène : http://la-petite-boite-a-outils.org/

Notre organisation syndicale relayera systématiquement ces compte-rendus sur son blog, comptes facebook et twitter, car nous pensons qu’il est très important d’informer largement sur ce sujet.

En effet, cette vague de suicides ne vient pas de nulle part. Elle n’est pas le résultat de problèmes ponctuels, de malchance ou des manœuvres de quelques dirigeants particulièrement vicieux.

Elle est le résultat de la casse du service public des PTT et la transformation successive de France Telecom en entreprise publique puis en entreprise privée, par les différents gouvernements de gauche et de droite pendant 20 ans, qui ont transformé un service public en machine à faire des bénéfices (Lombard, patron de France Telecom à l’époque et principal accusé du procès se vantait d’obtenir « sept milliards d’euros de cash flow », au prix de morts et de souffrance), ouvrant au passage le « marché » des télécommunications à la concurrence avec des conséquences sociales désastreuses.

Elle est le résultat des réorganisations incessantes, visant à faire perdre leurs repères aux travailleurs/ses, à casser les collectifs de travail, à casser surtout les résistances et les mobilisations, ainsi que le syndicalisme de lutte. Elle est le résultat de transformations violentes, de changements fondamentaux (cette fameuse culture du changement) pour supprimer le statut de fonctionnaires à France Telecom, pour abolir les anciennes fonctions, les métiers des agent-e-s et tout transformer. Elle est le résultat de la fermeture de services entiers, de sites de travail, de déplacements forcés parfois loin des domiciles pour continuer à travailler.

Elle est le résultat d’un management agressif, par le stress, déterminé à tout casser, méprisant aussi bien l’éthique professionnelle des agent-e-s que les services offerts au public (disparu au profit des « client-e-s » dans la novlangue imposée) et qui ne peut fonctionner qu’en brisant les travailleurs/ses, en les niant et en les méprisant.

Elle est le résultat de la recherche du profit immédiat, à tout prix, le plus vite possible, à travers des suppressions de postes, avec 22 000 postes supprimés entre 2006 et 2010, avec comme seuls indicateurs les résultats financiers, les cours de la Bourse, des chiffres n’ayant plus aucun rapport avec le travail et la vie réelle.

Pour toutes ces raisons, ce qui s’est passé à France Telecom n’est ni un cas isolé, ni un exemple extrême ou une déviation, ce n’est que le modèle de ce que le système capitaliste impose sur toute la planète. C’est à l’image de ce qui se passe dans de très nombreuses autres entreprises (à la même époque, Didier Lombard reçoit les récompenses des autres patrons et de la presse financière) et c’est aussi à l’image de ce qui se passe dans les services publics, à la SNCF (https://solidaires.org/Un-suicide-devant-le-siege-SNCF-le-jour-de-l-ouverture-du-proces-Orange-Lombard), dans l’énergie, dans les hôpitaux et c’est cette logique que les gouvernements imposent depuis des années à la fonction publique.

C’est aussi un rappel que le capitalisme tue, tous les jours, que ce soit en poussant des travailleurs/ses au suicide, à travers les accidents du travail (un mort par jour ouvré en France), par les maladies professionnelles (comme les dizaines de milliers de morts de l’amiante), par les mauvaises conditions de travail, la pollution, le chômage et la précarité. Cette violence sociale extrême et meurtrière n’est jamais dénoncée par l’Etat et ne pas perdre sa vir à la gagnerles médias, elle n’est jamais combattue et elle ne passe que très rarement en procès.

Alors, mobilisons nous à l’occasion du procès France Telecom, diffusons les informations sur les suicides au travail, sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, soutenons les luttes des secteurs touchés, mais surtout luttons ici et maintenant contre la casse des services publics, contre le management, contre la casse des collectifs de travail, pour défendre nos conditions de travail, nos emplois, nos métiers. Et puisque c’est ce système économique qui est porteur de mort et de souffrance, rompons avec lui et remplaçons le par une système de gestion collective et démocratique, au service des besoins de la population, autogéré localement par les travailleurs et travailleuses concerné-e-s, avec la propriété collective et égalitaire des moyens de production.

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