Archives pour la catégorie Section SUD Culture BnF

BnF en grève, personnels mobilisés

Rassemblement BNF et manifestation interprofessionnelle ce jeudi 29 septembre

Depuis 2009, à cause des politiques d’austérité des différents gouvernements, la BnF a perdu plus de 400 agent-e-s, soit plus de 15 % de ses effectifs. La direction de l’établissement prétend que cette hémorragie s’est arrêtée ces dernières années. Elle oublie de dire que c’est grâce à la grève du personnel en 2016 qu’il y a eu un arrêt des pertes théoriques de postes à partir de 2017, ce qui n’a pas empêché le ministère de la Culture de couper encore 10 postes en équivalent temps plein en 2018. Pourtant, entre 2017 et 2021, la BnF a continué à perdre 100 agent-e-s, soit 54 équivalent temps plein. Pourquoi ? Parce que dans le cadre d’une masse salariale contrainte, la direction a fait le choix de privilégier le recrutement de contractuel-le-s à temps plein en catégorie A sur des postes de chargé-e-s de mission plutôt que de pourvoir les postes essentiels sur le cœur de métier de la BnF, en particulier en catégorie C.
Ainsi, la BnF a perdu 200 postes de fonctionnaires en catégorie C depuis 2009, soit la moitié de la perte des postes, alors que les catégories C ne formaient alors que un tiers des effectifs. Si on rajoute les suppressions de postes d’agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet, dont le nombre a diminué de 50% dans le même temps, on voit bien à quel point la catégorie C a porté la très grande majorité des suppressions de postes. La direction de la BnF a sciemment sacrifié cette catégorie. Ainsi, malgré la stabilité supposée des effectifs, la direction a supprimé 40 agent-e-s de catégorie C entre 2020 et 2021, en pleine crise sanitaire.
Cela a touché en particulier le corps des magasiniers-ières, avec la suppression de 170 postes en une dizaine d’années, soit 30 % des effectifs à la BnF, ce qui est énorme.

Les conséquences de ces suppressions continues sont que désormais, il n’y a pas assez de personnel de magasinage pour assurer le fonctionnement normal du service public et de la communication des documents. Face à cette situation de crise qu’elle a elle-même créé, la direction n’a pas décidé de recréer les postes perdus, elle a décidé d’imposer une diminution des services au public, faisant ainsi payé cette dégradation de la situation à la fois aux usagers-ères et au personnel.

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À la BnF comme ailleurs, réclamons de meilleurs salaires // Grève jeudi 29 Septembre !

Le 29 septembre, une grève pour de meilleurs salaires, pensions et droits est appelée par l’intersyndicale CGT-FSU-UNSA-Solidaires. Une bonne occasion de faire le point sur les rémunérations à la BnF, entre augmentation du SMIC, augmentation de l’inflation, très léger dégel du point d’indice et reclassement des contractuel·les.

Certain·es seront peut-être surpris·es d’apprendre que, oui, une part importante de collègues de catégorie C mais aussi de catégorie B ont été concerné·es par les augmentations successives du SMIC en 2021-2022. En effet, les échelons les plus bas de ces grilles se sont retrouvés plusieurs fois en dessous du SMIC suite à sa revalorisation au mois d’octobre 2021, puis le 1er janvier et le 1er mai 2022. Pour compenser cela, la rémunération plancher dans la fonction publique a été remonté à l’indice 352 le 1er mai. Résultat, pour le moment, les agent·es aux échelons 1 à 7 chez les catégories C1 sont tou·tes payé·es à cet indice plancher, l’avancement se retrouve donc gommé, et sans décret de mise à jour de la grille, un·e collègue à l’échelon 3 mettrait 6 ans avant de voir son salaire augmenté. De plus, cela entraîne un « tassement des rémunérations indiciaires » qui est visible pour les trois grades de catégories C ainsi que pour le premier grade en catégorie B. Pour les agent·es de cette catégorie, un décret rééchelonnant leurs indices a été publié en septembre 2022 mais sans effet rétroactif ! Le gouvernement fait donc des économies sur notre dos, en minimisant le plus possible les augmentations, pourtant plus que nécessaires, de nos salaires. Pire, cela maintien de nombreux/ses collègues parmi les plus bas salaires (19% des agent·es de catégorie C et 82% des « vacataires » de la BnF sont à l’indice plancher 352).

Le point d’indice, mis KO par l’inflation ?
Dans cette situation, on pourrait donc presque se réjouir de l’augmentation de 3,5 % de la valeur du point d’indice, qui a pris effet en juillet 2022. Si cette mesure a au moins permis de très légèrement décoller les salaires les plus bas du SMIC (1678,95 euros brut mensuel, contre 1707,21 pour les salaires à l’indice 352), elle laisse toutefois un goût amer après comparaison avec l’inflation : 10% depuis 2017 ! La perte est encore plus forte à cause du gel du point d’indice pendant 10 ans, puisque cela représente une baisse de « pouvoir d’achat » de près de 25%.

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Tout notre solidarité avec Kai Terada, militant de SUD Éducation 92 victime de la répression anti-syndicale !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Dimanche 4 septembre, Kai Terada, enseignant en mathématiques au lycée Joliot-Curie à Nanterre a appris qu’il était « suspendu de fonctions » pour 4 mois… sans aucun motif ! Cette décision arbitraire, tombée juste après la rentrée scolaire et alors qu’il y a un manque énorme d’enseignant-e-s partout dans l’hexagone s’est faite sans même prévenir son établissement et sans donner la raison éventuelle de cette suspension.

Kai est co-secrétaire du syndicat militant SUD Education 92. C’est un militant qui a été au premier rang des mobilisations pour défendre le service public de l’éducation, que ce soit en défense des conditions de travail de ses collègues comme dans le cadre de « Touche pas ma ZEP » mais aussi pour la défense du droit à l’éducation pour toutes et tous, avec son engagement au sein du Réseau Education Sans Frontières en défense des jeunes sans papiers.

Une grève reconductible est en cours depuis le lundi 5 septembre dans son lycée, pour réclamer sa réintégration.

La section SUD Culture de la Bibliothèque nationale de France dénonce fermement la suspension de notre camarade, qui est une attaque scandaleuse à l’encontre du syndicalisme. Nous lui apportons toute notre solidarité et nous le soutenons, tout comme nous soutenons les mobilisations entreprises pour faire cesser l’arbitraire dont il est victime.

Nous exigeons que Kai soit rétabli dans ses droits, qu’il soit immédiatement réintégré par la levée de cette suspension et que toutes les éventuelles poursuites disciplinaires à son encontre soient abandonnées !

Nous appelons à signer la pétition de soutien disponible ICI

Lettre d’information syndicale aux contractuel·el·s de la BnF

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Reclassement dans le nouveau cadre de gestion des contractuel·le·s, attention aux erreurs et aux abus !

La direction de la BnF a imposé, prétextant des contraintes de calendrier et les échéances électorales, un nouveau cadre de gestion des agent·e·s contractuel·le·s de la BnF au mois de mars, avec une date d’entrée en vigueur à titre rétroactif au 1er janvier 2022. Il y a plusieurs points importants à souligner concernant ce cadre de gestion et sa mise en place précipitée après des négociations bien compliquées et laborieuses ainsi que des réunions sans suites en 2020 et en 2021.

Nous allons toutefois, dans cette lettre d’information, nous concentrer sur le processus de reclassement des agent·e·s concerné·e·s dans ce nouveau cadre de gestion.

En effet, ce nouveau cadre de gestion unique a nécessité le « reclassement » des agent·e·s en regard des anciens cadres, bien distincts, qui régissaient auparavant l’avancement des contractuel·le·s à temps complet d’une part, et celui des agent·e·s à temps incomplet de l’autre. Pour précision, ce nouveau cadre concerne uniquement les contractuel·le·s dont les salaires sont « indicés » (avec un indice de rémunération). Ne sont donc pas concerné·e·s les agent·e·s aux salaires basés sur un taux horaire, comme c’est le cas à la régie des expositions.

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Lettre ouverte au directeur général de la BnF concernant le plan de « déprécarisation » mis en place par la direction

Section de la Bibliothèque nationale de France

Paris le 26 août 2022

A l’attention du Directeur Général de la BnF

Monsieur,

Vous vous êtes engagé, ainsi que l’ensemble de la direction de la BnF lors du Comité Technique du 14 avril 2022, à mettre en place au sein de l’établissement un plan de « déprécarisation » à destination des agent·es contractuel·les à temps incomplet en CDI, en particulier de catégorie C. Plus de 4 mois après cette décision, nous ne pouvons que constater que la mise en place de ce plan pose déjà de nombreux problèmes.

La communication de la direction sur ce plan de déprécarisation, en plein été, s’est avérée floue, voire truffée de contradictions. Alors qu’un « recrutement réservé » était annoncé en Comité Technique, puis en réunion de négociations avec l’intersyndicale CGT-FSU-SUD, puis sur Biblionautes, et qu’il est fait mention de « postes contractuels à temps complet […] réservés » dans la documentation envoyée aux agent·es concerné·es, les offres d’emplois officielles publiées sur le site de la BnF elles-mêmes ne le mentionnent nulle part. Qu’est-ce qu’un « recrutement réservé » si tout le monde peut y postuler, puisque les offres sont en fait publiques et ouvertes à différents types de candidatures ?

En effet, les postes mis en ligne ont été ouverts tant aux titulaires internes qu’aux externes à la BnF. De fait, les agent·es non-titulaires à temps incomplet, au lieu de bénéficier d’un recrutement « réservé », se sont donc retrouvé·es en concurrence avec les agent·es fonctionnaires de la BnF, qui selon les règles de gestion imposées par la direction elle-même au 1er juin 2022, sont prioritaires au recrutement. Cette concurrence malsaine, que nous avons déjà vivement dénoncée, s’avère extrêmement problématique, d’autant plus depuis que la direction a décidé de supprimer les mouvements internes à date fixe, privant ainsi les titulaires et contractuel·les temps plein d’un moment dédié à la mobilité. D’ailleurs, le fait que les postes aient été publiés à des dates différentes a créé de la confusion dans le calendrier présenté aux précaires de l’établissement. Il y en a été de même par rapport aux types d’agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet qui pouvaient réellement prétendre participer à ce « plan de déprécarisation ».

De ce fait, le calcul même de 115 postes réservés proposés entre 2022 et 2027 pose beaucoup de questions. Notamment qu’adviendra-t-il des collègues normalement concerné·es qui n’auront pas été retenu·es, en faveur de collègues titulaires par exemple ? La direction prétendra-t-elle encore qu’un poste pourvu par un·e fonctionnaire était bien un poste « réservé » à un·e contractuel·le ? Un autre poste « réservé » sera publié dans la foulée ? Autant d’éléments qui n’ont, une fois de plus, pas été anticipés par la direction au sein d’un cadre de gestion qui chaque jour qui passe ressemble de plus en plus à une « usine à gaz », avec pour résultat provisoire des services traitant les candidatures à leur guise, « à compétence égale » mais en fait de manière arbitraire et différente.

Revenons par ailleurs sur la décision même de la direction de la BnF de communiquer au début du mois de juillet, en pleine période estivale, en demandant notamment aux collègues concerné·es de renvoyer avant le 31 juillet un questionnaire pour faire savoir leur volonté ou non de s’inscrire dans le fameux plan de « déprécarisation » dont les diverses modalités sont loin d’être claires pour l’ensemble des agent·es. Ces délais, pour le moins serrés, nous font douter du fait que l’ensemble des collègues auront pu répondre dans les temps à ce « questionnaire » avec toutes les informations nécessaires pour cela, à ce titre nous demandons qu’un premier bilan soit présenté au plus vite aux organisations syndicales.

D’autre part, nous notons que les collègues qui choisiraient de postuler sur des postes de contractuel·les à temps plein seraient, en début de carrière, à l’échelon majoré 352, le même que les magasinier·es titulaires en début de carrière, mais, contrairement à elles et eux, ils et elles ne bénéficieraient pas de l’IFSE, réservé aux titulaires de la Fonction Publique. De ce fait, le salaire perçu à la fin du mois serait inférieur de 400 euros pour le même travail fourni, une inégalité de traitement insupportable, qui a bien été identifiée par de nombreux·ses agent·es s’interrogeant légitimement sur cet écart à tâches de travail pourtant égales, et que la direction aura probablement du mal à justifier.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de nouveau de mettre fin immédiatement à cette mascarade, mise en place de façon brouillonne, source d’inégalités entre collègues et de mettre immédiatement en place un recrutement sans concours avec volet interne, afin de permettre aux collègues à temps incomplet de vraiment sortir de la précarité en devenant titulaires de la Fonction Publique, ce sans entrer en concurrence avec leurs collègues contractuel-le-s à temps plein ou titulaires. Vous ne devez pas être sans savoir que le musée du Louvre a obtenu pour l’année 2022 un recrutement de 80 nouveaux et nouvelles titulaires en catégorie C, par le biais d’un recrutement sans concours devant avoir lieu à l’automne, avec prise de poste au premier semestre 2023. Si le Louvre peut le mettre en place, il n’y a aucune raison que la BnF se limite de son côté. Bien sûr, le mieux serait un vrai plan de titularisation sans condition des agent-e-s précaires de notre établissement.

Nous réitérons enfin, puisque la direction prétend s’intéresser aux précaires de notre établissement, notre opposition totale aux nouveaux contrats à temps incomplet qui seront mis en place à la rentrée 2022. Si la direction tient vraiment à lutter contre la précarité, qu’elle commence par cesser de créer des contrats jetables d’un an éventuellement renouvelable une année de plus, qui priveront nos futur·es collègues de plusieurs droits dont celui de bénéficier d’un emploi stable, quand bien même ils/elles sont étudiant·es. Nous renouvelons à ce titre notre demande de retour à l’accord passé en 2016, autour d’un protocole de fin de grève signé de la présidente de la BnF avec l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD, consistant à embaucher en CDI tout·e agent·e à temps incomplet travaillant sur un besoin permanent. Notre organisation syndicale restera intransigeante face à ce grave recul social pourtant annulable à tout moment. Faut-il encore que la direction reconnaisse ses erreurs et accepte, après des mois d’une lutte loin de s’assoupir dans les esprits, de revenir enfin sur sa décision.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer Monsieur nos sincères salutations de syndicalistes en lutte,

La section SUD Culture BnF.

Alors que l’inflation frappe de plein fouet les bas salaires, les relèvements du plancher de rémunération sont largement insuffisants !

SUD Culture Solidaires
Section de la Bibliothèque nationale de France

Alors que l’inflation frappe de plein fouet les bas salaires, les relèvements du plancher de rémunération sont largement insuffisants :

Depuis plus d’un an, les prix ne cessent d’augmenter, entraînant une forte inflation, désormais à 5,2% qui pénalise fortement les travailleurs/ses et en particulier ceux et celles ayant des bas salaires. Face à cette situation dégradée, le patronat se refuse à toute hausse réelle des salaires qui nécessiterait qu’il renonce à une partie de ses profits et le gouvernement à son service ne fait rien pour stopper l’inflation, mieux répartir les richesses produites ou garantir les revenus des travailleurs/ses. Mais il doit tout de même appliquer les mécanismes légaux qui prévoit une hausse du SMIC, trop faible malgré tout, en cas d’inflation. Ainsi, le SMIC, après avoir déjà augmenté à l’automne 2021 et au premier janvier 2022, a été de nouveau augmenté au premier mai.

De ce fait, parce qu’il n’est heureusement pas possible d’avoir un niveau de rémunération dans la fonction publique qui soit inférieur au SMIC horaire, l’indice plancher de rémunération de la fonction publique a été porté le 1er mai à l’indice 352, soit juste au-dessus du SMIC, après de précédentes hausses en octobre 2021 et le 1er janvier.

Cette mesure, minimum du minimum pour éviter que les agent-e-s de la fonction publique ne soient sous la rémunération la plus basse du SMIC, concerne à la BnF 119 agent-e-s titulaires, dont 107 agent-e-s de catégorie C et 12 agent-e-s de catégorie B, ainsi que 134 agent-e-s contractuel-le-s, dont 118 agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet.

Cela représente 19 % des agent-e-s de catégorie C et 82 % des « vacataires » dont la totalité des « vacataires » de catégorie C. Ces chiffres énormes montrent bien le grave problème des bas salaires qui touchent plus de 250 agent-e-s de la BnF, qui sont tout juste rémunéré-e-s au-dessus du SMIC, les « vacataires » cumulant la précarité statutaire et la précarité salariale, qui les touchent d’autant plus fortement qu’étant à temps incomplet, leurs salaires mensuels sont bien en-dessous du SMIC mensuel, ce qui peut les plonger dans la misère.

De plus, à cela se rajoute le fait que ces relèvements successifs du plancher de rémunération ont écrasé la grille de rémunération de la catégorie C et le début de la grille de la catégorie B, ne permettant plus d’évolution de carrière et risquant de piéger les agent-e-s concerné-e-s dans un niveau minimum de salaires pendant des années. C’est la même chose concernant la nouvelle grille de rémunération des contractuel-le-s, pourtant tant vantée par la direction de la BnF, dont le début du groupe 1 se trouve désormais sous l’indice de rémunération plancher.

Face à cette dégradation de la situation sociale d’un nombre important d’agent-e-s, l’annonce pleine de manipulation du dégel limité de la valeur du point d’indice le 1er juillet, avec une augmentation de la valeur de celui-ci de 3,5%, ne règle rien. En effet, cette très légère hausse de la valeur du point d’indice est largement inférieure à la hausse de l’inflation, hausse qui risque encore de s’aggraver dans les mois à venir. De plus, elle ne compense en rien toutes les pertes de rémunérations des années passées, puisque la perte dite du « pouvoir d’achat » pour les agent-e-s de la fonction publique a été de 20% en 10 ans. Ce mini-dégel est donc une simple aumône, pleine de mépris, qui ne suffit sûrement pas.

D’autant qu’une nouvelle hausse du SMIC de 2,01 % a eu lieu le 1er/08. Cette fois-ci, le SMIC revalorisé se situe juste en-dessous de l’indice plancher de rémunération dans la fonction publique, qui ne sera donc pas modifié. Mais cela montre à quel point cet indice plancher est bas et à quel point ces minuscules hausses successives sont ridicules. Combien de temps va encore durer ce jeu de petits relèvements, au dernier moment, quand le patronat et le gouvernement ne peuvent pas faire autrement ?  

Pendant ce temps, les grandes entreprises françaises vont distribuer 68 milliards de bénéfices à leurs actionnaires. Ce n’est pas la crise pour tout le monde. L’argent pour augmenter réellement nos salaires, il est entre autre là.

Alors, plutôt qu’un simple relèvement insuffisant du plancher de rémunération, nous exigeons de vraies hausses de salaires, en particulier pour les bas salaires, avec une augmentation significative de la grille de la catégorie C et du bas de la catégorie B, un relèvement du groupe 1 de la grille de rémunération des contractuel-le-s de la BnF, une compensation des pertes de ces 10 dernières années pour le point d’indice de la fonction publique. Ce qui nécessite une répartition plus égalitaire des richesses produites collectivement.

Solidarité avec Exarcheia 

SUD Culture Solidaires
Section de la Bibliothèque nationale de France

Policiers se préparant à évacuer des immigrés réfugiés dans un immeuble d’Exarchia ©Maxppp – Pantelis Saitas – 2019 Radio France

Notre organisation syndicale, comme elle l’a fait en 2019, réaffirme son soutien aux lieux occupés et autogérés du quartier d’Exarcheia à Athènes. Nous refusons la spéculation immobilière qui vise à augmenter les loyers et les prix de l’immobilier dans ce quartier afin de permettre à des propriétaires privés de faire des profits. Nous refusons les opérations d’urbanisme de la mairie d’Athènes, appuyées par le gouvernement, qui vise à normaliser et à détruire le caractère alternatif et militant de ce quartier, ce qui est une forme plus subtile de répression étatique. Nous refusons la vente à des intérêts privés de la colline de Strefi, l’un des derniers espaces verts du quartier, qui doit rester un espace public de détente. Nous refusons le projet de « nettoyage » urbain qui est une manière de poursuivre les attaques contre les lieux militants autogérés, contre les lieux d’habitation des migrant-e-s et des habitant-e-s, grecs-ques ou non, qui ne peuvent pas se loger normalement à cause de la misère et du chômage. 

Nous ne connaissons que trop bien toutes ces opérations d’urbanisme étatique et capitaliste, qui visent à détruire des lieux militants et alternatifs, pour réaliser de grands projets pour les entreprises, pour aider la spéculation immobilière ou pour des opérations de communication inutiles. C’est ce que nous subissons de notre côté en banlieue parisienne avec les travaux pour les jeux olympiques de 2024, c’est ce qui menace les terres agricoles du triangle de Gonnesse, c’est ce qui a été mis en oeuvre à la Plaine à Marseille. 

Nous nous opposons à toutes ces attaques et nous sommes aux côtés de celles et de ceux qui s’y opposent.

A Paris, dans le 93, dans le 94, à Marseille et à Athènes, construisons ensemble nos alternatives, reprenons la gestion de nos quartiers en lien avec la gestion collective de nos lieux de travail, créons des lieux autogérés, unissons nos luttes !           

Non à la dégradation des conditions de travail à Bussy


Suite à la décision de la direction de la BnF et du gouvernement de construire le nouveau site de stockage d’une partie des collections de la BnF à Amiens, nous, personnel de Bussy-Saint-Georges connaissons des conditions de travail dégradées. Nous sommes nombreux à nous être mobilisés contre la fermeture du site il y a de cela un an, fermeture actée en juin 2021 par la direction, cela alors que durant 2 ans elle nous ait d’abord affirmé que les sites Bussy et Sablé ne fermeraient pas.

Nous connaissons depuis plusieurs mois de gros problèmes d’effectifs. Ceux-ci ne sont pas nouveaux, cela fait plusieurs années que nous subissons par exemple le non renouvellement des postes d’agents partis en retraite ou des postes restés vacants, mais tout cela s’est accéléré depuis une année et l’annonce de la fermeture du site. Quelles conditions de travail nous attendent jusqu’à 2027 ? La direction s’est engagée à maintenir les effectifs, mais en réalité les départs ne sont pas remplacés et les effectifs sur les sites fondent à vue d’œil, ce qui dégrade la situation du personnel restant.

Depuis une année plusieur·es collègues tentent déjà de partir pour ne pas rester sur des sites en voie de démantèlement, certain·es ont signé des ruptures conventionnelles, d’autres cherchent à muter et, dans cette attente, ne peuvent pas encore bénéficier de l’arrêté de restructuration qui n’aura lieu normalement qu’en 2024, ce qui les bloque dans leurs projets personnels. Le projet prenant déjà du retard, il est fort probable par ailleurs que cet arrêté soit reculé à 2025 ou 2026. À l’inverse certain·es collègues espèrent partir le plus tard possible car aucune solution ne peut les satisfaire : ni aller sur Paris, ni aller sur Amiens. Iels ne souhaitent pas déménager et ne pourront pas trouver dans la Fonction Publique Territoriale de postes correspondant par exemple aux diplômes des métiers d’arts qu’iels possèdent. Malheureusement pour eux, cela veux dire continuer de travailler sur un site en sous effectifs dans de mauvaises conditions. Nos collègues se sentent comme abandonnés dans un purgatoire: la direction fait-elle en sorte de laisser les conditions se dégrader afin que les personnels partent d’eux mêmes et qu’elle n’ait pas à prendre ses responsabilités et respecter ses engagements?  

En choisissant de fermer Bussy la direction à fait un choix qui aujourd’hui pose des problèmes insolubles que nous sommes en première ligne à subir. Problèmes qui ne pourraient être résolus que par des créations de postes importantes, ce auquel elle se refuse. Que compte faire la direction pour réellement maintenir les postes ? Recourir à des emplois précaires ? Ou encore à des prestataires extérieurs ?

Le mouvement de grève actuel à la BNF, contre la réforme de la communication directe, avec les exigences des créations de postes nous concerne également, nous subissons comme les personnels de Tolbiac et de Richelieu les baisses d’effectifs. Comme son projet de communication directe le démontre, la direction à recours à des méthodes de bricolage pour pallier les sous-effectifs, c’est également ce qu’elle pratique à Bussy, proposant par exemple aux agents des polyvalences transversales aux différents services pour pallier les postes manquants… Et Bussy étant habitué à être souvent la dernière roue du carrosse, il est également à craindre que fasse sur notre dos les colmatages qu’elle tenterait sur Tolbiac et Richelieu.

Cette situation n’est plus tolérable.

– Nous nous associons à nos collègues de Paris et à la grève actuelle pour exiger des créations de postes,
– nous souhaitons dès maintenant un arrêté de restructurations visant à ne pas bloquer les agent·es pour plusieurs années,
– Nous exigeons le maintien d’effectifs stables de titulaires jusqu’à 2027 sur ces sites.

Par des agents du CT BNF de Bussy-Saint-George