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Fermeture de la BnF au public à compter de vendredi 13/03 au soir

SUD Culture Solidaires / Section de la Bibliothèque nationale de France

Après plusieurs interventions de la CGT, FSU et SUD Culture, la BnF va fermer ses portes au public ce soir, vendredi 13 mars 2020.

La section Culture de la BnF a rappelé dans son courrier envoyé ce jour à la direction de la BnF qu’en vertu des obligations de l’employeur en matière de sécurité et de santé au travail, et dans un contexte où la prévention vis-à-vis des risques mal connus liés à cette épidémie prime sur toute autre considération, la continuation d’activité devait se réduire aux fonctions essentielles et que la majorité des agent-es non impliqué-es dans ces tâches devaient pouvoir bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence jusqu’à nouvel ordre. En effet, la fermeture au public n’exclut en rien les risques réels de contamination par l’usage des transports en commun et la concentration du personnel dans l’établissement. Nous avons également souligné que ces mesures doivent s’appliquer aux employé-es des entreprises prestataires externes, dont nous rappelons qu’ils et elles doivent jouir des mêmes matériel de qualité et consignes de protection que les agent-es internes tant que ces employé-es sont en poste et que la direction de l’établissement, en tant que donneur d’ordre, doit s’en assurer. Nous avons pu constater une différence certaine de traitement selon les entreprises dont les employé-es se plaignent et ce qui augmente leur inquiétude face à la situation globale.

Enfin, notre organisation a demandé à ce que les agent.es soient informé.es au plus vite des mesures prises ainsi que la tenue des réunions de suivi avec les organisation syndicales.

Mauvaise partition au département de la Musique de la BnF !

De l’audit à charge contre une organisation syndicale à l’interdiction aux magasiniers/ères de lire en salle de lecture

Depuis 2014 le département de la Musique de la BnF traverse une crise, essentiellement liée à des problèmes de sous-effectif et d’organisation du travail, mais aussi à des pratiques pour le moins discutables de « management ». Depuis des années, notre organisation syndicale n’a cessé de dénoncer cette situation délétère, tout comme la décision de la direction de vendre le bâtiment Louvois, qui a contraint le département de la Musique à intégrer le site de Richelieu dans des conditions plus que contestables[1]. Alors que la situation a connu une amélioration courant 2018, suite notamment à nos interventions syndicales, aujourd’hui le département semble à nouveau au fond du gouffre. Depuis plus d’un an, la souffrance au travail est le quotidien d’un certain nombre d’agent.es, dont plusieurs se terrent dans le silence, tandis que les arrêts maladie et les demandes de mutation se multiplient. Pour notre organisation syndicale, la responsabilité de cette situation est bien celle de la direction de la BnF qui, après avoir laissé la situation littéralement « pourrir », en vient à mettre en œuvre les pires méthodes pour se dédouaner.

Quand les choses vont mal, un audit patronal et ça repart !

Ce recours à des cabinets privés généralement fort couteux[2], pratique très à la mode dans le secteur privé depuis des années, consiste ni plus ni moins, sous le faux prétexte d’un regard « extérieur » sur une situation, en une externalisation des moyens d’analyse et de résolution des problèmes, fonction relevant pourtant des compétences des ressources humaines. Plutôt que de traiter les problèmes dans les instances compétentes (notamment le Comité Hygiène, Santé et Sécurité au Travail), ou encore de prendre réellement en considération les courriers émanant d’organisations syndicales représentatives ainsi que les alertes de la médecine de prévention, plaçons entre les mains d’« expertes » autoproclamées d’un cabinet d’audit l’avenir d’un département et de ses personnels.

Après avoir entendu les agent.es du département, le cabinet a commis un premier bilan, totalement partisan, puis a organisé un séminaire infantilisant, orientant une partie des agents, a plus ou moins se transformer en tribunal populaire, pour que le cabinet d’audit détermine finalement une des principales causes des dysfonctionnements : « une posture syndicale à recadrer », des personnes syndiquées désignées comme responsables et littéralement jetées en pâture ! Cette surprenante analyse, présentée sans complexe dans les conclusions d’un audit commandé par la direction de la BnF, a ainsi été soumise sans filtre à l’appréciation des organisations syndicales ainsi qu’aux membres du CHSCT de la BnF le lundi 17 février 2020.

Une « maladresse » qui en dit long

Suite aux réactions des organisations syndicales, et en premier lieu de la section SUD Culture de la BnF, sur le caractère inadmissible de cette formule, la direction de la BnF tout comme le cabinet d’audit KPMG[4] ont rapidement adopté la position habile du rétropédalage : il s’agit d’une « maladresse » de langage… A la place, il serait manifestement préférable de parler de postures individuelles de représentant-es syndicaux/ales, ce qui revient grosso modo au même : stigmatiser les lanceurs/euses d’alerte et lyncher les formes jugées non agrées de l’expression syndicale, autre exercice en vogue dans le secteur privé comme désormais dans le public. Ce type d’attaque présente en fait les symptômes d’une pratique par ailleurs illégale, qui est celle de la discrimination anti-syndicale, forme d’entrave souvent accompagnée de traitement différencié des personnes syndiquées, d’individualisation de l’expression d’une organisation (par exemple en demandant à un ou une agent-e des explications sur un tract émanant de son organisation), ou encore d’une surveillance particulière, de pratiques d’intimidations, voire de mise au placard (« bore-out ») etc…

Cette notion de « posture » est en fait une formule courante du patronat et de ses alliés, visant à délégitimer l’expression des syndicats, surtout quand ceux-ci sont combatifs : ainsi les syndicats et leurs représentant-es ne porteraient pas de revendications basées sur une expérience professionnelle et un collectif, mais adopteraient une « posture » n’ayant pas d’autre finalité qu’elle-même. C’est donc la soi-disant posture qu’il faut attaquer, les vrais problèmes n’étant traités que de manière superficielle, une fois qu’un ou une coupable[5] aura bien été désigné-e publiquement, ce qui a été fait au département de la Musique. Ce type de manœuvre est une pratique managériale fréquente, dont nous constatons au-delà des murs de la BnF qu’elle se fait chaque jour plus violente[6].

Après avoir trouvé des boucs-émissaires, un plan d’action bidon !

Sur la base de cet audit commandé par la direction de la BnF, les premières mesures sont donc tombées. Les agent-es doivent désormais suivre une série de mesures censées leur permettre de retrouver une forme de « cohésion », autre mot à la mode visant en réalité à faire taire toute critique au profit d’une attitude commune bien lissée permettant d’éviter les vagues. Parmi les mesures présentées qui ont suscitées une forme de stupeur pour une partie du personnel, sont apparues des injonctions tant lunaires qu’autoritaires.

Premier exemple, une « demande à tous les agents de maintenir leur porte ouverte le plus souvent possible »… Quelle logique peut bien conduire à obliger les personnels à s’exposer malgré eux/elles toute la journée durant ? La contrainte est-elle un moyen de rétablir de la sérénité dans un département soumis à une situation de souffrance au travail ?

Un autre exemple est celui … d’une interdiction de lire en salle de lecture ! Plus précisément cette interdiction semble ne concerner que les magasinie.ères, si l’on en croit l’interprétation qui a été donnée lors d’une réunion de département. La question se pose : les magasinier.ères qui lisent des livres sont-ils/elles dangereux.ses ? La direction du département a justifié cette mesure par un argument des plus populistes : Le public qui soi-disant paierait les salaires des magasiniers/ères ne serait pas content de les voir lire ! Pourtant, le livre crée du lien et parfois, même de la complicité : qui n’a pas souvenir d’une conversation engagée par un lecteur ou lectrice autour d’un livre lu par un-e agent-e ou consulté par un lecteur ou une lectrice ?  Une bibliothèque où il est interdit de lire, c’est le comble de l’absurde ! Le Louvre va-t-il interdire à ces agent.es de regarder les œuvres ? La direction de la BnF compte-t-elle désormais convoquer l’ensemble des magasiniers/ères de la BnF qui ont osé ouvrir un livre aux instants les plus calmes de leur service public pour les contraindre de cesser cette activité manifestement insupportable ?

Autre mesure, et pas des moindres : la mise en place d’une « réorganisation du service public » ! La direction prévoit ainsi, grâce à la solution miracle de la « réorganisation » qu’elle pratique régulièrement[7], la suppression d’un poste de magasinier en salle de lecture. L’accueil et l’attribution des places seraient désormais réalisés par les président.es de salle, l’unique magasinier/ère présent-e en salle ayant en charge l’installation des microfilms et les documents mis de côté. Le ou la magasinier/ère en charge des prélèvements qui était jusque-là en salle de lecture, sera relégué-e dans un bureau… Cachez donc ces magasiniers que nous ne saurions voir ! Ce projet va concrètement dégrader la qualité du service public et les conditions de travail des agent.es. Étonnant quand la direction de la BnF claironne à tout va que priorité doit être donnée au service public !

En lieu et place d’un vrai plan d’action, associant les agent.es du département, le service de prévention et le médecin, la direction opte pour des mesures autoritaires et totalement décalées. Quelle déception et quelle trahison pour les personnels du département ! Rappelons que le but annoncé par la direction au début l’audit était pourtant de résoudre les problèmes de souffrance au travail dans le département.

 La supercherie doit cesser !

Pour notre organisation syndicale cette attaque est annonciatrice d’un climat et d’un type de management qu’elle voit entrer, sous différentes formes dans notre établissement. Conjuguées aux difficultés de dialogue, aux passages en force réguliers sans consultation des personnels (dernier ex. avec le déplacement des agent-es du DEP hors de leur bureaux sans leur demander leur avis), à l’abandon de certains chantiers (tel celui des préconisations issues de la délégation d’enquête de 2015), ou encore le groupe de travail portant sur l’amélioration des conditions de travail), ces méthodes ne peuvent conduire qu’à un délitement des collectifs de travail, et à la remise en cause de toute forme de critiques des choix opérés par la direction.

Ni la direction de la BnF, ni un cabinet d’audit privé, n’ont à juger la légitimité de l’expression d’un syndicat et des formes qu’elle peut prendre. SUD Culture revendique son indépendance, son fonctionnement horizontal, tout comme sa liberté de s’exprimer selon les modalités qu’elle choisit. Elle encourage l’auto organisation des salarié-es, qu’ils/elles soient syndiqué-es ou non, l’expression libre de tous et toutes en dedans ou en dehors des instances institutionnelles, que ce soit par des prises de parole, des pétitions, des rassemblements ou encore la grève. Elle dénonce fermement toute manœuvre visant à stigmatiser, isoler, ou encore à individualiser son expression à travers ses membres pour mieux la contraindre ou la contrôler, la direction de la BnF n’étant pas à sa première tentative en la matière. Un coup porté contre l’un ou l’une d’entre nous étant un coup porté contre nous tous/tes !

Pour une réelle amélioration de la situation au département de la Musique, notre organisation syndicale exige :

l’arrêt de la stigmatisation des personnels de catégorie C et de la répression contre les personnels syndiqués

►l’arrêt de la réorganisation du Service Public et le retour au postage de 3 magasiniers/ères en salle de lecture

►le recrutement d’un-e chef-fe magasinier/ère pour la gestion quotidienne de l’équipe de magasinage

►La mise en place d’une réelle concertation avec les agent.es du département et l’arrêt des mesures autoritaires  

►Un renfort d’effectif pour permettre au déménagement de se faire dans de bonnes conditions

[1] https://sudculturebnf.wordpress.com/2018/03/02/richelieu-le-ministere-nous-promene-continuons-la-mobilisation/

[2] Notre organisation syndicale compte demander le coût de cet audit, la direction refusant par ailleurs de communiquer le coût des séminaires de « coaching » régulièrement organisés dans ce département.

[4] Cabinet non agréé par le Ministère du Travail

[5]notons qu’il est plus facile d’exercer ce genre de manœuvre contre des agent.es de cat. C

[6] https://solidaires.org/Proces-France-telecom-Un-interdit-majeur

[7] https://www.actualitte.com/article/monde-edition/greves-a-la-bnf-le-personnel-inquiet-pour-l-avenir-des-effectifs/91249

 

Face aux mensonges et aux manœuvres du gouvernement, poursuivons la grève à la BnF du 13 au 17 décembre !

Communiqué SUD Culture Solidaires
Section de la Bibliothèque nationale de France

Le gouvernement ne cède rien sur le fond mais il a peur du mouvement social. Il a accéléré le calendrier de la réforme, afin qu’elle passe dès le mois de février ; il cherche à diviser nos forces avec une transition progressive qui concernerait complètement les un-es, un peu les autres et pas du tout certain-es. Nous refusons ces tentatives grossières de nous diviser et nous savons très bien que les travailleurs/ses soi-disant exempté-e-s aujourd’hui seront en fait attaqué-e-s demain si la contre-réforme passe !

Nous sommes un établissement avec une majorité de femmes. Contrairement à ce qu’a prétendu Edouard Philippe, les femmes, qui souvent n’ont pas une carrière complète, seront d’autant plus lésées, de manière mécanique, par le nouveau système à points. Rappelons que les majorations de 5% par enfant ne concerneront plus qu’un seul parent, mais lequel à votre avis ?

Il veut surtout que tous les salariés travaillent plus longtemps, c’est ce qu’il ne cesse de marteler : les pensions seront si faibles, ou l’âge de départ à la retraite si tardif qu’il autoriserait (grand prince) à cumuler retraite et salaires à temps partiel. Nous travaillerons jusqu’à 64, 65, 66, ou plus…selon nos situations personnelles, nous y serons « incités ». Un recul historique quant aux droits chèrement acquis !

Quant à la proposition de gestion du système par les partenaires sociaux, cela n’offre en rien une garantie. Tant que le financement du système est verrouillé par un budget ne dépassant pas le 13,8% du PIB, nous devrons travailler plus… pour au final toucher moins. De même, la pension minimum « garantie » à 1000€ est en-dessous du seuil de pauvreté et c’est une arnaque, car elle existe déjà dans la loi depuis 2003 mais elle n’a presque jamais été appliquée !

Financer les retraites c’est pourtant possible ! Cela supposerait dans ce pays un autre partage des richesses en faveur de ceux et celles qui les créent, les travailleurs/ses . En effet, le gouvernement oublie de mentionner que :

Les retraites, c’est 330 milliards en 2018

-Le soi-disant déficit du système des retraites est de 3 milliards d’euros en 2018
-Le travail dissimulé + les non cotisation des gros employeurs à l’URSSAF = 24 milliards/an
– Le CICE, c’est 37 milliards par an donnés sans contrepartie aux grandes entreprises
-Le CAC 40 c’est 80 milliards de bénéfice par an dont 54 milliards pour les actionnaires
-Le total de nos cotisations salariales, c’est 400 milliards. Baisser le chômage de 1%, c’est 4 milliards de cotisations en plus.
-Aujourd’hui, sur l’ensemble des cotisations, celles des salariés représentent 40% et celles des employeurs 60%. Il y a 15 ans, c’était 30% et 70%. 100 milliards de plus pour les patrons et 100 milliards de moins pour nous !
-Exiger l’égalité de salaire femmes/hommes, c’est 4 milliards de cotisations en plus !

Conclusion : dans les caisses du patronat, il y a bien assez d’argent pour payer une retraite à 55 ans pour tout le monde. Car soyons clair, nos ennemis ne sont pas seulement le gouvernement, c’est bien aussi le patronat qui compte profiter de cette contre-réforme pour d’un côté continuer à détourner la richesse produite pour ses profits et de l’autre obliger les travailleurs/ses qui en auront les moyens à cotiser à des fonds de pension privés pour spéculer grâce à cet argent.

Depuis la grève on voit l’horizon…

De nombreux secteurs sont en grève reconductible, jusqu’au retrait de la contre-réforme: les transports bien sûr, SNCF et RATP,  mais aussi les hospitaliers, les raffineries (7 sur 8 sont bloquées depuis le 5/12), air France, l’éducation, l’énergie, le personnel de la fonction publique territorial dans certaines villes, à la Poste dans certains endroits, plusieurs entreprises dans le secteur privé (Bombardier, Dunlop…)

A la Culture, la grève est reconduite depuis le 5 décembre à l’Opèra de Paris, qui n’a fait aucune représentation, à la Bibliothèque Publique d’Information, au musée du Louvre et elle a été forte sur plusieurs jours au château de Versailles par exemple.

A la BnF, nous sommes en grève depuis le 5 décembre, avec des AG réunissant de nombreux/ses collègues et des cortèges importants en manifestation.

Il faut poursuivre cette grève active, c’est le seul moyen de préparer réellement la prochaine grande journée de manifestation et de grève interprofessionnelle du mardi 17 décembre, appelée par l’intersyndicale nationale. Pour continuer cette dynamique de lutte, pour mener des actions, pour rendre visible notre lutte, il faut continuer la grève !

C’est pourquoi la section SUD Culture de la BnF appelle non seulement à la grève le vendredi 13 et le samedi 14 décembre, comme cela a été voté en AG, mais appelle aussi à faire grève le dimanche 15 et le lundi 16 décembre, pour maintenir la lutte pour les 17 et 18 décembre !

On bloque tout, on ne lâche rien et on continue la lutte !


Les prochains RDV BnF :

LUNDI 16/12 : Assemblée Générale
>>> 12h30 HALL OUEST

MARDI 17/12 : MOBILISATION GENERALE, GREVE ET MANIFESTATION

DÉPART MANIFESTATION 14H république
RDV BnF >>> 14H DEVANT LE « GO SPORT » PL. DE LA REPUBLIQUE

Poursuivons la grève à la BnF le dimanche 8 et lundi 9/12 (+ AG lundi 9 à 12h30 hall ouest)

SUD Culture Solidaires
Section de la Bibliothèque nationale de France

Contre la casse du système de retraites par répartition
Pour défendre et améliorer nos droits à la retraite
Pour nos emplois, nos conditions de travail, contre la précarité et le sous-effectif
Après les 5,6 et 7/12,
Poursuivons la grève à la BnF le dimanche 8 et lundi 9/12
Le gouvernement Macron veut remplacer le système actuel par un système de retraite à points. Il nous vante : universalité, simplicité, transparence… il ment ! L’objectif du président des riches est de réduire les pensions pour donner moins aux retraité·e·s et de contraindre tou·te·s les travailleur·euse·s à partir en retraite plus tard. C’est parce qu’il veut limiter à 14 % la part du PIB consacrée aux retraites, et que les patrons ne cotisent pas un euro de plus. La même dépense de pensions pour davantage de retraité·e·s, c’est la baisse pour tout le monde !

Aujourd’hui nous savons quels sont nos droits en fonction de nos salaires et de notre durée de cotisation, c’est un système à « prestations définies ». Demain la valeur du point, la conjoncture économique, le nombre de retraité·e·s, l’espérance de vie… vont passer nos droits à la moulinette. Le montant de pension dépendra de la valeur du point l’année en cours, avec une formule mathématique permettant d’équilibrer les comptes entre les recettes et les dépenses et en prenant en compte l’espérance de vie pour chaque génération… On bascule dans l’imprévisible et l’absence de garanties.
De plus, le système à points prend en compte l’ensemble de la carrière dont les années de galère, celles où les salaires sont faibles… alors qu’aujourd’hui seules les 25 meilleures années sont prises en compte ou les 6 derniers mois pour le public. Ça diminuera la pension pour les carrières en dents de scie, avec des interruptions. Les inégalités continueront à s’accroitre.

Aujourd’hui 20% de la masse des pensions sont des droits accordés à des salarié·e·s momentanément hors travail (maternité, maladie, invalidité, chômage indemnisé…). Les femmes (en général) bénéficient d’une majoration de durée d’assurance pour avoir élevé un enfant, d’autres salarié·e·s d’une retraite anticipée au titre de la pénibilité. Ces solidarités sont garanties, en étant au cœur du système. Demain, ces points seraient payés par un fonds de solidarité (Unedic, Sécurité sociale ou impôts). Les solidarités dépendraient de décisions budgétaires du gouvernement. Leur diminution est programmée…

Le système à points est contributif, « 1 € cotisé donne les mêmes droits ». « A belle carrière, bonne retraite » ; à mauvaise carrière…C’est la vision du monde de Macron, qui sépare « ceux et celles qui ont réussi de ceux et celles qui ne sont rien ».

AFIN DE GARDER LA DYNAMIQUE DE LA LUTTE, POUR CONSTRUIRE UNE GREVE LA PLUS FORTE ET LA PLUS ACTIVE POSSIBLE, POUR FAIRE RECULER LE GOUVERNEMENT

LA SECTION SUD CULTURE DE LA BnF APPELLE A POURSUIVRE LA GREVE LE DIMANCHE 8 ET LE LUNDI 9/12 et à participer massivement à l’Assemblée Générale des personnels lundi 9 décembre (12h30 hall ouest).
   

Nous voulons

Justice sociale

La sécurité sociale, dont les retraites font partie, sert à accorder des droits aux personnes qui sont dans l’incapacité de travailler pour subvenir à leurs besoins. Mais ces droits ne doivent pas être au rabais. Une retraite doit être digne, dans la continuité d’un salaire que nous souhaitons digne aussi. C’est pourquoi le système doit être redistributif, donner plus à ceux et celles qui ont moins. Alors que les profits des grandes entreprises augmentent sans cesse, que les dividendes alimentent une poignée d’ultra riches, c’est justice de demander une augmentation des salaires et des cotisations sociales qui doivent servir à vivre mieux tout de suite et demain.

Solidarité intergénérationnelle
Aujourd’hui nous sommes censé·e·s travailler jusqu’à 62 ans, pourtant l’âge moyen où les personnes quittent leur travail est de 60 ans du fait de maladie ou de chômage. Dans le même temps les jeunes tardent à trouver un vrai travail et surtout un vrai salaire. Et si c’est vrai qu’on vit plus longtemps, ce n’est pas nécessairement en bonne santé. Alors travailler plus longtemps pour un patron, c’est non !

Égalité femmes/hommes
Les inégalités dans le monde du travail et dans la famille se répercutent sur le salaire et l’emploi des femmes. Ces inégalités sont amplifiées au moment de la retraite laissant de nombreuses femmes sans moyens pour vivre dignement. Nous ne voulons pas l’aumône mais un système de retraites qui corrige les discriminations plutôt que de les amplifier. C’est ça un système solidaire.

•Pour tous les régimes, taux de remplacement à 75 % (entre la retraite et le dernier salaire ou traitement).

• Pas de retraite inférieure au SMIC.

• 37 années de cotisations pour le taux plein.

• Non à la décote.

• Et pour payer les retraites, il faut des cotisations sociales sur tous les revenus distribués par les entreprises : salaires, primes non intégrées dans le salaire, participation, intéressement, dividendes…

• Age légal de départ à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles et maintien des droits professionnels.

• Maintien des droits familiaux pour les femmes tant que l’égalité des salaires et dans la prise en charge des enfants n’est pas réalisée, pour la majoration des retraites du niveau des inégalités de salaires constatées.

• Sur-cotisation sociale patronale équivalente à celle d’un taux plein sur l’emploi à temps partiel.

• Mise en place d’un congé parental partagé, bien rémunéré et qui ne coupe pas avec l’emploi.

• Développement des équipements de la petite enfance.

• Droit pour tous les étranger·ère·s qui ont cotisé de rester en France pour pouvoir bénéficier de leur retraite.

• Prise en charge à 100 % de la perte d’autonomie par la Sécurité sociale.

• Non au système à points qui diminue les pensions, augmente les inégalités et diminue les solidarités.

• Intégration des régimes de retraites complémentaires dans les régimes de base en annuités.

• Maintien des systèmes par annuités en abrogeant les réformes régressives et en les améliorant.