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La direction de la BnF « réorganise » dans le dos des personnels : SUD Culture claque la porte du Comité Technique

Déclaration liminaire au Comité Technique de la BnF du 10 juillet 2019

SUD Culture Solidaires / Section de la BnF

Mercredi 10 juin 2019

« Notre organisation syndicale vous informe qu’elle ne siégera pas au Comité Technique du 10 juillet.

Malgré les demandes portées, sous différentes formes, par l’intégralité des organisations syndicales de notre établissement, pour différer la mise au vote d’un projet qui tant dans son application concrète que dans son esprit incarnera un précédent pour les personnels de la BnF, nous constatons que la direction de la BnF a décidé d’opérer à un passage en force.

Passer au vote, durant l’été et donc en l’absence d’une partie du personnel, sans donner la possibilité aux organisations syndicales de présenter les dernières évolutions d’un projet qui a fait l’objet d’une mobilisation très importante des personnels durant de longs mois, incarne un manque de respect tant pour les organisations syndicales que les personnels de notre établissement.

Nous passerons sur le refus, devenu habituel, de la direction d’accéder à la demande de deux organisations syndicales de différer une reconvocation que nous avons jugée précipitée du Comité Technique ce jour, un mercredi, à 15h, pour des débats qui ne pourront être qu’expédiés.

De surcroit, nous constatons que la demande de notre organisation syndicale, de revoir en CHSCT un projet de réorganisation qui n’a pas été intégralement l’objet de débats comme la direction le prétend, essuie un nouveau refus. Pourtant, de nouveaux paramètres ont bien été intégrés à la nouvelle mouture du projet d’évolution du SP (le travail le dimanche, l’obligation de SP pour les autres directions que la DCO, etc). Nous prenons donc acte du fait que la direction de la BnF considère le CHSCT comme facultatif sur des questions aussi importantes que celles des conditions de travail, d’évaluation des risques, ou encore de changements des cadences de travail.

Une fois de plus, la direction de la BnF dévoile sa conception bien particulière du dialogue social.  En conséquent, nous faisons à regret le constat que les conditions de ne sont pas réunies pour avoir les débats « apaisés » pourtant plébiscités par la direction. Le climat entretenu par la direction de la BnF montre bien que pour elle, les jeux sont faits, et que ce projet verra peu importe les avis des organisations syndicales jour à la rentrée, comme cela nous a bien été signifié dans divers courriers envoyés suite au boycott du Comité Technique du 09 juillet.

Quoi qu’il en soit, la section SUD Culture de la BnF réaffirme son opposition complète au point « évolution du SP » qui sera soumis au vote lors de cette instance et qui incarne toujours pour nous un recul social.

                -La notion bancale de volontariat, qui n’a pas de fondement réglementaire dans la Fonction Publique, qui est ici utilisée de manière abusive et qui ne remplacera jamais l’arrivée de vrais effectifs en personnels titulaires de cat.C, ne nous convainc pas, d’autant plus quand il s’agira de forcer certaines personnes à être volontaires.

                -Les inégalités créées et la carotte dérisoire de prime supplémentaire visant notamment les personnels les plus pauvres à travailler plus de samedis, relèvent toujours pour nous d’un cynisme que nous refusons de voir entrer à la BnF.

                -quant à l’ultra transversalité plébiscitée par la direction, entre services, entre directions, qui dénigre les spécificités de nos métiers, renvoie les personnels à l’état de pions interchangeables, sans souci des questions de charge de travail déjà existantes par exemple pour les agent-es de la DSR forcé-es à faire du SP, incarne aussi une voie que nous refusons de voir validée.

Notre organisation syndicale s’engage en revanche à continuer la mobilisation, avec les personnels, contre ce projet et son esprit général (dont on a eu un aperçu cauchemardesque avec un projet de monitorat étudiant et des cycles de travail mardi-samedi pour l’instant mis de côté) qui ne visent qu’à adapter la BnF aux pénuries et à l’austérité budgétaire, contre les suppressions de postes, pour l’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct et le passage en CDI des précaires recrutés sur des CDD abusifs.« 

poing

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Soutien aux travailleurs sans papiers de Chronopost Alfortville en lutte : pétition à signer et faire circuler !!!

POUR SIGNER LA PETITION, C’EST ICI


Nous, soussigné-e-s, soutenons les travailleurs sans papiers et leur Collectif des Travailleurs Sans Papiers de Vitry, en lutte depuis le 11 juin 2019

Ces travailleurs sont victimes d’uns sous-traitance en cascade dont LA POSTE est le donneur d’ordre. Ils luttent pour obtenir leur régularisation et leur intégration au sein de La Poste. Dès à présent la direction de La Poste doit fournir les documents pour permettre leur régularisation.

Régularisation des Postiers sans papiers en lutte !

Ce qui se cache derrière Chronopost…
Chronopost est une marque de La Poste, spécialisée dans l’envoi du courrier express : les produits Chronopost sont vendus dans tous les bureaux de Poste. Les envois de courrier en Chronopost, aux tarifs élevés, rapportent beaucoup d’argent à La Poste.

Mais derrière ces produits vantés par La Poste pour leurs délais de livraison express, derrière la marque Chronopost, se cache une réalité sordide et inhumaine !

La Poste, c’est l’État (100% de capitaux publics)… Et pourtant !!!
Pour décharger les camions transportant les envois Chronopost et pour trier ces envois afin de permettre leur distribution, La Poste utilise en toute connaissance de cause des travailleurs sans papiers privés des droits élémentaires dont bénéficient les autres salariés en France.

La Poste profite des menaces d’expulsion du territoire qui pèsent sur eux pour imposer des conditions de travail qui ne respectent ni le droit du travail ni la dignité humaine. Ces travailleurs embauchent à 3 ou 4 heures du matin. Employés à temps partiel, leur salaire mensuel s’élève à 600 euros. Les heures supplémentaires ne sont pas payées ! S’ils réclament, c’est la porte, sans possibilité de se défendre à cause de leur situation de sans-papiers ! De même en cas de maladie ou de revendications.

Depuis le 11 juin, plusieurs dizaines de travailleurs sans-papiers employés par Chronopost sont présents jour et nuit devant l’agence d’Alfortville pour demander leur régularisation.

– Venez les rencontrer devant l’agence Chronopost – 2 chemin de Villeneuve St Georges à Alfortville (94 Val de Marne)
– Versez à la caisse de solidarité qui permet d’organiser le piquet devant l’agence Chronopost d’Alfortville !
– Signez la pétition pour la régularisation des travailleurs sans-papiers de Chronopost !

Collectif des Travailleurs Sans Papiers de Vitry
SUD solidaires PTT
Union syndicale Solidaires 94
Confédération Nationale du Travail – Solidarité Ouvrière
Union locale CGT de Maisons-Alfort / Alfortville

Lien à faire circuler pour signer et faire signer la pétition :

https://www.change.org/p/a-monsieur-le-pr%C3%A9sident-du-groupe-la-poste-soutien-aux-travailleurs-sans-papiers-de-chronopost-alfortville-en-lutte?recruiter=973047359&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

égaux égales

Brésil : grève générale le 14 juin

bda2508965af79a4-86e7fAu cours de ces cinq premiers mois de gouvernement, le président d’extrême droite, Bolsonaro s’est attaqué aux droits des travailleurs et travailleuses du Brésil. C’est une politique qui profite aux banques, aux entreprises et aux grands propriétaires terriens et qui entraîne la pauvreté et la faim pour la classe ouvrière.

Le chômage a augmenté et il y a plus de 60 millions de personnes exclues du marché du travail formel. La réforme des retraites aggravera la situation en empêchant les travailleurs de prendre leur retraite, en détruisant les droits à la sécurité sociale et en augmentant la misère.

Face à ce scénario d’attaques perpétrés par le gouvernement Bolsonaro contre les droits, les travailleurs du Brésil organiseront une grève générale le 14 juin.

Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes soutiennent la motion ci-après, en solidarité avec la grève générale du 14 juin au Brésil.

Voir sur le site du réseau

Jour 18 – Procès France Télécom : Time to move : marche ou crève !

procès lombard

L’audience du 4 juin 2019 du procès France Télécom, vue par Annick Coupé, secrétaire générale d’ATTAC, co-fondatrice de la fédération SUD PTT et ancienne porte parole de l’Union syndicale Solidaires.

La dernière fois que j’ai mis les pieds dans un tribunal, c’était au début de l’année 2018, lors du procès intenté par APPLE à l’association ATTAC. APPLE demandait au juge de condamner les actions qui exigeaient « qu’APPLE paie ses impôts ». Les avocats de la multinationale expliquaient alors qu’APPLE respectait parfaitement les lois et que ces actions (pourtant festives et pacifiques) mettaient en danger ses clients et ses salariés… Cette morgue des avocats de la multinationale APPLE, je l’ai retrouvée lors de ce procès mettant en cause les dirigeants d’une autre multinationale, France Télécom devenue Orange SA, même si bien sûr, les deux procès n’ont rien à voir… […]

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Jour 15 – Procès France Télécom : A quelle place décide-t-on de s’asseoir ?

procès lombard

L’audience du 29 mai 2019 du procès France Télécom, vue par Stéphane Brizé,  réalisateur et scénariste de films, parmi sa filmographie citons « La loi du marché », « Mademoiselle Chambon », « Une vie » et « En guerre ».

 

Mercredi 29 mai 2019, Il est 19h30 quand Sébastien Crozier, (cadre chez Orange et Président de la CFE-CGC Orange) vient déposer à la barre. Je suis assis depuis 6 heures sur un banc en plastique très élégant dans ce tribunal tout neuf mais sur lequel je commence néanmoins à avoir du mal à trouver une position idéale. Sébastien Crozier a un CV long comme le bras, il est diplômé de l’École Supérieure d’Ingénieurs en Électrotechnique et Électronique (ESIEE), il a dirigé des filiales de France Telecom en France et à l’étranger, il a monté des start-ups hyper innovantes, il a participé à lancer Wanadoo, bref c’est ce qu’on peut appeler une grosse tronche. Au moins autant que la plupart des gens qui sont assis sur sa droite sur le banc des prévenus : Didier Lombard (ancien PDG de l’entreprise), Olivier Barberot (directeur exécutif chargé des ressources humaines), Brigitte Dumont (responsable du programme ACT), Pierre Louis Wenes (directeur général adjoint), Jacques Moulin (directeur territorial de l’Est de la France) et Nathalie Boulanger (directrice des actions territoriale). Manque juste Guy Patrick Cherouvrier (DRH France).

Mais Sébastien Crozier est là, dans ce tribunal, invité à témoigner comme partie civile. Il est venu raconter la violence à l’œuvre chez Orange au cours des « années Lombard ». L’entreprise dont il est l’un des salariés. On peut difficilement le taxer d’être un dangereux communiste, la CFE-CGC, le syndicat qu’il préside, n’est objectivement pas une filiale de Sud ou de la CGT. Un mètre de distance sépare Sébastien Crozier du premier prévenu, Didier Lombard. Mais un gouffre béant les distancie pourtant. Cette géographie des corps dans ce tribunal raconte la manière dont on décide de mener sa vie. Qui est le plus courageux de ces hommes et de ces femmes ? Celui qui malgré des postes de pouvoir refuse d’être un exécutant des basses œuvres de l’ultra-libéralisme ou celui qui exécute les ordres venus d’en haut. Le courage est-il d’oser dire non à un système ou de faire ce qui peut-être nous répugne ? Je repense au travail de Christophe Dejours qui compare sans ambiguïté les mécanismes à l’œuvre dans la violence du management aux mécanismes concentrationnaires du système nazi. Résumé en deux lignes, cela peut sembler excessif… mais quand on referme son livre « Souffrances en France », on est en droit de trouver la comparaison intéressante.

 

Sébastien Crozier n’attribue pas la violence au système en lui-même mais aux hommes qui étaient en charge de le faire fonctionner. […]

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Jour 14 – Procès France Télécom : « Ils ont exigé des fauteuils » (visite à une installation judiciaire)

procès lombard

Les audiences des 27 et 28 mai 2019 du procès France Télécom, vue par Serge Quadruppani, auteur de romans et d’essais, d’articles en ligne et sur papier, traducteur de l’italien, directeur de la collection « Bibliothèque italienne » chez Métailié, derniers livres parus « Le monde des Grands Projets et ses ennemis, Voyage au cœur des nouvelles pratiques révolutionnaires »,  Éditions La Découverte et « Sur l’île de Lucifer » Snag/La Geste Éditions.

Sur l’architecture du nouveau palais de justice de Paris, beaucoup a déjà été dit, ici et ailleurs. Disons qu’avec son apparence de hall d’aéroport, elle est l’une des dernières illustrations de cette tendance à tout calquer sur la pointe avancée de la sphère de la circulation du capital, le transport aérien (on sait que la SNCF cherche à transforme ses trains en avions low cost, avec un succès discutable). Ce qui distingue peut-être particulièrement les lieux, c’est cette insistance sur la lumière, une luminosité envahissante, dure, qui découpe le bord des choses et interdit les nuances de l’ombre. Un tel choix est à l’évidence en syntonie avec cet imaginaire de la transparence (publicité des débats et recherche de la vérité) qui est constitutif de l’Institution et que les vitres omniprésentes et les rambardes de verre rendent redondant. La Justice est là pour faire toute la lumière, on le sait, c’est du moins ce qu’elle prétend. Avec le procès de France Télécom, elle devrait donner à voir les méthodes de management qui ont entraîné un certain nombre de suicides. Mais précisément, qu’avons-nous vu ?

Dans la salle d’audience, les bancs réservés au public sont à une telle distance de l’écran où sont présentées les pièces principales du dossier, et la sono est si déficiente, qu’on a déjà bien du mal à voir et à entendre. Mais ce n’est pas là le principal obstacle à l’entrée de la lumière. Ce qui rend toute chose opaque, ce sont ces neuf personnes alignées à droite, cette première ligne qui s’appuie sur une troupe d’avocats en rang serré, soutenue sur son flanc droit par la cavalerie des assistantes studieuses paissant en permanence leurs ordinateurs. Sept hommes et deux femmes font face à de pugnaces avocats des parties civiles et doivent régulièrement venir se placer dans la ligne de mire d’une présidente qui, après avoir lu d’interminables pièces à conviction avec l’application d’une maîtresse d’école qui met le ton, va mener l’instruction à la barre sans trop les ménager. Mais il en faudrait davantage pour les ébranler. Ils en ont vu d’autres, ce sont des managers. […]

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Jour 13 – Procès France Télécom : Le Blues des Télécom

procès lombard

L’audience du 27 mai 2019 du procès France Télécom, vue par L’1consolable, auteur, compositeur et interprète de ses morceaux, rappe, sur de bons vieux breakbeats hip-hop teintés de jazz, de blues ou de soul, la violence d’une société qui la pratique au quotidien tout en la prêtant à ceux qui se retournent contre elle.

Couplet 1 :

Comme dit Nabila : « Non, mais allô! »
Y’a-t-il quelqu’un au bout du fil, ou bien sont-ils tous tombés à l’eau ?
Où sont ceux qui se défilent, tous ceux qui détalent, au
fond en ont jeté d’autres par-dessus bord pour alléger l’bateau ?
Ces cons mégalos sont des salauds et ils ont des noms :
Didier Lombard, Louis-Pierre Wenes, Olivier Barberot !
Ces patrons pourraient avoir de la compassion, mais non:
on a pu voir lors de leur audition qu’ils n’en ont pas trop !
Les trois gros poissons de la boîte dont l’action
compte, marque son inféodation aux monde des transactions,
embarque son personnel et multiplie les exactions,
c’est le pacson que l’actionnariat vise, pas l’émancipation !
L’implication? 60 suicides, 40 tentatives
en 3 ans, la liste s’accroissant de tant de gens captifs
des désirs cupides que chez d’autres le CAC 40 avive,
lesquels ne s’en lamentent pas, arrivent de manière apparente à vivre
avec les pertes massives que leur intendance active,
il semble que ce soit de santé, voire de vie, dont l’emploi prive !
Et ce bien que Lombard nie d’une façon faussement naïve
toute espèce de responsabilité – « Je n’y peux rien », lancera-t-il-,
gardons-nous de conclusions hâtives mais une lame dans le ventre à vif,
en pleine réunion, qu’Yonelle se plante ravive
nos soupçons, car leur souci comme le jugement arrive
ce n’est pas tant la vérité, qu’évidemment le tarif !

[…]

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