Archives pour la catégorie « vacataires » BnF

Précarité à la BnF : La LUTTE CONTINUE !

SUD Culture Section BnF

Appel de collègues « vacataires » à une Assemblée Générale
SAMEDI 19/11, 12h30-13h30, Tolbiac, locaux syndicaux T4A2 !

En septembre sont arrivés de nouveaux contrats précaires spécialement concoctés par la direction pour pallier le sous-effectif chronique dont souffrent les équipes de service public. Aux collègues « vacataires » embauché-es parfois depuis des années en CDI et travaillant jusqu’à 110h par mois notamment en soirée et le weekend, se sont greffées – sur des tâches similaires et bien permanentes – des agent-es sur contrats d’un an renouvelables une fois et sur de faibles quotités horaires, qui forment des équipes SP dîtes « mobiles » le matin ou sont posté-e-s selon les besoins.

Cette situation absurde, qui creuse les inégalités entre agent-es, est la conséquence directe des choix de la direction, qui a décidé de renier son engagement à embaucher en CDI et jusqu’à 110h/mois les agent-es « vacataires » travaillant sur des besoins permanents (protocole de fin de grève signé par la présidente de la BnF Laurence Engel avec les organisations syndicales CGT-FSU-SUD en 2016).

Malgré des mois de lutte contre cette situation liée au sous-effectif en cat. C et de nombreux préavis de grève, les choses n’ont pas bougé, la direction ayant ainsi et de son seul fait décidé d’instaurer un conflit durable, conflit qui ne risque pas de s’éteindre quand on considère l’insupportable affront incarné par cette politique antisociale.

Pendant ce temps, la réorganisation du service public, dont nous constatons chaque jour l’inefficacité et l’indigence, continue de désorganiser le travail des équipes de magasinage, qui comportent désormais 4 statuts différents : des magasiniers/ères titulaires, des magasiniers/ères contractuel-les à temps plein, des « vacataires » en CDI à 110h et d’autres sur des contrats de 1 an (sans compter les contrats réellement temporaires de remplacement)…

Nos collègues fraîchement embauché-es (élégamment surnommés les « voitures balais » dans les hautes sphères qui n’en sont plus à une marque de mépris près), se retrouvent à courir pour des salaires de misère et sur un temps réduit de station en station, coupé-es du reste de leur équipe, sans affectation précise, et parfois sans pause déjeuner comme c’est le cas le samedi avec des postages de 11h à 14h.

A côté de cela, les plus ancien-nes « vacataires » se sont vu-es promettre une soi-disant sortie de la précarité suite à l’ouverture de postes de contractuel-les à temps plein mais qui en fait ne permettent d’obtenir le statut protecteur de fonctionnaire et qui ne donnent pas droit aux primes, créant ainsi une différence de salaires avec leurs collègues fonctionnaires. Dans l’air du temps, la direction joue pleinement la contractualisation de la Fonction Publique voulue par le gouvernement et dont la finalité est bien de libéraliser l’ensemble des services publics. La seule sortie viable, c’est celle du recrutement direct de magasiniers/ères (avec volet interne) pour titulariser les précaires !

Mais la solidarité tout comme la colère sont là et de nombreux/ses agent-es marquent

régulièrement leur désaccord avec cette gestion antisociale des effectifs, d’autant plus quand cette gestion catastrophique se double d’atteinte aux droits les plus élémentaires des plus précaires d’entre nous (droit aux demi-journées d’indisponibilités, de suivre des formations sur le temps de travail, accès aux prestations sociales etc.).

En appui à l’appel diffusé par des collègues « vacataires » du DEP (voir au dos), la section SUD Culture de la BnF appelle les précaires de l’établissement mais aussi l’ensemble des agent-es à s’organiser en participant à une :

Assemblée Générale
Samedi 19 novembre > 12h30-13h30

Locaux syndicaux Tolbiac T4/A2

Une heure d’information syndicale a été déposée pour vous permettre d’y assister sur votre temps de travail. Prévenez juste votre hiérarchie, venez déjeuner sur place et en encouragez les collègues hésitant-es à venir !

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BnF en grève, personnels mobilisés

Rassemblement BNF et manifestation interprofessionnelle ce jeudi 29 septembre

Depuis 2009, à cause des politiques d’austérité des différents gouvernements, la BnF a perdu plus de 400 agent-e-s, soit plus de 15 % de ses effectifs. La direction de l’établissement prétend que cette hémorragie s’est arrêtée ces dernières années. Elle oublie de dire que c’est grâce à la grève du personnel en 2016 qu’il y a eu un arrêt des pertes théoriques de postes à partir de 2017, ce qui n’a pas empêché le ministère de la Culture de couper encore 10 postes en équivalent temps plein en 2018. Pourtant, entre 2017 et 2021, la BnF a continué à perdre 100 agent-e-s, soit 54 équivalent temps plein. Pourquoi ? Parce que dans le cadre d’une masse salariale contrainte, la direction a fait le choix de privilégier le recrutement de contractuel-le-s à temps plein en catégorie A sur des postes de chargé-e-s de mission plutôt que de pourvoir les postes essentiels sur le cœur de métier de la BnF, en particulier en catégorie C.
Ainsi, la BnF a perdu 200 postes de fonctionnaires en catégorie C depuis 2009, soit la moitié de la perte des postes, alors que les catégories C ne formaient alors que un tiers des effectifs. Si on rajoute les suppressions de postes d’agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet, dont le nombre a diminué de 50% dans le même temps, on voit bien à quel point la catégorie C a porté la très grande majorité des suppressions de postes. La direction de la BnF a sciemment sacrifié cette catégorie. Ainsi, malgré la stabilité supposée des effectifs, la direction a supprimé 40 agent-e-s de catégorie C entre 2020 et 2021, en pleine crise sanitaire.
Cela a touché en particulier le corps des magasiniers-ières, avec la suppression de 170 postes en une dizaine d’années, soit 30 % des effectifs à la BnF, ce qui est énorme.

Les conséquences de ces suppressions continues sont que désormais, il n’y a pas assez de personnel de magasinage pour assurer le fonctionnement normal du service public et de la communication des documents. Face à cette situation de crise qu’elle a elle-même créé, la direction n’a pas décidé de recréer les postes perdus, elle a décidé d’imposer une diminution des services au public, faisant ainsi payé cette dégradation de la situation à la fois aux usagers-ères et au personnel.

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Lettre ouverte au directeur général de la BnF concernant le plan de « déprécarisation » mis en place par la direction

Section de la Bibliothèque nationale de France

Paris le 26 août 2022

A l’attention du Directeur Général de la BnF

Monsieur,

Vous vous êtes engagé, ainsi que l’ensemble de la direction de la BnF lors du Comité Technique du 14 avril 2022, à mettre en place au sein de l’établissement un plan de « déprécarisation » à destination des agent·es contractuel·les à temps incomplet en CDI, en particulier de catégorie C. Plus de 4 mois après cette décision, nous ne pouvons que constater que la mise en place de ce plan pose déjà de nombreux problèmes.

La communication de la direction sur ce plan de déprécarisation, en plein été, s’est avérée floue, voire truffée de contradictions. Alors qu’un « recrutement réservé » était annoncé en Comité Technique, puis en réunion de négociations avec l’intersyndicale CGT-FSU-SUD, puis sur Biblionautes, et qu’il est fait mention de « postes contractuels à temps complet […] réservés » dans la documentation envoyée aux agent·es concerné·es, les offres d’emplois officielles publiées sur le site de la BnF elles-mêmes ne le mentionnent nulle part. Qu’est-ce qu’un « recrutement réservé » si tout le monde peut y postuler, puisque les offres sont en fait publiques et ouvertes à différents types de candidatures ?

En effet, les postes mis en ligne ont été ouverts tant aux titulaires internes qu’aux externes à la BnF. De fait, les agent·es non-titulaires à temps incomplet, au lieu de bénéficier d’un recrutement « réservé », se sont donc retrouvé·es en concurrence avec les agent·es fonctionnaires de la BnF, qui selon les règles de gestion imposées par la direction elle-même au 1er juin 2022, sont prioritaires au recrutement. Cette concurrence malsaine, que nous avons déjà vivement dénoncée, s’avère extrêmement problématique, d’autant plus depuis que la direction a décidé de supprimer les mouvements internes à date fixe, privant ainsi les titulaires et contractuel·les temps plein d’un moment dédié à la mobilité. D’ailleurs, le fait que les postes aient été publiés à des dates différentes a créé de la confusion dans le calendrier présenté aux précaires de l’établissement. Il y en a été de même par rapport aux types d’agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet qui pouvaient réellement prétendre participer à ce « plan de déprécarisation ».

De ce fait, le calcul même de 115 postes réservés proposés entre 2022 et 2027 pose beaucoup de questions. Notamment qu’adviendra-t-il des collègues normalement concerné·es qui n’auront pas été retenu·es, en faveur de collègues titulaires par exemple ? La direction prétendra-t-elle encore qu’un poste pourvu par un·e fonctionnaire était bien un poste « réservé » à un·e contractuel·le ? Un autre poste « réservé » sera publié dans la foulée ? Autant d’éléments qui n’ont, une fois de plus, pas été anticipés par la direction au sein d’un cadre de gestion qui chaque jour qui passe ressemble de plus en plus à une « usine à gaz », avec pour résultat provisoire des services traitant les candidatures à leur guise, « à compétence égale » mais en fait de manière arbitraire et différente.

Revenons par ailleurs sur la décision même de la direction de la BnF de communiquer au début du mois de juillet, en pleine période estivale, en demandant notamment aux collègues concerné·es de renvoyer avant le 31 juillet un questionnaire pour faire savoir leur volonté ou non de s’inscrire dans le fameux plan de « déprécarisation » dont les diverses modalités sont loin d’être claires pour l’ensemble des agent·es. Ces délais, pour le moins serrés, nous font douter du fait que l’ensemble des collègues auront pu répondre dans les temps à ce « questionnaire » avec toutes les informations nécessaires pour cela, à ce titre nous demandons qu’un premier bilan soit présenté au plus vite aux organisations syndicales.

D’autre part, nous notons que les collègues qui choisiraient de postuler sur des postes de contractuel·les à temps plein seraient, en début de carrière, à l’échelon majoré 352, le même que les magasinier·es titulaires en début de carrière, mais, contrairement à elles et eux, ils et elles ne bénéficieraient pas de l’IFSE, réservé aux titulaires de la Fonction Publique. De ce fait, le salaire perçu à la fin du mois serait inférieur de 400 euros pour le même travail fourni, une inégalité de traitement insupportable, qui a bien été identifiée par de nombreux·ses agent·es s’interrogeant légitimement sur cet écart à tâches de travail pourtant égales, et que la direction aura probablement du mal à justifier.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de nouveau de mettre fin immédiatement à cette mascarade, mise en place de façon brouillonne, source d’inégalités entre collègues et de mettre immédiatement en place un recrutement sans concours avec volet interne, afin de permettre aux collègues à temps incomplet de vraiment sortir de la précarité en devenant titulaires de la Fonction Publique, ce sans entrer en concurrence avec leurs collègues contractuel-le-s à temps plein ou titulaires. Vous ne devez pas être sans savoir que le musée du Louvre a obtenu pour l’année 2022 un recrutement de 80 nouveaux et nouvelles titulaires en catégorie C, par le biais d’un recrutement sans concours devant avoir lieu à l’automne, avec prise de poste au premier semestre 2023. Si le Louvre peut le mettre en place, il n’y a aucune raison que la BnF se limite de son côté. Bien sûr, le mieux serait un vrai plan de titularisation sans condition des agent-e-s précaires de notre établissement.

Nous réitérons enfin, puisque la direction prétend s’intéresser aux précaires de notre établissement, notre opposition totale aux nouveaux contrats à temps incomplet qui seront mis en place à la rentrée 2022. Si la direction tient vraiment à lutter contre la précarité, qu’elle commence par cesser de créer des contrats jetables d’un an éventuellement renouvelable une année de plus, qui priveront nos futur·es collègues de plusieurs droits dont celui de bénéficier d’un emploi stable, quand bien même ils/elles sont étudiant·es. Nous renouvelons à ce titre notre demande de retour à l’accord passé en 2016, autour d’un protocole de fin de grève signé de la présidente de la BnF avec l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD, consistant à embaucher en CDI tout·e agent·e à temps incomplet travaillant sur un besoin permanent. Notre organisation syndicale restera intransigeante face à ce grave recul social pourtant annulable à tout moment. Faut-il encore que la direction reconnaisse ses erreurs et accepte, après des mois d’une lutte loin de s’assoupir dans les esprits, de revenir enfin sur sa décision.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer Monsieur nos sincères salutations de syndicalistes en lutte,

La section SUD Culture BnF.

Boycott de la Commission Consultative Paritaire des Contractuels de la BnF du 23 juin 2022

Communiqué intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF

Depuis bientôt deux mois, le personnel de la BnF est en grève et multiplie les actions de protestation.

Ce conflit social, long et important, qui perturbe fortement le fonctionnement de notre établissement, porte des revendications contre le sous-effectif qui touche l’ensemble de la BnF et pour réclamer la création des postes nécessaires à son bon fonctionnement, pour lui permettre de remplir pleinement ces missions de service public, ce qui nécessite en particulier la création des postes de magasiniers titulaires pour rattraper toutes les pertes subies ces dernières années.

Il porte aussi un refus clair, ferme et complet de la réorganisation du service public imposé de manière autoritaire par la direction de la BnF, qui réduit la communication directe des documents des magasins à 3h30 l’après-midi, entre 13h30 et 17h, ce qui dégrade fortement les conditions de travail des agents, touche de manière inacceptable les chercheurs et chercheuses, le public de la BnF et frappe de plein fouet le sens de nos métiers et de notre activité à la BnF. Ce nivellement par le bas, ce sacrifice du service public pour gagner des postes et des heures de travail qui pourront être redéployés ensuite de manière bureaucratique et comptable sur les nouvelles tâches que la direction empile sans moyens, est refusé par tout le monde, par les agents, y compris l’encadrement, par le public, par les chercheurs, par les intellectuels. Cette réorganisation doit être immédiatement abandonnée, il doit y avoir un retour à la communication directe des documents patrimoniaux toute la journée, il y a les effectifs pour cela contrairement à ce que la direction prétend, si la priorité est donnée comme cela doit l’être au service public et si les chantiers exceptionnels très lourds pour le futur site de stockage d’Amiens sont suspendus tant qu’il n’y aura pas les effectifs suffisants pour les faire. Les conditions de travail du personnel, le fonctionnement des plannings de manière équilibrée toute la journée, le respect du travail interne habituel, doivent être la priorité.

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Plan de déprécarisation des « vacataires » de la BnF : halte à la propagande de la direction !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

SAMEDI 25 JUIN
Réunion d’information sur le « plan de déprécarisation » de la direction de la BnF.

RDV 12h locaux syndicaux, T4/A2 bandeau sud
Vous disposez d’une heure sur votre temps de travail pour vous rendre à cette réunion

15 années de luttes sociales à la BnF que la direction tente de liquider

En application de la loi de transformation de la Fonction Publique de 2019, imposée par le gouvernement malgré la protestation sociale, la direction de la BnF a mis en place une nouvelle règle de recrutement des agent·es de la BnF intitulée « ligne directrice de gestion ».
Le fond politique de cette loi est particulièrement inacceptable. Il vise en effet à inciter les administrations publiques à embaucher toujours plus massivement des contractuel·les, au détriment du statut de fonctionnaire, bien plus protecteur et qui était jusqu’ici la norme pour la plupart des postes.
Au cœur des LDG recrutements, que la direction n’avait aucune obligation d’appliquer et à propos duquel elle « communique » de manière agressive, se joue une propagande ultra-libérale autour des questions de précarité. Par des discours fallacieux la direction prétend désormais combattre les problèmes de précarité, posture particulièrement cynique lorsqu’on regarde les faits de plus près.

Déprécariser, vraiment ?

La direction de la BnF vient en réalité d’imposer, en trahissant le protocole de fin de grève de 2016, une des mesures les plus antisociales de ces 20 dernières années dans notre établissement, en décidant de recruter désormais les contractuel·les à temps incomplets sur besoins permanents sur des CDD d’un an, éventuellement renouvelables un an de plus. Ces contrats seront réservés en priorité aux étudiant·es et visent à remplacer progressivement les « vacataires » désormais en CDI à 110h depuis la grève de 2016, par des contrats ultra-précaires.
Pour mieux faire passer cette régression sociale, la direction de la BnF a assorti ces nouvelles règles de recrutement d’un soi-disant « plan de déprécarisation » sur 5 ans. Le but affiché de ce plan serait de permettre aux agent·es « vacataires » en CDI actuellement d’accéder à des emplois pérennes et donc de sortir de la précarité de leur statut. Mais en réalité ce plan déprécarisation est creux ou rempli d’ambiguïté et n’est qu’une série d’actions soit inutiles, soit déjà en place depuis longtemps, soit de portée trop réduite qui donc ne vont pas régler complètement le problème de la précarité à la BnF et qui ne vont pas permettre à l’ensemble des collègues « vacataires » en CDI de changer de situation professionnelle.


Là où nous demandons depuis des années qu’un recrutement sans concours de catégorie C avec un volet interne important soit organisé par notre établissement pour permettre à ces collègues d’accéder à l’emploi titulaire, la direction propose ce  plan de déprécarisation sur cinq ans présenté au comité technique du 14 avril qui ne peut satisfaire ni les agent·es concerné·es, ni notre organisation syndicale.

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Retour de la grande précarité à la BnF ou comment la direction tente d’arnaquer les étudiant·es à coup de contrats jetables !

15 années de luttes sociales à la BnF que la direction tente de liquider

Ces 15 dernières années ont été marquées par de nombreuses luttes menées par les plus précaires d’entre nous, les « vacataires », catégorie de personnel bien souvent méprisée, embauché·es en grande majorité pour le Service Public à la DCO et à la DPU, les weekends et les soirées en particulier. Sans ce personnel, compte tenu des dégâts causés par les 190 suppressions de postes sur les effectifs de magasinage en 10 ans (soit 128 Equivalent Temps Plein Travaillé de perdus, 25% des effectifs), il va de soi que la BnF ne pourrait pas rester ouverte et assurer sa mission d’accueil du public. La direction le sait pertinemment, puisqu’elle a été forcée, face à la colère sociale, d’accorder à plusieurs reprises des concessions aux « petites mains » qui font tourner la BnF.

Une des dernières mobilisations en date, et pas des moindres, aura été le mouvement de grève reconductible de 2016, où l’action collective et la solidarité entre agent·es ont permis d’aboutir à un protocole de fin de grève porteur d’avancées significatives pour l’ensemble du personnel et notamment pour les « vacataires ». Cet accord, signé entre l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture et la présidente de la BnF Laurence Engel, prévoit entre autres le recrutement direct en CDI à 110 heures par mois des « vacataires » travaillant sur des besoins permanents, une avancée sociale forte alors que ces agent-e-s étaient jusque-là embauché-e-s sur des CDD de 3 ans à 80 heures par mois. Cet accord de fin de grève est de plus l’application de l’instruction du ministère de la Culture de juillet 2015 qui prévoit ces embauches en CDI.

Grâce à cet accord et à la vigilance particulière de la section SUD Culture de la BnF concernant son suivi, ce sont ainsi plus d’une centaine de collègues qui ont pu être stabilisé·es en passant en CDI ou en étant directement embauché·es en CDI, mettant ainsi un terme à des années d’abus, à l’angoisse des fins de contrat, à l’incertitude liée à leur renouvellement et à l’ensemble des contraintes sociales liées aux CDD.

Un pas en avant, trois pas en arrière

En 2019, après plus de trente samedis de grève et grâce à la ténacité des grévistes et de notre organisation syndicale, une première tentative de la direction de casser ce protocole a pu être bloquée, alors même que la direction récidivait avec l’embauche massive d’agent·es « vacataires » en CDD sur des besoins pourtant permanents, tout en refusant par ailleurs d’appeler la liste complémentaire du recrutement de magasiniers/ières, qui comptait beaucoup de collègues précaires en attente de titularisation.

Utilisant la situation chaotique créée par une crise sanitaire sans précédent, la direction a profité de la difficile reprise du travail et de l’accueil du public à la BnF pour « expérimenter » à tout va, dans le but unique de réduire le nombre de magasinier·ères (titulaires ou « vacataires »), à coup de communications « différées », à coup d’audits ni fait ni à faire sur les conditions de travail, et aujourd’hui avec l’introduction prévue pour le mois de mai d’une énième tentative de réorganisation du service public dans notre établissement.

Cette réorganisation, faussement justifiée par de soi-disant « évolutions » des pratiques, porte non seulement le grave projet d’une réduction drastique du service rendu au public avec des communications directes des documents patrimoniaux des magasins concentrées uniquement sur les après-midi, dégradant ainsi les conditions de travail des équipes de magasinages renvoyées de force sur des chantiers* matinaux destinés à préparer le déménagement à Amiens, mais aussi le retour inacceptable de la grande précarité dans notre établissement. En effet, après avoir tournée autour du pot durant des mois, la direction vient d’annoncer son souhait de recourir à des contrats ultra-précaires pour les futurs « vacataires », reniant ainsi son engagement à embaucher ces « vacataires » directement en CDI.

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Précarité : la présidente de la BnF doit tenir sa parole !

Communiqué Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture

En 2016, une grève particulièrement longue menée les samedis par les personnels précaires de la BnF et leurs soutiens avait permis la signature d’un protocole de fin de grève imposant, entre autre, le passage et l’embauche en CDI des contractuels à temps incomplet (les « vacataires ») comme le permet la loi et comme le demande l’instruction du ministère de la Culture de juillet 2015, toujours en vigueur.

Cette année, la direction a décidé de ne plus respecter ce protocole pourtant signé de la main de Laurence Engel en annonçant pour Richelieu le recrutement de « vacataires » sur des contrats non renouvelable de 10 mois soi-disant pour aider les étudiants. Ces derniers au contraire ont besoin de stabilité financière dans le cadre d’études de plus en plus longues, pour trouver un logement, une colocation. De plus, dans les faits tous ne sont pas étudiants.

La direction prétend également prendre cette mesure pour ne pas maintenir ces collègues dans la précarité. Mais des CDD non renouvelables de 10 mois sont mille fois plus précaires que des CDI. Car sans CDI, pas d’ancienneté pour passer les concours en interne, pas d’accès à une partie des prestations du service de l’Action Sociale, pas d’accès au parc de logements de la BnF, pas d’avancement et d’augmentation de salaires et pas de droit de vote aux élections professionnelles. Etre ultra-précaire, c’est être sans droit, les « vacataires » le savent bien et c’est pour cela qu’ils ont fait massivement grève en 2016 pour obtenir des CDI.

L’intersyndicale CGT-FSU-SUD exige le respect complet du protocole de fin de grève de 2016 et réclame, afin de réduire la précarité et faire face à la pénurie de personnels de magasinage (plus d’une centaine de postes supprimés en 10 ans), l’organisation d’un recrutement de magasiniers comprenant un volet interne important permettant l’accès à l’emploi titulaire pour les plus précaires.

BnF : pourquoi il faut agir ?

Communiqué intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD

En bref et à retenir :

  1. Un budget du ministère la Culture en augmentation de 4,083 milliards d’euros en 2022
  2. Une direction qui au lieu de demander des moyens supplémentaires pour la BnF souhaite supprimer une quarantaine de postes à Tolbiac
  3. Un projet pour Richelieu surdimensionné qui dégrade les conditions d’activités et de travail
  4. Un retour des contrats ultra-précaires avec des CDD de courte durée sur des missions pérennes

TOLBIAC sous tension
On ne le dira jamais assez, la BnF a perdu près de 300 emplois en 10 ans. Dans le cadre de la réouverture du site rénové de Richelieu avec son nouveau musée, ses nouveaux services et une amplitude d’ouverture sans précédent, la direction souhaite supprimer 40 postes à Tolbiac pour pourvoir ceux de Richelieu. La perte de ces emplois n’est ni soutenable, ni acceptable. Non seulement, la surcharge de travail dégrade les conditions de travail des agents mais faute de temps et de moyens humains ce sont aussi les missions de la BnF qui en pâtissent.

RICHELIEU sous pression
Les 40 emplois annoncés pour Richelieu sont liés au projet culturel du site (musée…) et pour partie à la salle Ovale dans le cadre d’une amplitude d’ouverture inédite (jours fériés, dimanches, 1 soirée/semaine…). Les départements spécialisés devront également fermer une heure plus tard leurs salles de lecture, modifier radicalement les règles de communication des documents et assurer des permanences en Salle Ovale (en semaine, soirée, jours fériés, week-end) avec l’aide de l’ORB et du SVM basés à Tolbiac. Faire toujours plus, c’est bien la logique mise en œuvre, qu’importe les conditions d’activités et le travail des agents. Après 10 ans de travaux et de difficultés, on aurait espéré mieux.

PRÉCARITÉ le grand retour
La direction a décidé de rompre unilatéralement le protocole d’accord de fin de grève signé en 2016 avec l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD en réintroduisant pour les « vacataires » des contrats de courte durée non renouvelables plutôt que des CDI. L’argument avancé de « l’emploi étudiant » n’est pas recevable, ces derniers ont besoin de stabilité financière (le CDI) dans le cadre d’études de plus en plus longues ou tout simplement pour trouver un logement ou une colocation. Un nouveau type de CDD, le « contrat de projet » est également prévu : conclu pour une durée déterminée minimale d’un an et maximale de six ans, il peut être rompu à tout moment. Ce nouveau contrat n’ouvre droit ni à un CDI, ni à titularisation. Nous refusons ce type d’embauches jetables.

Assemblée Générale BnF
Mardi 9 novembre 2021
12h30-13h30 hall ouest