SOUS-TRAITANCE = MALTRAITANCE / Pour les travailleurs Sans-Papiers aussi

Communiqué

>>>La maltraitance se fait par la sous-traitance en cascade
Comme pour l’hôtel Ibis, l’entreprise qui sous-traite prétend avoir les mains propres. C’est le cas par exemple de Chronopost. Chronopost sous-traite à des sociétés qui gèrent les colis sur ses lignes de roulement. Dans ses agences, CHRONOPOST a confié une partie du tri à des entreprises de manutention pour contourner l’organisation syndicale et intensifier le travail.

Dans l’agence d’Alfortville, le sous-traitant s’appelle DERICHEBOURG. Les Sans-Papiers travaillent pour lui, mais en étant salarié par MISSION INTERIM. Cela rajoute un niveau juridique entre eux et la Poste qui rend encore plus difficile la défense de leurs droits. Ils déchargent les camions et s’activent sur les chaînes de tri à l’intérieur du site de 3h00 à 7h30 du matin. Des fois se rajoute du travail non payé en fin de service. Les payes mensuelles sont très variables, mais se situent généralement entre 300 et 600 euros. C’est pour cela que le 11 juin une centaine de travailleurs Sans-Papiers ont occupé une partie de l’espace Chronopost de l’agence Alfortville et qu’ils tiennent depuis un piquet devant. Jour et nuit.

C’est le cas de la Mairie de Sèvres. Elle confie le nettoyage de ses locaux (écoles, gymnases etc.) à une société, la CPN, laquelle emploie de nombreux Sans-Papiers depuis des années, parfois avec plusieurs identités successives. Cela permet de dissimuler les heures travaillées. Un exemple : le Sans-papier, mis en vacance, se remplace lui-même avec une autre identité et reçoit une paye amputée de moitié. Cette situation révoltante a fait que la mairie a été envahie le samedi 5 octobre par une trentaine de salariés et anciens salariés qui sont en grève depuis lors. Mais le problème de la sous-traitance se cumule avec d’autres.

>>>La maltraitance se fait par le travail au noir
Dans le bâtiment, c’est maintenant systématique. Les Sans-Papiers sont embauchés et non déclarés ; là encore par des entreprises sous-traitantes. Ils sont sans contrat et payés presque chaque mois par des sociétés différentes. Les deux derniers mois ne sont jamais rémunérés et il est presque impossible de porter plainte en prud’hommes et de prouver la réalité du travail. C’est ainsi qu’une vingtaine de salariés sans-papiers de DB Environnement du chantier de Vinci, rue de Richelieu à Paris, s’étaient mis en grève le 25 juin dernier.

>>>La maltraitance résulte des appels d’offre successifs
Un exemple. Tous les trois ans, la société cliente (la société soi-disant propre), lance un nouvel appel d’offre pour effectuer le nettoyage. Une société accepte de travailler pour moins cher, c’est-à-dire faire le ménage en moins de temps. Mais c’est impossible. Donc les salariés acceptent de faire des heures additionnelles non payées sous peine de se voir licenciées. Les seuls qui acceptent cela sur la durée sont des Sans-papiers.

>>>La maltraitance est permise par les procédure de régularisation
Pour être régularisé, il faut qu’un patron promette à l’État de nous embaucher à plein temps pour l’année à venir. La procédure peut durer plus d’un an. Et ensuite, pendant deux années, le renouvellement est conditionné par la présentation des feuilles de paye. Pendant tout ce temps, le patron (sous-traitant) sait qu’il peut tout nous demander.

Alors 500 000 personnes sans titre. Pratiquement autant avec un titre provisoire, titre d’un an ou simple récépissé. Cela fait un million de personnes en déséquilibre, obligées d’accepter des mauvaises condition de travail et de salaire. Alors, battons-nous tous ensemble pour la Régularisation globale de tous les Sans-papiers par carte de dix ans !

Et aux côtés des salariés de l’hôtel Ibis, avec la CGT-HPE réclamons :
La réinternalisation des salariés de la sous-traitance, à Chronopost, à la Mairie de Sèvres, à l’hôtel Ibis et ailleurs.


Manifestation jeudi 31 octobre à 17h00
1 Rue Scribe, métro Opéra ou Chaussée d’Antin


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Ni élite, ni exclusion ! La politique scientifique de la BnF nous concerne tous et toutes :

cultiver le champ social

Au cours du mois d’octobre 2019 a lieu à la BnF l’élection au Conseil Scientifique. Celui-ci est un organisme consultatif qui peut être interrogé sur les questions relatives à la politique scientifique de la BnF et à ses activités de recherche.

On remarque déjà que le CS n’a qu’un rôle limité, puisqu’il ne peut que donner son avis sans que celui-ci ait un effet quelconque et qu’il n’est même pas systématiquement saisi des questions relevant de ses compétences.

Mais ce qui est vraiment très critiquable, c’est le mode d’élection des représentant·e·s du « personnel » de la BnF pour ce CS.

En effet, les agent·e·s de la BnF, par rapport au CS, sont réparti·e·s en 3 catégories :

► Les conservateur·trice·s, titulaires, sûrement « l’élite » aux yeux de la direction de la BnF, qui votent à part, dans le premier collège électoral et qui désignent 2 représentant·e·s.

► Les autres agent·e·s de catégorie A et B, fonctionnaires ou contractuel·le·s sur emplois, à condition qu’ils/elles travaillent dans des directions dites scientifiques (la DCO, la DSR, la DDC, la DPU et la DRI) et exercent des fonctions dites à caractères scientifiques et techniques, votent dans un deuxième collège électoral et désignent eux/elles aussi 2 représentant·e·s.

Tou·te·s les autres agent·e·s de la BnF sont exclu·e·s des élections au CS et n’existent pas dans ce cadre, parce que selon la direction de la BnF, ils/elles ne sont pas sur les bons postes, ils/elles ne travaillent pas dans les bonnes directions, sont de catégories C ou bien tout simplement ils/elles sont « vacataires », caractéristiques suffisamment graves pour être réduit·e·s au silence, alors même que certain·e·s sont sur des fonctions scientifiques ou techniques et que nous avons tou·te·s l’expertise propre à notre poste et catégorie.

 Ce système électoral est profondément injuste et inégalitaire.

 Il exclut plus de 54% des agent·e·s de la BnF, qui se retrouvent privé·e·s de tout droit d’expression. Par ailleurs, son fonctionnement hiérarchique et élitiste donne autant de poids au premier collège électoral qu’au second, alors que le premier collège ne représente que 27% des votant·e·s du second collège (et seulement 12% du personnel de la BnF). L’existence même de collèges électoraux est discutable, mais si en plus elle permet de surévaluer l’importance de certains groupes d’agent·e·s, cela fausse toute notion de « démocratie sociale » ou de « représentation du personnel ».

Pourtant, sans le travail quotidien, efficace et en commun de tou·te·s les agent·e·s de la BnF, quelles que soient leurs catégories, leurs statuts professionnels et leurs directions, tous les projets scientifiques, de recherche et le service public ne pourraient aboutir. Rien ne peut se faire sans le travail des magasiniers·ères, des « vacataires » et des agent·e·s de la DAP. Rien ne peut se faire non plus sans la coopération des conservateur·trice·s et des autres personnels de catégories A et B.

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De même, tout le personnel de la BnF est concerné par les choix de politiques scientifiques et de recherche de l’établissement. Tout le personnel a un avis sur ces orientations et doit pouvoir l’exprimer, parce que cela le touche d’une manière ou d’une autre et parce que son travail y contribue, d’une façon ou d’une autre.

Mais la direction de la BnF, elle, continue de choisir un système d’exclusion et de division, malgré les demandes de modifications des modalités de l’élection au CS que nous portons depuis plusieurs années. Par conséquent, il est pour nous, section SUD Culture de la BnF, toujours impossible de prendre part à un tel scrutin. Nous notons d’ailleurs que cette année nous ne sommes plus la seule organisation syndicale à porter cette position et qu’il n’y a qu’un seul syndicat qui se présente à cette élection, montrant bien à quel point celle-ci est factice.


Il y a bien des choses à dire par rapport à la politique scientifique de la BnF, que ce soit la baisse des budgets d’acquisitions et de conservation, les problèmes du catalogue, le remplacement de périodiques papiers par des versions électroniques sans aucune garantie pour l’accès aux archives, la Gestion Dynamique des Collections, les expositions, la privatisation inacceptable du patrimoine public à travers la filiale BnF-Partenariats et les contrats qu’elle signe…

C’est ce que fait régulièrement notre organisation syndicale, dans ses interventions et dans ses actions. Mais l’élection au Conseil Scientifique ne permet pas à l’ensemble du personnel de s’exprimer sur tous ces sujets.


Nous appelons donc les agent·e·s de la BnF qui peuvent voter à ce scrutin à s’abstenir, afin de montrer leur rejet de ce système électoral et d’obtenir un nouveau mode de scrutin qui permette une expression égale de tou·te·s les agent·e·s de la BnF.

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Grève le 5 décembre et les jours qui suivront !

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Union syndicale Solidaires

Sous un faux prétexte de simplifications, ce gouvernement tente de mettre en place la réforme des retraites avec un système à points. Il a pour objectif de nous faire travailler plus longtemps et de diminuer le montant des pensions. Nous ne sommes pas dupes du nouveau « grand débat » qui vise à monter les professions et les régimes les uns contre les autres pour, au final, tirer la totalité vers le bas. C’est ce message que nous allons porter au plus grand nombre dans les semaines qui viennent dans nos entreprises, nos services et auprès de la population.

Oui, les régimes actuels doivent être améliorés et c’est possible, et ceci doit se faire sans aucun recul de nos droits. C’est la question de la répartition des richesses qui est centrale, à l’heure où les distributions de dividendes et les exonérations de cotisation sociale battent encore des records. Pourquoi plafonner le pourcentage des richesses consacré aux retraites plutôt que plafonner les profits, les salaires des dirigeant-es ou vraiment lutter contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux ?

Solidaires revendique l’amélioration des régimes existants et l’abrogation des réformes régressives. Nous voulons pour toutes et tous un départ à taux plein à 60 ans et un départ anticipé pour l’ensemble des métiers pénibles à étendre, avec le maintien des droits professionnels. Nous voulons un taux de remplacement à 75% sur les derniers salaires. Aucune retraite ne doit être inférieure au SMIC. Nous ne voulons pas perdre notre vie à la gagner. Nous ne voulons pas d’une croissance économique qui profite aux grandes entreprises et aux riches tout en détruisant les conditions de travail et de vie des populations, les ressources, la biodiversité et le climat.

Retraites, salaires, protection sociale, conditions de travail, égalité femmes hommes, services publics ou climat, nous savons que nous pouvons faire céder ce gouvernement si nous nous mobilisons massivement et avec détermination. Nous devons nous servir des expériences de nos luttes passées pour construire cette mobilisation. Nous proposerons notamment d’organiser une grande journée de manifestation un week-end marquant ce début de mobilisation et ces convergences.

Nous pensons que c’est la grève reconductible qui nous fera gagner. Nous n’opposons pas cette perspective avec les mobilisations sectorielles et qui contribuent à gagner sur les revendications et faire monter ce rapport de force interprofessionnel.

Nous pensons que c’est l’unité et la convergence sur des bases collectives qui nous permettront de gagner, de créer un tous et toutes ensemble porteur d’espoir et d’un autre avenir, pour le monde du travail, pour la population et pour la planète.

L’Union syndicale Solidaires rejoint l’appel à la grève du 5 décembre initié par nos syndicats Solidaires groupe RATP et SUD Rail, pour la construire et l’étendre à l’ensemble de nos secteurs et territoires et de mettre en débat auprès des travailleuses et travailleurs sa reconduction le 6 et les jours qui suivront.

Nous proposerons le plus largement possible aux forces qui se battent pour la justice, sociale, fiscale ou écologiste de construire une mobilisation large dans laquelle nous porterons les un-es et les autres nos revendications.


Grève le 5 décembre et les jours qui suivront
Préparons-nous à rassembler nos colères


 

Retraites : ni plan A ni plan B, notre plan dès le 5 décembre

Union syndicale Solidaires

Le gouvernement n’est plus certain de mettre en place aussi rapidement son projet de réforme des retraites comme annoncé depuis des mois. L’annonce des organisations syndicales pour une grève le 5 décembre le fragilise en dépit de tout le bla-bla sur l’universalité.

Le 5 décembre apparaît désormais comme le début d’un mouvement qui pourrait être reconduit, faire tache d’huile et rejoindre les préoccupations générales de justice sociale, fiscale et climatique qui s’expriment massivement dans la société.

La retraite à points : c’est un système qui fera baisser les pensions et travailler plus longtemps, parce qu’il fige le montant des richesses à répartir entre retraité-es et refuse une augmentation des ressources c’est à dire des cotisations.

Le Plan B du gouvernement, c’est tenter de négocier que la réforme s’appliquerait (généralement ou selon les secteurs) plus tard que ce qui était annoncé c’est à dire plus pour la génération née en 1963 mais après…

Cela ne nous satisfait pas, pourquoi ?

- Parce que contrairement au gouvernement qui se gargarise d’universalité, d’équité… nous ne sommes pas pour que les générations les plus jeunes soient maltraitées, qu’elles n’aient à se satisfaire que de retraites misérables ou obligées d’avoir recours à la capitalisation pour ceux et celles qui en auraient les moyens.

- Parce que le gouvernement envisage de toute façon d’augmenter encore le nombre d’années de cotisations. Il souhaitait le faire cette année, et sera tenté d’agir en ce sens dès que nous aurions relâché la pression.

- Parce que nous n’avons pas confiance : les mêmes disaient dans leur programme en 2017 qu’il ne toucheraient pas à l’âge de départ et au montant des pensions !

Donc pas question de se laisser endormir, leur plan B n’est pas un plan pour nous, mais le signe qu’ils ont peur de notre mobilisation et de notre détermination à défendre nos droits.

Quelque soit notre âge, nous avons travaillé, nous travaillerons, nous avons droit à une retraite digne c’est à dire à 75% au moins de notre rémunération antérieure ou celle des meilleures années et pas en dessous du SMIC. Travailler toute une vie, c’est être subordonné-e à un employeur, à des responsables que nous n’avons pas choisi, arrêter quand on est encore en bonne santé, c’est ce que nous voulons ; 60 ans max, 55 ans pour les métiers pénibles en respectant les droits professionnels.

Pour tout cela, nous serons en grève et dans la rue le 5 décembre et ensuite.

Imposons un autre avenir !


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Solidarité avec la population du Rojava Manifestation à Paris >>> place de la République, SAMEDI 19 OCTOBRE, 14h30

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Solidarité avec la population du Rojava pour réclamer le retrait de l’armée turque suite à l’attaque de l’état turc contre le Rojava et la Syrie du Nord et de l’Est .

Manifestation à Paris >>> place de la République, SAMEDI 19 OCTOBRE, 14h30

Solidarité internationale !

 

Avec les travailleurs sans-papiers de Chronopost Alfortville, rassemblons-nous devant la Préfecture de Créteil ! Vendredi 18 octobre à 16H

Communiqué

Présents nuit et jour devant l’agence Chronopost d’Alfortville depuis le 11 juin, des dizaines de travailleurs sans-papiers en grève, soutenus par de nombreux sans-papiers d’autres entreprises, se battent pour exiger leur régularisation. Depuis maintenant plus de 4 mois, ces travailleurs et leurs soutiens ont multiplié les manifestations pour se faire entendre.

Chronopost (filiale à 100% d La Poste, elle-même propriété de l’Etat), exploite ces travailleurs en se cachant derrière un système de sous-traitance en cascade, impliquant la société Derichebourg et des sociétés d’intérim comme Mission Intérim. A ce jour, aucune de ces sociétés ne veut se reconnaitre comme employeur de ces travailleurs, et leur donner les documents permettant leur régularisation.

Au contraire, ces patrons complices s’arrangent pour maintenir ces travailleurs dans la précarité et la clandestinité, en faisant tout pour les écarter d’une possible régularisation par le travail (rotation rapide, utilisation de primo-arrivants, non reconduction des missions…), espérant ainsi disposer d’un personnel totalement soumis.

De son côté, L’Etat, à travers les ministères de l’intérieur et du travail, affiche depuis le 11 juin une complicité permanente avec la Poste et ses sous-traitants !

La préfecture du Val de Marne a reçu 2 fois les travailleurs en lutte, les 11 et 27 septembre. Si un discours de « bienveillance » a été affiché, la préfecture ne s’engageait pas à régulariser l’ensemble des camarades de Chronopost en lutte, revenait sur l’instauration d’un véritable « guichet unique » pour le dépôt et le traitement des dossiers au niveau du Val de Marne, et demandait la levée du piquet avant tout dépôt de dossiers des autres travailleurs présents sur le site. Les grévistes et leurs soutiens ont adressé un nouveau courrier à la Préfecture le 1er octobre pour préciser leurs revendications. Nous n’avons pas eu de réponse à ce jour.

C’est donc pour obtenir des réponses à nos demandes, et avancer sur les modalités de règlement du conflit, que nous nous rassemblerons à nouveau devant la Préfecture, vendredi 18 octobre, en demandant à être reçus, et enfin réellement entendus.


Vendredi 18 octobre à 16H

Rassemblement devant la Préfecture à Créteil
(Av. Du Gal De Gaulle-M° Créteil Préfecture)


Pétition : http://chng.it/XWfPjQyNBB Cagnotte : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/7g909is1


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Soutenus par FSU-94 / UL CGT Alfortville_Maison-Alfort / CGT-TEFP 94

Service Public à Tolbiac : une réorganisation ni faite, ni à faire

Gandalf gardien du SP section BnF$


Communiqué SUD Culture BnF

Les agent·e·s titulaires de la DCO effectuant leur service public à Tolbiac ont eu la mauvaise surprise, lors de la réouverture du site après la fermeture annuelle, de devoir signaler en urgence leur volonté ou non d’effectuer des samedis supplémentaires sur l’année 2020. Ce branle-bas de combat, pour lequel un délai supplémentaire a finalement été accordé tant la situation était précipitée, répondait à un contexte particulier : la mise en œuvre illico presto de la réorganisation du service public (sur Tolbiac dans un premier temps), que la direction a décidé de faire passer en force cet été malgré les oppositions syndicales, et dont les balbutiements sont dénués d’anticipation et déconnectés de la réalité des services.

Une conception particulière du « volontariat »

Cette méthode douteuse, qui oblige chacun·e à se positionner plutôt que de ne recenser que les volontaires, est un coup porté à la notion même de « volontariat », déjà bancale car sans fondement juridique général et global dans la Fonction Publique et dans le droit du travail en général. L’appel signé par plus de 660 agent·e·s en avril 2019 n’aura manifestement pas suffit à faire connaitre le sentiment de refus d’une importante partie du personnel quant à cette réorganisation…

► Pour notre organisation syndicale, cette manière de procéder n’est pas acceptable, car elle revient de fait à mettre la pression sur l’ensemble des agent·e·s et à obliger ceux et celles qui veulent en rester à l’application du règlement intérieur à se signaler, alors qu’ils et elles n’ont pas à le faire. Nous craignons que ce procédé ait aussi eu pour but de solliciter des candidatures supplémentaires à tout prix, dont nous ne pouvons qu’espérer qu’aucune n’aura été forcée, et de faire connaitre cette nouvelle offre « à la carte » aux agent·e·s de manière promotionnelle. Nous demandons que cesse l’obligation de remplir ce type de formulaire pour les agent·e·s qui ne veulent pas, à juste titre, travailler plus de 10 samedis par an et qu’il n’y ait que les « volontaires » qui se signalent.

Volontariat pour les un·e·s, obligation pour les autres

Pour les agent·e·s hors DCO (ainsi que ceux et celles des services transverses de la DCO qui faisaient pourtant déjà du service public), désormais obligé·e·s de participer au Service Public, avec 5 samedis obligatoires par an, le volontariat aura donc finalement été abandonné, malgré certaines modalités de dispense peu claires et laissées à la discrétion des services de façon tout à fait arbitraire.

► Pour une partie de ces agent·e·s (notamment à la DSR) qui avaient décidé d’intégrer des équipes sans service public parfois après de longues années au contact du public, le constat reste que la direction de la BnF ne connait pas la spécificité de leurs missions et ne respecte pas leurs choix professionnels. En effet, déplacer ces personnels en service public crée logiquement une carence dans le temps de travail consacré à leurs tâches spécifiques quotidiennes (conservation, travail sur les entrées de collections,…). De quoi créer un malaise, voire de susciter la contestation. Notre organisation syndicale avait pourtant porté cette question simple à plusieurs reprises : qui fera la part de travail interne indispensable, délaissée pour le service public, sans personnel supplémentaire ? Rattrapée par la réalité, la direction de la BnF aurait pour le moment ralenti la mise en œuvre de cette obligation de service public pour une partie des agent·e·s hors DCO, sans toutefois s’exprimer clairement sur ce point.

Mais selon nous, il s’agit encore là d’une question qui a été complétement ignorée, et qui reste loin d’être réglée, tout comme la question de la formation de ces personnels à de nouvelles tâches ainsi que celle de leur affectation dans tel ou tel département pour le service public.

 Des inégalités qui se creusent plutôt que de se résorber

Autre inégalité flagrante : les différentes modalités d’accès ─ DCO par rapport à hors DCO ─ aux maigres primes destinées à inciter les agent·e·s « volontaires » à travailler plus de samedis (il faut que les agent·e·s DCO fassent 15 samedis par an pour avoir la prime minime de 375 euros, alors que les agent-e-s hors DCO et assimilé·e·s ne doivent faire que 10 samedis par an pour la toucher), ne font finalement que creuser les inégalités entre personnels, même quand ces derniers et dernières sont issu·e·s du même corps de métier et de la même filière. À statut égal, traitement inégal. C’est pourtant ce même argument qui a été avancé durant plusieurs mois par la direction de la BnF : l’ensemble des agent·e·s de la filière bibliothèque devant selon elle participer à cette charge de service public. Mais si les plannings de service public, surtout les samedis, sont difficiles à faire, ce n’est pas parce que chacun-e n’y contribuerait pas assez, c’est parce que les gouvernements successifs ont imposé la suppression de plus de 300 postes depuis une dizaine d’année.

En prétendant procéder à une répartition équivalente de la charge de travail parmi les personnels, niant donc au passage l’architecture des différentes directions quant à la spécificité de leurs missions, la direction de la BnF aura au final réussi à attiser une division absurde chez les personnels en générant un sentiment d’injustice.

Un plafond de 10 samedis annuels transformé en plancher et transversalité à tout va :
On marche sur la tête !

                Le plafond ou maxima de 10 samedis travaillés par an pour les agent·e·s de la DCO, resté à ce jour inchangé dans le règlement intérieur, semble désormais avoir été transformé en plancher ou minima par la direction. En effet, de nouvelles règles, interdisant par exemple le don de samedi dont l’usage répandu permettait jusqu’ici de faciliter la vie des agent·e·s, ont aussi récemment vu le jour, sans que cette question n’ait jamais été l’objet de discussions avec les organisations syndicales.

A vouloir normaliser les exceptions et annihiler les usages courants, la direction aura donc réussi à désordonner des pratiques jusque-là encadrées par le seul bon sens des collectifs de travail !

                 De même, les agent·e·s ont été informé·e·s de la possibilité d’effectuer leur service public de manière transversale, avec des postages potentiels dans d’autres départements selon les besoins. Encore une décision niant totalement les spécificités propres à chaque département, avec des organisations du travail différentes (en ABS, banques de salles, en magasins). Une connaissance approfondie des collections acquise par les personnels affectés dans tel ou tel service, est pourtant une expertise indispensable tant pour la communication des collections que pour leur conservation. La direction montre encore une fois que pour elle, les agent·e·s ne sont que des pions interchangeables.

Les réorganisations inutiles, ça suffit !

images4En plus de cette mise en place difficile, la direction de la BnF s’est bien gardée de communiquer à nouveau pour expliquer son projet aux agent·e·s. Le flou règne actuellement sur les modalités exactes applicables aux « volontaires » pour toucher leurs primes et organiser leurs plannings (avec la contrainte en plus de devoir faire deux samedis en plus avant le 31/05), ce qui accroît aussi la charge de travail des responsables des plannings.

Nous avons lutté contre ce projet tout comme les 660 signataires de l’appel à l’initiative d’un collectif d’agent·e·s mobilisé·e·s, et nous continuerons de le faire. A la charge de la direction de la BnF de rattraper le désordre qu’elle a semé avec sa réorganisation à tiroirs, source d’inégalités, d’augmentation des risques d’épuisement physique, sous couvert de « volontariat ».

Les solutions aux problèmes de plannings de service public restent simples :

>>> Recrutement suffisant de titulaires, en particulier de magasinier·ère·s partout où c’est nécessaire.

>>> Passage et l’embauche directe en CDI des « vacataires » qui travaillent sur des besoins permanents, comme le prévoit le protocole de fin de grève signé par la direction en 2016.

>>> Arrêt des suppressions de poste, augmentation des budgets et organisation de recrutements directs avec volets internes permettant de titulariser les plus précaires.

>>> Action contre l’isolement, qui passe par l’amélioration des conditions de travail, pour lutter contre toute source de risque psycho-social ou de risque organisationnel.

La mobilisation réussie pour le passage en CDI des « vacataires » sur besoins permanents, pour l’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasinier·ère·s désormais gagné, et les luttes réussies les années passées contre les suppressions de postes montrent bien que seule la lutte paie et permet d’intégrer des personnels supplémentaires là où on en a besoin !

Pour faire tenir les plannings, il faut plus d’agent·e·s, pas plus de samedis travaillés !
Préservons notre santé et notre vie sociale : augmentation des bas salaires !