Pour 2016 : ni précarité, ni sous-effectif !

Comme tous les ans, la direction de la BnF présente ses vœux de nouvel an. Plutôt que de faire des discours creux, il est surtout temps de prendre des mesures fortes pour améliorer la situation des agent-e-s de la BnF.

 
Améliorons la situation des « vacataires » :

La BnF emploie depuis des années des agent-e-s non titulaires à temps incomplet sur des besoins permanents pour assurer le bon fonctionnement de son service public, par exemple le soir et le weekend. Ces agent-e-s sont embauché-e-s en CDD et en moyenne sur une base de 80h par mois, ce qui correspond à des salaires très bas : moins de 700 euros mensuels. Ils/elles doivent attendre 3 ans pour pouvoir passer en CDI.

Certain-e-s collègues « vacataires » affichent ainsi jusqu’à 10 ans d’ancienneté sans vraie évolution. Ces agent-e-s rencontrent de grosses difficultés pour se loger, cumulent parfois les emplois, jonglent entre les aides sociales, ont parfois des enfants à charge et vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Malgré les besoins réels de la BnF et les demandes de ces agent-e-s pour effectuer plus d’heures de travail, il est actuellement nécessaire pour eux et elles d’atteindre 6 ans d’ancienneté pour « mériter » d’effectuer 10h de plus par mois !

Pourtant, en juillet 2015, la ministre de la Culture Fleur Pellerin encourageait les établissements culturels à embaucher les contractuel-le-s à temps incomplet sur besoins permanents directement en CDI et à 110h par mois, ce qui est le plafond légal pour ce type de contrats. Nous exigeons donc de la BnF qu’elle prenne ses responsabilités en appliquant le plus vite possible ces mesures et aussi en concourant au niveau du Ministère de la Culture à l’organisation d’un plan de titularisation digne de ce nom : sans conditions d’ancienneté, de quotité horaire ou de nationalité.

 
Luttons contre le sous-effectif :

Depuis 2010, le gouvernement et la direction de la BnF ont supprimé près de 250 postes dans notre établissement, dont plus de 50 postes de magasiniers-ères, soit 10% des effectifs de ce corps de fonctionnaires.

Les conséquences de cette hémorragie, en particulier pour la catégorie C, sont nombreuses :
• Des plannings de service publics extrêmement tendus, ce qui gêne pour prendre des congés, pour suivre des formations, etc…
• Des chantiers internes qui sont délaissés, car la priorité est donnée au service public dans le cadre du sous-effectif.
• Une surcharge de travail, avec comme résultats plus de fatigue, plus d’arrêts-maladies, de plus mauvaises conditions de travail.

Pourtant, il est possible de remédier en partie à cette grave dégradation de la situation des équipes de magasinage à la BnF. Depuis le dernier recrutement direct de magasiniers-ères, il existe une liste complémentaire de 33 personnes, dont une douzaine de collègues précaires de la BnF. En recrutant immédiatement toutes les personnes qui figurent dessus, il serait à la fois possible de combler une partie du sous-effectif en catégorie C, d’améliorer les conditions de travail et de permettre la sortie de la précarité de collègues « vacataires ».

Mais sous prétexte de faire des économies, dans la logique de la politique d’austérité qui frappe les services publics, la direction de la BnF refuse de mettre en œuvre ce dispositif, sous-entendant même une fausse opposition entre le recrutement de ces nouveaux/elles titulaires et l’amélioration de la situation des agent-e-s précaires. Cette opposition entre deux groupes d’agent-e-s est inacceptable, tout comme l’est le refus d’améliorer les conditions de travail à la BnF en comblant une partie du sous-effectif actuel. L’appel de l’ensemble de cette liste complémentaire le plus vite possible doit donc être une priorité !