Précarité à la BnF : La direction doit prendre ses responsabilités !

La BnF emploie depuis des années des agent-e-s non titulaires à temps incomplet sur des besoins permanents pour assurer le bon fonctionnement de son service public, par exemple le soir et le weekend. Ces agent-e-s qui accueillent les publics aux Vestiaires, en banques de salles, en pieds de tours, qui travaillent dans les magasins, à la numérisation ou au transfert des collections sont embauché-e-s en CDD. Ces contrats vont de quelques mois à 3 ans à l’issue desquels ils et elles accèdent au CDI – acquis hérité d’une lutte précédente – sans pour autant voir augmenter leur quotité horaire. Ces embauches se font en moyenne sur une base de 80h par mois, ce qui correspond à des salaires très bas : moins de 700 euros mensuels.

Une précarité invisible pour le public de la BnF

Le public de la BnF est habitué à être reçu dans l’établissement dans les meilleures conditions possibles par l’ensemble de ses personnels. Pourtant, au-delà de cette vitrine d’accueil très propre, une partie importante du personnel souffre de droits amoindris et d’une précarité entretenue par la direction de la BnF alors même que la nécessité d’embauche se fait urgente en raison d’un sous-effectif en progression d’année en année.

Certain-e-s collègues « vacataires » affichent ainsi jusqu’à 10 ans d’ancienneté sans vraie évolution. Ces agent-e-s rencontrent de grosses difficultés pour se loger, cumulent parfois les emplois, jonglent entre les aides sociales, ont parfois des enfants à charge et vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Malgré les besoins réels de la BnF et les demandes de ces agent-e-s pour effectuer plus d’heures de travail, il est actuellement nécessaire pour eux et elles d’atteindre 6 ans d’ancienneté pour « mériter » d’effectuer 10h de plus par mois !

Des perspectives d’avenir limitées pour ce personnel négligé par la BnF

À l’heure où les postes offerts aux concours sont peu nombreux et où les plans de titularisation excluent plus de précaires qu’ils n’en intègrent, la BnF se cache derrière des arguments financiers pour légitimer cette précarité. Elle trouve pourtant des moyens pour investir dans la communication de masse, dans une nouvelle entrée « monumentale », dans le remplacement inutile de mobiliers en Haut de Jardin, tout en contribuant à la marchandisation des collections publiques dans le cadre de sa filiale BnF-Partenariat.

Cet été, dans une circulaire du Ministère de la Culture et de la Communication, la ministre Fleur Pellerin encourageait les établissements culturels à embaucher les contractuel-le-s à temps incomplet sur besoins permanents directement en CDI et à 110h par mois, ce qui est le plafond légal pour ce type de contrats. La BnF, qui ne peut pas s’opposer à ce principe, doit désormais se conformer à cette consigne au plus vite, sans chercher de critères d’exclusion afin de permettre à tous/tes les « vacataires » de la BnF qui le souhaitent d’augmenter leurs quotités horaires et donc leurs salaires.

Stop au service public à moindre coût sur le dos des plus précaires !

Nous exigeons de la BnF qu’elle prenne ses responsabilités en embauchant les contractuel-le-s à temps incomplet sur besoins permanents directement en CDI, en faisant des 110h une norme pour eux/elles et aussi en concourant au niveau du Ministère de la Culture et de la Communication à l’organisation d’un plan de titularisation digne de ce nom : sans conditions d’ancienneté, de quotité horaire ou de nationalité.

Pour une hausse des salaires :
Exigeons le passage à 110h pour les vacataires de la BnF !

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