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Pour une solidarité collective face à une épidémie qui perdure, ne baissons pas la garde et amplifions les luttes sociales !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Nos vies ainsi que celles de nos proches ont toutes été, d’une façon ou d’une autre, affectées par la pandémie de Covid 19. Après deux ans d’urgence sanitaire, la lassitude envers les restrictions liées à l’épidémie et surtout envers les injonctions contradictoires et liberticides du gouvernement est plus que compréhensible.

            Tout le monde, en particulier les immunodéprimé·es ou personnes dites « à risques », souhaitent légitimement reprendre leur « vie normale », laissée de côté en 2019. Alors que les retours scientifiques confirment toujours à ce jour que le coronavirus continue de se propager, principalement de manière aéroportée, le gouvernement de son côté considère désormais, non sans opportunisme à un mois des élections présidentielles, que le port du masque n’est plus nécessaire alors même qu’un nouveau variant se répand.

            La levée du passe vaccinal quant à elle n’efface pas le maintien du passe sanitaire dans les établissements de santé. Notre organisation syndicale maintient sur ce sujet son opposition à cet outil de contrôle autoritaire, source d’inégalités, qui n’entrave pas pour autant la circulation du virus lui-même. Constat est fait que les différents passes, les amendes, la poursuite du démantèlement de l’hôpital (des lits d’hôpitaux ont continué à être fermés en pleine crise sanitaire) et de la recherche publique ont été substituées à une réelle politique sanitaire fondée sur la solidarité, la gratuité et avant tout la prévention. Or, sans tests de dépistages gratuits pour tou·te·s, sans financement renforcé de la recherche publique, sans recrutements massifs dans la santé, sans levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 (seule 2% de la population mondiale concentrée dans les pays riches a eu accès à un schéma vaccinal complet), sans soutien à l’accès à la santé des personnes dites « étrangères », éléments pourtant vitaux pour garantir la santé de tou·te·s, la perspective d’une réelle sortie de crise semble pour le moment encore éloignée. La nouvelle hausse des contaminations dans plusieurs régions du pays portant les chiffres au-delà des 90 000 contaminations quotidiennes ne peut ainsi que nous amener à la plus grande prudence.

                        De même, la relativisation actuelle du nombre de contaminations et de décès ne nous protège aucunement et conduit, par un effet de normalisation, au risque d’exclusion sociale des personnes âgées et immunodéprimées (y compris à la BnF), potentiellement condamnées à vivre un éternel confinement si l’on baisse maintenant la garde.

Pour ces raisons, à partir du 14 mars des actions de solidarités collectives garantissant une efficace protection sanitaire, avec le maintien des « gestes barrières », l’isolement de tous les cas contacts et un port du masque à privilégier dans tous les espaces de travail partagés auront fini par être recommandées. D’ailleurs plusieurs établissements publics et bibliothèques incitent au maintien temporaire du port du masque et celui-ci reste toujours obligatoire dans les transports en commun.

Côté BnF, il reste néanmoins de la responsabilité de l’établissement d’assurer son devoir de protection des personnels. Or, les engagements de la direction restent à ce jour en deçà de nos attentes qui comprennent : la distribution conséquente de FFP2 pour celles et ceux qui le souhaitent ; la bonne ventilation des espaces de travail ; la fermeture temporaire des espaces où les mesures de CO2 montrent des taux  trop élevés ; le suivi soutenu du nombre de signalements parmi le personnel ; le suivi particulier des agent·es « à risque » face au Covid-19 ; l’octroi d’ASA lorsque cela est nécessaire ; le maintien préventif des règles de distanciation pour les agent·es et le public…

Toutes ces questions dépassent évidemment l’enceinte des sites de la BnF. Ainsi notre lutte ne doit ni oublier la défense des services publics de santé et de la recherche, ni oublier la dimension internationale nécessaire pour une levée des brevets des vaccins contre le Covid-19, afin que nos actes au quotidien face à cette épidémie cessent de ressembler au remplissage du tonneau percé des Danaïdes !

Pour une solidarité collective face à l’épidémie, luttons pour protéger l’ensemble des personnels BnF et son public, obtenir des moyens pour la santé et la recherche publique !

Ne baissons pas la garde et amplifions les luttes sociales !

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BnF : La situation sanitaire grave nécessite des mesures de protection sérieuses !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Ce vendredi 28 janvier a eu lieu un nouveau CHSCT extraordinaire portant sur l’évolution du protocole sanitaire à appliquer dans notre établissement.

Les enjeux d’un tel CHSCT, comme il y en a depuis des mois désormais, sont multiples et importants, tant pour traiter des questions d’organisation du fonctionnement de la BnF que des conditions de travail et d’accueil de l’ensemble des agent-es et du public, le tout dans un contexte pandémique explosif. Toutefois, pour que ce comité fonctionne réellement comme il est censé le faire, faudrait-il encore que la direction de la BnF change d’attitude…

« Dialogue social ceci », « dialogue social cela »… Cela fait de très long mois que la section SUD Culture, le plus souvent en intersyndicale avec la CGT et la FSU, dénonce le fonctionnement à la fois des instances de la BnF mais aussi des protocoles sanitaires qui en sortent. Cela en raison de leur trop fréquente déconnexion de la réalité du terrain et du fait qu’ils créent de flagrantes inégalités de traitement entre agent-es. Cela fait également des mois que nous dénonçons l’absence de prise en compte des remarques des organisations syndicales de la BnF, avec des votes « contre » majoritaires constamment ignorés, et une parole syndicale balayée voire caricaturée par des communiqués malhonnêtes de la direction.

Jusqu’ici, à aucun moment la direction n’aura bougé le petit doigt pour rétablir ce fameux « dialogue » désormais vidé de tout son sens. Dernière preuve de mépris, les scandaleuses « non » négociations du préavis de grève intersyndical déposé par la CGT, la FSU et SUD Culture pour la journée de mobilisation nationale et locale du 27 janvier, où la direction est venue les mains dans les poches, sans aucune proposition, au mépris au mépris de son obligation légale de négocier sérieusement le contenu de ce préavis de grève.

À l’occasion de cette fameuse « réunion d’échange (sic) », les organisations syndicales avaient pourtant tenu, au-delà des revendications portées depuis désormais plusieurs mois (concernant notamment Richelieu, les effectifs et le retour annoncé de l’ultra-précarité), à parler une nouvelle fois du protocole sanitaire actuel, selon nous totalement insuffisant et source de souffrance parmi le personnel. Réponse de la direction : tout va très bien, les décisions prises sont les bonnes et d’ailleurs selon elle les ASA ne servent à rien pour protéger le personnel. Pendant ce temps, l’établissement enregistre durant les trois premières semaines de janvier 103 cas positifs, alors que 49 cas positifs avaient été déclarés pour tout le mois de décembre et seulement 8 en novembre ! Donc tout ne va pas très bien, au contraire ! Mais cela ne gêne pas la direction qui dans la ligne du gouvernement décide de lever une partie des vagues mesures de protection sanitaire qui existait, en arrêtant les jours supplémentaires de télétravail et les jauges dans les salles de lecture. Quant à la seule nouvelle mesure prise, à savoir la fermeture des salles de lecture à 19h au mois de février, c’est une mesure insuffisante, qui par ailleurs semble avoir été annoncée sans aucune garantie que des agent-es, en particulier contractuel-le-s à temps incomplet qui font les soirées en service public, ne seront pas pénalisé-es au niveau de la comptabilisation du temps de travail. De plus, cet horaire de fermeture désorganise les matrices de planification sans permettre une réelle diminution du nombre d’agent-es posté-es sur une journée.

Alors, à quoi bon aller en CHSCT lorsque la direction ne tient aucun compte de la réalité de la situation et décide d’imposer des mesures déjà prévues en amont ? Pendant ce temps le personnel s’épuise en raison des absences diverses, des situations de « cas contact », d’écoles fermées, des plannings intenables, de la fatigue et du stress généré par le maintien coûte que coûte d’une activité quasi pleine… D’autant plus que les différentes directions n’ont de cesse de maintenir la pression pour que tout soit maintenu ouvert à tout prix au dépens de la santé physique et mentale des agent-es

Cette situation ne peut plus durer ! Le niveau de mobilisation lors de la grève du 27 janvier montre la colère et la détermination des agent-es, qui demandent de vraies mesures !

La direction connaît parfaitement notre analyse et nos positions, qui n’ont pas d’autres sources que le terrain qu’elle continue de mépriser. A sa charge de mettre son orgueil de côté pour enfin se résoudre à les écouter.

Nos revendications : https://sudculturebnf.wordpress.com/2022/01/21/bnf-un-protocole-sanitaire-totalement-inefficace/#more-6833

La section SUD Culture de la BnF continue d’appeler les agent-es à la mobilisation dans notre établissement, durant les semaines et les mois à venir. Seule notre détermination paiera pour améliorer nos conditions d’emploi et de travail !

BnF : la crise sanitaire s’aggrave, il faut immédiatement de vraies mesures de protection du personnel et des usagers-ères !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Depuis plusieurs semaines, nous sommes touché-e-s de plein fouet par la cinquième vague de l’épidémie de COVID, avec une explosion sans précédent du nombre de cas positifs (plus de 200 000 par jour désormais) et une forte hausse des hospitalisations.

La BnF n’est bien sûr pas épargnée par cette reprise de la crise sanitaire, qui entraîne une forte hausse du nombre d’agent-e-s touché-e-s par le COVID ou cas contacts placés à l’isolement, malgré les multiples changements de procédures pour de maintenir au travail le plus de cas contacts possibles, sans considération pour les risques sanitaires évidents. Ainsi, le nombre de cas positifs à la BnF a été multiplié par 5 entre novembre et décembre et atteint désormais un niveau record. Tout cela pèse lourdement, en particulier en service public, sur les équipes et le fonctionnement de l’établissement.

Alors qu’il faudrait prendre des mesures pour protéger l’ensemble de la population, le gouvernement n’annonce au mieux que de vagues recommandations qui ne changent rien au drame sanitaire et social qui se poursuit, alors qu’il promeut une idéologie du profit contre la santé en réduisant l’isolement des cas contacts au schéma vaccinal complet, en refusant la distribution collective de masques FFP2, en rendant payant les tests aux personnes non vacciné-e-s et en pariant nos vies sur une immunité collective loin d’être prouvée.

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Richelieu 2022 : un projet vide de sens et sans considération pour le personnel !

Communiqué SUD Culture BnF

Le CHSCT du 1er juillet avait en particulier pour objet de soumettre au vote des organisations syndicales le projet « concocté » par la direction de la BnF autour de la réouverture complète du site de Richelieu en 2022. Tant sur le fonds que sur la forme, ce projet vide de sens contient plusieurs propositions inacceptables, que notre organisation syndicale a dénoncées à l’occasion de ce CHSCT.

Travail le dimanche et les jours fériés, selon la direction : «il n’y a pas d’alternative»
Dans une tonalité autoritariste, la direction a déclaré que l’ouverture de la salle Ovale, du musée et des expositions le dimanche et les jours fériés, ne souffrirait d’aucun débat, qu’elle s’inscrirait dans la «modernité» et qu’il n’y aurait donc pas d’alternative. Sans plus d’argumentaire autre qu’il s’agirait de subir une « fatalité » sans la questionner, le vent – néo-libéral – de l’Histoire, va donc s’abattre sur les agent-es de Richelieu qui sont sommé-es de s’y soumettre sans mot dire.

Ouverture de la salle Ovale du mardi au dimanche.
Une telle amplitude horaire nécessiterait des renforts de personnel mais, vu que la direction n’en prévoit pas, ce sont les agent-es de catégorie A et B des ASP, EST, MSS et SVM (anciennement Département de l’Audiovisuel), en plus de ceux de l’ORB, qui seront mis-es à contribution pour l’ouverture dominicale et des jours fériés. Pour la semaine, les mêmes départements spécialisés et le SVM seront appelés en renfort pour assurer des plages de la présidence de la salle Ovale. Le Musée et les expositions ouvriront selon ces mêmes modalités.

Sous-effectifs : le tour de passe-passe
Alors que la BnF est en sous-effectif chronique depuis des années, Richelieu relooké devrait donc nécessiter des effectifs supplémentaires. Mais… il n’y en aura pas! Si la direction a parlé de créations d’emploi, il n’y aura de création de postes – nuance – qu’à la marge. En conséquence, les départements de Tolbiac sont priés de payer leur tribut pour que Richelieu puisse ouvrir selon les desiderata de la direction : des postes seront ainsi « redéployés », c’est-à-dire en réalité supprimés à Tolbiac pour être transférés à Richelieu et de plus en nombre insuffisant.

Nouvelle amplitude horaire pour les salles de lecture des départements spécialisés.
Le maître mot de la direction est «l’uniformisation» des pratiques. Mais cette uniformisation n’a pas grand sens pour les départements spécialisés. Chacun a en effet un mode d’organisation du service public adapté notamment à la spécificité de ses collections, à la distance de ses magasins, à la configuration de ses salles… Surtout, la direction souhaite modifier les horaires d’ouverture : au lieu d’un 10h-18h du lundi au samedi, la direction prévoit désormais une ouverture du mardi au samedi de 10h – 19h et le lundi de 14h à 19h. En comparaison avec l’amplitude horaire actuelle, cela n’apportera qu’une heure d’ouverture en plus par semaine pour les lecteurs/trices. Par contre, les équipes elles n’ont pas les forces pour assurer une telle amplitude quotidienne ! Par conséquent cette heure du soir va impliquer un bouleversement des plannings au détriment des agent-e-s.

Une nouvelle organisation qui crée de la désorganisation…
…ou comment dégrader une organisation qui fonctionne !

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Communiqué SUD BnF : Ouverture de la salle D suite à une inondation : quand la Direction des Collections passe en force ! »

L'Œuvre à la Loupe • La Vague d'Hokusai - Le blog d'art contemporain de  KAZoART

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Vendredi 3 septembre a eu lieu une importante inondation dans le Hall Est du site de Tolbiac, endommageant non seulement cet espace d’accueil et de travail mais aussi la salle de lecture D, située en dessous.

Alors que les agent.es du DEP, qui sont pourtant les mieux placé.es tout comme les techniciens/iennes intervenu.es sur le dégât des eaux, préconisaient une réouverture de cette salle de lecture en début de semaine prochaine (vers le 14 septembre, en raison des différents travaux à mener et de la surveillance nécessaire de l’état sanitaire de la salle à effectuer), la DCO a imposé une réouverture ce vendredi 10 septembre.

Ce sont donc dans des conditions dégradées d’accueil que s’est faite l’ouverture au public aujourd’hui, des espaces restant fermés… La section SUD Culture de la BnF était pourtant intervenue à deux reprises, pour demander que la salle D ne soit reouverte qu’une fois que les conditions réunies, auprès d’une direction manifestement toujours en congés. Mais nous n’avons reçu aucune réponse à nos courriers.

Nous demandons une nouvelle fois à la direction de respecter les prorogatives du CHSCT de l’établissement et de présenter à ses membres un bilan diagnostic de l’ensemble de cet incident, procédure qui aurait dû précéder toute ouverture au public, notamment durant une période de fortes chaleurs. Nous demandons aussi que l’ouverture de salles de lecture n’ait lieu que lorsque l’ensemble des problèmes sont réglés.

Nous refusons de céder aux caprices visant à préserver l’image d’une BnF « toujours ouverte », les conditions de travail du personnel et les conditions d’accueil du public doivent rester une priorité !

Médecine de prévention : rien ne va plus !

SUD Culture BnF a interpellé la direction par un courrier en date du 4 août 2021 concernant de des dysfonctionnements du service médical. En l’absence de réponse, nous avons relancé la direction ce jour.

A l’attention du président du CHSCT,

Sauf erreur, ce message n’a fait l’objet d’aucune réponse de votre part. Pourtant, le sujet est d’importance et urgent, un certain nombre d’agent-es se trouvant actuellement dans une situation administrative non-définie quand d’autres sont renvoyé-es abusivement sur site, alors que le contexte sanitaire est critique et contre l’avis de leur médecin traitant. En outre, certains médecins convoquent des agent-es vulnérables, placé-es en ASA ou télétravail, sur site alors que les entretiens en visioconférence étaient la règle jusqu’à présent, les exposant inutilement au risque épidémique.

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CHSCT de la BnF du 7 mai : une réouverture à tombeau ouvert ?

Déclaration liminaire de la section Sud Culture BnF au CHSCT du 7 mai 2021

Notre organisation syndicale a décidé de ne pas prendre part à ce CHSCT ce jour, qui risque encore une fois de se réduire à un mauvais spectacle.

A la lecture des documents qui seront examinés, nous constatons en effet que la direction une fois de plus se précipite dans un retour à la « normale », qui n’a pourtant rien d’une évidence, marchant en cela dans les pas du gouvernement. Si les indicateurs de circulation de l’épidémie ont baissé, ils restent à des niveaux élevés, qui devraient inciter à la prudence. Mais le gouvernement, le Ministère de la Culture et la direction de la BnF, ont décrété que l’épidémie, en dépit de la réalité, était derrière nous, quoiqu’il en coûte, en vies humaines, de cette décision ubuesque. Si nous sommes tous et toutes lasses de vivre avec le Covid 19 et les restrictions qu’il impose, notre organisation syndicale maintient que la priorité doit être la protection de la santé des agent.es et du public. Nous continuerons donc d’exiger l’adaptation de l’organisation du travail à la réalité épidémique et non à la réalité alternative macronnienne.

Autant la direction se montre-t-elle lente à protéger les agent-es quand les courbes montent en flèche sur plusieurs semaines, autant elle roule à tombeau ouvert au moindre petit signe d’amélioration sans attendre que la situation se confirme. Oui, nous souhaitons toutes et tous un retour à la normale, mais un retour à la normale qui tienne compte de la réalité, et non d’un décret incantatoire qui en fait abstraction.

Concernant la réouverture des expositions : outre son caractère précipité, nous constatons que la direction n’a pas tenu compte de nos observations quant à la prévention des risques : gestion des flux, matériel de protection des agent.es, problèmes avec le PDA… Nous notons également que la direction a décidé d’ouvrir les expositions au-delà des horaires habituels, avec une ouverture le dimanche matin, dérogeant ainsi au règlement intérieur et cela sans même estimer devoir soumettre ce point au vote, ce qui est tout bonnement incroyable !

Concernant le schéma de juin : c’est donc un retour à la « normale », plutôt délirant, qu’a décidé la direction pour le service public, sans se soucier du contexte sanitaire, au gré de maigres aménagements creusant encore les inégalités de traitement entre catégories de personnel, au dépend des premiers et premières de corvée du travail sur site, que ce soit en service public ou en travail interne. A travers son souhait de communiquer au plus vite pour inviter usagères et usagers à un retour massif sur les sites de la BnF, tel qu’il a été évoqué dans des comptes rendus de la DCO, la direction adresse un nouveau message, brutal, au personnel, qui de son côté peine à se projeter tant physiquement que psychologiquement dans une reprise à plein régime, le tout dans moins d’un mois.

La direction exige la confiance des agent-es et des organisations syndicales sur la gestion de cette crise alors qu’elle est incapable de tenir le moindre engagement : le schéma d’organisation, déjà critiquable, qu’elle avait promis de tenir jusqu’au début du mois de juin se voit déjà remis en question dès la mi-mai. Autre promesse non tenue, celle de ne plus toucher aux horaires des expositions après le grave précédent « Tolkien », que nous avions dénoncé à raison.

Enfin concernant l’annexe « Prévention des RPS » : 

Si les oxymores du type « dialogue managérial » nous font doucement sourire, la réalité qu’ils recouvrent est beaucoup plus dramatique. Le discours unilatéral de la direction se rêve à présent expression de la majorité silencieuse et, en guise de prévention, pointe le recours à la sempiternelle conduite du changement.


Face à l’inquiétude des agent-es, que nous propose-t-on ? L’intervention de consultants et de coach, avec  leurs kits de propagande, pour convaincre nos collègues que, ce qu’ils et elles perçoivent à juste titre comme une mise en danger de leur intégrité physique et morale, ne seraient en fait que de petites résistances individuelles et égoïstes qu’il faudrait dépasser.


Encore une fois nous constatons que toute opportunité est bonne pour la direction en vue d’implanter toujours davantage son idéologie managériale à grands coups de charlatanisme résilient. L’infantilisation des agent-es ne constitue pas une prévention. Que ce soit pour la préservation de leur outil de travail ou pour celle de leur santé, ils et elles restent les premier.e.s expert-es à même de juger ce qui est bon ou pas. Toute avancée réelle en faveur des agent.es n’a jamais eu besoin d’une communication marketing pour être perçue comme bénéfique. 
La direction pourra toujours tenir autant de discours d’autosatisfaction bricolés par des communicants qu’elle veut, elle ne parviendra qu’à se convaincre elle-même de leur efficacité. Nos collègues savent très bien ce qu’ils et elles vivent ; les emballages publicitaires éculés ne sont qu’une violence supplémentaire qui leur est faite, et une insulte à leur intelligence. 

Nous ne jouerons donc pas les faire-valoir d’un pseudo-dialogue social face à des décisions déjà prises et prêtes à être exécutées quels que soit nos avis. C’est cette réalité que les organisations syndicales vivent depuis le début de cette crise sanitaire et c’est encore une réalité que vous voudriez occulter en nous opposant des fins de non-recevoir. Nous boycotterons donc cette instance qui n’en conserve que le nom.





Suicide à la BnF : des défaillances accablantes et un management qui interroge

SUD Culture Solidaires / Section de la Bibliothèque nationale de France

Le CHSCT du 26 mars 2021 avait pour objet l’examen du rapport de la délégation d’enquête sur le suicide de notre collègue.

Si la direction a appelé dès le début de la séance à une « certaine mesure » dans les propos, c’était bien, comme nous le redoutions, pour évacuer toute parole la mettant en cause dans le drame qui s’est joué ce 3 août 2020.  Et c’est dans cette même volonté qu’elle a tenté d’invalider les conclusions de ce rapport qui pointait, entre autre, le management comme facteur essentiel de la souffrance de notre collègue dans le cadre professionnel. Cette « mesure » à laquelle nous étions invité-es, elle-même s’en est dispensée.

Ce rapport est le résultat de 5 mois d’enquête, de 19 réunions et de la synthèse de 25 auditions qui ont permis à cette délégation, en parité administrative et syndicale nous le rappelons, d’analyser l’environnement professionnel et les conditions de travail de notre collègue, ceci afin d’identifier les éventuels facteurs de risque, exclusivement liés à l’activité professionnelle, qui auraient pu concourir à son suicide. Sa rédaction a été longue et fastidieuse pour parvenir à un consensus entre les différentes parties sans que soient trahis ni les faits, ni les mots que nous avons pu recueillir. 

Manifestement insatisfaite, la direction a donc fait pression pour tenter de modifier les conclusions du rapport, ce qui a évidemment soulevé l’indignation de l’ensemble des organisations syndicales. La direction nous a donc demandé de n’avoir pas entendu ce que nous avions entendu, de ne pas constater les vérités qui se sont imposées, et de nous soumettre à l’omerta souhaitée par la direction quand le rapport souligne que c’est précisément cette chape de plomb sur le mal-être des agent-es qui ne fait que l’aggraver.

Si cette attitude est choquante, elle doit aussi bien nous alerter sur ce qu’il s’est passé que sur ce qui est à venir. Ignorant les éléments de l’enquête établissant qu’il est dangereux et non réglementaire de procéder à des réorganisations du travail sans une évaluation préalable des risques potentiels et son examen en CHSCT, la direction nous a déjà annoncé qu’elle ne changera en rien sa politique managériale et qu’elle se réservait le droit de déterminer ce qui devait être présenté en CHSCT ou non. Il lui suffit de requalifier une réorganisation par d’autres termes fantaisistes pour en nier la réalité et les obligations réglementaires qui l’accompagnent.

Suite à la présentation du rapport, notre organisation syndicale a souhaité faire une déclaration que nous joignons à la suite de ce communiqué. Comme à son habitude, lorsque la direction est confrontée à ses propres responsabilités, en l’occurrence sa négligence et ses défaillances, notre déclaration a été qualifiée de « brûlot » qui « déshonore » notre organisation syndicale, comme une vaine tentative de contre-feu pour masquer son inaction. Il n’est pourtant pas question d’honneur mais bien de savoir si la direction de la BnF a rempli ses obligations légales en termes de prévention des risques. Pire, la direction entend décréter ce que doit être l’expression syndicale, opposant des fins de non-recevoir à ce qui déplaît à son oreille et cherchant à délégitimer toute parole qu’elle juge contraire à ses attentes de coopération.

Prenant à nouveau appui sans vergogne sur la mort de notre collègue pour justifier une évaluation à grands frais de notre travail par un cabinet privé, nous sommes déjà prévenu-es que les préconisations issues de cette délégation d’enquête seront réexaminées à l’aune de l’audit prévu ces mois-ci concernant le travail des magasinier.es1. Dans cette même volonté d’imposer à toutes et tous ses propres mots et représentations, nous avons été convié-es à ne plus appeler « audit » un audit mais à lui préférer une formulation byzantine qui cache mal le but de cette manœuvre et sa nature patronale.  Nous rappelons à ce sujet l’étrange empressement de la direction pour que cet audit soit réalisé dans les conditions de travail dégradées actuelles et donc peu représentatives de notre travail réel.

Enfin, nous avons appris que la direction n’avait pas déclaré le suicide de notre collègue comme accident du travail comme elle aurait  pourtant dû le faire, la réglementation étant sans ambiguïté à ce sujet : un suicide intervenu sur le temps d’activité et sur le lieu du travail constitue un accident du travail, à charge à la direction de prouver que ce geste n’a pas de rapport avec le travail.

Si ce travail d’enquête a été éprouvant, le climat de ce CHSCT vient ajouter une nouvelle violence tant la direction paraît exclusivement soucieuse de se laver de toute responsabilité dans ce drame et ne semble pas déterminée à prendre les mesures nécessaires pour en éviter de nouveaux. Nous n’en sommes que plus inquiet-es quant à l’avenir de notre établissement, de nos collectifs de travail, de la santé et de la sécurité de chacun-e d’entre nous. Nous devons nous mobiliser pour les préserver.     

1 Voir notre communiqué sur le futur audit des conditions de travail des magasiniers/ères de la BnF : https://sudculturebnf.wordpress.com/2021/04/06/audit-de-magasinage-attention-danger/


Déclaration de SUD Culture Solidaires au CHSCT de la BnF du 26 mars 2021

« Pour SUD Culture, le rapport de la DE est tout simplement accablant pour l’administration. Il révèle de manière très claire une suite de dysfonctionnements et défaillances.

Dysfonctionnements quand la direction d’un département peut mettre en œuvre une réorganisation du travail, conduisant à un retrait de tâches et de responsabilité, en s’affranchissant des procédures réglementaires, dont elle doit pourtant avoir la connaissance. Toute modification de l’organisation du travail, d’autant plus lorsqu’elle aboutit à retirer des tâches, doit être examinée en CHSCT. Et que l’administration ne nous dise pas qu’il s’agit d’un simple « ajustement ». Nous n’y souscrirons pas car en l’occurrence, il apparaît clairement à la lecture du rapport que la décision de retirer la gestion des plannings aux responsables de salle est une réorganisation, même si la direction du DEP tente d’en atténuer la portée en utilisant des euphémismes.

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