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BnF : PAS DE « ZOOM » SUR NOTRE CONFINEMENT !

SUD CULTURE SOLIDAIRES / SECTION BnF

PAS DE « ZOOM » SUR NOTRE CONFINEMENT !

Le 2 mai 2020

Rouge Simple Route Service Public Publication FacebookChacun·e chez soi, bien à l’abri dans son salon, sa chambre, ou son studio, on pourrait croire que le confinement est la garantie d’une vie véritablement coupée d’intrusions extérieures non désirées. Et pourtant…  L’usage d’internet met déjà notre intimité et nos données personnelles bien à mal en temps normal, et s’y ajoute ces jours-ci l’utilisation de tout un tas d’applications permettant de « garder le contact », ou plus prosaïquement, de travailler collectivement là où les outils et espaces habituels font défaut.

QUAND GOOGLE ET FACEBOOK S’INVITENT CHEZ NOUS… À LA DÉROBÉE

Ainsi, à la BnF, certain·es collègues font peut être partie de groupe What’s app réunissant leur service, ou utilisent Google docs pour pallier l’absence de la base de production. Sans être recommandés par la direction, ces outils sont déjà de fait souvent présents au quotidien. Ce ne sont pourtant pas des outils destinés à un usage professionnel ; ils n’offrent aucune garantie en termes de sécurité et de respects des données personnelles pour leurs utilisateurs.

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BnF : SUD Culture lance une enquête sur les conditions de travail pendant le confinement

SUD Culture Solidaires
Section de la Bibliothèque nationale de France

ouvrezLa-2Cette enquête est menée par la section Sud Culture de la BnF. Elle a pour but de mieux comprendre la façon dont sont mis en place le télétravail et le travail à distance à la BnF. Vous pouvez y répondre de façon anonyme. La section SUD Culture de la BnF reste joignable pendant le confinement à l’adresse mail suivante : sudbnf@hotmail.fr

Pour démarrer le questionnaire, cliquez sur le lien :

https://framaforms.org/conditions-de-travail-a-la-bnf-pendant-le-confinement-1587767400

NB : les agent-es qui ne sont pas en travail à distance peuvent aussi remplir le questionnaire!

 

Quid des travaux du site Richelieu de la BnF pendant et après le confinement

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Courrier de la section SUD Culture de la BnF

Le 25 mars 2020

A l’attention du président du CHSCT de la BnF

Nous vous écrivons pour vous faire part de deux inquiétudes que nous nourrissons sur les travaux en cours sur le site de Richelieu et souhaitons obtenir certains éclaircissements à ce sujet.

A ce jour, il nous semble qu’aucune information ne nous a été donnée sur l’état du chantier de Richelieu depuis la décision de fermeture totale des sites.

En premier lieu, en tant que responsable de la santé et de la sécurité de ses agent-es et en vertu de la charte sociale qui étend cette responsabilité aux employé-es d’entreprises extérieures intervenant sur les ordres de l’établissement, la direction de la BnF doit faire interrompre les travaux en cours sur le quadrilatère Richelieu.

Nous regrettons ne pas en avoir été informé-es si c’est déjà le cas et demandons à ce que ces travaux soient suspendus et les employé-es mis-es en sécurité sans perte de solde et d’obligations contractuelles de l’employeur dans le cas contraire. Les échéances de réouverture du site fin 2021 ne présentant aucun caractère vital pour qui que ce soit ne justifient en rien la continuité des activités.

Notre seconde inquiétude porte de façon corollaire sur le décalage nécessaire du calendrier conséquent à une interruption importante de l’activité telle que les annonces gouvernementales le laissent supposer à ce stade de la situation. Les échéances d’ordre culturel ne sauraient légitimer un rattrapage du retard ni par une intensification des travaux à leur reprise ni par une réduction de la période de contrôle de la livraison du site qui doit séparer nécessairement la remise des clés par l’OPPIC et le début des transferts dans la zone 2.

Ce serait dans le premier cas une mise en danger par une surexploitation des employé-es en charge des travaux, dans le second une pression sur les agent-es de la DMT pour accomplir des contrôles dans un temps bien trop court.  Ces deux manquements aux impératifs de santé et de sécurité seraient enfin prendre le risque de déployer collections et agent-es dans un environnement ne garantissant pas toutes les normes pour y exercer nos missions et accueillir le public de façon responsable.

Nous vous demandons donc de prendre en compte ces préconisations pour nous faire un retour sur l’activité liée au chantier et le statut actuel des employé-es y œuvrant.

En vous remerciant de votre réponse, veuillez agréer nos sincères salutations syndicalistes.

Les représentant-es SUD Culture Solidaires au CHSCT de la BnF


>>>Selon la réponse de la direction à notre courrier, l’OPPIC a mis à l’arrêt le chantier du site de Richelieu dès le lundi 16 mars au soir, ce dont notre organisation syndicale se satisfait. Concernant l’avenir du chantier, nos questions semblent manifestement prématurées à la direction qui annonce toutefois la mise en oeuvre, à une date ultérieure, d’un examen approfondi des conséquences de l’arrêt des travaux, ainsi que des opérations préalables nécessaires à la réouverture du site.
Notre organisation syndicale sera particulièrement attentive à ce que cet examen soit réalisé, au regard des difficultés à venir qu’elle a pu soulever dans son intervention.

Demande de fermeture totale de la BnF

Notre organisation syndicale a envoyé ce matin le courrier suivant au président du CHSCT de la Bibliothèque Nationale de France pour demander la fermeture totale de tous les sites de la BnF.

Nous avons appris avec satisfaction l’annonce de la fermeture de l’établissement au public vendredi 13 mars tout en restant convaincu-es que cette décision a été prise de façon trop tardive au vu des circonstances.

Nous restons néanmoins extrêmement préoccupé-es par le fait que la direction de la BnF n’ait pas communiqué dans le sens d’une fermeture totale, agent-es internes et externes y compris, et que ces dernièr-es aient été invité-es à se rendre sur leur lieu de travail ce lundi matin.
Au titre de sa responsabilité en termes de santé et de sécurité des personnels, nous demandons à la direction de la BnF d’attribuer une autorisation spéciale d’absence à l’ensemble des personnels, au-delà des catégories de population qui ontdéjà été évoquées (parents, personnes particulièrement vulnérables). Si nous entendons bien que certaines fonctions vitales de l’établissement impliquent un service minimum, la grande majorité des agent-es n’est pas concernée et il nous semble à la fois absurde et inconséquent de les mobiliser, les obligeant à utiliser les transports en commun et à une certaine concentration au sein de leurs espaces de travail, pour continuer des tâches internes dont la nécessité est totalement secondaire par rapport au souci essentiel de la préservation de leur santé.  
Au delà de ses obligations d’employeur, la BnF de part son caractère d’institution publique, a à notre sens un rôle à jouer en matière de santé publique.Nous demandons donc à la direction de la BnF d’exercer sa responsabilité et de déclarer la fermeture totale de l’établissement, de communiquer aussi vite que possible aux agent-es de ne pas venir lundi matin et de renvoyer au plus vite celles et ceux qui se présenteraient à leur poste, en cohérence avec les instructions sanitaires annoncées samedi soir par le gouvernement.
Nos membres siégeant au CHSCT ne se présenteront par ailleurs pas lundi à la réunion prévue.
Faute de mesures satisfaisantes, nous vous informons que notre organisation syndicale pourrait prochainement encourager les personnels à exercer leur droit de retrait, notre organisation syndicale se réservant aussi la possibilité de déclencher une alerte de danger grave et imminent.

Par ailleurs, nous opposons formellement à l’extension du télétravail aux agent.e.s ayant déjà indiqué devoir s’occuper de la garde d’enfants, ceci étant une condition incompatible avec de bonnes conditions de travail, nous attendons en conséquent que cette information soit retirée de la page https://www.bnf.fr/fr/agents.

 

Mauvaise partition au département de la Musique de la BnF !

De l’audit à charge contre une organisation syndicale à l’interdiction aux magasiniers/ères de lire en salle de lecture

Depuis 2014 le département de la Musique de la BnF traverse une crise, essentiellement liée à des problèmes de sous-effectif et d’organisation du travail, mais aussi à des pratiques pour le moins discutables de « management ». Depuis des années, notre organisation syndicale n’a cessé de dénoncer cette situation délétère, tout comme la décision de la direction de vendre le bâtiment Louvois, qui a contraint le département de la Musique à intégrer le site de Richelieu dans des conditions plus que contestables[1]. Alors que la situation a connu une amélioration courant 2018, suite notamment à nos interventions syndicales, aujourd’hui le département semble à nouveau au fond du gouffre. Depuis plus d’un an, la souffrance au travail est le quotidien d’un certain nombre d’agent.es, dont plusieurs se terrent dans le silence, tandis que les arrêts maladie et les demandes de mutation se multiplient. Pour notre organisation syndicale, la responsabilité de cette situation est bien celle de la direction de la BnF qui, après avoir laissé la situation littéralement « pourrir », en vient à mettre en œuvre les pires méthodes pour se dédouaner.

Quand les choses vont mal, un audit patronal et ça repart !

Ce recours à des cabinets privés généralement fort couteux[2], pratique très à la mode dans le secteur privé depuis des années, consiste ni plus ni moins, sous le faux prétexte d’un regard « extérieur » sur une situation, en une externalisation des moyens d’analyse et de résolution des problèmes, fonction relevant pourtant des compétences des ressources humaines. Plutôt que de traiter les problèmes dans les instances compétentes (notamment le Comité Hygiène, Santé et Sécurité au Travail), ou encore de prendre réellement en considération les courriers émanant d’organisations syndicales représentatives ainsi que les alertes de la médecine de prévention, plaçons entre les mains d’« expertes » autoproclamées d’un cabinet d’audit l’avenir d’un département et de ses personnels.

Après avoir entendu les agent.es du département, le cabinet a commis un premier bilan, totalement partisan, puis a organisé un séminaire infantilisant, orientant une partie des agents, a plus ou moins se transformer en tribunal populaire, pour que le cabinet d’audit détermine finalement une des principales causes des dysfonctionnements : « une posture syndicale à recadrer », des personnes syndiquées désignées comme responsables et littéralement jetées en pâture ! Cette surprenante analyse, présentée sans complexe dans les conclusions d’un audit commandé par la direction de la BnF, a ainsi été soumise sans filtre à l’appréciation des organisations syndicales ainsi qu’aux membres du CHSCT de la BnF le lundi 17 février 2020.

Une « maladresse » qui en dit long

Suite aux réactions des organisations syndicales, et en premier lieu de la section SUD Culture de la BnF, sur le caractère inadmissible de cette formule, la direction de la BnF tout comme le cabinet d’audit KPMG[4] ont rapidement adopté la position habile du rétropédalage : il s’agit d’une « maladresse » de langage… A la place, il serait manifestement préférable de parler de postures individuelles de représentant-es syndicaux/ales, ce qui revient grosso modo au même : stigmatiser les lanceurs/euses d’alerte et lyncher les formes jugées non agrées de l’expression syndicale, autre exercice en vogue dans le secteur privé comme désormais dans le public. Ce type d’attaque présente en fait les symptômes d’une pratique par ailleurs illégale, qui est celle de la discrimination anti-syndicale, forme d’entrave souvent accompagnée de traitement différencié des personnes syndiquées, d’individualisation de l’expression d’une organisation (par exemple en demandant à un ou une agent-e des explications sur un tract émanant de son organisation), ou encore d’une surveillance particulière, de pratiques d’intimidations, voire de mise au placard (« bore-out ») etc…

Cette notion de « posture » est en fait une formule courante du patronat et de ses alliés, visant à délégitimer l’expression des syndicats, surtout quand ceux-ci sont combatifs : ainsi les syndicats et leurs représentant-es ne porteraient pas de revendications basées sur une expérience professionnelle et un collectif, mais adopteraient une « posture » n’ayant pas d’autre finalité qu’elle-même. C’est donc la soi-disant posture qu’il faut attaquer, les vrais problèmes n’étant traités que de manière superficielle, une fois qu’un ou une coupable[5] aura bien été désigné-e publiquement, ce qui a été fait au département de la Musique. Ce type de manœuvre est une pratique managériale fréquente, dont nous constatons au-delà des murs de la BnF qu’elle se fait chaque jour plus violente[6].

Après avoir trouvé des boucs-émissaires, un plan d’action bidon !

Sur la base de cet audit commandé par la direction de la BnF, les premières mesures sont donc tombées. Les agent-es doivent désormais suivre une série de mesures censées leur permettre de retrouver une forme de « cohésion », autre mot à la mode visant en réalité à faire taire toute critique au profit d’une attitude commune bien lissée permettant d’éviter les vagues. Parmi les mesures présentées qui ont suscitées une forme de stupeur pour une partie du personnel, sont apparues des injonctions tant lunaires qu’autoritaires.

Premier exemple, une « demande à tous les agents de maintenir leur porte ouverte le plus souvent possible »… Quelle logique peut bien conduire à obliger les personnels à s’exposer malgré eux/elles toute la journée durant ? La contrainte est-elle un moyen de rétablir de la sérénité dans un département soumis à une situation de souffrance au travail ?

Un autre exemple est celui … d’une interdiction de lire en salle de lecture ! Plus précisément cette interdiction semble ne concerner que les magasinie.ères, si l’on en croit l’interprétation qui a été donnée lors d’une réunion de département. La question se pose : les magasinier.ères qui lisent des livres sont-ils/elles dangereux.ses ? La direction du département a justifié cette mesure par un argument des plus populistes : Le public qui soi-disant paierait les salaires des magasiniers/ères ne serait pas content de les voir lire ! Pourtant, le livre crée du lien et parfois, même de la complicité : qui n’a pas souvenir d’une conversation engagée par un lecteur ou lectrice autour d’un livre lu par un-e agent-e ou consulté par un lecteur ou une lectrice ?  Une bibliothèque où il est interdit de lire, c’est le comble de l’absurde ! Le Louvre va-t-il interdire à ces agent.es de regarder les œuvres ? La direction de la BnF compte-t-elle désormais convoquer l’ensemble des magasiniers/ères de la BnF qui ont osé ouvrir un livre aux instants les plus calmes de leur service public pour les contraindre de cesser cette activité manifestement insupportable ?

Autre mesure, et pas des moindres : la mise en place d’une « réorganisation du service public » ! La direction prévoit ainsi, grâce à la solution miracle de la « réorganisation » qu’elle pratique régulièrement[7], la suppression d’un poste de magasinier en salle de lecture. L’accueil et l’attribution des places seraient désormais réalisés par les président.es de salle, l’unique magasinier/ère présent-e en salle ayant en charge l’installation des microfilms et les documents mis de côté. Le ou la magasinier/ère en charge des prélèvements qui était jusque-là en salle de lecture, sera relégué-e dans un bureau… Cachez donc ces magasiniers que nous ne saurions voir ! Ce projet va concrètement dégrader la qualité du service public et les conditions de travail des agent.es. Étonnant quand la direction de la BnF claironne à tout va que priorité doit être donnée au service public !

En lieu et place d’un vrai plan d’action, associant les agent.es du département, le service de prévention et le médecin, la direction opte pour des mesures autoritaires et totalement décalées. Quelle déception et quelle trahison pour les personnels du département ! Rappelons que le but annoncé par la direction au début l’audit était pourtant de résoudre les problèmes de souffrance au travail dans le département.

 La supercherie doit cesser !

Pour notre organisation syndicale cette attaque est annonciatrice d’un climat et d’un type de management qu’elle voit entrer, sous différentes formes dans notre établissement. Conjuguées aux difficultés de dialogue, aux passages en force réguliers sans consultation des personnels (dernier ex. avec le déplacement des agent-es du DEP hors de leur bureaux sans leur demander leur avis), à l’abandon de certains chantiers (tel celui des préconisations issues de la délégation d’enquête de 2015), ou encore le groupe de travail portant sur l’amélioration des conditions de travail), ces méthodes ne peuvent conduire qu’à un délitement des collectifs de travail, et à la remise en cause de toute forme de critiques des choix opérés par la direction.

Ni la direction de la BnF, ni un cabinet d’audit privé, n’ont à juger la légitimité de l’expression d’un syndicat et des formes qu’elle peut prendre. SUD Culture revendique son indépendance, son fonctionnement horizontal, tout comme sa liberté de s’exprimer selon les modalités qu’elle choisit. Elle encourage l’auto organisation des salarié-es, qu’ils/elles soient syndiqué-es ou non, l’expression libre de tous et toutes en dedans ou en dehors des instances institutionnelles, que ce soit par des prises de parole, des pétitions, des rassemblements ou encore la grève. Elle dénonce fermement toute manœuvre visant à stigmatiser, isoler, ou encore à individualiser son expression à travers ses membres pour mieux la contraindre ou la contrôler, la direction de la BnF n’étant pas à sa première tentative en la matière. Un coup porté contre l’un ou l’une d’entre nous étant un coup porté contre nous tous/tes !

Pour une réelle amélioration de la situation au département de la Musique, notre organisation syndicale exige :

l’arrêt de la stigmatisation des personnels de catégorie C et de la répression contre les personnels syndiqués

►l’arrêt de la réorganisation du Service Public et le retour au postage de 3 magasiniers/ères en salle de lecture

►le recrutement d’un-e chef-fe magasinier/ère pour la gestion quotidienne de l’équipe de magasinage

►La mise en place d’une réelle concertation avec les agent.es du département et l’arrêt des mesures autoritaires  

►Un renfort d’effectif pour permettre au déménagement de se faire dans de bonnes conditions

[1] https://sudculturebnf.wordpress.com/2018/03/02/richelieu-le-ministere-nous-promene-continuons-la-mobilisation/

[2] Notre organisation syndicale compte demander le coût de cet audit, la direction refusant par ailleurs de communiquer le coût des séminaires de « coaching » régulièrement organisés dans ce département.

[4] Cabinet non agréé par le Ministère du Travail

[5]notons qu’il est plus facile d’exercer ce genre de manœuvre contre des agent.es de cat. C

[6] https://solidaires.org/Proces-France-telecom-Un-interdit-majeur

[7] https://www.actualitte.com/article/monde-edition/greves-a-la-bnf-le-personnel-inquiet-pour-l-avenir-des-effectifs/91249

 

Expo Tolkien : grève à la BnF ce jeudi 31 octobre !

Communiqué de presse

INTERSYNDICALE BNF CGT-FSU-SUD

Le 22 oct. 2019 s’est ouverte à la Bibliothèque nationale de France l’exposition « Tolkien : voyage en terre du Milieu ». Depuis l’ouverture, les personnels du service de l’Accueil de la BnF sont confrontés à un afflux exceptionnel de visiteurs, plus de mille par jour, dans un climat très difficile et des conditions de travail dégradées de longue date…

Les personnels du service l’Accueil se sont mis en grève pour dénoncer :
– Des conditions de travail déplorables et un sous-effectif chronique
– Une nouvelle organisation du travail qui détériore l’accueil des lecteurs et en particulier celui des chercheurs
– L’extension des horaires de l’exposition Tolkien pendant 4 mois jusqu’à 21h les jeudis soirs alors que l’exposition est déjà accessible 6 jours sur 7 jusqu’à 19h

Pour en savoir plus sur l’accueil au rabais décidé par la BnF, le passage en force concernant les horaires en soirée et les conditions de travail dégradées par un réaménagement tant coûteux qu’inefficace :
1. Non à la détérioration de l’accueil des usagers et des lecteurs
La direction de la BnF a souhaité refonder l’accueil des lecteurs de la BnF en concentrant sur une seule équipe leurs inscriptions. Résultat, une charge de travail en très nette augmentation (+40%) dans un hall Est particulièrement bruyant et mal aménagé. Ces collègues (accueil, caisses et vestiaires) en sous-effectif chronique n’en peuvent plus de la situation dégradée à laquelle ils sont confrontés. Côté usagers, les lecteurs de la Bibliothèque de recherche, jusque là inscrits, conseillés et orientés par des personnels de bibliothèque, ne sont plus accompagnés par des professionnels. Clairement le service rendu aux lecteurs et les conditions de travail se sont détériorés et cela les agents ne l’acceptent plus.

2. Non aux extensions d’horaires en soirée
Malgré le Règlement intérieur qui cadre les horaires de travail de l’établissement (8h-20h15) et l’avis négatif de la majorité des représentants du personnel siégeant au CHSCT, la direction a décidé pendant 4 mois d’étendre jusqu’à 21h les horaires de l’exposition Tolkien le jeudi soir. En ne respectant pas le cadre réglementaire et en passant outre l’avis du CHSCT, la direction a fait le choix, une fois encore, du passage en force. S’abritant derrière un appel au volontariat et un renfort ponctuel assuré par des agents précaires, l’administration pense que les personnels sont dupes face à ses tentatives répétées de faire travailler toujours plus les agents (projet d’une nocturne sur le site François Mitterrand en 2016 abandonné suite à la mobilisation des personnels, projet d’horaires étendus sur le site de Richelieu, augmentation du nombre de samedis postés, etc.). Alors que la BnF bénéficie d’une amplitude d’ouverture déjà très conséquente (9h-20h quasiment 6 jours sur 7 toute l’année), un élargissement serait synonyme de dégradations des conditions de travail, de santé et de vie des agents.

3. Non à des conditions de travail dégradées par un réaménagement tant coûteux qu’inefficace
Le hall d’entrée de la Bibliothèque François Mitterrand suite à d’importants travaux, et malgré les alertes répétées des organisations syndicales, est devenu un hall de gare extrêmement bruyant et mal agencé où les conditions de travail sont souvent difficiles. Ce chantier piloté par l’actuel directeur général M. Denis Bruckmann s’est déroulé en 2013 dans un contexte budgétaire extrêmement tendu qui voyait les crédits de la bibliothèque amputés de plusieurs millions d’euros. Malgré ce contexte, la direction de l’époque avait maintenu 4,9 millions d’euros de travaux pour réaménager le hall Est et le Haut de Jardin (soit l’entrée principale et la bibliothèque tout public inaugurées en 1996).
Rappelons qu’en 2009 le budget prévisionnel du projet ne s’élevait qu’à 3 M€, mais qu’en 2011 avec l’arrivée d’un MK2 (des salles de cinéma installées dans la BnF côté hall Est) les coûts explosent ! Quasiment 5M€ de dépenses pour un projet contesté et inabouti, soit une augmentation de près de 2 M€ en période de restrictions budgétaires, cette affaire et ce gaspillage d’argent public avaient fait scandale chez les personnels. L’enlèvement du travelator (le tapis roulant qui permettait d’atteindre le hall Est) a coûté à lui seul près d’un demi-million d’euros TTC, soit l’équivalent, au même moment, des coupes dans les budgets dévoués à la conservation des collections patrimoniales.

Nouveau suicide dans le jardin du site François Mitterrand de la BnF : L’inaction de la direction doit cesser au plus vite.

Lundi 30 septembre 2019, une nouvelle personne s’est suicidée en se jetant dans le jardin du site François Mitterrand, vers 15h30. C’est le troisième évènement de ce type depuis le début de l’année, si l’on comptabilise une chute accidentelle survenue en juin. En avril 2019, suite à une tentative de suicide, la section SUD Culture de la BnF avait déjà dénoncé l’attitude fataliste de la direction et avait exigé des mesures concrètes et immédiates afin que ce type d’évènement ne se reproduise plus. Nous en sommes aujourd’hui à une triste moyenne d’une chute ou d’un saut par an depuis septembre 2015, date à laquelle la direction avait manifesté sa volonté de lancer une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage. Nous sommes en octobre 2019 et toujours rien !

La question des études, de leurs coûts comme de celui des infrastructures à mettre en place (barrière en plexiglass pour exemple) et des contraintes architecturales du bâtiment abordées en CHSCT de juillet 2019, a mené la direction de la BnF dans une impasse, repoussant la question à plus tard, arguant comme souvent des contraintes budgétaires insurmontables… Pourtant depuis septembre 2015, le sujet a été inscrit à l’ordre du jour du CHSCT au moins 4 fois : le 09/10/2015, le 25/03/2016, le 11/10/2016 et le 28/04/2017.

Car en effet, la direction de la BnF est bien responsable de la sécurité  et de la santé des personnes qu’elle accueille, tout comme de la santé de celles et ceux qui y travaillent. Or, ce genre d’évènement est traumatisant pour les collègues qui ont pu y assister, de manière directe ou indirecte, comme ce fut le cas ce lundi 30 septembre. Il en va de même pour une partie du public, invitée sans explication lundi 30 septembre à évacuer les salles de lecture du rez-de-jardin de la bibliothèque.

À ce titre, notre organisation syndicale tient à dénoncer la gestion désordonnée et inappropriée de cet évènement : reproches aux agent·e·s sous le choc tentant d’informer avec leurs moyens le public de ce qui se passe, propos déplacés de certain·e·s encadrant·e·s, obligation première pour la DCO de réouverture des salles K, L, M alors que des agent.e.s étaient encore sous le choc…  Une telle gestion inhumaine est inadmissible : l’ouverture des salles ne doit pas se faire au prix de la santé des agent.es ! Un meilleur accompagnement des personnels affecté·e·s aurait dû être mis en place, au-delà d’une gestion purement logistique !

D’autre part, notre organisation syndicale considère que les cellules d’aide psychologique, telles que celle mise en place le 1er octobre par le service médical de manière tout à fait légitime pour accueillir les personnels choqués, ne peuvent suppléer à une prévention digne de ce nom.

Combien faudra-t-il encore de drames tels que ceux survenus de manière régulière ces derniers mois, pour qu’une décision soit prise afin d’empêcher toute chute ou saut depuis cette esplanade ?

Notre organisation syndicale a été informée du fait qu’un point particulier relatif à cet évènement sera à l’ordre du jour du CHSCT du 17 octobre. Le constat effarant du nombre d’agent·e·s choqué·e·s par ce nouvel évènement dramatique (tous départements confondus) doit absolument déboucher sur des préconisations suivies d’effets rapides, la santé des agent·e·s de la BnF et de celle du public lui aussi touché devant être considérée comme une priorité. Nous souhaitons qu’une procédure claire concernant l’évacuation du public, des agent·e·s, et leur information soit mise en place au plus vite, et qu’en même temps soient mis en œuvre les travaux nécessaires pour la mise en place d’un dispositif anti-chutes efficace sur l’esplanade.

 

Bienvenue sur AirBnF : Attention, vous risquez de rester coincé•e dans les couloirs !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Voilà plusieurs mois maintenant que la direction de la BnF cherche à imposer une réorganisation-régression du service public. À cette occasion, l’organisation des services offerts au public dans notre établissement a pu être comparée, lors de plusieurs interventions malheureuses de la direction devant les agent·es, à celle d’Easyjet. Comme si les services publics méritaient d’être traités comme des compagnies aériennes à bas budget, fraudeuses fiscales et réduisant à rien les droits sociaux et les conditions de travail de leurs personnels.

Or, il y a déjà plusieurs années que la direction de la BnF imite en fait discrètement les compagnies aériennes avec la mise en place d’un système de sur-réservation dans les salles de lecture du Rez-de-Jardin. Ce dispositif a été mis en place pour résoudre un problème réel : parfois, des places réservées n’étaient jamais occupées, et des usager·ères ne pouvaient plus entrer dans une salle en réalité pleine… de fantômes. Pour remédier à cela, la direction a donc décidé de créer des places virtuelles, que les lecteurs et lectrices réservent et dont le nombre est supérieur au nombre de places Avion BnF.pngréelles qui lui ne change pas. Ce système fonctionne… à condition que l’affluence au sein de notre établissement n’augmente pas elle de manière significative ! En effet, il arrive de plus en plus fréquemment que les salles soient tellement remplies que des usager·ères, ayant pourtant réservé, se retrouvent sans place réelle et soient contraint·es de traverser l’établissement pour trouver une place physique dans une autre salle. Cela les éloigne également des ouvrages en libre-accès des salles dans lesquelles elles et ils avaient pourtant réservé.

Ce système pose également un vrai problème pour les agent·es posté·es en service public. D’une part les discussions avec le public deviennent tendues (« Oui vous avez un numéro de réservation mais non vous n’avez pas de place assise malgré vos 10 livres qui sont bien arrivés »), générant du stress et un environnement de travail pesant. D’autre part, la gestion des documents commandés demande du travail supplémentaire, sans assurance qu’ils arrivent à destination faute de place en salle. Même pour les documents, les conditions sont dégradées : baladés dans tout le rez-de-jardin, déplacés dans tous les départements. Les risques de transit d’ouvrages des magasins hors des salles de leur bandeau s’intensifient.

Bref, une fausse bonne solution qui engendre de la colère légitime chez le public, des conditions de travail dégradées pour les agent·es, et qui détériore les ouvrages de la BnF par une trop grande manipulation, sans compter les risques de perte. Après plusieurs années de fonctionnement, il est donc maintenant temps de dire que ce système ne fonctionne plus et qu’il pose de plus en plus de problèmes, face à la plus grande fréquentation des salles de lecture.

Alors que le projet de réorganisation du service public est un scandale, à la fois pour les agent·es et pour les lecteurs et lectrices, puisqu’il va entraîner une dégradation des conditions de travail, créer de l’utra-précarité, inciter les agent·es à « travailler toujours plus »  tout en supprimant des postes, nous nous opposons une fois de plus à une gestion qui prend modèle sur le secteur privé et qui n’a par conséquent que faire de l’intérêt général, de la qualité du service rendu et des acquis sociaux.

► Nous demandons donc le retour à un nombre de places réservables égales à celui des places physiquement attribuables lors des périodes de forte affluence (vacances universitaires, fermeture de la BPI, etc.).

On notera que la direction de la BnF a fini par se reprendre pour finalement comparer notre bibliothèque à Air France : une comparaison bien audacieuse quand on se souvient de la fameuse « chemise arrachée » en plein conflit social !

Arrêtons le « surbooking » et les pratiques managériales « low cost » à la BnF !

Pour un service public de qualité !