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Bibliothèques ville de Paris : « Diminutions d’effectifs, précarité et brigade volante : quand la nef réduit sa voilure »

Communiqué SUD Paris Culture – SUD Collectivités Territoriales Paris

Chers collègues des bibliothèques, bonjour !

Si on vous dit qu’actuellement, la situation est tendue dans les bibliothèques du réseau, on suppose qu’on ne vous apprend rien ? En effet, les bibliothèques parisiennes  souffrent d’un sous-effectif chronique et d’une gestion du personnel qui consiste  davantage à déshabiller Pierre pour habiller Paul, qu’à réellement pourvoir les postes  vacants.

Depuis plusieurs années — alors qu’ont pris forme les projets de créations de grandes et  moyens établissements et d’ouvertures dominicales — le nombre d’agents titulaires est  en régulière diminution dans la filière bibliothèques, surtout en catégories B et A. En  moins 10 ans, nous avons perdu près de 17% d’agents à la DAC ! Seul le nombre d’agents  non-titulaires augmente, sans que cela permette pour autant de compenser la baisse  globale des effectifs.

En résulte des équipes qui fatiguent, obligées d’assurer leurs  missions en surrégime,  avec parfois pour conséquence l’impossibilité de poser des congés. Plusieurs cas de ce  type nous ont été rapportés sur le réseau, et c’est une pratique qui, en plus d’être  scandaleuse, est inquiétante.

Si assurer le service public n’est plus possible à cause du manque de personnel, il nous  semble plus cohérent de limiter les horaires d’ouverture (comme l’ont déjà fait certaines  bibliothèques) plutôt que de bloquer les congés des agents. Ce n’est pas à nous, le  personnel des bibliothèques, de payer les frais de la gestion calamiteuse des effectifs du  réseau !

On est là dans le double langage caractéristique de l’administration parisienne. D’un côté  la mairie se vante des extensions des horaires d’ouverture et notamment le  dimanche, de pratiques innovantes, de Qualiparis etc… et de l’autre, elle ne nous donne  pas les moyens de cette politique. En témoigne la fermeture dominicale, imposée durant  les vacances de Noël à des bibliothèques ouvrant les dimanches, et devenue  systématique depuis quelques années.

S’imaginer qu’on va pouvoir continuer de faire tourner nos établissements respectifs en l’état actuel des choses relève soit d’un manque cruel de sens commun, soit du plus total  mépris pour nos missions. La qualité de notre travail va tôt ou tard s’en ressentir, mais  est-ce encore au rang des préoccupations de nos tutelles ? On est légitimement en droit  d’en douter.

Combien de postes budgétés sont actuellement vacants sur le réseau ?

L’administration se garde bien de nous le dire. En septembre, SUD Paris culture a  demandé à ce que la mairie lui communique, d’une part, l’évolution des effectifs, par  catégorie et par établissement, sur les quinze dernières années, et d’autre part, les  documents relatifs aux projets d’ouvertures / fermetures de bibliothèques sur le réseau,  mais jusqu’ici sans obtenir de réponse (ni même un accusé de réception du reste).

À ces problèmes d’effectifs, la Mairie de Paris propose toujours la même solution : des contractuels, emplois précaires souvent à temps partiel, y compris pour répondre à des «  besoins permanents » !

Mis en place tels de jolis sparadraps afin de parer au plus pressé, ils ne résoudront pas, à terme, les problèmes chroniques de personnels. Si la mairie de Paris veut que les  établissements tournent bien et assurent leurs missions, qu’elle embauche !

Dernière trouvaille en date : la brigade volante, qui devrait voir le jour en 2018.

Voté au comité  technique du 11 octobre dernier (et bien aidé par l’abstention de la majorité des  organisations syndicales siégeantes), ce projet consiste à créer une « équipe de  remplacement », constituée d’une vingtaine de volontaires (huit avis de vacance sont parues à ce jour, accessibles sur Wikibib), postés sur une ou plusieurs bibliothèques à la  fois — les avis de vacance sont très vagues à ce propos (à dessein ?)

Ces personnes seront amenées à remplacer tout agent absent plus d’une semaine, et se  verront spécifier leurs postes au moins trois jours à l’avance. Ce qui ne manque pas de  saveur puisque, selon ces mêmes avis de vacance, elles devront répondre à des «  absences imprévues » !

Leurs postes de travail pourraient donc varier d’une semaine à l’autre en fonction des besoins des différents sites, sur des jours ouvrés du mardi au dimanche. En effet, cette  brigade sera amenée à travailler les dimanches à Hélène Berr et à Edmond Rostand (à  partir de janvier), pour y renforcer les équipes en poste. Les établissements d’ores et déjà  ouverts le dimanche (La Canopée, Duras, Sagan, Truffaut et Yourcenar), ne seront  pas concernés pour le moment.

Ces fiches de postes soulèvent quelques questions :
– Puisqu’on recrute pour cette brigade en ponctionnant les équipes existantes, qui va remplacer les remplaçants ? La brigade ne va-t-elle servir qu’à combler les trous que sa  création va occasionner ? Ce serait presque amusant si il ne s’agissait pas de notre  travail.
– Sur quels établissements les agents de cette brigade seront-ils affectés en l’absence de collègues à remplacer ? Le nombre de postes vacants est-il tel que le BBL sait d’ores et  déjà que ce cas de figure n’arrivera jamais ?
– Et du coup, que se passe-t-il pour leurs établissements d’accueil une fois qu’ils seront partis en remplacement ailleurs ?
– Dans quel mesure ces remplaçants pourront reprendre les projets / fonds des collègues absents ?
– Comment assurer, pour un responsable d’équipe, la gestion d’un effectif éclaté sur  plusieurs établissements ?

Autant de questions qui restent largement dans le flou.

Nous attendons de la Mairie et de la DAC qu’elles daignent enfin communiquer avec leur personnel plutôt que de jouer l’esquive, qu’elles éclaircissent les points que nous venons d’évoquer et qu’elles nous donnent les moyens de travailler dans de bonnes conditions.

Cela passera par plus de transparence dans la gestion du personnel ; par des recrutements sur concours ; par davantage d’attractivité du BBL auprès de la territoriale  ; par des mesures de résorption massive de la précarité.

Si la nef flotte mais ne coule pas, il ne fait aucun doute en revanche que la plupart des équipes ont déjà la tête sous l’eau !

SUD Paris Culture, samedi 9 décembre 2017

Contacts : sud.paris.culture@free.fr / sudvilledeparis@gmail.com

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Assemblée générale des personnels BnF lundi 09 octobre 12h30 hall OUEST !

Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture

Baisses de budget, suppressions de postes, précarité, surcharge de travail, salaires/carrières en berne, mauvaises conditions de travail, destruction du code du travail …

Ripostons contre les projets de casse sociale, la destruction des services publics et pour nos conditions de travail :

Assemblée générale BnF lundi 09 octobre 12h30 hall ouest

mégaphone


Et mardi 10 octobre,

En grève et dans l’action !

Manifestation 14h République → Nation

Rdv cortège BnF : 14h angle rue du temple/République

Préavis de grève local de l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF pour le 10 octobre

Le 2 octobre 2017, à Paris

Madame la Présidente,

A l’heure des mobilisations dans la Fonction Publique et contre la nouvelle loi Travail, les
organisations syndicales de la BnF entendent pleinement participer à ces luttes.

Les annonces du gel du point d’indice, du retour du jour de carence en cas d’arrêt maladie et de l’augmentation de la CSG, auxquelles vient s’ajouter 120.000 nouvelles destructions d’emplois dans la fonction publique, loin d’apporter des perspectives encourageantes, ne font qu’aggraver la situation des agent-e-s publics/ques. Cela alors que les attaques se multiplient contre le code dutravail dans le secteur privé.

D’autre part, si en 2017 la BnF a pu éviter les suppressions de postes grâce à la forte mobilisation des personnels au printemps 2016, rien n’est acquis pour 2018 puisque le Ministère a décidé, une fois encore, de « sacrifier » la BnF avec l’annonce d’une réduction du budget de fonctionnement d’environ 5 millions d’euros.

Cette perspective n’est pas supportable pour les personnels de la Bibliothèque, cela d’autant plus que les conditions de travail dans notre établissement s’aggravent : crise persistante de la DdRH, tensions dans les services, surcharge de travail, augmentation des arrêts maladie, épuisement professionnel, réorganisations incessantes dans certains départements…

Par ailleurs, l’empilement de projets non priorisés et l’absence de suivi des décisions prises au niveau de la direction concourent à cette dégradation. Quant à la perte du sens de nos missions, celle-ci est partagée par un nombre croissant de personnels, toutes catégories confondues.

C’est pour toutes ces raisons que les organisations syndicales CGT BnF, FSU, SUD Culture BnF déposent un préavis de grève à compter du mardi 10 octobre 2017 pour l’ensemble des personnels de l’établissement. Nos revendications portent sur les points suivants :

· l’arrêt définitif des suppressions de postes (14 annoncés pour 2018)
· des budgets à hauteur des besoins et de la réalisation des missions : refus des nouvelles coupes budgétaires
· la mise en place de procédures transparentes et équitables concernant les carrières des personnels
· l’accélération du plan d’action en faveur des agent.e.s travaillant en local aveugle et pour l’amélioration des conditions de travail
· l’application complète et rapide du protocole d’accord de fin de grève de juillet 2016 (comptabilisation réelle du temps de travail, accès au recrutement sans concours à tous les « vacataires » avec un volet interne, etc.)
· le renforcement urgent de la médecine de prévention
· l’arrêt de la marchandisation et de la privatisation de nos locaux (ventes des immeubles attenant à Richelieu, espace cédé à MK2…) et de nos collections y compris numérisées via la filiale BnF-Partenariat

Nous restons à votre disposition, comme le prévoit la réglementation, pour ouvrir des négociations, et nous vous prions d’agréer, Madame la Présidente, l’expression de nos sincères salutations.

L’intersyndicale BnF : CGT, FSU, SUD Culture.

Destruction étatique du site archéologique d’Hasankeyf au Kurdistan en Turquie : une catastrophe scientifique, humaine et écologique

téléchargementCommuniqué SUD Culture Solidaires du 22 août 2017

Cet été 2017 est à nouveau propice à la destruction des paysages et des trésors culturels du Kurdistan par l’État turc. L’association pour la survie du site archéologique d’Hasankeyf a ainsi dénoncé le 15 août, les destructions en cours opérées par l’État turc sur ce site qui témoigne de traces d’activités humaines datant de plus de 12 000 ans. Des parois rocheuses ont ainsi été dynamitées, au motif qu’elles représentaient un danger, mais leur destruction touche aussi directement le site en lui-même et notamment les nombreuses grottes qui s’y trouvent.

Depuis 2010, l’État turc a considérablement accéléré les travaux pour préparer l’inondation de l’intégralité du site archéologique et de la petite ville voisine, qui comptent des milliers de grottes troglodytes mais aussi des traces de l’époque médiévale dont une vieille mosquée et une nature riche, afin de construire un barrage et une usine hydroélectrique. En mai 2017, le mausolée de Zeynel Bey avait été déplacé ouvrant la voie à cette destruction.

L’inondation est prévue dans le cadre d’un ensemble de barrage gigantesque sur le fleuve Tigre, qui renforcera encore le contrôle de l’État turc sur les eaux de ce fleuve qui traverse ensuite l’Irak pour se jeter dans le Golfe persique, posant ainsi des problèmes de partage des eaux et d’accès à l’irrigation.

Ces barrages s’inscrivent aussi dans le cadre d’une politique de contrôle de l’État turc sur les territoires de peuplement kurde et une partie d’entre eux ont pour objectif de réduire le terrain occupé par les guérillas du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan). Enfin la création de ce barrage électrique vise à renforcer la situation d’exploitation des terres du Kurdistan, que l’État turc considère comme un grenier sans âme dont les ressources peuvent être pillées jusqu’à leur épuisement.

C’est la même logique qui est à l’œuvre à Sur, la vieille ville de Diyarbakir, principale cité du Kurdistan nord.
Suite au soulèvement des habitant-e-s de Sur à l’automne 2015, l’armée turque a mené de très violentes opérations militaires contre ce centre historique, qui comptait de nombreux monuments classés (par exemple l’église de la vierge Marie datant de 1700 ans, les remparts construit en -350 avant notre ère ou le site de Hevsel qui date de –8000 ans avant notre ère), entraînant des centaines de morts, la fuite de dizaines de milliers d’habitant-e-s et endommageant de nombreuses habitations.

Après avoir écrasé la rébellion, l’état turc a décidé de tirer profit de la situation pour raser la vieille ville de Sur, détruisant au passage tous les sites historiques présents, sous prétexte de reconstruire les quartiers concernés. Si les habitant-e-s résistent encore, l’état turc est bien décidé à finir la destruction en cours (un tiers de la ville a déjà été détruit), car derrière cette énorme opération d’urbanisme, se jouent à la fois de très juteuses opérations immobilières pour les entreprises du bâtiment liées à l’AKP, le parti islamo-autoritaire au pouvoir et une tentative de contrôle militaire de la population pour éviter tout nouveau soulèvement.

Comment dès lors ne pas faire le lien avec le retour de la politique de terre brûlée qui a été appliquée dans la région de Dersim? Des dizaines d’hectares de forêt ont ainsi été volontairement détruits par l’armée turque au Kurdistan nord mettant en danger les habitant-e-s et détruisant les écosystèmes locaux. D’autres forêts ont aussi pris feu suite à des opérations de gendarmerie sans que l’État n’intervienne et en interdisant aux populations d’éteindre les feux. Le but de ces incendies volontaires étant de gêner les guérilleros du PKK et de punir la population locale.

Les attaques contre le peuple kurde passent ainsi par un double processus : une guerre impitoyable qui depuis juillet 2015 a entraîné la mort de plusieurs milliers de personnes et la destruction physique de la région.

Sud Culture Solidaires dénonce la destruction du patrimoine historique et culturel du Kurdistan par l’état turc, ainsi que les désastres que subissent les éco-systèmes de la région. Ce patrimoine historique et naturel doit être sauvé. Nous dénonçons la toute puissance de l’État turc qui n’a de préoccupation ni pour les populations, ni pour la nature, ni pour la culture. Nous exigeons donc l’arrêt immédiat des destructions de sites historiques et culturels, la réhabilitation de ceux qui peuvent l’être, le retour chez eux/elles des habitant-e-s déplacé-e-s, la reconstruction de leurs habitations et de leurs quartiers, décidée par eux/elles-mêmes selon leurs choix et l’arrêt des opérations militaires destructrices.

Nous continuerons par ailleurs à être solidaires des militant-e-s syndicaux/ales, associatifs/ives et politiques qui subissent la répression en Turquie et au Kurdistan et qui luttent pour défendre les droits des travailleurs/ses, des femmes, des minorités et des populations locales.

SUD CULTURE SOLIDAIRES, 61, rue de Richelieu – 75002 PARIS – tel : 01.40.15.82.68 – fax : 01.40.15.85.99 – sud@culture.gouv.fr

Non aux fermetures des bibliothèques des quartiers populaires et au travail du dimanche dans les collectivités territoriales ! Rassemblement jeudi 15 juin 15h devant le congrès de l’ABF !

bibliothécaires grenoble

Depuis bientôt un an, nos collègues bibliothécaires et les habitants de Grenoble se mobilisent pour contrer un plan d’austérité dirigé entre autres services contre le réseau des bibliothèques. Leur mobilisation a permis de sauver une des trois bibliothèques menacées. Mais huit postes ont été supprimés, et deux bibliothèques vidées de leurs collections. C’est donc avec stupéfaction que nous découvrons que l’ABF (Association des Bibliothécaires de France)  invite, à l’occasion de son congrès, Eric Piolle, maire de Grenoble et responsable de ces fermetures, afin qu’il réponde à la question : « fermer une bibliothèque est-ce une source d’inégalité ? ». Sans attendre sa réponse, nous affirmons que oui. Ces fermetures procèdent d’une logique purement comptable, qui dégrade nos conditions de travail et la qualité du service rendu. Face à l’absence d’une politique culturelle ambitieuse, la marchandisation du bien commun gagne du terrain et condamne les bibliothèques à devenir des supermarchés culturels.

La lecture publique pour toutes et tous en voie de disparition. À Grenoble, la fermeture des bibliothèques dans des quartiers populaires a déjà des conséquences lourdement dommageables. L’acte de lire ne se décrète pas, susciter le désir de lecture est un travail de longue haleine. Priver les populations des quartiers populaires d’équipements de proximité, c’est renforcer l’éloignement du livre et de la culture, c’est amplifier la relégation d’une partie de la population. Et les bibliothèques de Grenoble ont beau être labellisées Bibliothèques numériques de référence, le numérique ne remplacera jamais ces lieux de vie que sont les bibliothèques de quartier.

Ainsi, alors qu’aujourd’hui les bibliothécaires parviennent à toucher un public plus large que la plupart des institutions culturelles, on assiste à un véritable démantèlement de la lecture publique. Au-delà de Grenoble, on ne compte plus les bibliothèques menacées de fermeture, les équipes largement précarisées, qui ne cessent de diminuer, les budgets amputés parfois de moitié. L’ouverture des bibliothèques le dimanche, à laquelle nous nous opposons, ne remplacera jamais les bibliothèques de quartier et l’articulation fine et régulière des différents lieux de lecture.

Non au travail du dimanche et aux bibliothèques supermarché !  Le repos du dimanche n’est pas négociable. Seul jour de repos commun, fruit des luttes sociales, il doit permettre à chacun et chacune de disposer de son temps comme bon lui semble. Le travail du dimanche doit être réglementé, largement compensé et surtout rester exceptionnel. Car, nous n’en doutons pas, les bibliothèques territoriales, comme les commerces, ne sont qu’une étape supplémentaire vers la généralisation du travail le dimanche. Ce qui réduit à néant tous les arguments sur le « volontariat » ou la « meilleure rémunération du travail dominical » : quand la plupart des salarié-e-s travailleront le dimanche ces compensations seront hors de propos.

Nous refusons aussi la rationalisation et la centralisation du travail en médiathèque, qui, hiérarchisent et parcellisent le travail. Enfin, nous souhaitons avoir un rapport au public autre que celle d’une masse qu’il faut gérer.

Pour une autre politique de la lecture publique. Si l’accès pour toutes et tous à la lecture est véritablement l’enjeu des débats, d’autres voies sont à soutenir : la multiplication des lieux de proximité, la gratuité d’accès, les services à domicile, les actions hors les murs, le temps pour construire des partenariats durables et constructifs, pour maîtriser et apprécier les contenus et les outils que nous proposons, pour connaître les différents publics auxquels nous nous adressons. Du temps aussi pour la formation à un métier, qui certes évolue, mais avec quels moyens et dans quelle condition ?…

Plutôt que d’ouvrir plus, ouvrons mieux ! Nous défendons une augmentation du nombre d’agents et de lieux de lecture pour mener à bien les activités que nous jugeons essentielles : les animations, les ateliers, la programmation culturelle, les temps de préparation, les commandes, les déplacements, la lecture, la mise en valeur des fonds… Si nous appelons à l’élaboration d’une loi sur les bibliothèques, afin que leur existence s’imposent aux collectivités territoriales ou à l’état, nous voulons que cette loi soit une véritable reconnaissance de leur action dans l’éducation culturelle et populaire, le soutien aux artistes et à la pratique artistique, et non une entrave à la constitution et à la mise à disposition de fonds ou une casse des droits des salariés.

Afin de soutenir nos collègues Grenoblois

Rassemblement jeudi 15 juin à 15h

Devant l’entrée du congrès de l’ABF,

Parc des expositions Hall 5.1

(M° Porte de Versailles)

(un préavis de grève est déposé pour les Collectivités Territoriales)

A l’appel de personnels de différentes bibliothèques territoriales, du collectif des bibliothécaires de Grenoble en lutte, de la CNT SSCT 38, de la CGT Fédération des services publics, de SUD CT, de SUD Culture Solidaires, de SUD Culture BnF, de SUD CT 75 Culture, de la CGT BnF et de la CGT des bibliothèques parisiennes

BnF : pour les agent-e-s posté-e-s de la BnF qui souhaitent se rendre à ce rassemblement, contactez la section SUD Culture de la BnF : sud@bnf.fr

 Pour un départ groupé de la BnF : rendez-vous à 14h au local syndical SUD Culture (T4, A2) jeudi 15 juin!

COUPES CLAIRES POUR LA CULTURE AMERICAINE mais pas que… SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS DE LA CULTURE U.S. mais pas que…

téléchargementDonald Trump vient de décider la suppression totale des subventions de quatre agences fédérales en charge de la culture aux Etats Unis pour 2018. Soit au total 971 millions de $ d’économies !

Rien d’étonnant à cela : Donald Trump, homme d’affaires véreux, menteur patenté et star de télé réalité est partisan de la culture degré zéro. Pour comprendre ses  premières mesures politiques, il ne faut surtout pas oublier que son équipe gouvernementale est composée d’un noyau dur d’idéologues « libertariens » qui révèrent Ayn Rand, philosophe américaine d’origine russe fondatrice de « l’objectivisme », une théorie selon laquelle le seul système politique possible est le capitaliste dérégulé et le seul objectif moral, la recherche égoïste du bonheur individuel. On comprend alors que Donald Trump n’est pas seulement un cinglé illuminé (même s’il l’est aussi).

Dans ce contexte de tension politique et économique extrême, il est essentiel de ne pas se tromper de combat, ni d’adversaires. Bien sûr, nous apportons notre soutien plein et entier aux travailleurs américains de la culture dont les conditions de vie seront nécessairement impactées par ces coupes budgétaires, mais ce préambule de rigueur établi, il faut préciser deux choses importantes à nos yeux : tout d’abord les 4 agences fédérales dont il est question ici (the National Endowment for Arts, the National Endowment for Humanities, the
Institute of Museum and Library services et the Corporation for Public Broadcasting) sont de puissants organismes très conservateurs sur le plan culturel dirigés par des responsables politiques tout aussi conservateurs. C’était le cas par exemple de Kenneth Tomlinson, Président de la CPB (Corporation for Public Broadcasting) de 2003 à 2005, également patron du Reader’s Digest. Durant sa présidence, Kenneth Tomlinson n’eut de cesse de privilégier son soutien aux médias les plus réactionnaires au détriment des plus progressistes et novateurs.

Alors il va de soi pour Sud Culture Solidaires qu’il ne faut pas confondre un soutien sans faille aux salariés qui vont subir les contre-coups (et les licenciements) inhérents à ces coupes budgétaires avec un soutien à l’action menée par ses quatre agences fédérales en charge de pans entiers de la culture aux Etats Unis (médias, musées, etc…).

La deuxième chose qu’il nous semble capital de préciser, c’est que tous les domaines qui touchent de près ou de loin à l’environnement, à la recherche, à l’éducation, à la santé et plus généralement à tous les services publics aux États Unis, vont subir de plein fouet les attaques et les coupes budgétaires de l’administration Trump, et bien entendu pas seulement la culture. Le seul budget fédéral en augmentation pour 2018 sera celui de l’armée, puisqu’il passera (avec 54 milliards de $ d’augmentation) de 549 milliards de $ à 603 milliards de $ !!! Cible privilégiée de Trump et des climato-sceptiques qui l’entourent : toutes les organisations écologistes qui militent contre le réchauffement climatique. C’est ainsi que l’EPA (Environmental Protection Agency) verra son budget réduit de 31 % en 2018. Cette baisse budgétaire entraînera mathématiquement la suppression de 3200 postes sur les 15 000 que compte l’EPA à ce jour. Sans oublier la réduction de nombreux plans de lutte contre les
gaz à effet de serre et l’abandon d’une cinquantaine de programmes importants par exemple celui qui apporte une aide aux populations Inuits d’Alaska ou aux villages proches de la frontière mexicaine.

L’éducation est également dans le viseur de Trump et de ses dangereux collaborateurs. Pour s’en convaincre, il suffit de s’intéresser à Betsy de Vos, la toute nouvelle secrétaire à l’éducation, fraîchement désignée par Trump. Le credo de cette femme d’affaires, c’est la privatisation totale du système éducatif américain et son allégeance à l’église protestante.

Betsy de Vos ne s’en cache pas, elle veut utiliser l’école américaine pour « construire le royaume de dieu » . Tout un programme ! Alors il va de soi que le soutien de Sud Culture Solidaires va non seulement aux travailleurs de la culture mais aussi à tous les travailleurs sociaux américains aujourd’hui visés par l’administration Trump, qu’ils se trouvent dans le secteur de l’éducation, de la santé, de la culture ou de l’environnement.

Pour conclure, à un mois du premier tour de l’élection présidentielle en France, ne nous y trompons pas : ce programme de purges budgétaires dans les services publics et les organisations para-gouvernementales d’intérêt public n’est pas réservé aux américains. Parmi les candidats en lice en France, nombreux sont ceux qui préconisent les mêmes solutions que Donald Trump aux Etats Unis.

Alors la meilleure manière de soutenir les travailleurs américains n’est-elle pas de se
mobiliser contre les mêmes politiques réactionnaires et capitalistes qui risqueraient de
produire ici les mêmes effets qu’elles produisent déjà là-bas ?

SUD CULTURE SOLIDAIRES, 61, rue de Richelieu – 75002 PARIS – tel : 01.40.15.82.68 – fax : 01.40.15.85.99 – sud@culture.gouv.fr