Archives du mot-clé Culture

Contre l’autoritarisme et la casse libérale : propageons les luttes !

Le gouvernement vient de réenclencher sa réforme libérale de l’assurance chômage, qui va réduire les droits de très nombreux/ses chômeurs/ses . Au printemps dernier, pourtant, les précaires et les intermittent-es, refusant la destruction de notre système de protection sociale, s’étaient fortement mobilisé-es contre celle-ci, en occupant plus d’une centaine de lieux culturels. Le gouvernement persiste donc dans des choix économiques et sociaux clairement au service du capitalisme.

Services publics et sécurité sociale : zones à défendre
La crise sociale et sanitaire a rappelé l’importance des services publics mis à mal par les gouvernements successifs, en particulier dans la santé, où l’hôpital public a subi des fermetures et des restructurations sans fin, ainsi que des suppressions de postes. Mais les baisses de moyens et les suppressions de postes ont visé les services publics dans leur ensemble, en particulier à la Culture. Dans le même temps, Emmanuel Macron s’acharne à détricoter l’assurance chômage, ce bien collectif qui permet aux salarié-es de continuer à survivre en l’absence d’emploi. Alors que le Conseil d’État a suspendu la réforme en juin dernier, le gouvernement publie un nouveau projet de décret qui n’est que le copier-coller de la réforme initiale durcissant considérablement les règles de calcul d’indemnisation. Ce nouveau décret doit entrer en vigueur le 1er octobre.

Crise sanitaire et sociale du coronavirus : incurie et autoritarisme
Pour se dépêtrer d’une crise sanitaire sans fin, Emmanuel Macron a choisi pour unique mesure – la plus autoritaire – la généralisation du passe sanitaire. Pourtant une vraie politique de santé publique dotée de moyens, allant vers les plus précaires, les plus isolé-es socialement et géographiquement aurait permis non seulement de lutter efficacement contre la pandémie, mais aussi de prendre en charge l’ensemble des problématiques de santé tout en renforçant la cohésion sociale. Mais il a préféré choisir une politique de la contrainte et du contrôle pour faire oublier l’incurie de son gouvernement depuis le début de la crise épidémique.

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Conditions sanitaires et sociales de la réouverture des lieux culturels : annonces et engagements de la directrice du cabinet

SUD Culture Solidaires, rejoint par la CGT et la FSU, avait demandé que le CTM du 26 mars s’empare de la question de la réouverture et du mouvement d’occupation des lieux culturels. A défaut, nous avions proposé qu’en l’absence de la ministre retenue pour cause de contamination au COVID-19, la directrice du cabinet organise une réunion sur ces sujets. C’est cette dernière solution qu a été retenue (13 avril). Voici ce qu’il faut en retenir.

CONDITIONS SANITAIRES DE REOUVERTURE

S’il y a eu des fermetures de certains EP, certains établissements culturels (bibliothèques, archives, parcs et jardins) ont continué de recevoir du public et, dans d’autres, l’activité en présentiel a très vite repris, dans des conditions sanitaires et psychologiques parfois déplorables.

Ainsi, à la Bibliothèque nationale de France, à partir de janvier, le retour massif des agent.es sur site a entraîné une augmentation rapide du nombre de contaminations et l’apparition de clusters dans des services. En outre, il y a une réelle inégalité de traitement entre les personnels puisque les agent.es de catégorie A ont pu massivement être en télétravail et peu présent.es sur site, alors que les agent.es de catégorie C devaient travailler sur place et ont donc été beaucoup plus exposé.es aux risques de contamination. La fin de la proratisation du temps de présence sur site pour les agents travaillant à temps partiel n’a absolument pas été comprise. Cette mesure, qui n’a aucun sens sanitaire est aussi une vraie injustice sociale car elle a contribué à l’augmentation de la présence sur site, pénalisant ces agent.es qui, comme ailleurs, figurent parmi les plus précaires et sont principalement des femmes. Nous pourrions faire le même constat à la BPI et aux Archives Nationales. Ainsi qu’à l’Inrap, où les contrats CDD sont découpés mois par mois, voire quinzaine par quinzaine, ce qui accentue toujours plus la précarité. De plus, pour les agent.es en grand déplacement, la direction ne leur proposant pas d’offres d’hébergement et de restauration, ils/elles en sont réduit.es à manger des sandwichs midi et soir. D’autre part, comme la CGT Culture l’a signalé, un nombre considérable d’agent.es, dont la rémunération est en partie liée au « service fait » et sur des crédits « mécénat », ont perdu des milliers d’euros de revenus. Pour les CDD dont les contrats ont été prolongés de mois en mois depuis le 2e confinement (octobre 2020), cette mesure est bien prolongée jusqu’au 30 juin, mais il sera mis fin à cette mesure dérogatoire a compter du 1er juillet. Concernant les alertes à la BNF et à la BPI, la directrice du cabinet indique ne pas en avoir connaissance et qu’elle allait faire le point avec la DGMIC et la direction de ces deux établissements pour savoir ce qu’il en était. Pour l’Inrap, elle n’y trouve rien à redire, estimant que cet établissement est dans une situation très spécifique !

Sur le taux de contamination, le secrétaire général nous renvoie à ses tableaux Excel qui indiquent que le taux d’incidence du Ministère est globalement dans la moyenne interministérielle. Il convient que les RPS sont une vraie question et rappelle qu’il s’était engagé à faire une enquête ad-oc avec un questionnaire scientifique qu doit être élaboré en lien avec l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail. Rien ne sera lancé avant une discussion en CHSCTM.

Pour l’intersyndicale Culture, il faut aller plus loin et faire un véritable bilan sanitaire et social des collectifs de travail si l’on veut préparer au mieux la reprise d’activités et éviter une nouvelle vague de contamination.

REOUVERTURE DES LIEUX CULTURELS

Tout en assurant qu’elle serait attentive à ce que cette réouverture soit bien préparée dans le dialogue avec les représentant.es du personnel, la directrice du cabinet nous a d’ores et déjà précisé les conditions et étapes de la réouverture qui, en fait, ont été déclinées le lendemain par E. Macron puis fait l’objet d’annonces assez confuses. Un CHSCT Ministériel extraordinaire sera réuni, en présence l’espère-t-elle de la Ministre, pour définir les principes ministériels d’organisation du travail et les modalités de déclinaison des règles sanitaires.

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Communiqué de soutien de SUD Culture Solidaires aux grévistes de la Tate à Londres

Soutenons les employé.es en grève de la Tate !

De l’autre côté de la Manche, en Angleterre, pour la troisième semaine d’affilée, nos camarades du syndicat PCS Tate United, dans la branche « Commerce » de la Tate (regroupement de musées d’arts londonien), sont en grève et tiennent des piquets devant leur lieux de travail.

En août, pendant la crise du Covid qui touche très durement les métiers de la culture partout dans le monde, la Tate a décidé de supprimer deux cents postes pour compenser de grosses pertes de budget, alors même qu’elle a reçu 7 millions de livres en soutien du gouvernement britannique. Nos camarades demandent à ce qu’un pourcentage de cette somme serve à maintenir leurs emplois.

SUD Culture Solidaires les soutient, en tant que syndicat du secteur culturel, car la solidarité internationale nous rend plus fort, surtout lorsque le monde traverse une violente crise sanitaire, économique et sociale.

Nos métiers sont importants, ils ont du sens, et ils ne sont pas sacrifiables sur l’autel de la rentabilité.

Pour soutenir les agent.es de la Tate, nous participons à leur caisse de grève, et nous vous appelons à faire de même. Vous pouvez aussi suivre leur syndicat, le PCS Tate United sur twitter (@Tate_United) pour vous informer sur la suite de leur mouvement de grève.

La caisse de grève des agent.es de la Tate Commerce : https://ie.gofundme.com/f/tate-commerce-strike-fund

Pas de suppression d’emploi, ni à la Tate, ni ailleurs !
Réintégration des 200 postes supprimés !

Version en anglais ici

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Communiqué de presse suite aux annonces pour la Culture d’E. Macron et F. Riester le 6 mai 2020

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SUD Culture Solidaires

Les premières annonces d’Emmanuel Macron et Franck Riester faites hier 6 Mai 2020 pour la culture étaient très attendues. Si elles semblent aller dans le bon sens à première vue, et répondre en partie aux attentes de notre secteur (notamment la prolongation des droits des intermittent-e-s du spectacle jusqu’au 31 aout 2021), nous pensons que nous devons rester très vigilant-e-s sur les modalités d’application de ces mesures qui vont être mises en œuvre par la Ministre du Travail Muriel Pénicaud et le Directeur de Pôle Emploi.
Tant que nous n’aurons pas accès aux différents décrets et règlements d’application de ces mesures, nous nous dispenserons de tout triomphalisme.

Dans un premier temps, nous nous félicitons que des revendications quasi-communes aient été portées par l’ensemble des organisations syndicales et extra-syndicales (Fédérations, Coordinations,..) et qu’elles aient été largement partagées par le biais de différentes pétitions qui ont joué en notre faveur. Ce qui démontre, une fois de plus, l’intérêt de l’unité dans l’action et d’une forte mobilisation.

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Intermittent-e-s du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel

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Revendications spécifiques aux annexes 8 et 10 de l’assurance chômage.

Le secteur culturel est particulièrement impacté par la crise du covid 19. Il a été un des premiers champs professionnels à devoir cesser toute activité et sera certainement dans les derniers à pouvoir reprendre. Les programmations sont suspendues, les temps de création ne peuvent avoir lieu, le montage de nouvelles productions est impossible, de nombreux festivals sont d’ores et déjà annulés, de même que les interventions en milieu scolaire et les manifestations associatives, les tournages sont également à l’arrêt. Ces annulations et arrêts auront des répercussions pendant plusieurs saisons. Ce secteur a la particularité d’un recours massif aux contrats précaires, dont ceux des salarié-e-s intermittent-e-s du spectacle, qui sont privé-e-s, de fait, de toute activité professionnelle et de rémunérations salarié-e-s pendant cette crise.
Il est évident que la possibilité de retravailler n’existera pas au 1er juin ! Quand bien même la période de recherche de droit est allongée, ce sera une période sans contrat pour la quasi totalité des intermittent-e-s et cela indépendamment de leur désir de travailler.

Des mesures s’imposent donc pour la survie des intermittent-e-s du spectacle dans le cadre des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage:

  • Toutes les dates anniversaires depuis le 1er mars 2020 doivent être reportées de la DURÉE D’INCAPACITÉ DE TRAVAILLER, c’est à dire d’une durée équivalente à la période allant du 1er mars jusqu’à la réouverture de toutes les salles de spectacle, plateaux de tournages, studio….et la levée des restrictions de jauges, avec maintien des allocations.
  • A ces nouvelles dates anniversaire, les droits doivent être renouvelés automatiquement, pour toutes et tous, pour une période d’un an sauf demande de l’ayant droit.
  • La nouvelle période d’affiliation doit être prise en compte au lendemain de la date anniversaire et non plus au lendemain du dernier contrat ayant servi à l’ouverture de droit (date anniversaire glissante). Cette date anniversaire glissante pénalise notamment très lourdement les congés maternité et les arrêts pour accident de travail. Par conséquent, nous revendiquons le maintien d’une date anniversaire FIXE comme cela existait avant 2003.
  • Pour les nouveaux et nouvelles entrant-e-s dans les annexes 8 et 10 qui auraient pu ouvrir des droits sans ces circonstances exceptionnelles, majoration de la période de référence de la DURÉE D’INCAPACITÉ DE TRAVAILLER (du 1er mars à la réouverture des salles, plateaux de tournages, studio….et la levée des restrictions de jauges ) et abaissement du seuil de 507h.
  • Les réductions des droits portées notamment par les « réformes » de l’assurance chômage vont mettre dans des difficultés insurmontables nombre de privé-e-s d’emploi. Le drame sanitaire que nous vivons ne doit pas être suivi d’un drame social.

C’est pourquoi, nous revendiquons :

  • l’abrogation définitive de la dernière « réforme » de l’assurance chômage tant sur son volet entré en vigueur le 1er novembre 2019 que sur le second dont l’entrée en vigueur a été reportée au 1er septembre 2020,
  • l’abrogation du décret du 28 décembre 2018 qui augmente les contrôles et sanctions envers les privé-e-s d’emplois et détruit le service public de l’emploi.

Quelles que soient les aides données aux entreprises et aux institutions, il apparaît toujours que les plus fragiles en seront exclu-e-s. C’est pourquoi il devient urgent que toutes les formes de chômage, d’intermittence de l’emploi et de précarité soient rémunérées, inconditionnellement et suffisamment pour vivre dignement.

Pétition pour défendre le rôle et les missions de l’archéologie préventive

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Une pétition a été lancée pour demander le retrait du décret du 8 avril qui accorde des droits de dérogation élargis aux préfets, ce qui fait des dangers graves à l’archéologie préventive et montre la tentation forte de sacrifier le patrimoine et la protection des vestiges au nom de la relance de l’économie et surtout de la recherche du profit à tout prix.

Elle est consultable ici

Dans la suite de son communiqué du 15 avril sur ce sujet, SUD Culture Solidaires appelle à la signer le plus largement possible et à la diffuser.


DRAC/DAC et COVID-19 : UNE SITUATION EXTREMEMENT DEGRADEE … MAIS ON ESSAYE DE TENIR !

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Coordination SUD-DRAC/DAC

Le 8 avril 2020

Nous exprimons tout d’abord notre soutien à nos collègues qui ont contracté, ainsi que leur famille, le COVID-19, sous une forme plus ou moins modérée (une centaine environ de cas connus). Plus que jamais, les mesures de prévention pour cette période de confinement doivent être respectées. Il appartient aux directions, comme elles ont en l’obligation, de tout faire pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale des agent.es. La norme reste encore, et pour une durée indéterminée, un recours   extrêmement limité au travail en présentiel. En ces temps particuliers, notre priorité doit être avant tout la sauvegarde de notre santé et celles de nos proches.

Faute d’anticipation, une gestion au fil de l’eau

Au début de la pandémie de Coronavirus, l’essentiel de la communication et des mesures prises par le gouvernement ont alimenté un climat anxiogène. Dans un premier temps, tout a été renvoyé aux responsabilités individuelles (se laver les mains, éternuer dans son coude, etc.) mais peu de directives claires ont été adressées aux agents des DRAC/DAC, si ce n’est qu’il fallait à tout prix maintenir l’activité.

Ce n’est qu’après l’allocution du président de la république du 12 mars et des diverses interventions gouvernementales, parfois contradictoires, que nous avons été informé.es de quelques préconisations, encore largement insuffisantes : télétravail, travail à distance ou, pour les agent.es contraint.es de garder leurs enfants à partir du 16 ans, autorisations spéciales d’absence (ASA). Pour les autres, il fallait juste éviter tous les déplacements non essentiels et ne pas participer aux réunions ne justifiant pas de conditions sanitaires satisfaisantes.

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Non à la réouverture des librairies !

Communiqué CGT Gibert Joseph, Syndicat des Libraires d’Ile-de-France, SUD Culture Solidaires

Nos organisations syndicales s’opposent fermement à la réouverture des librairies évoquée par le ministre de l’économie Bruno Le Maire.

Le ministre évite ainsi d’imposer à Amazon d’arrêter au minimum ses livraisons de livres. Nous exigeons nous la fermeture sans délai des entrepôts d’Amazon et apportons notre soutien aux salariés de cette entreprise qui sont actuellement en danger.

pile-de-livres1Nous saluons les nombreuses prises de position de libraires, salariés ou non, pour refuser cette réouverture. Nous condamnons sans réserve les déclarations inconscientes de certains patrons de la profession qui se sont dits favorables. Y compris si il ne s’agit que d’un service de commande et de retrait. Nous condamnons également les soutiens au ministre de « personnalités » du monde culturel qui ne paraissent pas conscients des réalités.
Le métier de libraire est un métier de contact, rouvrir les librairies est donc une aberration sanitaire doublée d’un non-sens économique et social.

Nous commençons à avoir connaissance de libraires touchés par le COVID-19, ils et elles ont cessé le travail samedi soir. Nous leur apportons tout notre soutien.
Dans l’éventualité où la proposition de M. Le Maire serait mise en application, nos organisations syndicales mettront tout en œuvre pour que les salariés de la librairie continuent de se protéger en ne reprenant pas le travail.

Nous appelons nos collègues, nos clients, nos soutiens à faire connaître ce communiqué. Le risque de nous voir imposer une réouverture est réel.

Restons chez nous.


Pour tout contact :
CGT : cgt.gibertjoseph@gmail.com, http://www.facebook.com/CGT-Librairies, SUD Culture Solidaires: 61 rue de Richelieu 75002 Paris, Tél. 01.40.15.82.68 sud@culture.gouv.fr, syndicatdeslibrairesidf@gmail.com