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Scandale du chlordécone : Le parquet demande le non-lieu. La colère de la population antillaise se fera entendre le 10 décembre 2022

Communiqué unitaire Union syndicale Solidaires, FSU, ATTAC France, Fondation Copernic, Confédération paysanne, CGT.

Suite au scandale du chlordécone, la plainte déposée en 2006 soutenue par de nombreuses parties civiles, fait aujourd’hui l’objet d’une demande de non-lieu par le parquet. Les avocats ont un mois pour déposer des recours.

Plus de 90 % de la population locale actuelle est toujours exposée aujourd’hui encore aux contaminations contenues dans les sols et la mer, et ce pour des siècles. Une étude démontre d’ailleurs que 95% des Guadeloupéens et 97% des Martiniquais ont du Chlordécone dans le sang. Par ailleurs, régulièrement des communiqués interdisent la consommation de l’eau du robinet suite à une pollution au chlordécone. L’empoisonnement continue. Les mesures prisent par les autorités ne sont que de la poudre aux yeux.

Le 10 décembre 2022 à 8h, un rassemblement d’information et de mobilisation est prévu devant la Maison des Syndicats à Fort-de-France en Martinique pour contester la demande de non-lieu faite par le parquet de Paris ce 24 novembre dans l’instruction des plaintes contre l’empoisonnement au chlordécone, véritable scandale sanitaire et environnemental depuis de très nombreuses années.

Le non-lieu sera un affront indigne pour la population des Antilles. La justice doit reconnaître le préjudice subi par la population par ce pesticide très dangereux et nocif pour la santé. Elle doit aussi dédommager toutes les victimes et condamner les coupables, à savoir les gouvernements successifs. Des mesures concrètes doivent être prises pour que cesse cet interminable scandale sanitaire qui n’a que trop duré.

Aux Antilles, le combat et la lutte continuent afin que les gouvernements successifs reconnaissent leurs responsabilités dans ce dossier. La population antillaise doit être entendue et reconnue par la justice en tant que victime.

En soutien aux Antilles, nos organisations : la Fédération Syndicale Unitaire, la Fondation Copernic, la Confédération paysanne, ATTAC France, la Confédération Générale du Travail et l’Union syndicale Solidaires ont sollicité par courriel une audience le 25 mai 2022 auprès des Ministres de l’Outre-mer et de la Justice. Cette demande a été réitérée par nos soins le 21 juin 2022 en y incluant la Ministre de la Santé et de la Prévention. Ces deux demandes d’audience sont restées sans réponse de leur part. Cela en dit long sur le peu de considération qu’ils accordent à la population des Antilles. Le traitement infligé aux antillais-es est une insulte à la souffrance physique et morale qu’elles et ils supportent depuis des décennies.

Le Ministre de l’Outre-mer, le Ministre de la Santé et de la Prévention et le Ministre de la Justice actuels doivent prendre la mesure de ce « massacre environnemental et sanitaire », et doivent en faire l’une de leurs priorités. Comme aux Antilles, pour obtenir justice et réparation, nos organisations ne lâcheront rien ! Nous renouvelons une troisième demande d’audience auprès des ministres concernés, nous souhaitons être reçu-es et entendu-es dans les plus brefs délais.

Nos organisations soutiennent, nous exigeons d’être reçues par trois ministres !

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PAS UNE BASSINE DE PLUS

 Publié le 2 novembre 2022

La commune de Sainte Soline dans les Deux-Sèvres est sous les feux de l’actualité depuis plusieurs jours. Et pour cause ! Depuis maintenant 8 jours, des milliers de manifestant-es, militant·es ou simples citoyen·nes sensibles à l’indispensable cause de la gestion de l’eau sont venu·es de toute la France voire de l’étranger pour manifester leur détermination à faire stopper le chantier de construction d’une méga-bassine.

Les collectifs Bassines Non Merci et Les Soulèvements de la Terre soutenus par plus de 150 organisations locales comme nationales dont l’Union syndicale Solidaires, y ont organisé le samedi 29 octobre une grande manifestation.
Alors que la déclaration de rassemblement et manifestation avait été faite dans les délais par les UD CGT et Solidaires 79, la préfecture a répondu par 6 arrêtés d’interdiction dont celui de manifester. La préfecture a ainsi déterminé un périmètre autour du chantier interdisant tout rassemblement et manifestation ainsi qu’une interdiction de circulation.

Plutôt que de favoriser le débat public, l’État a préféré la répression avec le déploiement d’un dispositif (gendarmes, hélicoptères…) qui a coûté plus d’un million d’euros.

Ainsi, les 8 000 personnes, réuni·es sur le campement érigé dès le 25 octobre sur un terrain prêté avec courage par un agriculteur, ont décidé de manifester et de partir en direction du chantier de la bassine.

La répression des forces de l’ordre, avec quelque 1 700 gendarmes mobilisés, a été d’une violence inouïe faisant 50 blessé·es parmi les manifestant·es. Malgré les bombes de lacrymogène, les grenades de désencerclement, les grenades assourdissantes, les LBD et les matraques, plusieurs centaines de personnes se sont introduites sur le chantier.

Le gouvernement qui communique comme à son habitude sur les supposés blessés chez les gendarmes assume pleinement l’usage d’armes létales de guerre face à des manifestant·es venu·es défendre et exprimer leurs convictions pour une autre gestion de l’eau et pour un autre modèle agricole. Très loin des prétendus “écoterroristes” de Gérald Darmanin.

L’Union syndicale Solidaires, en participant à l’organisation de cette action, réaffirme son engagement écologique et son soutien à la lutte contre les méga-bassines aux côtés de BNM et Les Soulèvements de la Terre.

Plus que jamais le combat contre la construction de méga-bassines est à l’ordre du jour.
Nous ne laisserons pas une minorité accaparer l’eau, bien commun, pour son seul profit. Les méga-bassines sont des projets mortifères qui défigurent les paysages et détruisent le cycle de l’eau au détriment de la population et plus largement au détriment du vivant.

Rappelé en conférence de presse ce jour, un ultimatum est donné au gouvernement pour la mise en place d’un moratoire et d’un débat public sur les projets de méga-bassines dans les 15 jours. Faute de quoi nous nous retrouverons pour une nouvelle mobilisation.

NO BASSARAN !

Le gouvernement organise la pénurie, mobilisons-nous pour rompre avec le productivisme !

En réponse à la baisse de production du nucléaire et celle du gaz russe, la première ministre, E. Borne, sort la solution miracle, les économies d’énergie et veut mettre tout le monde à contribution, Etat, collectivités, entreprises et citoyen·es.

La première ministre dit préférer les économies choisies plutôt que les coupures subies. Or, les personnes en situation de précarité énergétique sont déjà dans l’économie subie.

Pour autant leur situation n’a jamais ému le gouvernement ! Et ce ne sont pas les chèques énergie qui suffiront. Ce sont les mêmes qui subissent aussi un logement passoire thermique et des difficultés pour payer leur transport ou leur alimentation. Les plus riches dépensent sans compter et ne se soucient pas de leur surconsommation d’énergie ni de leurs effets sur le réchauffement climatique, l’affaire des jets privés est un exemple flagrant…

Pour les entreprises, elle prévoit un marché d’échange de droit à consommer. En clair, les entreprises qui consomment le plus pourront continuer à le faire !

En refusant de questionner le dogme de la croissance, E. Borne lance la planification écologique axée sur le plein emploi et de la croissance avant tout. De plus, la relance du nucléaire est l’une des priorités pour sortir des énergies fossiles en occultant ses risques majeurs, la radioactivité et la production de déchets ingérable.

Pour les salarié·es, c’est la poursuite de la baisse des droits sociaux (droit du travail, assurance chômage, réforme des retraites…), et pour les entreprises, le gouvernement se contente d’incitation sans contrainte. Il s’agit de préserver le modèle productiviste qui génère toujours plus d’inégalités et qui est responsable de la rupture de l’équilibre écologique de la planète.

Avec les feux de forêts et les pénuries d’eau de cet été, la forêt et l’eau seront les deux sujets prioritaires d’un premier cycle de discussion et de négociation selon les termes de la première ministre.

Pour Solidaires, il est essentiel avant tout, de rompre avec les suppressions d’emploi à l’Office National des Forêts. Les effectifs ont baissé de 30 % en 20 ans (11 000 salarié·es en 2002, près de 7 800 cette année) et le contrat Etat/ONF (2021-2025) prévoit à nouveau 500 suppressions de postes.

L’objectif du gouvernement est de diminuer les prélèvements d’eau. Ils représentaient 32,8 milliards de m³ en 2018 selon une étude de l’Office Français de la Biodiversité. Il s’agit de l’eau consommée et celle restituée après utilisation. Le nucléaire en prélève la moitié (16 milliards) pour le refroidissement des centrales, l’alimentation des canaux 16,8% et les 30 % restants pour la production d’eau potable, agricole et industrielle (données 2018 OFB).

Pour l’Union syndicale Solidaires, une planification écologique sans changement de société, c’est de la poudre aux yeux.

Pour des transformations en profondeur, il est nécessaire de s’attaquer à l’origine des bouleversements écologiques et des inégalités sociales et cela le gouvernement comme le Medef n’en veulent pas.

C’est notre capacité à se mobiliser qui amènera à la bifurcation possible vers une société sociale, écologique, dégagée de toutes discriminations.

[Tribune]La Bibliothèque nationale de France ne doit pas détruire les terres de Gonesse

Tribune publiée dans Reporterre

Nous, syndicalistes Sud culture Solidaires — section de la Bibliothèque nationale de France (BNF) — pensons que la lutte syndicale pour l’amélioration des conditions de vie des travailleuses et des travailleurs ne s’arrête pas aux portes des entreprises. Défendre un environnement sain, la possibilité d’accès à de la nourriture de qualité, à des emplois utiles sur les plans social et écologique fait de plus en plus partie de nos réflexions et engagements syndicaux.

C’est pourquoi nous avons apporté notre soutien à la lutte contre la bétonisation des terres fertiles du Triangle de Gonesse (Val-d’Oise), situées à une quarantaine de kilomètres du centre technique de stockage et de conservation de la BNF à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne). Une bataille qui a obtenu une victoire en novembre 2019, avec l’abandon du projet de complexe commercial Europacity. Aujourd’hui, des projets alternatifs de transition agricole tels que « Triangle » et « Risome » s’y développent sous l’impulsion de l’association Coopération pour une ambition agricole, rurale et métropolitaine d’avenir (Carma). À la suite de la Zad organisée en février [et expulsée le 23 février], nous appelons d’ailleurs à renforcer les mobilisations pour soutenir ces nouveaux projets. « Oui à Carma », lit-on sur la banderole, en référence au projet agroécologique contre l’urbanisation des terres de Gonesse.

Las, dans un article du Journal du dimanche du 20 décembre 2020, Marie-Christine Cavecchi, présidente du conseil départemental du Val-d’Oise, faisait part de son projet de remplacer EuropaCity par « un véritable projet d’envergure métropolitaine ». Autour de la gare de Gonesse (110 hectares), elle imaginait un nouveau quartier accueillant « un conservatoire national de la presse, un centre de conservation pour la BNF, une cité des médias… » Un projet qui relève, selon nous, syndicalistes, d’une stratégie de développement de l’emploi à courte vue, dépassée. En effet, Marie-Christine Cavecchi ambitionne de créer de l’emploi sur son territoire pour le rendre attractif, sans prendre en compte ses conséquences écologiques et sociales. Comment refuser des projets de reterritorialisation alimentaire en Île-de-France, où la perte des espaces agricoles est préoccupante ?

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