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Déclaration intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture au Comité technique du 13/07/2022

Lors de ce Comité technique doit être examinée une nouvelle fois la réorganisation du service public en rez-de-jardin. Sans surprise, cette nouvelle version réduit toujours l’accès aux collections et dégrade les conditions de travail des agents. La communication des documents conservés en magasins, possible avant la crise sanitaire pour les lecteurs de 9 à 17h, serait encore réduite à partir de septembre de 12h à 17h, ce qui ne change rien sur le fond.

Cette « solution » ne satisfait personne que ce soit les agents et les usagers, les représentants des lecteurs (qui ont voté contre au Conseil d’administration du 30 juin) ou l’Association des usagers de la bibliothèque, ALUBnF.

Dans le même temps, alors que la mobilisation a permis, après des années de réduction d’effectif, d’arracher 20 postes supplémentaires en catégorie C, la direction fait manifestement le choix de transformer une partie de ces emplois en des contrats précaires, ce qui n’est pas acceptable.

Ces annonces, après deux mois de mobilisation historique et près de 20 jours de grève, sont très loin des attentes et des demandes des personnels et sont symptomatiques du manque d’écoute et de concertation de la part de la direction. Nous contestons par ailleurs la manoeuvre de la direction qui hors de tout cadre réglementaire convoque deux comités techniques afin de faire passer en force la réorganisation de la réorganisation du service public, car ni le délai réglementaire de convocation ni celui de communication du document sur ce point n’ont été respectés. De même, le volet concernant l’organisation du travail aurait dû être présenté en CHSCT avant sa présentation en CT ce qui n’a pas été fait. Si elle s’obstine, la réunion prévue le mercredi 13 juillet sur la réforme du service public hors de tout cadre réglementaire sera sans valeur.

Les agents et l’intersyndicale CGT, FSU et SUD continuent de demander :

· Le retrait immédiat de la réorganisation du travail en service public, même modifiée et le retour aux communications directes des documents toute la journée
· Le renforcement des effectifs à la hauteur des besoins par des emplois titulaires, notamment de magasiniers avec entre autres, l’organisation d’un recrutement sans concours de magasiniers permettant d’augmenter de façon pérenne les effectifs
· Le respect du protocole de fin de grève de 2016 et en conséquence l’abandon du recrutement des contractuels à temps incomplet sur besoins permanents sur des CDD d’un an à mi-temps renouvelable une fois, contrats ultra-précaires sans droit et le retour à leur recrutement en CDI à 110h.
· Une révision du fonctionnement prévu pour le site de Richelieu, etc.

L’urgence dans laquelle se trouve notre établissement nécessite des réponses fortes et non une nouvelle réorganisation de la réorganisation du service public et le retour de la grande précarité. Cela passe par de vrais moyens supplémentaires et le recrutement rapide de personnels titulaires pour l’ensemble des sites dont celui de Richelieu avec une réouverture en septembre qui risque d’être grandement perturbée par la mobilisation des personnels sans propositions allant dans le bon sens de la part de la direction.

2 mois de lutte à la BnF !

Déclaration pour le Conseil d’Administration du 30/06/2022

Intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF

La Bibliothèque nationale de France, troisième plus grande bibliothèque au monde est traversée depuis plusieurs mois par un mouvement social de grande ampleur et en phase de devenir historique. Rarement les agents se sont autant mobilisés, dans une grève unitaire touchant plusieurs sites, toutes les catégories de personnel et toutes les directions de la BnF, pour dénoncer de manière forte la situation désastreuse de l’établissement, les choix opérés par la direction et l‘austérité budgétaire et de personnel que lui imposent ses tutelles. Cette mobilisation s’est faite dans un premier temps à travers une pétition signée par plus 700 agents qui n’a eu aucune réponse de la part de la direction, puis depuis le début du mois mai par un mouvement de grève fort et ininterrompu qui dure depuis 8 semaines.

Dans le même temps, le public de la BnF, notamment celui des chercheurs et chercheuses, a décidé de s’investir de manière intense dans l’action en soutenant la mobilisation des agents, tant dans un élan de solidarité que dans une perspective de lutte pour sauver leur outil de travail qu’ils et elles considèrent légitimement en danger. Une telle mobilisation des usagers est inédite et montre bien l’ampleur de la crise sociale en cours dans cette établissement, mais aussi la remise en cause de ses missions fondamentales. Cela a donné lieu à deux pétitions en ligne recueillant en tout 19 000 signatures, aux prises de positions de l’Association des bibliothécaire de France et de nombreuses associations de chercheurs et de sociétés savantes contre la réorganisation du service public, à la conférence de presse organisée le 15 juin en soutien à la grève en présence de plusieurs personnalités du monde de la recherche et de la Culture et à la tribune publiée le 20 juin contre cette réorganisation et signée par plus de 420 chercheurs, universitaires, intellectuels, écrivains et artistes.

Face à un tel mouvement de contestation, face à un conflit social de cette ampleur, la réponse de la direction de la BnF n’a malheureusement pas été d’ouvrir immédiatement de vraies négociations, mais de laisser traîner les choses, de prétendre que la mobilisation des lecteurs et lectrices était factice, de remettre en cause la légitimité des personnes en lutte ou de réduire la colère du personnel et ses revendications à de simples interrogations et inquiétudes.
Cette attitude a conduit une grande partie du personnel à se sentir doublement méprisée : alors que la direction retire d’un côté aux agents l’expertise de leurs propres métiers en refusant d’écouter leur parole, elle les infantilise de l’autre en pensant régler à coups de communications et de séminaires des problèmes de fonds.

La réorganisation du service au public conduisant à réduire fortement la communication directe des collections conservées en magasins et qui est au cœur de ce mouvement a cristallisé tous les maux – pourtant dénoncés depuis des années par nos organisations syndicales – qui touchent notre établissement :

  • l’empilement des missions sans moyens supplémentaires (ex. de la réouverture de Richelieu à la rentrée 2022 et bien entendu le titanesque chantier d’Amiens) ;
  • les suppressions de plus de 300 postes en équivalents temps plein sur les 10 dernières années qui ont conduit à des choix intolérables que nous dénonçons aujourd’hui, amenant à délaisser certaines missions fondamentales de la bibliothèque nationale et à dégrader fortement nos conditions de travail ;
  • une politique délibérée de sacrifice des effectifs de catégorie C, notamment au sein des équipes de magasinage dont 25% des postes ont disparu, qui plonge les missions de service public de la BnF dans l’impasse ;
  • le reniement du protocole de fin de grève de juillet 2016 qui instaure un grave précédent à la BnF où nous dit-on le dialogue social serait soutenu, et qui a conduit au recours honteux à de l’ultra précarité avec de nouveaux contrats à durée déterminée sur des missions pourtant pérennes ;

Depuis début mai les personnels de la BnF et l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD se mobilisent sans relâche pour faire entendre nos revendications. Malgré trois préavis de grève déposés, 17 jours de grève et un taux élevé de grévistes ces deux derniers mois, cette même direction refuse toujours de retirer une réforme unanimement rejetée et laisse s’installer le pourrissement d’un mouvement social d’ampleur, pensant certainement que les congés d’été calmeront les esprits. Erreur. Les promesses de rééquilibrage très limité en faveur des catégories C, tout comme les annonces – insuffisantes et subordonnées aux moyens octroyés par les tutelles, d’embauches ou encore le plan de « déprécarisation » concocté par la direction pour se donner bonne conscience là où un recrutement direct de magasiniers devrait être organisé, sont loin de répondre aux revendications des personnels.

Cette situation désastreuse est aussi la responsabilité des tutelles, qui acceptent une réorganisation qui symbolise dramatiquement la casse du service public de la lecture et de la recherche, et qui accepte la mise en place de l’ultra-précarité.

L’arrêt des suppressions de poste de ces 3 dernières années, obtenues grâce à la détermination du personnel de la BnF, ne suffira pas à réparer les pertes subies ces 12 dernières années, surtout que les suppressions de postes en catégorie C ont continué depuis 3 ans. L’urgence dans laquelle se trouve notre établissement nécessite une réponse forte et à la hauteur des enjeux incombant à une bibliothèque nationale, consistant à octroyer immédiatement les moyens supplémentaires permettant l’embauche rapide de personnel titulaires supplémentaire, tant pour les missions assurées sur le site de Tolbiac que pour celles touchant le site de Richelieu dont la réouverture risque grandement de très mal se passer sans propositions concrètes mises sur la table par les tutelles, tutelles qui doivent aujourd’hui assumer leur responsabilité dans la crise que traverse la BnF et ses missions.

BnF en grève jeudi 30/06 : intensifions la mobilisation !

Assemblée Générale personnels BnF
Mardi 28/06 à 12h30
Hall Ouest

JEUDI 30 JUIN
GRÈVE ET MANIFESTATION
RDV >>> 14h30, Tolbiac HALL EST

Intersyndicale BnF

Le jeudi 30 juin, un conseil d’administration stratégique pour les emplois et les missions de la BnF : intensifions la mobilisation !

Pourquoi ce Conseil d’administration est stratégique :

  1. parce que la réforme de la communication des documents sera soumise pour avis à ce Conseil d’administration
  2. parce que le ministère de la culture et des finances siègent au CA, c’est donc le moment de se faire entendre en manifestant tous ensemble à 14h30 hall Est au moment de sa tenue
  3. parce qu’un budget rectificatif pour 2022 sera présenté à ce CA et que le budget 2023 est en cours de négociation au niveau ministériel, c’est donc maintenant qu’il faut agir !

La pression s’accentue sur la direction et le ministère de la Culture
La mobilisation à la BnF contre le sous-effectif, la dégradation de nos conditions de travail, la remise en cause de nos missions et la précarité continue maintenant depuis plus de 6 semaines, en lien permanent avec les lecteurs. Ces derniers, par le biais de leur association réclament toujours un accès aux collections toute la journée comme c’était le cas avant l’épidémie de Covid.
La pression s’accentue de jour en jour sur la direction et le ministère de la Culture, avec de nombreuses journées de grève, une pétition de plus de 16 000 lecteurs et une tribune dans le Monde de plusieurs centaines de personnalités issues du monde la recherche et de la culture.
Dans le même, dans la presse, se multiplient les articles sur la mobilisation des personnels et des lecteurs (le Monde, Libération, Télérama, L’humanité…).

Une prochaine réunion de négociation a lieu mardi après-midi.
Assemblée Générale mardi 28/06 à 12h30
Tolbiac Hall Ouest

JEUDI 30 JUIN
Grève et manifestation !

RDV 14h30 hall EST

Service public du samedi à la BnF : quand la norme devient l’exception…

Libérons les TAD !

Communiqué SUD Culture Solidaires / Section BnF

En utilisant comme prétextes la réduction, limitée, du nombre de lecteur·trices en Rez-de-Jardin sur 10 ans (période durant laquelle la BnF a perdu plus de 300 postes, détail étrangement oublié par la direction…) ou encore l’expérience des différées avec le système adopté durant la crise sanitaire, la direction de la BnF a décidé de mettre en place une « expérimentation » de Service Public les samedis.

>>> Exit donc les communications directes des documents des magasins ce jour-là pour laisser place à la communication différée durant 6 mois. Ce que notre organisation et le personnel voyaient venir depuis des mois s’est donc réalisé : la crise sanitaire aura servi d’excuse pour détériorer le service rendu au public dans le seul et unique but d’économiser du personnel.

Toutefois, pour ne pas ternir son image auprès du public, la direction a décidé de porter une attention particulière aux primo-arrivant·es en faisant de leur venue à la BnF le samedi l’objet d’une organisation exceptionnelle. Ce public, qui nécessite en effet un accompagnement individualisé vu la complexité de notre établissement, était « dans le monde d’avant » géré dans le flux « normal » des usagers et usagères accueilli·es dans nos murs. Le « monde d’après » fait désormais d’eux et elles l’objet de communications « exceptionnelles » de documents (mais uniquement le samedi, attention nuance et pour l’instant sans aucun formulaire).

À noter que cette décision fait suite à l’arrêt des entretiens conseils systématiques au moment de l’inscription des usager·ères du Rez-de-Jardin, point que nous avions fermement dénoncé à l’heure de la réorganisation du système d’accueil et d’inscription géré par la DPU (fraîchement créée à l’époque). Mais ne nous inquiétons pas, la BnF va « communiquer » l’information au public dont nous constatons pourtant chaque jour sur le terrain qu’il est de moins en moins accompagné et de plus en plus perdu…

Le résultat ? Des procédures ni faites ni à faire mais toujours à refaire, des recours (agent·es de catégories A et B) qui se retrouve à faire le travail de magasinier·ères et un message envoyé à ceux-ci/celles-ci qui n’est pas sans violence : « regardez comme on se passe bien de vous le samedi ».

La direction prend sa revanche en utilisant les circonstances pour imposer la suite de la réorganisation du Service Public les samedis qu’elle n’avait pas pu faire entièrement passée en 2019, grâce à la forte mobilisation du personnel.

NE NOUS LEURRONS PAS !

Si les équipes de magasinage n’ont pas à assurer l’expérimentation de ce fonctionnement absurde, c’est aussi parce que leur métier est de plus en plus menacé.
Les chiffres du dernier bilan social montrent bien comment la tendance des recrutements s’inverse, au profit d’agent·es contractuel·les à temps plein principalement sur des postes de cadres, au détriment des agent·es de catégorie C dont le nombre en personnes physiques dégringole. Cette situation inacceptable, couplée avec le projet de redéploiement de 40 postes de Tolbiac vers Richelieu ou encore avec le souhait de la direction de recruter des agent·es toujours plus précaires pour le Service Public (contrats d’un an non renouvelable, bafouant ainsi de manière inacceptable le protocole de fin de grève signé en 2016 qui prévoyait l’embauche en CDI des « vacataires » sur besoin permanent) doit tous et toutes nous faire réfléchir sur la finalité de ce projet (projet accompagné de plus par un audit du personnel de magasinage).

COTE CONDITIONS DE TRAVAIL ?

Comme d’habitude, la direction aura pensé à la vitrine sans chercher à comprendre la complexité du travail de terrain, ce malgré les alertes des organisations syndicales en CHSCT :
– Comment gérer l’ouverture des magasins tout en respectant les consignes de sécurité des collections (aucun·e magasinier·ère n’étant présent·e en station) ?
– Comment organiser les communications demandées lorsqu’elles concernent différents départements ?
– Comment gérer le public qui ne comprendra pas pourquoi certain·es peuvent obtenir des documents le jour même et d’autres non, alors qu’il y a aussi un public spécifique le samedi qui se retrouve privé d’un service de qualité ?
– Comment gérer seul·e le port de charge lié aux collections là où les magasinier·ères travaillent habituellement en binôme ?
– Quelle formation pour assurer un bon circuit des collections dans le SI, les équipes de magasinage étant habituellement chargées de créer les filières, pour éviter aussi les pertes ou les mauvaises orientations de documents ?
– Quelle charge de travail pour nos collègues de la DPU censé·es gérer – en partie, et donc le samedi – la recherche bibliographique de ce public… ? Sans parler du fait qu’il revient de nouveau aux équipes en « première ligne » d’assumer, en cachant leur embarras, une organisation inepte…

>>> Résultat : une organisation « abracadabrantesque» dont personne n’avait besoin et que personne n’a demandée, laissée à la bonne charge interne de chaque service invité à se faire des nœuds au cerveau pour organiser la dégradation du Service Public.
De quoi contribuer à la sérénité des équipes dont la direction prétend pourtant s’occuper…


POUR ACCUEILLIR CORRECTEMENT TOUS LES PUBLICS,
IL N’Y A QU’UNE CHOSE A FAIRE :

> Rouvrir les magasins le samedi avec une communication directe des documents, pour offrir un réel accès à tous et toutes à l’ensemble des collections !

> Organiser un recrutement direct de magasinier·ères pour créer les postes nécessaires et assurer de bonnes conditions de travail !

Audit des magasinier.ères de la BnF : une vaste fumisterie !

Communiqué section Bibliothèque nationale de France

On n’en attendait pas grand-chose, on a encore été déçu-es.

Dès la première réunion au sujet de l’audit sur les magasinier.ères, la section SUD Culture de la BnF avait flairé le danger de cette initiative de la direction. Nous incitions à la plus grande méfiance face à cet audit commandité par la direction, fait hors du cadre du CHSCT. Et bien, malheureusement, nous avions raison !

Le cabinet d’audit recruté – « Solutions Productives », c’est déjà tout un programme – a présenté en CHSCT le prédiagnostic qu’il a commis. 12 diapositives censées rendre compte de leur méthodologie, de leurs analyses du travail des magasinier.ère et des actions à venir. Nous sommes resté.es bouche bée face à la médiocrité du document présenté : du vent, un mauvais brouillon, un copié-collé d’audits déjà réalisés, du verbiage managérial vide de tout sens. Consternant.

Lors d’une rencontre avec l’un des consultants, nous avions déjà été stupéfait.es par le manque de sérieux du cabinet, les approximations et les éléments de langage ressassés. La présentation en CHSCT n’a fait que confirmer nos réticences.

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Extraits choisis :

§ « multiactivité qui parfois singularise des problématiques mais une nécessité d’objectiver et d’avancer » ;

§ « au-delà des transformations : mobilisations dans les transformations (mode projets ou corrections) » ;

§ « consolidation de l’identification des difficultés et les ressources de l’activité de magasinage en lien avec les parcours professionnels, pouvant eux-mêmes être sources de difficultés ou de ressources ».

[pré-diagnostic disponible en fin d’article]

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Nous avons donc appris que « Le Magasinier » manipulait une variété de « produits », qu’il avait des « managers » et qu’il travaillait dans une « entreprise ». Après plusieurs semaines passées au sein de notre établissement, les consultant-es n’ont toujours pas compris où il et elles évoluaient ! Et ils et elles viennent nous apprendre ce qu’est le travail des magasinier.ères… On croit rêver.

Résumons : La BnF a donc – grassement –  payé des gens pour découvrir le métier de magasinier.ère, sans succès. Cette somme aurait pu permettre d’aménager de nombreux postes de travail. Ridicule et affligeant.

>>> Mais derrière ce qui s’apparente à une mauvaise blague, il y a en réalité de quoi s’inquiéter. Ces mots creux et ces diapositives ineptes peuvent annoncer des réorganisations, un « management » plus « corporate ». Car il nous a quand même été répété que le cabinet était là pour apporter de la « méthode » face aux nombreux projets à venir. Entendre : obtenir le consentement des agent.es et les faire adhérer à des projets voulus par la direction et briser les éventuelles « résistances au changement ». Par exemple, organiser des ateliers pour faire « plus » avec « moins », comment ouvrir Richelieu sur des horaires plus étendus avec moins d’effectifs ?

Notre organisation syndicale continue d’appeler au boycott de l’audit !

AUDIT DE MAGASINAGE : ATTENTION DANGER

Mowglee Club : Musique et livret du 'Livre de la jungle' de Walt Disney

SUD Culture BnF

En janvier dernier, la direction a annoncé le lancement d’un audit sur les conditions de travail des magasiniers/ères, titulaires et « vacataires », de la BnF, concernant notamment celles et ceux travaillant sur le site de Tolbiac.

UN AUDIT PATRONAL DANS UNE OPTIQUE D’OPTIMISATION ?

Les organisations syndicales, conviées à une réunion de présentation le 20 janvier 2021, ont demandé l’examen de l’ensemble de ce projet en CHSCT, son contenu relevant clairement des prérogatives de cette instance. La direction, comme souvent, a balayé cette demande, soi-disant préoccupée par le calendrier d’un appel d’offre déjà lancé. Pourtant, en matière d’analyse du travail et d’évaluation des risques, la direction se doit d’associer les représentant.es du personnel, selon la réglementation en vigueur. Le choix est ainsi fait d’écarter la seule instance légitime à participer et à diligenter une expertise (interne ou externe) sur les conditions de travail. Le code du travail ne prévoit d’ailleurs pas de recours à des « audits » en la matière. Ce refus indique pour nous clairement qu’elle a donc opté pour un audit « patronal » des conditions de travail des magasiniers-ières, qui n’aura donc aucune valeur mais qui risque de ne pas être sans conséquences.

Dès lors, la démarche de la direction ne peut que susciter des suspicions. D’autant que, pour continuer dans sa politique du fait accompli, elle a décrété qu’il fallait aller vite, trouver illico presto un cabinet et engager un audit avec mise en œuvre d’expérimentations tout aussi rapidement. Dans une posture désormais habituelle, la direction, se drapant dans une vertu hypocrite de patron soucieux des conditions de travail de ses subordonné-e-s, dénonce comme blocage nuisible toute opposition au principe d’externalisation de l’analyse des conditions de travail et toute critique de la précipitation, suspecte, avec laquelle cette entreprise semble vouloir être conduite.

 Quand bien même la direction assure que les résultats de cet audit seront vus en CHSCT, la réalité reste qu’elle a la main sur l’ensemble de la procédure. Son refus d’examen en instance du projet, son opposition à l’accès des organisations syndicales au cahier des charges, alors même que celui-ci est public, ou encore aux cabinets sélectionnés, sont les preuves de l’opacité volontairement instaurée autour du projet et invite à la réserve. Cette façon de procéder, de même que le contexte et notre expérience du travail et des diagnostics réalisés par de nombreux cabinets d’audit, impose à notre organisation syndicale, non seulement une grande méfiance mais aussi une vive inquiétude quant aux conséquences de cette démarche. 

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LA LUTTE PAIE : APPEL INTÉGRAL DE LA LISTE COMPLÉMENTAIRE DU RECRUTEMENT DE MAGASINIER.E.S !

La direction de la BnF a annoncé lors d’une réunion où était conviée l’intersyndicale CGT FSU SUD Culture lundi 30 septembre que l’ensemble de la liste complémentaire du recrutement de magasinier.e.s serait bien appelée d’ici la mi-novembre. Grâce à cela, les 9 personnes qui étaient encore en attente sur cette liste seront titularisées, dont 5 collègues « vacataires ». C’est une victoire pour les personnels mobilisés, dont c’était l’une des revendications centrales depuis un an et demi ! Alors même qu’on leur répétait de toutes parts que cet appel intégral ne serait pas possible et que les contraintes budgétaires seraient trop fortes, les agent-es en lutte ont démontré qu’il n’existe pas de telle fatalité. Encore une fois, ce sont le rapport de force et la détermination des agent.e.s qui ont payé!

La réunion de ce lundi, arrachée dans le cadre du protocole de fin de grève signé en mai dernier entre la direction et notre organisation syndicale, faisait suite aux multiples préavis de grève intersyndicaux déposés pendant un an et à plus de 30 jours de grève. Elle avait justement pour but de faire le point sur l’état d’avancement de cette liste complémentaire, avant son échéance mi-novembre.

Notre organisation syndicale se satisfait bien entendu de cette décision, qui n’est que le fruit des luttes collectives qui ont été menées pendant plus d’un an. En ce qui concerne les dates d’appel, la direction de la BnF n’a pas encore de visibilité précise, et procédera à un appel global des 9 personnes pour une prise de poste avant la fin de validité de la liste.

Continuons la lutte contre la casse de la fonction publique, les suppressions de postes, le sous effectif et la précarité !

Déclaration liminaire au Comité Technique de la BnF du 14 juin 2019

Intersyndicale BnF : CGT-FSU-SUD Culture

« Le 9 mai dernier, les personnels de la BnF se sont massivement mobilisés à l’occasion d’une grève nationale contre la loi dite de « transformation de la Fonction Publique », mais aussi pour défendre des revendications locales concernant l’emploi, le budget, les conditions de travail et la précarité toujours grandissante dans notre établissement.

Malgré nos relances et les annonces de la direction de la BnF au dernier Comité Technique pour appuyer la tenue d’une réunion entre nos organisations syndicales et les tutelles de notre établissement, nous faisons l’amer constat que notre demande reste toujours lettre morte. Cette attitude du ministère de la Culture à notre égard, et surtout à l’égard des personnels, est particulièrement choquante en regard des plus de 2300 jours de grève cumulés en 2018 dans notre établissement.

Dans ce contexte et à la veille du prochain Conseil d’Administration de la BnF, nos organisations syndicales tiennent à rappeler leur extrême vigilance vis-à-vis des négociations sur le budget et la masse salariale de la BnF qui auront lieu avant l’été entre la direction de la BnF et ses tutelles. Nous ne pourrons pas tolérer les réponses à côté, les renvois à de nouvelles échéances, et un nouveau déni de la situation rencontrée à la BnF, alors que nous alertons et dénonçons depuis plusieurs mois la situation de sous-effectif chronique de notre établissement, les pertes de postes, les cas de souffrance au travail et les difficultés rencontrées pour assurer l’ensemble de nos missions qui en découlent. Il faut des créations de postes, dans toutes les catégories mais avec un effort particulier pour les catégories C et B, ce qui passe en particulier par l’appel de l’ensemble de la liste complémentaire du recrutement de magasiniers.

Localement, nous ne pouvons pas non plus continuer d’accepter l’attitude de la direction de la BnF concernant l’application du protocole de fin de grève de 2016, notamment concernant l’embauche des agents non titulaires à temps incomplet sur besoin permanent, que la direction s’était engagée à recruter directement en CDI. Les situations individuelles relatives à des CDD abusifs doivent donc cesser au plus vite, et la direction de la BnF doit respecter les engagements, contraignant juridiquement, qu’elle a pris en souscrivant à ce protocole. Ce qui veut dire que les agents sur des contrats courts abusifs doivent être stabilisés sur des CDI.

De la même façon, suite à la mobilisation incontestablement réussie des personnels contre la réorganisation du service public voulue par la direction pour s’adapter au prix d’un nivellement vers le bas à l’austérité budgétaire, et sans nouvelles actuelles de la direction sur ce sujet, nous tenons à préciser que nous n’accepterons aucun passage en force du projet durant la période estivale. De la même façon, nous continuons de dénoncer les mesures inacceptables contenues dans ce projet et que nous nous opposerons de la même façon à une nouvelle mouture présentée par la direction qui n’apporterait que des changements à la marge.

Concernant les primes et la question du CIA, qui ont été l’objet de nombreux échanges souvent infructueux, nos organisations syndicales continuent d’exiger la tenue d’une réunion de négociations ad hoc, la communication précise des données à l’ensemble des personnels sur la mise en place du RIFSEEP, tout comme la révision de l’application du CIA pour la mise en place d’un système juste socialement et destiné prioritairement à l’emploi.

Enfin, suite à la grève forte des personnels de la DPU le 28 mai dernier, dans un contexte de réorganisation particulièrement difficile, nos organisations syndicales réaffirment la nécessité de réponses adéquates à l’ensemble des revendications portées par les personnels de l’Accueil, des Pieds de Tours, de l’Accréditation et des Vestiaires, que ce soit sur les effectifs, les conditions de travail, l’organisation des tâches, le respect des droits des agents et des dispositions du règlement intérieur de la BnF. Nous alertons également la direction sur les risques psycho sociaux engendrés par une situation devenue intenable, et qui risquent de s’aggraver si la direction s’obstine à ne pas remettre en question ses propres choix.

Dans le contexte mortifère de réforme de la Fonction Publique mené par le  gouvernement, visant ni plus ni moins à mettre les services publics et leurs agents à terre, un changement de cap est indispensable. »