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Ministère de la Culture : compte rendu conférence téléphonique du 20/03

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Conférence téléphonique intersyndicale Culture Administration du 20 mars 2020 : où il a été question de sujets généraux et de sujets RH

Malgré la crise sanitaire que nous traversons, l’intersyndicale maintient, via une conférence téléphonique hebdomadaire avec l’administration, une forme de dialogue social régulier. C’est pour nous l’occasion de l’alerter sur toutes les situations qui nous sont remontées.
Voici les principaux sujets qui ont été débattus. Nous avons choisi de vous les présenter de la façon suivante : question soulevée par l’intersyndicale ; réponse de l’administration ; réaction ou remarque de l’intersyndicale.

La suite ici : communiqué intersyndical 26032020-1

 

 

De l’urgence sanitaire à l’urgence sociale, la culture doit se transformer

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Communiqué

Le 20 mars 2020

La gravité de la crise sanitaire qui frappe notre pays a conduit le président de la République et le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles. Partout désormais, le confinement et la limitation des déplacements aux besoins de première nécessité sont à l’ordre du jour.

Ces restrictions et consignes, inédites par leur ampleur et leurs conséquences sur le fonctionnement de notre société, les relations sociales et l’économie, sont bien sûr également valables pour les travailleuses et les travailleurs et le monde du travail. Alors que président de la République puis le gouvernement ont signifié clairement que le travail à distance devait être privilégié en toutes circonstances, en même temps, ils obligent tous les salariés des secteurs dits essentiels à continuer d’aller travailler et préparent des lois de réquisition. Certes, ils précisent que la sécurité sanitaire doit être maximale, mais nous ne sommes pas dupes dans les circonstances actuelles.

C’est dans ce contexte d’urgence et sous la pression des événements que le ministère de la Culture et son administration ont tenté d’apporter des réponses immédiates aux questions les plus pressantes. Celles-ci sont forcément incomplètes et imparfaites.

Il est temps pour l’intersyndicale culture, de pointer les questions les plus sensibles et préoccupantes et d’alerter l’administration sur les risques encourus par nos collègues du ministère.

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COVID – 19 : l’impréparation du monde de la Culture

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Covid 19 :
Quand l’impréparation des pouvoirs publics met en danger la santé, la sécurité et les moyens de subsistance des travailleurs et travailleuses de la Culture.

Le 19 mars 2020

Que ce soit au Ministère de la Culture (administration centrale, services déconcentrés, établissements…), dans les structures privées et associatives, SUD Culture Solidaires constate depuis le mois de février une impréparation totale et un retard systématique dans les mesures à prendre face à l’épidémie du Covid-19.

En fin de compte, ces mesures n’ont fait que suivre, avec retard, les annonces déjà insuffisantes des pouvoirs publics. Il s’en est suivi une confusion totale et des annonces partielles de fermeture. Des informations floues voire contradictoires ont laissé les salarié·es dans l’inquiétude et l’incertitude, particulièrement au long du week-end dernier.

La doctrine est désormais la préconisation du télétravail pour maintenir l’activité économique mais sans garantir des conditions de travail optimales (matériel informatique insuffisant ou obsolète, garde d’enfant en parallèle, …). Sous prétexte du cas de force majeur, ce télétravail nous a été imposé à toutes et tous sans s’intéresser au choix ni aux possibilités matérielles de chacun·e.

Dans le même temps, au motif d’une absolue nécessité de continuité de l’activité, des salarié·es se rendent toujours sur les lieux de travail sans protection, lors du transport et/ou à leur poste.

Faute de moyens permettant l’exercice de nos missions dans des conditions sanitaires satisfaisantes ou des règles de distanciation réelle, nous sommes à la merci du hasard. Les salarié·es sont plus considéré·es comme des variables statistiques du risque épidémique que comme des personnes dont la santé au travail relève de la responsabilité directe de leur employeur.

Pour toutes ces raisons, SUD Culture Solidaires exige :

• un télétravail au choix des salarié·es ;
• une transformation des arrêts de travail pour garde d’enfant en autorisation spéciale
d’absence pour les agent·es du secteur public ;
• une protection sanitaire renforcée pour les personnels toujours en fonction aussi bien en termes de matériel que de suivi médical ;
• l’application des mesures sanitaires aux salarié·es des prestataires de service ;
• la fin des jours de carence en cas d’arrêt maladie pour toutes et tous ;

À côté de cela, de nombreux·euses travailleurs·euses du monde de l’Art et de la Culture se
retrouvent à présent sans ressource à la suite des annulations en cascade des spectacles,
festivals, représentations et commandes. Pour d’autres, la fermeture d’une structure culturelle a aussitôt entraîné l’arrêt immédiat de leur rémunération.

Pour toutes et tous, la conséquence directe est la précarité pure et simple. Cette situation est inacceptable et va mettre à mal le monde culturel. Il est impératif que des mesures spécifiques soient mises en oeuvre pour les accompagner.

SUD Culture Solidaires exige :

• la prolongation automatique de plusieurs mois de tous les contrats arrivant à échéance
au mois de mars et dans les prochains mois d’état de crise ;
• le paiement des heures non-efectuées des vacataires pour tous et toutes ;
• le gel des loyers et des factures d’eau, de gaz et d’électricité pour tous et toutes ;
• la garantie de l’intégralité du salaire en cas de chômage technique pour l’ensemble des
salarié·es concerné·es ;
• la prolongation automatique des droits et des indemnisations des chômeurs·euses ;
• la prise en compte de la période d’arrêt en cours et de ses conséquences pour le calcul
des droits au chômage et à la sécurité sociale ;
• un salaire décent et des droits sociaux pour les intermittent·es et les travailleurs·euses
soi-disant indépendant·es.

De manière plus générale, notre organisation sera vigilante à ce que les mesures prises pour lutter contre l’épidémie de covid-19 n’entraînent pas de remise en cause de nos libertés fondamentales.

SUD Culture Solidaires condamne les récentes annonces guerrières et la rhétorique martiale du gouvernement concernant le déploiement d’un dispositif policier et militaire visant à restreindre toujours plus, par la répression, la circulation des personnes en France comme en Europe.

Nous condamnons également l’attitude du gouvernement consistant à rendre responsables les habitant·es de la propagation de l’épidémie. Les risques actuels sont en grande partie le résultat des politiques libérales et des choix économiques de ces dernières décennies comme de ces dernières semaines, notamment en ce qui concerne le secteur de la santé. Nous exigeons des moyens immédiats pour l’hôpital public !

Enfn, pour préserver durablement notre système de protection sociale, nous demandons non pas la suspension ou le report des réformes des retraites et de l’assurance chômage mais leur retrait pur et simple !

FACE À L’ÉPIDÉMIE, PROTÉGEONS NOTRE SANTÉ, GARANTISSONS NOS DROITS SOCIAUX, LUTTONS CONTRE LE CAPITALOVIRUS !

Paris, le 19 mars 2020


SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu 75002 Paris – 01.40.15.82.68
sud@culture.gouv.frhttps://sud-culture.org

Le ministre de la Culture annule ses vœux à la BnF, on fait les nôtres lundi 20/01 à 17h30 ! (Prochaine AG BnF : mardi 21/01, 12h30 hall ouest)

Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD

Estimant que la présentation des vœux du ministre de la Culture, programmée ce lundi 20 janvier à la BnF, ne pourrait pas se dérouler « sereinement », le ministère a décidé d’annuler en catastrophe l’événement où des centaines personnes devaient se rendre. Les personnels de la BnF n’assisteront donc pas à la privatisation de leurs locaux et ne subiront pas l’interdiction humiliante de circuler dans leurs propres espaces.

Pour la première fois depuis son entrée en fonction, Franck Riester aura donc pris une sage décision.

Alors que depuis plus de 40 jours, de nombreux secteurs de la Culture s’investissent toujours plus massivement dans la contestation de la contre-réforme des retraites – un point d’orgue ayant été atteint avec le blocage complet du musée du Louvre vendredi 17/01 – maintenir une venue à la BnF où la mobilisation des personnels est forte depuis plusieurs années aurait été une pure provocation.

De la lutte à Radio France à celle de l’Opéra de Paris, en passant par la mobilisation continue des bibliothèques, musées, domaines nationaux, secteurs du Spectacle et des Arts, etc., les personnels de la Culture, déjà malmenés en temps normal par les coupes budgétaires, la précarité et les suppressions de postes décidés par le ministère, ne lâcheront rien et continueront de se battre pour leurs conditions de travail, pour leurs missions et pour le retrait de la réforme des retraites !


À l’initiative de l’intersyndicale nationale Culture (CGT-FSU-SUD-UNSA) 

 RDV festif pour les contre-vœux des personnels de la Culture !

LUNDI 20/01 – 17h30 – esplanade de la BnF (Tolbiac)


Réforme des retraites : on lâche rien à la BnF !

La semaine passée a de nouveau été marquée par de fortes actions contre la casse des retraites : à la BnF avec un rassemblement interprofessionnel le 15/01 (prises de paroles des Finances Publiques, SNCF, RATP, BPI, Mobilier National, intermittent·es, collectifs de précaires…) et dans un très beau cortège Culture à la manifestation du 16/01, avec pour la BnF un nombre important de collègues toujours aussi déterminés. La semaine s’est terminée sur le blocage complet du Louvre.

► Face au blocage d’un gouvernement chaque jour plus fébrile et manipulateur, la mobilisation interprofessionnelle qui se poursuit cette semaine devra être encore plus forte pour faire basculer le rapport de force en notre faveur, avec un appel intersyndical national à des journées de grève et d’actions les 22 et 23/01 et à une grande journée de grève et de manifestation le vendredi 24/01 à l’occasion de la présentation du projet de loi en Conseil des Ministres qui aura lieu en matinée.

► Une nouvelle Assemblée Générale des bibliothèques en lutte aura aussi lieu MARDI 21 janvier : 17h-20h à la BU de Jussieu. Soyons-y nombreux et nombreuses !

Pour décider de la suite de la mobilisation, inventer de nouvelles formes d’actions, échanger, débattre et s’informer, soyons toujours plus nombreux en Assemblée Générale à la BnF !

Assemblée Générale des Personnels BnF

MARDI 21 JANVIER / 12h30 – HALL OUEST

>>> VENDREDI 24/01 : MANIFESTATION NATIONALE

Fermeture du musée du Louvre contre le projet de réforme des retraites, pour les emplois et les salaires !!!

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Le musée du Louvre est fermé depuis 8h ce matin à l’appel de l’intersyndicale CGT-FSU-SUD-UNSA du ministère de la Culture et de l’intersyndicale CGC-CGT-FSU-SUD du musée du Louvre. Plus d’une centaine de grévistes manifestent actuellement devant les entrées du musée.

Cette action s’inscrit dans la continuité des appels de l’intersyndicale Culture à la mobilisation contre le projet de réforme des retraites Macron et pour de meilleures conditions d’emplois et une hausse des salaires !!!

Paris – Musée du Louvre, 17 janvier 2020

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Projet de réforme des retraites Macron-Delevoye > Amplifions le mouvement de grève > Participons massivement à la manifestation du 10 décembre > Exigeons le retrait du projet

Intersyndicale Culture CGT SUD FSU UNSA

Projet de réforme des retraites Macron-Delevoye
Amplifions le mouvement de grève
Participons massivement à la manifestation du 10 décembre
Exigeons le retrait du projet

 La journée du 5 décembre a été marquée par une mobilisation historique des personnels du ministère de la Culture contre le projet de réforme des retraites Macron-Delevoye à l’appel de l’intersyndicale CGT, FSU, SUD, UNSA du ministère de la Culture. Elle participe de la dynamique de mobilisation nationale qui a enregistré plus d’un million et demi de manifestant·es dans la rue partout en France.

Au ministère de la Culture, près de 30 sites étaient fermés ( Musée du Moyen Age, thermes et hôtel de Cluny, Établissement public du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie, Musée national Picasso Paris, Musée national des arts asiatiques – Guimet, Château, Musée et domaine national de Versailles, Musée national de Préhistoire – Les Eyzies-de-Tayac, Maison Bonaparte – Ajaccio, Musée d’Archéologie Nationale de Saint-Germain-en-Laye, Musée des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, Musée national et domaine du château de Pau, Arc de Triomphe, Sainte Chapelle, Cathédrale de Bourges, Château de Vincennes, Château d’Azay-le-Rideau, Tour de Pey-Berland à Bordeaux, Tours et remparts d’Aigues mortes, Grottes de Combarelles, Nécropole royale de Saint-Denis, Château d’If, site gallo-romain de Sanxay, Fort Saint-André à Villeneuve-lez-Avignon, Musée Adrien Dubouché, Domaine national du Palais-Royal, Chapelle expiatoire, Archives nationales, sites de Paris, Fontainebleau et Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales du monde du travail – Roubaix, Archives nationales d’outremer – Aix-en-Provence, Bibliothèque publique d’information ), École nationale supérieure d’architecture Paris – La Villette et une vingtaine partiellement fermés ( Musée du Louvre, Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou, Musées et domaine nationaux du palais de Compiègne (domaine totalement fermé), Musée de la Renaissance au château d’Écouen (domaine totalement fermé), Panthéon, Château de Fontainebleau, Château et remparts de la cité de Carcassonne, Tours de la Rochelle (2 tours sur les 3), Bibliothèque nationale de France avec la fermeture de la moitié des salles de lecture et arrêt total de la communication des documents, Mobilier national et manufactures nationales des Gobelins avec 3 ateliers fermés et entre 80 et 90% de grévistes, Institut national d’histoire de l’art avec la fermeture de la bibliothèque cet après-midi, École nationale supérieure d’architecture Paris – Val de Seine (grève votée à la quasi-unanimité), École nationale supérieure d’art et de design de Nancy avec des ateliers fermés, conservatoire national d’art dramatique avec la fermeture partielle de l’établissement et bibliothèque fermée). Dans les DRAC, les taux de grévistes étaient également bien supérieurs aux précédentes journées de mobilisation.

Les personnels se sont massivement réunis en assemblées générales les 4 et 5 décembre pour voter la grève avant de rejoindre les nombreuses manifestations partout en France et y former des cortèges « Culture ». Dans une ambiance exceptionnelle, ils ont défilé pour exiger le retrait du projet de réforme des retraites Macron-Delevoye. Cette mobilisation est d’autant plus historique que deux organisations syndicales représentatives du ministère n’y appelaient pas. Comme quoi, les personnels, bien au delà des conventions établies, ont exprimé un profond rejet du projet de réforme des retraites Macron-Delevoye.

Cette mobilisation est aussi l’expression sociale d’un ministère pauvre. Les conditions de carrières, de l’emploi et les niveaux de salaires y sont particulièrement dégradées, de même que celui des pensions. Les personnels savent que le projet de réforme Macron-Delevoye va paupériser encore plus leur vie alors qu’au quotidien, ils et elles œuvrent pour le service public de la Culture dans des conditions de plus en plus détériorées.

La brutalité des politiques anti-sociales du gouvernement ne se limite pas au projet de réforme des retraites. La loi de transformation de la Fonction publique, la précarité en réponse au sous-effectif chronique, la généralisation des projets de restructuration, d’externalisation, de privatisation et les mesures salariales et indemnitaires inégalitaires sont l’expression des politiques actuellement menées par le gouvernement. Celui-ci a fait choix de la violence institutionnelle comme seule et unique voie d’un prétendu dialogue social, et ces politiques sont aujourd’hui incarnées au ministère de la Culture par Franck Riester.

Pour gagner le retrait du projet de réforme des retraites Macron-Delevoye, il est nécessaire que les personnels amplifient le mouvement de grève. D’ores et déjà, à la suite du 5 décembre, des personnels se sont réunis en assemblées générales sur plusieurs sites du ministère. Les modalités d’action choisis confirment la volonté d’amplifier la mobilisation pour gagner le retrait du projet de réforme des retraites Macron-Delevoye. C’est pourquoi, l’intersyndicale CGT FSU SUD et UNSA du ministère de la Culture appelle :

 les personnels à se réunir partout en assemblées générales chaque jour qui suit le 5 décembre ;

  • à la reconduction du mouvement de grève à la suite du 5 décembre ;
  • à participer massivement le 10 décembre aux manifestations partout en France et à y organiser des cortèges « Culture » intersyndicaux et intersectoriels partout où cela est possible avec les artistes, technicien·nes, journalistes, et salarié·es de la presse et de l’édition, du cinéma… (pour les parisien·nes, rendez-vous aux Invalides à 14h00 en direction de Denfert) ;

 Le préavis de grève intersyndicale CGT FSU SUD et UNSA du ministère de la Culture déposé pour le 5 décembre est reconductible (cf.pièce jointe)

En outre, des préavis de grève ont été déposés par plusieurs organisations syndicales représentatives de la Fonction publique pour tous les jours du mois de décembre.

En grève reconductible et en manifestation le 10 décembre,

soyons nombreux et nombreuses pour gagner

le retrait du projet de réforme de retraite Macron-Delevoye

 

Paris, le 9 décembre 2019

 

Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

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Communiqué SUD Culture Solidaires

le 18 novembre 2019

Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

Le ministère de la culture s’enorgueillit à longueur de colonnes de son double label « diversité » et « égalité ». Moins du protocole égalité femmes/hommes, signé en 2018 par l’ensemble des organisations syndicales représentatives ! L’énergie et les moyens consacrés à l’obtention de ce label auraient été mieux employés en finançant la mise en oeuvre du protocole qui est assurément à la peine. Il aura fallu un an pour qu’un plan d’action contre les violences sexistes et sexuelles soit présenté aux organisations syndicales (si tout va bien au CHSCT Ministériel du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes oblige). Il faudra encore attendre qu’il soit décliné dans les directions et les Établissements publics du
ministère qui sont largement à la traîne.

Le cas sidérant de Christian N.

Une nouvelle fois, après des premières révélations publiées dans le Canard enchaîné (29 mai 2019) le ministère fait la une des médias à la suite d’une enquête de Libération. Non pas pour vanter sa politique culturelle, mais pour une affaire de
violences sexistes et sexuelles dont s’est rendu coupable un administrateur civil hors classe.

Christian N. – nous conservons un anonymat de façade –, après une carrière à France Télécom, a occupé des responsabilités au sein de notre ministère (sous directeur des politiques des ressources humaines et des relations sociales, 2008-2013) puis à la DGFAP (sous-directeur de l’animation interministérielle des politiques de RH, novembre 2013-mai 2014) qui l’avait nommé pour siéger au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ! La DGFAP l’éjectera au bout de six mois, selon nos sources, parce qu’il avait pris des photos sous les jupes d’une de ses collègues, ce qui mit également immédiatement fin à ses fonctions au sein du Haut conseil. Le ministère de la culture l’a alors récupéré et lui a trouvé un point de chute au Département de l’Action Territoriale (DAT) pour gérer la fusion des DRAC avant de le nommer directeur adjoint de la DRAC Grand Est.

Pendant près de 10 ans, Christian N. a ainsi pu se livrer à ses turpitudes : prendre en photo des agentes du ministère (qu’elles soient en jupe ou en pantalon) et intoxiquer ses interlocutrices avec des diurétiques pour les obliger à uriner devant lui, afin de jouir de leur humiliation. Alors qu’il prenait en photo une sous-préfète, un fonctionnaire de la DRAC Grand Est l’a pris en flagrant délit et a eu le courage de dénoncer ces faits (juin 2018) auprès du secrétaire général qui a fait un premier signalement auprès du procureur. Sa suspension a alors été prononcée. C’est par un pur hasard qu’une collègue de la DRAC Grand Est a découvert dans une clef USB une liste de plus de deux cents victimes. Cette découverte a fait l’objet d’un second signalement au procureur par le ministère en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale et d’une CAP disciplinaire qui a abouti à la radiation de la fonction publique du coupable (arrêté du 13 décembre 2018). Il officie désormais dans … le coaching individuel. Christian N. ayant été mis en examen fin octobre 2019 et placé sous contrôle judiciaire, la procédure pénale suit désormais son cours, avec son lot de convocations de témoins.

Cet individu, nous l’avons côtoyé régulièrement au Comité Technique Ministériel (CTM), au Comité Hygiène, Sécurité et Condition de travail (CHSCTM) ou dans des réunions syndicales, notamment lors de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) dont il était un farouche partisan. Ironie du sort, c’est à lui qu’il revenait de recevoir les candidates victimes ou non de mobilités forcées en raison de la suppression de leurs postes. Si nous l’avons combattu pour son
zèle à mettre en oeuvre la RGPP puis la fusion des DRAC, nous n’avions jamais décelé ses méfaits et n’avons jamais été alerté·es par des victimes ou des témoins.

En tant que syndicalistes, cette absence de signalement nous interpelle. Certes, nombre de ses victimes, souvent en situation de précarité, n’ont peut-être pas eu conscience sur le moment de l’aspect volontaire de ses agissements. Des retours que nous avons aujourd’hui, c’est à la lecture
de la presse que nombre d’entre elles ont compris ce qui leur était arrivé. Mais pour les autres ? Alors que SUD Culture est depuis longtemps impliqué dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, nous n’avons clairement pas été identifié·es comme pouvant leur apporter une aide. Il nous appartient de mieux communiquer afin que les victimes ne se sentent plus isolées et que les lanceurs et lanceuses d’alerte se sachent soutenu·es syndicalement.

Une prise de parole tardive du ministre

Lors du CHSCTM du 14 novembre, dans son discours introductif, Franck Riester a eu des phrases fortes. Nous l’avons interpellé pour qu’il prenne ses responsabilités et s’adresse enfin aux médias et aux agent·es et que toutes les victimes puissent bénéficier d’une écoute et d’une protection fonctionnelle pour celles travaillant encore au ministère. Il s’est prononcé favorablement.

Quant aux victimes ayant quitté le ministère, il a proposé qu’elles soient mises en contact avec des associations pouvant les accompagner juridiquement. Or ces associations n’ont plus les moyens de faire face, puisque le gouvernement, prompt à faire de la com’ et des tweets, a diminué drastiquement leurs subventions. Nous avons donc demandé que le ministère participe au financement de ces structures si elles doivent accompagner des victimes de Christian N. Il est par contre resté plus flou s quant à la mise en oeuvre d’une enquête, notamment sur sa forme, destinée à identifier les dysfonctionnements de l’administration et les éventuelles complicités qui ont permis la poursuite de tels agissements. L’article de Libération fait état de signalements de la part de victimes qui n’ont pas été suivis d’effet. Nous voulons savoir pourquoi Christian N. a pu continuer sa carrière en bénéficiant de mobilités, s’il y a eu une volonté de le protéger, d’étouffer l’affaire ou de minimiser les faits.

Combien de Christian N. au sein du Ministère de la culture et de ses établissements ?

Si nous pouvons espérer qu’un tel degré de perversion est rare et que le cas de Christian N. soit unique au ministère, l’ampleur et la durée de ses pratiques ne doivent pas nous conduire à occulter les violences sexistes et sexuelles auxquelles sont exposées les agentes, les salariées des entreprises de sous-traitance ainsi que les étudiantes du ministère .

Il en est ainsi, par exemple, du monde de l’art et ses écoles qui n’ont pas été épargnées ces dernières années. Mains sur la cuisse, insultes sexistes, harcèlement sexuel et moral, élèves contraintes d’éviter des professeurs et des cours tout au long de leur cursus, humiliations, remarques sur l’apparence,présupposés sexistes sur la qualité du travail ne sont pas rares. Si ces dérives ont été dénoncées par SUD Culture, elles ont aussi été mises en lumière, dès 2006 puis en 2009, par Reine Prat, inspectrice générale au ministère de la Culture et autrice des rapports pour l’égalité des femmes et des hommes dans les arts du spectacle. En juin 2013, un rapport choc de la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin (PCF) sur « la place des femmes dans l’art et la culture : le temps est venu de passer aux actes », remis à Aurélie Filippetti prouvait que le fléau des comportements sexistes restait relativement banalisé dans les écoles d’art. L’omerta résultait de la conjonction de plusieurs facteurs : la sous-représentation des femmes dans le corps enseignant et aux postes de direction des établissements d’enseignement artistique ainsi quel’absence d’une réflexion approfondie sur la pédagogie. Ce n’est qu’en mars 2015, qu’une charte a été signée par les 57 écoles sous tutelle du ministère de la Culture. Mais les différentes révélations surgies dans le sillage de #MeToo nous laissent plus que sceptiques sur son application.

80 % des femmes salariées considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes (1).
1 femme sur 3 a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle.
5% seulement des cas ont été portés devant la justice (2).
En l’absence de données spécifiques, nous pouvons sans peine appliquer ces statistiques à l’ensemble du périmètre ministériel.

Si le ministère commence à se doter d’outils pour lutter contre ces violences encore faut-il que les victimes soient entendues, que leur parole ne soit pas remise en cause, que leur hiérarchie cesse de protéger les agresseurs, y compris lorsqu’il s’agit de hauts fonctionnaires.

La tâche est grande pour l’administration du ministère… comme ses organisation syndicales.

Il faut que la honte change de camp et que les femmes prennent la parole et soient écoutées !

Contre les violences faites aux femmes, toutes et tous dans la rue le 23 novembre

SUD Culture Solidaires s’inscrit dans l’appel unitaire de #NousToutes et de l’Union syndicale Solidaires pour la journée d’action du 23 novembre (3).

Il faut s’attaquer au système patriarcal partout et constamment, dès l’école maternelle, dans la rue, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives.

C’est ce système qui « autorise et tolère » socialement les conduites de dominations, de violences envers les femmes jusqu’à la mort de plusieurs dizaines d’entre elles chaque année.

Les mesures à appliquer sont déjà connues :
• La reconnaissance de la spécificité des violences faites aux femmes par l’inscription dans la loi du terme de féminicide.
• Aucune plainte refusée et sans suite, ce qui veut dire tenir compte de la parole des femmes pour les aider à justement dénoncer ce qu’elles vivent, sans honte ni culpabilité.
• Des mesures de protection rapides ce qui veut dire mettre fin à l’impunité des agresseurs, quels qu’ils soient.
• Des places suffisantes en hébergement d’urgence dans tous les départements.
• Des fonds pour les associations qui accompagnent les femmes victimes…
Il faudra aussi un budget à la hauteur de ces ambitions, et nous réclamons comme d’autres organisations féministes un vrai milliard pour enfin stopper cette horreur !

Pour accélérer et imposer la mise en place de ces mesures, il faut être nombreuses et nombreux à se retrouver dans la rue. Nous vous donnons rendez-vous à la manifestation nationale à Paris le samedi 23 novembre, 14h à Opéra, et dans les nombreuses initiatives prises un peu partout en France autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.


1 Rapport du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n°2015-01 publié le 6 mars 2015.
2 Enquête IFOP pour le Défenseur des droits – mars 2014
3 https://solidaires.org/Manifestations-Contre-les-violences-faites-aux-femmes


SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu, 75002 Paris
01 40 15 82 68, sud@culture.gouv.fr
https://sud-culture.org/

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