Archives du mot-clé Précarité

BnF : dépôt d’un nouveau préavis de grève pour le mois juillet

CGT-BnF
FSU-BnF
SUD Culture BnF

Paris, le 27 juin 2022


Madame Laurence Engel,
Présidente de la BnF

Objet : dépôt d’un préavis de grève pour les personnels de la BnF

Madame la Présidente,

Les organisations syndicales CGT-FSU-SUD et les personnels de la bibliothèque sont maintenant mobilisés depuis plusieurs mois et de façon ininterrompue depuis début mai, date de mise en place de la réforme réduisant la communication directe des documents des magasins pour les lecteurs et lectrices du Rez-de-jardin.

Cette réorganisation suscite une forte contestation des personnels à laquelle se joint le mécontentement des usagers de la bibliothèque comme en témoignent les pétitions en ligne qui ont recueilli plus de 19 000 signatures ou encore la tribune parue dans Le Monde du 20 juin signée par plus de 420 personnalités du monde de la recherche et de la culture.

Malgré maintenant trois préavis de grève déposés et un taux élevé de grévistes sur les deux derniers mois, la direction refuse toujours de retirer cette réforme unanimement rejetée et laisse s’installer un climat social durablement abîmé.

Incapable de proposer des avancées significatives relevant pourtant de sa compétence, tant sur la réforme de la communication directe que sur le rééquilibrage des effectifs en faveur des catégories C ou la précarité, la direction s’enferme dans une posture intransigeante.

Sans réponses satisfaisantes, nos organisations syndicales CGT-FSU-SUD déposent un nouveau préavis de grève à partir du 2 juillet jusqu’au 31 juillet 2022 pour l’ensemble des agent·e·s de l’établissement afin de faire aboutir les revendications suivantes :

1) Le retrait de la réforme réduisant la communication directe des documents des magasins uniquement l’après-midi et le retour aux conditions de communication directe en vigueur avant mars 2020,

2) La suspension sine die des chantiers internes supplémentaires prévue par cette réforme et impossible à mettre en oeuvre sans l’apport des effectifs nécessaires,

3) L’augmentation des moyens en personnel et financiers de la BnF à la hauteur de l’ensemble de ses besoins ; alors que le périmètre des missions de la bibliothèque augmente d’année en année, ce renforcement est primordial afin de garantir l’accomplissement de l’intégralité des missions « anciennes et nouvelles » ainsi que de bonnes conditions de travail pour les personnels,

4) Plus particulièrement, nous réclamons la mise en place immédiate de toutes les mesures nécessaires pour pourvoir les postes dont la DCO a besoin, en particulier de magasiniers titulaires, avec la publication dès maintenant des postes vacants,

5) De plus, afin de pallier le manque de personnel de magasinage (134,6 ETPT supprimés depuis 2010) et réduire la précarité, nos organisations syndicales réclament l’organisation rapide d’un recrutement de magasiniers comprenant un volet interne important pour permettre l’accès à l’emploi titulaire des plus précaires,

6) De même, nous réclamons le renforcement des postes à la DSR, en particulier magasiniers et catalogueurs titulaires au sein du dépôt légal, afin de pallier la fonte des effectifs vécue depuis plusieurs années, alors que le nombre d’entrées au dépôt légal ne faiblit pas et que de nouvelles missions (dépôt légal numérique) viennent s’ajouter,

7) Le respect du Protocole de fin de grève de 2016 prévoyant le recrutement des agents contractuels à temps incomplet sur missions pérennes en CDI et le retrait de la récente disposition prévoyant ce recrutement en CDD d’un an renouvelable une fois sur des quotités horaires faibles,

8) L’application des mesures ministérielles de revalorisation des primes. Pour les agents titulaires, nous réclamons une égalité de traitement avec les agents du Ministère de la culture qui ont bénéficié fin 2021 d’une revalorisation de leur prime de +500 à +1500 euros/an en fonction de
leur ancienneté,

9) La révision du fonctionnement du site Richelieu à la réouverture en septembre 2022 qui entraîne surcharges et dégradations des conditions de travail. Nous réclamons la fermeture des salles de recherche à 18h et le recrutement du personnel titulaire nécessaire pour le musée, la salle ovale et les salles de lecture, et l’abandon du travail le dimanche et les jours fériés.

Nous restons à votre disposition, comme le prévoit la réglementation, pour ouvrir des négociations, et nous vous adressons, Madame la Présidente, l’expression de nos sincères salutations.

L’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture BnF

BnF en grève jeudi 30/06 : intensifions la mobilisation !

Assemblée Générale personnels BnF
Mardi 28/06 à 12h30
Hall Ouest

JEUDI 30 JUIN
GRÈVE ET MANIFESTATION
RDV >>> 14h30, Tolbiac HALL EST

Intersyndicale BnF

Le jeudi 30 juin, un conseil d’administration stratégique pour les emplois et les missions de la BnF : intensifions la mobilisation !

Pourquoi ce Conseil d’administration est stratégique :

  1. parce que la réforme de la communication des documents sera soumise pour avis à ce Conseil d’administration
  2. parce que le ministère de la culture et des finances siègent au CA, c’est donc le moment de se faire entendre en manifestant tous ensemble à 14h30 hall Est au moment de sa tenue
  3. parce qu’un budget rectificatif pour 2022 sera présenté à ce CA et que le budget 2023 est en cours de négociation au niveau ministériel, c’est donc maintenant qu’il faut agir !

La pression s’accentue sur la direction et le ministère de la Culture
La mobilisation à la BnF contre le sous-effectif, la dégradation de nos conditions de travail, la remise en cause de nos missions et la précarité continue maintenant depuis plus de 6 semaines, en lien permanent avec les lecteurs. Ces derniers, par le biais de leur association réclament toujours un accès aux collections toute la journée comme c’était le cas avant l’épidémie de Covid.
La pression s’accentue de jour en jour sur la direction et le ministère de la Culture, avec de nombreuses journées de grève, une pétition de plus de 16 000 lecteurs et une tribune dans le Monde de plusieurs centaines de personnalités issues du monde la recherche et de la culture.
Dans le même, dans la presse, se multiplient les articles sur la mobilisation des personnels et des lecteurs (le Monde, Libération, Télérama, L’humanité…).

Une prochaine réunion de négociation a lieu mardi après-midi.
Assemblée Générale mardi 28/06 à 12h30
Tolbiac Hall Ouest

JEUDI 30 JUIN
Grève et manifestation !

RDV 14h30 hall EST

Emplois, précarité, conditions de travail, missions de service public : continuons à agir collectivement !

JEUDI 9 JUIN, NOUVELLE JOURNÉE DE GRÈVE ET D’ACTION A LA BnF
RDV 9h HALL EST sur le PIQUET DE GRÈVE !

Dernières infos
L’Assemblée Générale du personnel du 7 juin reconduit la grève les mercredi 15 et jeudi 16 juin !

>>> Prochaine AG : mardi 14 juin pour compte rendu des dernières négociations


Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD

Apres un mois de mobilisation massive des personnels et du soutien sans faille des lecteurs, des usagers, des professionnels des bibliothèques et du monde de la recherche, la direction est de plus en plus isolée.

Continuons le mouvement pour préserver un service public digne de nos missions, arrêter l’hémorragie des effectifs et la dégradation de nos conditions de travail et faire barrage à la précarisation.

Nous avons déjà gagné :

  • l’abandon du projet de mise en caisse ou en rayon d’ouvrages entrés par le dépôt légal sans être catalogué

Continuons à nous mobiliser pour :
· le retrait immédiat de la réorganisation du travail en service public et le retour aux communications directes des documents toute la journée ;
· la mise en place immédiate de toutes les mesures nécessaires pour pouvoir les postes dont la BnF a besoin, en particulier de magasiniers titulaires, avec la publication dès maintenant des postes vacants puis l’organisation d’un recrutement direct avec volet interne ;
· l’abandon immédiat du recrutement des contractuels à temps incomplet sur besoins permanents sur des CDD d’un an, contrats ultra-précaires sans droit et retour à leur recrutement en CDI ;
· un engagement clair et précis sur les primes ;
· le retrait du projet d’ouverture jusqu’à 19h, du travail des jours fériés et du dimanche à Richelieu ;
· une augmentation des moyens en personnel et financiers de la BnF pour pouvoir remplir dans de bonnes conditions l’ensemble de ses missions ;

Grève BnF : communiqué de presse du 3 juin 2022

Intersyndicale et ALU BnF

Jeudi 2 juin, s’est tenue une assemblée générale des personnels en grève de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Les grévistes, soutenus par l’association des lecteurs et usagers de la BnF (ALUBNF) ainsi que par les représentants des lecteurs au Conseil d’administration de l’établissement, continuaient le mouvement de grève lancé au début du mois de mai pour obtenir le retrait de la réforme du service public imposée par la Présidente, Laurence Engel – réforme qui restreint fortement la communication directe des documents aux chercheurs – pour obtenir des créations de postes à hauteur des besoins de l’établissement, de meilleures conditions de travail et l’abandon des contrats ultra-précaires. Plusieurs dizaines d’agents réunis en assemblée générale dans la cour d’honneur du site rénové de Richelieu ont décidé de reconduire la grève le jeudi 9 juin. Cette assemblée générale s’est toutefois déroulée dans des conditions inacceptables : à l’entrée du site, la police, postée en surveillance, a contrôlé et empêché des agents d’entrer sur leur lieu de travail. Les Renseignements généraux ont ensuite assisté à l’assemblée qui se déroulait dans l’enceinte du bâtiment public et l’ont filmée dans son intégralité. Les  forces de l’ordre, qui ont prévenu l’intersyndicale qu’elle allait éventuellement être reçue au ministère en nombre restreint, se sont donc substituées au ministère de Culture et à la BnF.

En début d’après-midi, les personnels en grève et les lecteurs et usagers mobilisés ont décidé  d’accompagner les représentants de l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF qui devaient être reçus rue de Valois par le directeur de cabinet de Mme Rima ABDUL-MALAK, ministre de la Culture. La délégation, qui souhaitait se rendre à pied au Ministère en empruntant les trottoirs, a alors été empêchée de le faire par les forces de l’ordre – dont les Renseignements généraux – au motif que « les manifestations non-déclarées [étaient] interdites » et que le « risque de trouble à l’ordre public [était] avéré » [sic]. Les policiers, de manière agressive et provocatrice, ont annoncé aux personnels qu’ils étaient filmés et qu’ils encouraient, soi-disant, une amende de 135 euros en raison de l’infraction qu’ils étaient accusés de commettre, ajoutant que les forces de l’ordre n’hésiteraient pas à employer « tous les moyens possibles » [sic] pour disperser les grévistes. Pour autant, personne ne manifestait sur la voie publique, aucun signe d’appartenance à une organisation syndicale n’était visible, aucune banderole n’était portée, aucun slogan n’était lancé : les agents et les lecteurs n’entendaient que parcourir calmement la distance séparant le quadrilatère Richelieu de la rue de Valois. Au bout d’une demi-heure, les personnels ont été autorisés à se déplacer à nouveau à la condition qu’ils acceptent de le faire sous la contrainte, à savoir sous escorte policière emmenée par les renseignements généraux et en présence du chef du service de la sûreté de la BnF.

L’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF, les représentants des lecteurs au conseil d’administration et l’ALUBnF dénoncent catégoriquement la décision brutale et arbitraire de faire intervenir les forces de l’ordre contre des agents publics et des usagers, d’entraver leur liberté de circuler, de les empêcher de se rendre sur leur lieu de travail, de les filmer, et de menacer de les verbaliser alors que ces derniers n’avaient commis aucun délit. Ils condamnent un tel usage abusif et injustifié de la force contre des agents et des lecteurs mobilisés depuis un mois dans la défense du service public et des missions dévolues à la BnF. Ils constatent, par ailleurs, qu’au mépris et au ressentiment dont fait preuve Laurence ENGEL à l’endroit des personnels, des usagers et de la communauté scientifique, il faut désormais ajouter la répression arbitraire de l’usage du droit de grève par la puissance publique.

Les personnels et les lecteurs de la bibliothèque, qui continuent d’exiger le retrait de la réforme du service public, des créations d’emplois statutaires à hauteur des besoins et donc l’abandon des contrats ultra-précaires, mais aussi de bonnes conditions de travail ainsi que le respect des missions de la BnF ne sont pas des délinquants : en défendant leur dignité professionnelle ils refusent que soit hypothéqué l’avenir de l’outil d’accès à la culture, de recherche et d’émancipation qu’est la BnF. Le combat exemplaire mené par les grévistes et les usagers contre l’abaissement des services aux publics et pour le retrait d’une réforme catastrophique ne peut plus à présent que s’intensifier.

Informations sur #BnFgate ; #BnFbibliothèquemorte et sur le compte Twitter de l’ALUBnF : @ALUBnF

Lien vers la pétition des usagers :

https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/bibliotheque-nationale-france-retour-aux-communications/175704

Contacts : cgt@bnf.fr ; fsu@bnf.fr ; sud@bnf.fr ; lecteurs.ca.bnf@gmail.com ;  alubnf@gmail.com

Compte-rendu de la rencontre entre l’intersyndicale CGT-FSU-SUD et la présidente de la BnF

Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD

Vector vintage poster with pink megaphone on halftone background. Pink retro megaphone.

Suite à l’envahissement par près de 150 agents au Conseil d’administration le 25 novembre dernier, la Présidente a proposé un rendez-vous à l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD le 8 décembre.

Étaient présents au côté de la Présidente : le Directeur général Kevin Riffault, le Directeur du DAP par intérim, Benoit Chevrier, la directrice des collections Marie de Laubier, la DRH Carole Etienne Boisseau

En préambule, la direction s’est dite surprise par le mécontentement des personnels, en particulier de Richelieu, qui sont d’après elle « enthousiasmés » (sic) par le projet envisagé pour le site.

A ce terme répété plusieurs fois par la directrice des collections, l’intersyndicale a répondu que les agents de Richelieu, après 13 ans de travaux et de difficultés méritaient mieux qu’un projet de réouverture qui dégradait leurs conditions de travail. Il en va de même, pour les agents de François Mitterrand qui sont à nouveau concernés par la perte de 40 emplois alors que plus de 300 postes ont déjà été supprimés à la BnF. D’ailleurs, il n’y a aucun « enthousiasme » dans la prise de position des agents de départements de Richelieu, mais bien des critiques.

L’intersyndicale a souhaité aborder 3 points importants avec la direction :

  1. Les baisses d’effectifs des dernières années cumulées au projet de « redéploiement » de 40 postes de Tolbiac vers Richelieu mènent à une impasse. Si le ministère de la Culture ne renforce pas les effectifs, ce qui est indispensable, est-ce que la direction de la BnF va renoncer à élargir l’amplitude d’ouverture de Richelieu ?

Réponse de la direction : non il faut selon elle ouvrir plus (à savoir plus tard en journée, le dimanche et les jours fériés pour la salle Ovale et le musée…) soi-disant en compensation des investissements faits par le ministère de la Culture pour la rénovation du site Richelieu. Mais cela se fera sans aucun recrutement supplémentaire.

L’intersyndicale déplore cette vision comptable et dénonce le manque d’intérêt et de considération de la direction envers les personnels et leurs conditions de travail. Après plus de 300 suppressions de postes en 10 ans (dont un tiers de magasiniers) la situation de nombreux services et agents s’est beaucoup dégradée et les plannings de service public sont devenus extrêmement tendus, tandis que d’un autre côté s’empilent les projets, ce qui aggrave la charge de travail. Il faut donc renforcer les effectifs et en particulier d’organiser un nouveau recrutement de magasinier comprenant un véritable volet interne pour permettre un accès à l’emploi titulaire aux plus précaires.

  1. L’intersyndicale fait le constat d’un dialogue social fortement dégradé et demande à la direction la reprise des discussions sur l’ensemble du projet Richelieu au sein d’instances re-convoquées en bonne et due forme.

Réponse de la direction : cette dernière indique comme « non négociable » ce qui relève pour elle de grands « principes », à savoir une amplitude d’ouverture plus importante. Elle indique sans autre engagement accepter de reprendre les discussions, mais uniquement concernant le nombre de jours fériés ouverts et le placement dans la semaine de la soirée en salle Ovale (initialement prévu le vendredi).

  1. Pour l’intersyndicale, c’est un maigre début qui ne répond pas réellement aux revendications exposées et ne saurait suffire. Depuis des mois maintenant, les instances sont utilisées par la direction pour imposer de manière unilatérale des principes auxquels une franche opposition est pourtant exprimée. En organisant à son seul rythme et en choisissant à elle seule les sujets de discussions qu’elle estime nécessaires, la direction renvoie de fait toute voix dissonante aux oubliettes du dialogue social. Cela doit cesser et c’est bien l’ensemble des principes d’ouverture de Richelieu qui doivent être rediscutés.

En annonçant sa volonté de recruter des CDD de 10 mois non renouvelable sur des missions pourtant permanentes, la direction remet en question le Protocole de fin de grève de 2016 qui garantit le recrutement en CDI des agents non titulaires à temps incomplet (les « vacataires »)

Réponse de la direction : le cadre réglementaire permettrait selon elle de recruter des CDD de 10 mois non renouvelable, mais elle propose de discuter de cette question lors de la présentation des Lignes Directrices de Gestion Recrutement en février 2022.

L’intersyndicale a rappelé que ce protocole de fin de conflit avait été signé par Laurence Engel et que cette signature engageait moralement la présidente, remettre en cause cet accord constituerait un précédent extrêmement grave que les organisations syndicales ne sauraient accepter. La non application de ce protocole constituerait un grave recul social, créant de l’ultra-précarité pour les agents concernés mais touchant aussi tout le personnel (comment fonctionner avec des agents sur des contrats courts qui changent tout le temps). Ce protocole de fin de grève, gagné par le personnel, n’est ni amendable, ni négociable !

En conclusion : le boycott des instances et la mobilisation des personnels le 25 novembre ont permis dans un premier temps de remettre en débat les positions de la direction, mais les réponses de cette dernière sont bien en deçà des attentes. Pour l’intersyndicale, le début de l’année 2022 sera déterminant et nécessitera la poursuite et l’amplification de la mobilisation. Nous appelons l’ensemble du personnel à construire le rapport de force nécessaire et à participer pour cela massivement aux Assemblées Générales qui seront organisées en janvier 2022 !

150 collègues envahissent le Conseil d’Administration de la BnF : la mobilisation continue !

Communiqué de l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD

Le jeudi 25 novembre, suite au rassemblement organisé par l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD dans le hall Est où un peu plus de 150 agents se sont réunis, l’assemblée s’est déplacée jusqu’au belvédère où se tenait le Conseil d’Administration, dans le but d’interpeller les tutelles de la BnF (Ministères de la Culture et des Finances).  Après avoir été par deux fois contrôlés sur leur propre lieu de travail par le service de sécurité (à la demande de la direction !) le personnel et l’intersyndicale ont pu faire irruption au Conseil afin de lire une déclaration (voir ici).

Ministère de la Culture et direction ont ainsi de nouveau été alertés sur les conséquences désastreuses du manque d’effectif sur nos conditions de travail et nos missions, sur la démesure du projet Richelieu et son impact sur les personnels, sur l’impasse du «dialogue social » à la BnF depuis plus d’un an et sur le projet d’un recours accru à des contrats précaires, remettant en cause nos conquête sociales au niveau local.

L’intersyndicale a demandé à ce qu’un nouveau Comité Technique et un CHSCT portant sur l’ensemble du projet Richelieu puisse se tenir prochainement. Malheureusement, dans la continuité  des instances où nos voix ne sont plus respectées, la direction s’est enfermée a dans sa posture habituelle : refus, déni et dédain.

De même, le ministère a relativisé les effets des 300 postes perdus ces 10 dernières années.

Cette réaction méprisante face à nos inquiétudes et à nos questionnements a choqué un grand nombre d’agents présents, révélant ainsi  le décalage entre leur analyse administrative faite de statistiques et la pratique de nos métiers faite de relations humaines.

Toutefois, la mobilisation du personnel des différents sites (Richelieu, Tolbiac, Bussy) aura poussé la direction – avant que celle-ci ne quitte le Conseil d’Administration par les issues de secours ! –  à s’engager à recevoir courant décembre l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD. Ce rendez-vous aura lieu le 8 décembre prochain, la balle est désormais dans le camp de la direction pour répondre enfin aux revendications portées par l’intersyndicale et le personnel. L’intersyndicale CGT-FSU-SUD rendra compte au personnel de cette entrevue et proposera dès que possible un rendez-vous aux agents afin de décider ensemble des suites à donner.

REFUSONS LEUR MONDE, CONSTRUISONS LE NÔTRE: le 17 septembre, grève et manif !

Communiqué Union syndicale Solidaires

LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ POUR LES UN-ES…

Le résultat de la crise Covid ne doit pas faire oublier que la situation actuelle est le fait des politiques néolibérales et du capitalisme. C’est la multiplication des plans de licenciements, les accords de performance au détriment des salarié-es. C’est la précarité pour toutes celles et ceux qui, en période d’essai ou intérimaires, ont été mis à la porte pendant la période du confinement ou n’ont pas retrouvé leur emploi après le déconfinement et ce sont encore majoritairement les femmes qui en pâtiront. C’est aussi les débuts des catastrophes écologiques de plus en plus visibles, la répression (antisyndicale mais aussi policière) qui s’amplifie partout. L’état de la planète et l’intensification des catastrophes qui font des milliers de victimes sur des territoires qui deviennent invivables sont aussi les conséquences de la crise systémique du capitalisme.

ET LES CADEAUX AUX ENTREPRISES ET AUX ACTIONNAIRES QUI PERSISTENT…

Le plan de relance a annoncé 10 milliards pour les entreprises, une baisse des impôts de production et des exonérations de cotisations, dont on sait que les recettes manqueront encore un peu plus aux budgets de l’État et de la Sécu. On sait déjà qui paiera l’addition ! Tandis que les grandes entreprises continuent de distribuer les dividendes à tout va ! Un plan de relance sans contreparties sociale et écologique, c’est le retour au monde d’avant, sur l’air du « on fait comme avant, mais avec une touche de vert ! » Puisque le gouvernement va reprendre sa réforme des retraites mine de rien en faisant passer des mesures “d’équilibre financier” dans la prochaine loi de finances de la sécurité sociale, après un conflit social majeur sur lequel il s’assoit. Le gouvernement charge la barque en ajoutant une 5ème branche perte d’autonomie au sein de la sécurité sociale, avec financement par une fraction de CSG, c’est à dire par les salarié-es et retraité-es eux-mêmes (loi du 7 août 2020).

Puisqu’aucune politique n’est menée sur une réelle transformation sociale, écologique et féministe ! On met les milliards sur des rénovations thermiques, mais sans se poser la moindre question sur ce qu’on consomme, produit et dans quelles conditions pour les salarié-es et pour la planète ! Sans parler du durcissement des conditions d’indemnisation des chômeur-euses avec la nouvelle réforme simplement repoussée au 1er janvier.

Les politiques régressives à l’œuvre dans la fonction publique continuent, alors qu’on sait l’importance et la nécessité des services publics et des amortisseurs sociaux dans ces périodes de crise pour l’ensemble de la population.

Les masques ne sont pas gratuits alors qu’ils sont obligatoires désormais dans beaucoup d’espaces publics et professionnels !

C’EST PAR LA GRÈVE, PAR LA LUTTE QU’ON PEUT IMPOSER DE RÉELLES ALTERNATIVES :

  • la réduction du temps de travail à 32h sans perte de salaire permettra de diminuer le
    chômage, récolter plus de cotisations sociales et une meilleure qualité de vie pour tout le
    monde !
  • la mise en place de reconversions des emplois dans les secteurs « polluants »
    vers des emplois compatibles écologiquement, sans perte de revenus pour les salariées
    concerné-es, avec une réorientation de la politique industrielle
  • des services publics développés et élargis, soustraits aux appétits des intérêts privés,
    avec les moyens humains, matériels nécessaires
  • une réforme des retraites par système de répartition qui améliore véritablement le niveau
    de vie des retraité-es et leur qualité de vie et garantit la solidarité intergénérationnelle
  • une réforme prévoyant des recettes supplémentaires pour le financement de la
    perte d’autonomie au sein de la branche maladie en ajoutant une cotisation sur tous les
    revenus distribués.
  • une réforme de l’assurance chômage qui ne stigmatise pas les chômeur-euses
    mais leur assure des niveaux de vie décents
  • une augmentation du Smic à 1 700 euros nets, et une augmentation des minima sociaux

LE 12 SEPTEMBRE, LES GILETS JAUNES VONT À NOUVEAU EXPRIMER LEUR SOIF
DE JUSTICE SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE, SOYONS À LEURS CÔTÉS DANS LA RUE !


LE 17 SEPTEMBRE, EN GRÈVE ET EN MANIFESTATION PAR UNE LARGE CONVERGENCE DE LUTTES, CONSTRUISONS D’URGENCE UN AUTRE MONDE !

Le chemin de la lutte passe par le 17 septembre !

Le gouvernement vient certes de changer de personnel mais la politique annoncée par Macron et Castex reste identique : à droite toute ! Même mâtinée en apparence d’écologie, la soupe antisociale proposée est totalement indigeste. Alors que l’épisode pandémique n’est toujours pas terminé, les beaux discours sociaux de mars dernier ont donc vite été oubliés. Le monde d’avant et ses inégalités abyssales, ses ravages sociaux et environnementaux, son chômage de masse, ses attaques contre les plus pauvres, les services publics et les libertés politiques : ce monde est plus que jamais d’actualité même et ce, s’il a failli comme jamais. Le monde des affaires et le grand patronat, premiers soutiens de Macron, n’ont en effet aucun intérêt à ce qu’il en soit autrement !

Et donc revoilà la réforme des retraites à points ! Qui plus est cette fois assortie de la suppression promise des régimes spéciaux ! La réforme de l’assurance chômage fera simplement l’objet d’ « ajustements » car nul doute que diviser par deux les allocations chômage pour des centaines de milliers de personnes, c’est relancer l’activité et sortir les gens de la pauvreté ! Le fait d’un report sur 2021 de ces deux dossiers ne change rien au problème : c’est l’abandon de la réforme des retraites et l’abrogation pure et simple de celle de l’assurance chômage que nous revendiquons !

Sans compter que sous le prétexte de la crise et des déficits sociaux, comme celui de la caisse de retraites, on nous parle à nouveau de travailler « davantage », et donc travailler plus et surtout plus longtemps ! Combien de fois faudra-t-il rappeler que la France en 2019, selon les données d’eurostat, c’est 37,4 h de durée hebdomadaire du travail quand la Suède c’est 36,4 h et l’Allemagne 35 (moyenne de la zone euro : 36,6) !

De nouvelles baisses d’impôts sont programmées pour les entreprises en plus d’exonérations de cotisations patronales soit-disant pour permettre l’embauche de jeunes (jusqu’à 1,6 SMIC), mesure pourtant éculée qui n’a jamais eu d’effet significatif sur l’emploi et qui a surtout contribué à fabriquer des travailleurs-euses pauvres ! Les services publics sont sommés d’efficacité, de simplification, en clair de payer les pots cassés de la crise pour que les capitalistes se gorgent toujours plus de dividendes !

Et qui plus est, tout cela est habillé d’un discours sécuritaire, d’un soutien indéfectible aux forces de l’ordre et à leurs violences, d’une stigmatisation des quartiers populaires et des révoltes sociales accusées respectivement de « communautarisme » et de violences. Pendant ce temps-là, par pure provocation, le gouvernement soutient deux ministres l’un soupçonné de viol, l’autre proférant des propos sexistes et infamants contre les militantes et combats féministes !

Le monde d’après, c’est donc à nous de le construire et l’imposer. Un monde d’égalité, de justice, de paix. Les luttes menées par les professions invisibles, qu’ils et elles soient soignant-es, personnels de ménage, agent-es territoriaux, livreurs-euses ubérisé-es, éboueurs-euses etc…, les luttes menées par les travailleurs-euses des usines et des entreprises que l’on ferme au prétexte de n’être pas assez rentables quand bien même elles seraient gorgées d’aides publiques, les luttes des quartiers populaires contre le racisme et toutes les formes de discriminations, …

Toutes ces luttes montrent le chemin, ensemble, d’un monde d’émancipation.

Le 17 septembre, par la grève et la manifestation, posons dans un cadre le plus unitaire possible une première pierre à l’édifice pour faire plier celles et ceux pour qui rien ne doit changer et qu’au contraire l’occasion est rêvée de se gaver encore plus.

Pour un monde social, féministe, écologiste, c’est ensemble, dans les entreprises, dans les administrations, dans la rue que nous l’obtiendrons.

Paris, le 20 juillet 2020