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Grève BnF : communiqué de presse du 3 juin 2022

Intersyndicale et ALU BnF

Jeudi 2 juin, s’est tenue une assemblée générale des personnels en grève de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Les grévistes, soutenus par l’association des lecteurs et usagers de la BnF (ALUBNF) ainsi que par les représentants des lecteurs au Conseil d’administration de l’établissement, continuaient le mouvement de grève lancé au début du mois de mai pour obtenir le retrait de la réforme du service public imposée par la Présidente, Laurence Engel – réforme qui restreint fortement la communication directe des documents aux chercheurs – pour obtenir des créations de postes à hauteur des besoins de l’établissement, de meilleures conditions de travail et l’abandon des contrats ultra-précaires. Plusieurs dizaines d’agents réunis en assemblée générale dans la cour d’honneur du site rénové de Richelieu ont décidé de reconduire la grève le jeudi 9 juin. Cette assemblée générale s’est toutefois déroulée dans des conditions inacceptables : à l’entrée du site, la police, postée en surveillance, a contrôlé et empêché des agents d’entrer sur leur lieu de travail. Les Renseignements généraux ont ensuite assisté à l’assemblée qui se déroulait dans l’enceinte du bâtiment public et l’ont filmée dans son intégralité. Les  forces de l’ordre, qui ont prévenu l’intersyndicale qu’elle allait éventuellement être reçue au ministère en nombre restreint, se sont donc substituées au ministère de Culture et à la BnF.

En début d’après-midi, les personnels en grève et les lecteurs et usagers mobilisés ont décidé  d’accompagner les représentants de l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF qui devaient être reçus rue de Valois par le directeur de cabinet de Mme Rima ABDUL-MALAK, ministre de la Culture. La délégation, qui souhaitait se rendre à pied au Ministère en empruntant les trottoirs, a alors été empêchée de le faire par les forces de l’ordre – dont les Renseignements généraux – au motif que « les manifestations non-déclarées [étaient] interdites » et que le « risque de trouble à l’ordre public [était] avéré » [sic]. Les policiers, de manière agressive et provocatrice, ont annoncé aux personnels qu’ils étaient filmés et qu’ils encouraient, soi-disant, une amende de 135 euros en raison de l’infraction qu’ils étaient accusés de commettre, ajoutant que les forces de l’ordre n’hésiteraient pas à employer « tous les moyens possibles » [sic] pour disperser les grévistes. Pour autant, personne ne manifestait sur la voie publique, aucun signe d’appartenance à une organisation syndicale n’était visible, aucune banderole n’était portée, aucun slogan n’était lancé : les agents et les lecteurs n’entendaient que parcourir calmement la distance séparant le quadrilatère Richelieu de la rue de Valois. Au bout d’une demi-heure, les personnels ont été autorisés à se déplacer à nouveau à la condition qu’ils acceptent de le faire sous la contrainte, à savoir sous escorte policière emmenée par les renseignements généraux et en présence du chef du service de la sûreté de la BnF.

L’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture de la BnF, les représentants des lecteurs au conseil d’administration et l’ALUBnF dénoncent catégoriquement la décision brutale et arbitraire de faire intervenir les forces de l’ordre contre des agents publics et des usagers, d’entraver leur liberté de circuler, de les empêcher de se rendre sur leur lieu de travail, de les filmer, et de menacer de les verbaliser alors que ces derniers n’avaient commis aucun délit. Ils condamnent un tel usage abusif et injustifié de la force contre des agents et des lecteurs mobilisés depuis un mois dans la défense du service public et des missions dévolues à la BnF. Ils constatent, par ailleurs, qu’au mépris et au ressentiment dont fait preuve Laurence ENGEL à l’endroit des personnels, des usagers et de la communauté scientifique, il faut désormais ajouter la répression arbitraire de l’usage du droit de grève par la puissance publique.

Les personnels et les lecteurs de la bibliothèque, qui continuent d’exiger le retrait de la réforme du service public, des créations d’emplois statutaires à hauteur des besoins et donc l’abandon des contrats ultra-précaires, mais aussi de bonnes conditions de travail ainsi que le respect des missions de la BnF ne sont pas des délinquants : en défendant leur dignité professionnelle ils refusent que soit hypothéqué l’avenir de l’outil d’accès à la culture, de recherche et d’émancipation qu’est la BnF. Le combat exemplaire mené par les grévistes et les usagers contre l’abaissement des services aux publics et pour le retrait d’une réforme catastrophique ne peut plus à présent que s’intensifier.

Informations sur #BnFgate ; #BnFbibliothèquemorte et sur le compte Twitter de l’ALUBnF : @ALUBnF

Lien vers la pétition des usagers :

https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/bibliotheque-nationale-france-retour-aux-communications/175704

Contacts : cgt@bnf.fr ; fsu@bnf.fr ; sud@bnf.fr ; lecteurs.ca.bnf@gmail.com ;  alubnf@gmail.com

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Soutien au mouvement en cours des travailleuses et travailleurs sans papiers

Union syndicale Solidaires Ile-de-France

Paris, le 27 octobre 2021

Des travailleurs sans papiers, organisés dans un collectif de Sans Papiers (CTSPV) ou un syndicat (CGT) ont lancé depuis quelque jours des grèves avec occupation de leur entreprise afin d’obtenir leur régularisation.

Ce mouvement de grève touche tous les secteurs d’activité qui fonctionnent par le biais de cascade de sous-traitance et/ou d’intérim sur l’exploitation de sans papiers, pour le plus grand profit de grands groupes voire de l’Etat : Nettoyage, Bâtiment, logistique, restauration ….
Les travailleurs sans papiers sont la base de l’édifice et du fonctionnement économique de ces secteurs fort consommateurs de main d’œuvre précarisée, anonymisée et exploitée.

Ce sont elles et eux qui ont été les premiers de corvées qui ont pu ou dû assurer le fonctionnement de l’économie notamment durant la crise épidémique.
Elles et ils doivent être reconnus et régularisés !
Au contraire, ils et elles se sont fait réprimer et déjà deux piquets de grève (RSI à Paris et Proman à Maisons-Alfort) ont été évacués par la force alors que c’est une lutte de travailleurs dans une entreprise!

L’union syndicale Solidaires condamne la répression de l’Etat à l’égard des grévistes et soutient leur lutte et leur régularisation.

Nous appelons l’ensemble des sans papiers à se regrouper, s’organiser et rejoindre une organisation de lutte (Syndicats et collectifs de sans papiers) et l’ensemble du monde du travail à soutenir la lutte en cours des travailleurs sans papiers.

Fichage sans limites au nom de la sécurité publique : le spectre de Big Brother en 2021

Communiqué CGT, FO, FSU, SAF, SM, Solidaires, UNEF et GISTI

Tinfoil hats, dataveillance, and panopticons.

Trois décrets du 2 décembre 2020 (nos 2020-1510, 2020-1512 et 2020-1521) élargissent considérablement l’ampleur des fichiers Gestion de l’information et prévention des atteintes à la sécurité publique (GIPASP), Enquêtes administratives liées à la sécurité publique (EASP) et Prévention des atteintes à la sécurité publique (PASP), qui concernent les personnes « dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique ou à la sûreté de l’Etat. ».

Les éléments contenus dans ces décrets ne sont pas sans rappeler le fichier EDVIGE qui, en 2008, avait suscité une vive réaction de la population jusqu’à son retrait par le gouvernement. En 2020, par un tour de passe-passe, le gouvernement s’épargne la consultation de la CNIL sur une des parties les plus sensibles du texte, en ajoutant au dernier moment la mention «des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou une appartenance syndicale ». Outre cet aspect des textes déjà hautement contestable, ces décrets autorisent également le fichage de l’activité d’une personne sur les réseaux sociaux ou encore «des données de santé révélant une dangerosité particulière».

Le champ des personnes susceptibles d’être concernées est ainsi très large.
Ce faisant, et après des dispositions conduisant à porter atteinte au droit de manifester, il conduit à stigmatiser la liberté d’opinion, l’action syndicale, le fait d’être adhérent à un syndicat, qui laisserait à penser qu’être adhérent d’un syndicat pourrait être associé d’une manière ou d’une autre à des impératifs de sécurité intérieure, de sûreté de l’État, de lutte contre le terrorisme.

Ces décrets pourraient permettre à l’administration de ficher des personnes en raison de leurs opinions et convictions et de leurs problèmes de santé au prétexte qu’ils «révéleraient une dangerosité particulière».

C’est pourquoi les organisations syndicales CGT, FO, FSU, SAF, SM, Solidaires, l’UNEF ainsi que l’association GISTI ont attaqué devant le Conseil d’Etat ces décrets indignes d’un Etat de droit censé protéger, entre autres, la liberté d’opinion, d’association et les droits syndicaux.
L’audience est fixée mercredi 23 décembre à 15H00.

GARDE À VUE ABUSIVE DU JOURNALISTE TAHA BOUHAFS ; TAHA DOIT ÊTRE LIBÉRÉ, IL EN VA DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE.

Reporters en colère

Le journaliste Taha Bouhafs (Là-bas si j’y suis) avait un billet pour assister, vendredi 17 janvier, à une pièce de théâtre aux Bouffes du Nord (Paris, 10eme). Notre confrère a relayé la venue du président Emmanuel Macron sur Twitter en informant également que des manifestant•es se trouvaient aux abords du lieu.

À l’issue de la représentation, il a été placé en garde à vue, dans un premier temps, au commissariat du 5ème arrondissement, avant d’être déféré au palais de Justice.
Il a été placé en garde à vue, dans un premier temps, au commissariat du 5ème arrondissement, avant d’être déféré au palais de Justice.

Arrêter un journaliste – ou n’importe quel autre citoyen qui aurait agi de la sorte – pour un tweet, pour avoir donné une information, est une mesure insensée, inacceptable dans un État de Droit.

Il est inconcevable que le procureur de la République de Paris, Rémy HEITZ, prenne la décision de priver ce journaliste de sa liberté à la demande de l’Elysée et du GSPR alors même qu’il n’a commis aucune infraction et ne faisait qu’exercer son droit d’informer.
Depuis hier soir, ce journaliste est transféré de commissariat en commissariat sans que son avocat ne puisse le voir conformément aux règles du Code de Procédure Pénale.

Cette garde à vue et son défèrement sont abusifs. Les charges qui pèsent contre Taha doivent être abandonnées. Informer n’est pas un délit, nous n’aurons de cesse de le rappeler. Lors de ses voeux à la presse ce mercredi 15 janvier, le président Emmanuel Macron a reconnu que ce n’était ni à l’Etat, ni au gouvernement, de désigner qui était journaliste, soulignant que cela revenait à la profession.

Pourtant quelques minutes plus tard, le même Emmanuel Macron s’est lancé dans une diatribe sur les « similijournalistes » qui nuiraient à la crédibilité des journalistes professionnels.

Nous prions M. Macron de laisser la profession de journalistes s’auto-réguler comme elle l’a toujours si bien fait depuis de nombreuses années. D’une part, Taha Bouhafs, répond aux critères de l’article 7111-2 du code du Travail qui définit les journalistes professionnels en France ; d’autre part, le journalisme est une profession non-réglementée, et chaque citoyen•e a le droit d’exercer son droit à l’information.

La Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) saisit dès aujourd’hui la Plateforme du Conseil de l’Europe pour la Protection du Journalisme face à cette violation manifeste de la liberté de la presse. Le gouvernement français devra répondre de cette violation de l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Pour que vive la liberté de la presse !
Pour que vive le droit d’informer !
Les charges contre Taha doivent être abandonnées !


SIGNATAIRES : Collectif REC, SNJ-CGT, la FEJ (fédération européenne des journalistes), La Ligues Des Droits de l’Homme (LDH), ATTAC France, ACRIMED, Là-bas si j’y suis, Mediapart, collectif OEIL, collectif LaMeute, TaranisNews, Source-média, StreePress, l’Acentrale, Ras-la-plume, les SDJ de l’HUMANITE et du MEDIA, David Dufresne, l’Union Syndicale SOLIDAIRES

20 juillet à Beaumont-sur-Oise : Marche ADAMA III / Ripostons à l’autoritarisme

marche adama traore 2019

Acte 36 Gilets jaunes –
nous sommes tous des Adama Traore

20 juillet – appel à acte national à Beaumont-sur-Oise !
Marchons pour Adama & ripostons à l’autoritarisme !

Le 20 juillet 2019 à Beaumont-sur-Oise, cela fera trois ans qu’Adama Traoré est mort assassiné par la police. Trois ans que sa famille et ses proches se soulèvent pour demander la justice et la dignité dans la rue, dans les tribunaux, dans les médias. Trois ans qu’un quartier entier est soumis au harcèlement judiciaire, policier, et aux patrouilles militaires.

Le 20 juillet 2019, nous, gilets jaunes, habitants de quartiers populaires, collectif de soutien aux exilé-e-s, habitants de territoires en lutte, syndicalistes, collectifs écologistes, paysan-ne-s, anti-nucléaires, collectifs antifascistes, organisations nationales, appelons tout le monde à converger à Beaumont-sur-Oise pour un énorme acte national en soutien au « combat Adama ».

Ce combat, c’est aussi le combat pour Ali, Lamine, Wissam, Amine, Gaye, Angelo, Babacar, et des dizaines de personnes tuées par la police au cours des dernières décennies, dans le silence et le mépris. Cibles de la violence d’État parce qu’elles sont racisé-e-s, parce qu’elles sont banlieusardes. Et c’est aussi le combat pour Zineb, Rémi, Malik, Vital et toutes les personnes tuées, mutilées, blessées par la répression féroce des manifestations. Après 7 mois de mobilisations gilets jaunes, nous comptons plus de 2500 blessés, 24 personnes éborgnées, 5 mains arrachées, le meurtre de Zineb Redouane, plus de 10000 gardes à vues, 2000 condamnations, 390 incarcérations… Au cours des dernières décennies, seules les révoltes des banlieues en 2005 ont été plus réprimées.

Il n’y a plus lieu de parler de « bavures » ou de « dérive autoritaire ». Utilisons les bons mots : nous entrons dans un régime autoritaire. La violence d’État auparavant réservée aux quartiers populaires se généralise à toute la société. Beaumont-sur-Oise, Mantes-la-Jolie, Calais, Bure, Briançon, ETC, et jusqu’aux Champs-Élysées : aucun foyer de contestation, aucune aspiration à la transformation sociale n’est épargnée. Face à cette situation, nous ne devons pas céder mais renforcer nos solidarités et tisser des alliances durables pour riposter.

En décembre 2018, le comité Adama a été l’un des premiers à prendre la rue, appeler à mettre « les quartiers en gilets jaunes », et tendre la main pour créer ces alliances entre divers secteurs de la société. En mai 2019, il a co-organisé les rencontres inter-collectifs « Ripostons à l’autoritarisme » au cœur de Paris. Le 20 juillet 2019, il est temps d’organiser le « match retour » ! Pour riposter contre l’autoritarisme, nous appelons à un acte national historique à l’occasion de cette troisième « Marche pour Adama ». Tous et toutes à Beaumont-sur-Oise !

RDV le 20 juillet 2019 à Beaumont sur Oise à partir de 14h30 au départ de la gare de Persan Beaumont
Départ en bus à partir de Gare du Nord
Train direct en direction de Gare du Nord

Nous demandons :

  • la vérité et la justice pour Adama Traoré et toutes les victimes de crimes policiers en France
  • la fin du harcèlement judiciaire, policier et militaire dans les quartiers populaires
  • l’interdiction du LBD-40, des grenades offensives et des techniques d’interpellation meurtrières
  • l’amnistie pour les prisonniers et condamnés politiques qui luttent contre ce système injuste et/ou qui n’ont pas la bonne couleur de peau

Construisons partout une alliance de luttes, de collectifs et d’organisations pour résister et riposter à l’autoritarisme qui se généralise à toute la société !

Pour celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre à Beaumont-sur-Oise, nous appelons à des rassemblements et des manifestations partout en France devant les tribunaux et les commissariats, et tout autre geste qui paraîtra pertinent !

Premiers signataires :

  • ANV COP-21
  • Assemblées des blessé-e-s
  • ATTAC France
  • CISPM (Coalition internationale des Sans-Papiers et Migrants)
  • Comité Vérité et Justice pour Adama
  • Comité Vérité et Justice pour Wissam
  • Comité Vérité et Justice pour Jérôme Laronze
  • Comité Montreuil Palestine
  • Comité de soutien contre la répression au collège République (Bobigny)
  • Collectif des Mutilés pour l’exemple
  • Collectif des citoyens souverains
  • Collectif contre les abus policiers 33 (CLAP 33)
  • Désarmons-Les
  • DIEL (Droits Ici et Là-Bas)
  • Cerveaux non disponibles
  • Gilets Jaunes de la Maison du Peuple de Saint-Nazaire
  • Gilets jaunes de La Cabane de la Place des fêtes
  • Gilets jaunes Paris 18
  • Gilets Jaunes Intermittent.e.s Chômeur.e.s Précaires
  • Gilets Jaunes Enseignement et Recherche
  • Gilets jaunes Agrégat Extra
  • FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s)
  • Femmes Gilets Jaunes Île de France
  • Libérons Les !
  • NPA
  • L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre (OPA)
  • Réseau RITIMO
  • Réseau « Sortir du Nucléaire »
  • Solidaires
  • Union Communiste Libertaire
  • Zone de solidarité populaire Paris 18ème

Programme indicatif de la journée

  • 14 h – 16 h – Manifestation
  • 16 h – 17 h – Prises de parole sur scène
  • 17 h – 20 h – Rencontres « Ripostons à l’autoritarisme » !
  • À partir de 20 h – Concerts

Programme des rencontres « Ripostons à l’autoritarisme »

Samedi 11 mai, une première rencontre « Ripostons à l’autoritarisme » a eu lieu à la Bourse du Travail de Paris, rassemblant des dizaines de personnes directement touchées par la répression. Cette rencontre intense n’était pas un coup isolé mais l’amorce d’une alliance, d’un réseau que nous aimerions voir se déployer partout en France. Samedi 20 juillet marquera la deuxième étape dans ce temps d’échanges, d’alliance, mais aussi et surtout d’action commune avec quartiers populaires, Gilets jaunes et toutes les forces du mouvement social !

Après ces derniers mois où le régime macronien a franchi des paliers gravissimes dans la généralisation de l’autoritarisme à tous les secteurs de la société, il nous paraît politiquement et symboliquement décisif de tenir une telle rencontre à Beaumont-sur-Oise, quartier en lutte soumis depuis des années à la violence d’État, l’asphyxie judiciaire et les patrouilles militaires. Dans notre lutte contre la destruction des libertés publiques, nous ne devons jamais oublier l’origine coloniale et postcoloniale de la violence d’État actuelle. Nous souhaitons que partout en France des actions et rencontres « Ripostons à l’autoritarisme » se multiplient et que cette alliance large et nécessaire prenne corps !

17 h – 18 h 30 : Ateliers et rencontres par « secteurs » touchés par l’autoritarisme

Pour que nous puissions vraiment prendre le temps de nous rencontrer, nous souhaitons éviter la forme « tribune » pour se concentrer sur des ateliers en comité plus restreint pendant lesquels la parole peut vraiment circuler, et de vraies témoignages/propositions émerger. Ils se dérouleront en parallèle sous forme de petits îlots avec chaises et bancs disposés un peu partout sous les barnums.

Deux questions sont proposées pour les échanges :
- Quel état des lieux ?
- Que faire pour riposter et comment ?

  • Atelier — Collectifs Vérité et Justice & lutte contre les crimes policiers
  • Atelier – Répression des exilé-e-s, sans-papiers et des luttes migratoires
  • Atelier – Collectifs de lutte contre les violences policières et les blessures
  • Atelier – Mouvement social et syndicalistes
  • Atelier – Répression des lycéen-ne-s et étudiant-e-s
  • Atelier – Répression du mouvement écologiste / climat / territoires en lutte ( ZAD, etc) / luttes paysannes / luttes antinucléaires (à éventuellement scinder en fonction des personnes présentes)
  • Luttes et répression des mouvements LGBTQI
  • Atelier – Médias indépendants et journalisme critique (avec la participation de Reporterre
  • Atelier – État des lieux de la répression des peuples en lutte à l’international
  • Atelier – Répression des contre-sommets et collaboration policière européenne
  • Atelier – Répression du mouvement des Gilets jaunes
  • Atelier – Luttes et répression dans l’éducation nationale
  • Atelier – Répression du mouvement antifasciste / milieu « autonome »

Il sera évidemment possible de proposer d’autres ateliers en fonction des personnes disponibles ! Nous mettons à disposition un espace pour échanger, mais cette rencontre est surtout que nous en ferons collectivement !

18 h 30 – 20 h : Retours en assemblée large – propositions stratégiques pour la suite

L’idée est que chaque « atelier/groupe de travail » puisse partager ses réflexions de manière succincte à tout le monde pour construire ensemble la suite.

- Quelles actions communes ?
- Comment mieux visibiliser la criminalisation des luttes ?
- Comment continuer de se relier entre les différents « mondes » touchés ?

⇒ Atelier spécial pour organiser la/les prochaine(s) rencontres « Ripostons à l’autoritarisme » : la prochaine aura lieu normalement pendant l’alter-G7 ! Détails à préciser sur place.

Retrouvez le programme de la journée sur le site de l’Union syndicale Solidaires

Un CRS aux assises pour avoir éborgné un manifestant… Quand seront jugés les ministres de l’Intérieur ?

Union syndicale Solidaires

Un CRS va être, enfin, presque trois ans après les faits, renvoyé aux assises pour y répondre d’un « lancer injustifié » d’une grenade de désencerclement, qui a mutilé le 15 septembre 2016 notre camarade Laurent Theron, militant de SUD Santé sociaux qui a perdu un œil lors d’une manifestation contre la loi « travail ».

Malgré les tentatives du Parquet de Paris d’empêcher un jugement aux assises, y compris en minimisant les blessures subies par notre camarade, ce procès permettra de montrer que les violences policières sont bien une réalité : oui, la police blesse, la police mutile, notre camarade Laurent en est un exemple parmi trop d’autres.
Pour l’Union syndicale Solidaires, cet indispensable procès sera l’occasion de dénoncer le comportement des « forces de l’ordre » durant les manifestations, mais aussi, plus largement, au quotidien, dans les quartiers populaires ou face au mouvement social sous ses différentes formes.

Pour l’Union syndicale Solidaires, il ne s’agit pas seulement de juger le comportement d’un CRS lors d’une manifestation. Il s’agit bien, aussi, de montrer que cet acte s’inscrit dans une politique répressive décidée par les différents préfets et ministres de l’Intérieur. Donneurs d’ordre, ils ont toute leur place sur le banc des accusés !

L’Union syndicale Solidaires réaffirme que les grenades de désencerclement, qui sont des armes de guerre, comme les différents types de Flash ball doivent être immédiatement interdites.

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Le ministre de l’Intérieur est un menteur

Union syndicale Solidaires

Le 2 mai 2019

arton16035-bf859La manifestation parisienne du 1er mai a été une nouvelle fois l’occasion pour les « forces de l’ordre » de réprimer violemment ceux et celles venu-es réclamer une autre politique sociale, fiscale et écologique. Nous assurons l’ensemble des blessé-es de notre solidarité. La mise en scène pendant plusieurs jours sur la prétendue dangerosité de cette manifestation par les services de l’intérieur et le Ministre lui-même, relayés largement, ont tenté de décourager les manifestant-es. Cette manifestation a été un succès de participation portant des revendications justes et légitimes. Il s’agit ici de rétablir certaines vérités.

Lorsque que le ministre de l’Intérieur déclare que tout a été fait pour que les organisations syndicales puissent manifester sereinement, il ment ! Avant même le début de la manifestation, des militant-es de l’Union syndicale Solidaires, clairement identifié-es , ont été victimes d’insultes lors des « contrôles préventifs », se sont fait confisquer du matériel inoffensif (sérum physiologique, foulard ou même des gants), y compris lorsqu’ils/elles expliquaient qu’ils étaient chargé-es de la protection du cortège syndical.

Lorsque le ministre de l’intérieur déclare que les organisations syndicales n’ont pas été pris pour cibles par les « forces de l’ordre », il ment ! Notre cortège, clairement identifié, a été la cible de grenades de désencerclement et lacrymogènes ! Le carré de tête syndical unitaire, facilement reconnaissable, a aussi été victime de tirs ciblés de grenades lacrymogènes et même de jets de canon à eau, obligeant à exfiltrer notre porte-parole national tellement l’air était irrespirable.. alors que tout était calme aux alentours.

Lorsque le ministre de l’Intérieur essaie de faire diversion en parlant d’une « attaque de Blacks blocks conte la Pitié Salpêtrière, il ment ! Si des manifestant-es sont bien rentré-es dans l’hôpital, ce n’était évidemment pas pour l’attaquer, mais pour tenter d’échapper aux violentes charges policières, comme on pu le constater des personnels présent-es sur place.

Nous avons évidemment des témoignages et des vidéos qui montrent que les propos du ministre de l’intérieur sont des mensonges. Nous les avons à disposition de celles et ceux qui le souhaitent.


Union syndicale Solidaires

31 rue de la Grange aux belles 75010 Paris
Téléphone : 33 1 58 39 30 20
Télécopie : 01 43 67 62 14
contact@solidaires.org
http://www.solidaires.org

« Loi anti-manifestation » on en veut toujours pas ! Appel à manifester le 13 avril contre les répressions syndicales en cours et les violences policières

Union syndicale Solidaires

Le Conseil constitutionnel a invalidé jeudi 4 avril, l’article 3 de la loi « anti-manifestation » qui avait été votée le 12 mars dernier.

Pour Solidaires, s’il est important que cet article ne figure plus dans la loi, il faut cependant bien dénoncer que ce n’est pas le fait que le Préfet puisse interdire de manifester à une personne qui a été retoqué, mais uniquement les conditions dans état policierlequel il peut le faire ! Ce qui laisse la voie à une réécriture de cet article par la suite pour reprécisez ces conditions…

La preuve en est aussi que le fichage des personnes interdites de manifester n’a pas été sanctionné par le conseil constitutionnel.

Il faut surtout dénoncer aussi que c’est aussi de fait, l’ensemble des autres dispositions néfastes de cette loi au final « anti-manifestation » qui persiste et sera opposable à tous ceux et celles qui veulent manifester :

  • fouilles des bagages et véhicules à proximité d’une manifestation, et ce, dans le but de chercher des armes ou des armes par destination… en sachant que récemment ce motif des « armes par destination » a servi à écarter des manifestants pacifiques.
  • interdiction de se dissimuler le visage : alors que les choix de maintien de l’ordre avec l’utilisation massive des gaz depuis la loi travail obligent à se protéger pour pouvoir défiler, une simple protection par un foulard sera passible désormais d’ 1 an de prison et de 15 000 euros d’amendes.

Solidaires appelle à manifester le 13 avril pour demander l’abrogation de cette loi anti-manifestation, contre les répressions syndicales et les violences policières.

31 rue de la Grange aux belles 75010 Paris
Téléphone : 33 1 58 39 30 20
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Appel à manifester le 13 avril contre les répressions syndicales en cours et les violences policières

Le Comité national de l’Union syndicale Solidaires réuni le 3 et le 4 avril dénonce et condamne fermement toutes les répressions et violences policières à l’encontre du mouvement social.

Nous syndicalistes, combattons depuis plusieurs années des politiques qui vont à l’encontre des droits des salarié-es du privé comme de la fonction publique, du pouvoir d’achat, des conditions de travail, de la protection sociale et qui laissent sur le bord du chemin nombre de personnes dans la précarité, au nom de la productivité et d’un capitalisme qui compromet l’avenir de la société elle même.

Aujourd’hui, mettant en ouvre les politiques libérales poussées à leur terme, incapable de répondre aux enjeux de la situation actuelle et à la colère sociale exprimée ces derniers mois, ce gouvernement choisit ostensiblement la réponse répressive à l’encontre de tous ceux et celles qui portent un autre projet de société. Ce qui se traduit par des sanctions administratives, l’autorisation de licenciements à l’encontre de représentants syndicaux sous l’aval de la ministre du travail, des mises en examen, des condamnations judiciaires des militant-es syndicaux et plus largement du mouvement social.
Ce qui se traduit par le détricotage des libertés publiques avec la loi anti-manifestation maquillée en loi anti-casseur, les interventions des forces de police dans les lycées, collèges, à l’encontre des douaniers, des salarié-es et l’usage de la force illégitime et disproportionnée à l’encontre des manifestant-es gilets jaunes, jeunes, et population des quartiers.loi anti manif

Les habitant-es des quartiers populaires subissent une stigmatisation et une répression continue de la part des « forces de l’ordre ». Les combats sociaux dans ces quartiers sont réduits au rang d’émeutes et sont systématiquement criminalisés.

Depuis des mois, des Gilets jaunes ont été condamnés ou sont mis en détention préventive automatiquement suite à leur refus de comparution immédiate, ou mis en garde à vue sans avoir rien fait depuis des mois, actant une utilisation répressive faites des procédures judiciaires, sur instruction des parquets.

Les postier-es de Sud postaux 92 en grève depuis un an, dont certains licenciés suite à leur lutte, se voient convoqués devant un juge d’instruction pour des actions syndicales datant de 2014. Nous condamnons fermement la mise en examen de Gaël Quirante et de 3 de ses collègues, qui a eu lieu cette semaine.

Antony de Sud Commerce a été licencié par la ministre du Travail contre l’avis de l’inspection du travail récemment.
Dosso, représentant de section syndicale SUD Industrie à Vélib, est convoqué à un entretien de licenciement alors que les élections professionnelles approchent.

Plusieurs enseignant-es du collège République à Bobigny, dont 3 de Sud Education, se voient muté-es d’office, ou menacé-es de sanctions administratives après des années d’investissement et d’enseignement dans leur collège.

Quarante militant-es et agent-es des finances publiques en lutte depuis neuf semaines dans la Haute-Garonne ont été convoqué-es au tribunal administratif en référé ce jour par leur direction locale, après des lettres les menaçant de sanctions remises par des huissiers y compris à leur domicile et font l’objet de demandes de dommages et intérêts de 1000 € chacun-e par jour de blocage.

Gaëtan, militant de Solidaires groupe RATP, des cheminot-es de SUD-Rail sont toujours sous la menace de licenciements ou sanctions.

Des dizaines de journalistes ont été agressé-es ou blessé-es par les forces de l’ordre alors qu’ils/elles ne faisaient que leur travail en couvrant les mobilisations et manifestations.

Des militant-es écologistes, des militant-es dénonçant les violences policières et plus d’une centaine de blessé-es graves de ces derniers mois, sont menacés judiciairement, mis en garde en vue. Rien que s’agissant du mouvement des Gilets jaunes, les chiffres sont effrayants : près de 10 000 interpellations ayant débouché sur près de 2 000 condamnations dont 800 à de la prison ferme. Rappelons les 22 éborgné-es, les 5 mains arrachées et Zineb Redouane, personne décédée le 1er décembre suite aux blessures provoquées par une grenade sur son balcon au 4 ème étage à Marseille ! La surenchère sécuritaire a même porté la violence dans des villes où les manifestations se succédaient dans le calme samedi après samedi.

Geneviève Legay d’ATTAC a été gravement blessée alors qu’elle manifestait pacifiquement à Nice, après des déclarations niant l’implication des CRS par le ministre de l’Intérieur, le procureur a dû revenir sur ses propres déclarations qui allaient dans le même sens…

Des dizaines de journalistes ont été agressé-es ou blessé-es par les forces de l’ordre alors qu’ils/elles ne faisaient que leur travail en couvrant les mobilisations et manifestations.

Depuis des mois, des Gilets jaunes ont été condamnés ou mis en détention préventive automatiquement suite à leur refus de comparution immédiate, ou mis en garde à vue sans avoir rien fait depuis des mois, actant une utilisation répressive faites des procédures judiciaires, sur instruction des parquets.

L’Union syndicale Solidaires alerte sur toutes ces dérives qui actent le recul des libertés syndicales, des libertés d’opinion et de manifestation et sera aux côtés de tous celles et ceux qui les subissent et condamne ces dérives autoritaires qui vont à l’encontre d’une véritable démocratie. Le gouvernement prend prétexte des mobilisations sociales pour mettre en place les bases d’un état autoritaire en s’appuyant sur l’intensification des outils répressifs policiers et judiciaires. Dans un contexte de montée des racismes et de l’extrême droite, il est urgent d’avoir des réactions unitaires les plus larges possibles. Pour l’union syndicale Solidaires, ces répressions doivent, au contraire, avoir pour effet de cimenter la solidarité entre ceux et celles qui luttent.

L’Union syndicale Solidaires appelle à se mobiliser en solidarité avec tous les camarades qui subissent ces répressions et à participer aux initiatives de soutien et aux rassemblements.

L’Union syndicale Solidaires appelle à manifester massivement sur tout le territoire le samedi 13 avril contre la loi « anti-manifestation », les répressions syndicales et du mouvement social, et contre les violences policières et sera de toutes les mobilisations visant à populariser ces combats essentiels.

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