Archives du mot-clé Salariés nettoyage

SAMSIC fait du zèle et force le personnel de nettoyage à venir travailler les 24 et 31 décembre à Tolbiac !

Alors que la direction de la BnF a annoncé, il y a déjà plusieurs semaines, la fermeture totale (au public et au personnel) de l’ensemble de ses sites les 24 et 31 décembre, l’entreprise SAMSIC, prestataire de nettoyage pour le site de François Mitterrand depuis septembre 2017, a décidé de faire du zèle et d’imposer à ses salarié-es deux journées de travail sur un site  totalement désert !

Une situation inédite, puisque jamais ces dernières années les personnels de nettoyage n’ont eu à venir travailler quand le site de Tolbiac était totalement fermé (du fait de la direction ou de contraintes extérieures). Cette décision a fait l’objet de protestations, au niveau de l’entreprise SAMSIC et auprès de la direction de la BnF qui est le donneur d’ordre de ce marché. A ce jour, la direction de la BnF ne semble d’ailleurs toujours pas disposée à apporter des précisions sur les prestations de nettoyage manifestement très urgentes et non reportables, qui nécessitent de faire venir du personnel de nettoyage en pleines vacances scolaires, la veille de 2 jours fériés, sur un site vidé de toute présence sauf le minimum de sûreté… Côté SAMSIC, le discours est plus clair : les personnels doivent rattraper le retard pris sur le chantier ces derniers mois, la direction de SAMSIC estimant manifestement que les employé-es n’ont pas « mérité » de repos pour ces deux journées, sans s’interroger sur les raisons du soi-disant « retard » pris par les personnels.

Une remise en état « insatisfaisante » du site suite à une fermeture annuelle trop courte

La réduction de la durée de la fermeture annuelle cette année a eu des conséquences néfastes tant sur les missions des personnels de la BnF que sur les chantiers que doivent assurer les personnels de nettoyage. La section SUD Culture de la BnF avait pourtant dénoncé ce fait auprès de la direction de la BnF, qui manifestement ne se soucie pas de ce genre de détail tant que le travail est programmé, peu importe dans quelles conditions. Le résultat ? Une charge de travail qui n’a pas pu être entièrement assurée durant la fermeture, ce qui a suscité des remontrances de la BnF contre son prestataire, qui a son tour a fait peser la faute sur des personnels qui ne sont pourtant pas responsables des contraintes imposées par l’établissement. Une fois de plus, les salarié-es de la sous-traitance font les frais de décisions inconséquentes, et devront donc cette année payer les pots cassés en venant travailler la veille de 2 jours fériés, dans des conditions inacceptables (isolement total sur le site notamment). [Tant qu’on y est, pourquoi ne pas imposer aux agent-es de la BnF de venir effectuer les récolements qui n’ont pas pu se faire durant la fermeture annuelle les 25 décembre et 1er janvier ?]

Un sous-effectif qui s’aggrave et des pressions qui doivent cesser au plus vite

Les remontrances sur la prestation de nettoyage effectuée partiellement par rapport aux années passées durant la fermeture annuelle 2018 ne sont pas les seules faites aux agent-es de nettoyage du site de Tolbiac, puisque depuis plusieurs semaines se multiplient les réclamations de la BnF sur le travail quotidien effectué par les personnels. Cette situation se traduit par une pression accrue sur les agent-es, de plus en plus surveillé-es et amené-es à changer de secteurs de travail pour effectuer des remplacements et du travail supplémentaire pour toujours plus de rentabilité, ce qui pose bien entendu la question des effectifs en réalité insuffisants pour permettre de répondre aux exigences de la BnF dans de bonnes conditions, à savoir sans risque pour la santé, sans surcharge de travail et sans stress pour les personnels.

Alors que les personnels de nettoyage de la BnF ont fait les frais cette année de plusieurs bouleversements liés à un énième changement d’employeur en septembre 2017, nos organisations syndicales s’indignent de l’attitude de SAMSIC, dont la direction semble manifestement prête à tout pour rentabiliser la présence d’agent-es pourtant eux et elles aussi exténué-es en cette fin d’année. Pire encore, l’entreprise SAMSIC, qui a reçu jeudi 20 décembre une délégation d’agent-es de nettoyage sur le site de Tolbiac suite à une Assemblée Générale, joue la carte du chantage, annonçant aux salarié-es, qu’ils et elles disposeront peut-être du 31 décembre, si l’ensemble du travail a pu être correctement et intégralement réalisé le 24 décembre ! Ce type de comportement tant arbitraire qu’insidieux est inacceptable.

Exigeons que les 24 et 31 décembre ne soient pas travaillés pour nos collègues du nettoyage !

Nous exigeons par ailleurs de la direction de la BnF qu’elle assume sa responsabilité sociale et qu’elle démente rapidement auprès de son prestataire l’urgence des prestations prévues pour les 24 et 31 décembre 2018 sur le site de Tolbiac. Au cas où la direction l’aurait oublié, une Charte sociale a été cette année mise en place dans notre établissement, préconisant une attention particulière des donneurs d’ordre sur les pratiques de leurs prestataires. Nous demandons également à l’entreprise SAMSIC de respecter les modalités appliquées ces dernières années pour des jours de fermeture exceptionnelle du site de Tolbiac, à savoir un repos exceptionnel accordé pour ces 2 journées (donc sans perte de salaire ou congé imposé), pour des agent-es qui participent au même titre que les personnels BnF qui seront eux et elles en congé les 24 et 31 décembre, au bon fonctionnement de notre établissement public.

Une fois de plus, nous ne pouvons que constater les inégalités et les abus générés par le système de sous-traitance et la nécessité de réclamer l’embauche directe des salarié.es au sein des établissements du Ministère.

====> Des jours de repos les 24 et 31 décembre pour nos collègues du nettoyage !
====> Stop aux abus et aux pressions sur les personnels !
====> Des emplois pour les équipes de nettoyage du site de Tolbiac !

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RACISME AUX BEAUX-ARTS DE PARIS

Communiqué intersyndical SNAC-FSU / SUD Culture

Depuis juin 2017, les organisations syndicales SNAC-FSU et Sud-Culture n’ont cessé d’alerter la direction des Beaux-Arts, la direction d’Organet, Allo-Discrim, le Ministère, la Direction générale de la création artistique (DGCA) et Madame la Ministre. De nombreux témoignages accablants, dans un premier temps non nominatifs, puis signés, suivis de dépôts de plaintes auprès de la police, ont été portés à la connaissance des différentes structures citées précédemment.

Aujourd’hui, sept plaintes pour injures racistes avec harcèlement ont été déposées à la police, qui mène actuellement une enquête préliminaire. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) a déposé plainte pour harcèlement moral à caractère aggravant de racisme auprès du procureur de la République. L’Inspection du travail de Paris a également ouvert une enquête.

Contrairement à l’assertion de l’avocat des Beaux-Arts (1) :
Le CHSCT de l’école n’a jamais été en charge d’une enquête interne,
La direction des Beaux-Arts a été destinataire des plaintes dès novembre 2017.

Contrairement à l’affirmation de la direction d’Organet (2), celle-ci a pu prendre connaissance des plaintes communiquées en décembre 2017.

À ce jour, malgré les alertes répétées des organisations syndicales et des étudiant-e-s des Beaux-Arts, la demande conservatoire de protection des personnels, faite dans le cadre des instances de l’établissement, n’a toujours pas été mise en place. En conséquence, les employé-e-s plaignant-e-s sont encore exposé-e-s aux pressions et intimidations, et ce, malgré la protection juridique à laquelle ils ou elles ont droit.

Nous demandons :
que la direction des Beaux-Arts prenne enfin ses responsabilités en protégeant ces agents, suivant les préconisations de la chargée de mission du label « diversité et égalité »,
que la direction d’Organet applique la demande de la direction des Beaux-Arts en déplaçant la personne mise en cause dans les plaintes,
que la Charte sociale signée par les organisations syndicales au sujet des prestataires de service soit appliquée, particulièrement sur la non-ingérence des personnels vis-à-vis des prestataires,
que la DGCA, mise au courant depuis décembre 2017, prenne toute disposition pour combattre ces exactions inacceptables dans une école de la République,
que le message fort de la Ministre au sujet de l’égalité et de la diversité au sein des établissements sous tutelle du ministère soit non seulement respecté mais aussi intégralement appliqué.

Nous sommes reconnaissants du soutien et de l’engagement des étudiant-e-s dans cette lutte contre le racisme. Nous sommes déterminés à mener le combat jusqu’à disparition de cette idéologie haineuse au sein de notre établissement entaché par cette affaire scandaleuse.

(1) 15 Mars 2018 – http://www.liberation.fr/france/2018/03/15/les-beaux-arts-secoues-par-une-affaire-de-racisme_1636267 2 Idem

(2) Idem

ONET toujours malhonnête et SNCF complice ! Soutien aux grévistes du nettoyage de la Gare SNCF de Saint-Denis !

ONET toujours malhonnête et SNCF complice !

Soutien aux grévistes du nettoyage de la Gare SNCF de Saint-Denis !

 Communiqué de la section SUD Culture de la BnF

Le 11 décembre 2017

Les salarié-e-s du nettoyage de l’entreprise H. Reinier-ONET du réseau SNCF Paris Nord et en particulier de la gare SNCF de Saint-Denis sont en grève depuis un mois, soutenu-e-s par le syndicat SUD Rail Paris Nord.

Depuis sa reprise du marché de nettoyage des gares du réseau SNCF Paris Nord, la Société H. Reinier du groupe ONET tente d’imposer à ses salarié-e-s une clause de mobilité dans leur contrat. Le but de celle-ci est d’imposer une flexibilité à outrance aux agent-e-s du nettoyage qui peuvent être amené-e-s à travailler d’une gare à l’autre, sans lieu de travail fixe et pratiquement sans leur consentement. Cette disposition légale est un des moyens régulièrement employés par les sociétés de nettoyage pour rentabiliser leurs embauches, sous couvert d’une flexibilité de l’emploi dont personne n’est dupe et dont nous savons qu’elle se pratique le plus souvent de façon abusive. Cette clause n’a d’autre conséquence que de dégrader les conditions d’emploi des salarié-es et permet au passage aux patrons de casser tout collectif de travail où certain-e-s agent-e-s auraient la mauvaise idée de s’organiser pour défendre leurs droits.

Nous savons aussi à la BnF que cette clause n’a pour objectif que d’organiser sous-effectifs et surcharge de travail sans dépenser un sou pour des embauches supplémentaires. Depuis plusieurs années, le retrait de cette clause des contrats des agent-e-s de nettoyage du site de Tolbiac est un combat récurent. En effet, à chaque renouvellement de marché (hier ONET, aujourd’hui SAMSIC) les prestataires de service tentent de la réimposer, bien que cette absence de clause de mobilité ait été gagnée il y a longtemps et conservée grâce à la lutte collective et à la vigilance de nos camarades salarié-e-s du nettoyage, organisé-e-s au sein de la section SUD Culture de la BnF.

 Les revendications des grévistes de H. Reinier-ONET des gares SNCF Paris Nord sont les suivantes :

 -l’annulation des clauses de mobilité

-la reprise de tous/tes les salarié-e-s dans la Convention Collective de la Manutention Ferroviaire

-une prime de panier (déjeuner) à 4 euros par jour

-une prime vacances de 70 euros

-le maintien des effectifs et des embauches en CDD et CDI pour tous les postes vacants

-la prolongation des mandats des représentant-e-s du personnel jusqu’aux prochaines élections professionnelles

Dans la nuit du 01 au 02 décembre, la police est intervenue à la demande de la SNCF en gare de Saint-Denis pour déloger le piquet de grève et permettre le nettoyage de la gare par d’autres agent-e-s. La SNCF a justifié cette intervention pour des raisons d’insalubrité, et de risques encourus pour les usagers/ères de la SNCF. Comme souvent, c’est quand on s’arrête de nettoyer que les donneurs d’ordre des marchés semblent réaliser que cette prestation est essentielle au service public !

La section SUD Culture de la BnF condamne fermement cette grave atteinte au droit de grève, visant à faire débarquer la police contre des salarié-es au lieu d’encourager des négociations dignes de ce nom ! De plus, il est intolérable qu’avec la complicité de la SNCF, la société H. Reinier-ONET recoure à des salarié-e-s intérimaires (et donc précaires) pour casser la grève légitime des agent-e-s en leur demandant de faire leur travail. Pire encore, des mesures de licenciement sont actuellement enclenchées contre certain-e-s grévistes.

Nous exigeons de la société H. Reinier qu’elle réponde positivement aux revendications des grévistes et qu’elle stoppe toute mesure de licenciement. Nous demandons aussi à la direction SNCF d’assumer sa responsabilité sociale de donneur d’ordre au lieu de se rendre complice d’une répression contre des salarié-e-s trop souvent exploité-e-s. Cette responsabilité passe par contraindre par tous les moyens la société H. Reinier-ONET aux négociations, et aussi à terme par réintégrer les salarié-es de la sous-traitance parmi le personnel statutaire de la SNCF !

Solidarité avec les grévistes du nettoyage des gares SNCF Paris nord et stop à la sous-traitance !

Voir la lettre des grévistes :

CONTRIBUEZ A LA CAISSE DE GREVE : Tous ensemble on est plus fort !

Par CB sur internet : https://www.lepotcommun.fr/pot/smk9h0kl /

Par Chèque : ordre « Syndicat Sud Rail de Paris Nord »à l’adresse du syndicat :39 Bis Boulevard de la Chapelle 75010 Paris

En espèces : directement sur le piquet à la Gare de St Denis (RER D)

Vidéo : « Les grévistes du nettoyage des gares SNCF vous demandent du soutien!» sur la page Facebook «Sud Rail Infra»

« Résister à la domination dans le nettoyage », article tiré des Utopiques de Solidaires

François Reyssat est sociologue du travail, actuellement membre associé du Laboratoire du changement social et politique à l’Université Paris Diderot. Il enseigne par ailleurs la sociologie à l’Université de Nanterre, et est membre de SUD éducation 92.

Le secteur du nettoyage constitue depuis son apparition au milieu du XIXe siècle, et son fort développement à partir des années 701, un secteur où les formes de résistances ouvrières n’ont suscité que peu d’intérêt de la part des chercheurs, mais aussi du mouvement syndical. Les premiers se sont le plus souvent contentés d’enfermer les nettoyeurs et les nettoyeuses dans une position d’exploités, sans chercher à interroger les mécanismes de cette exploitation et les résistances qui s’y opposaient. Le second, encore aujourd’hui, peine à sortir d’une double impasse. Tantôt, il a organisé les nettoyeurs « par le haut », ce qui explique encore de nos jours le rattachement des nettoyeurs à la CGT Ports et Docks2 par exemple. Tantôt, il s’est trouvé confronté à des pratiques contestables allant du détournement de fonds à la collusion plus ou moins directe avec le patronat de certaines structures. Si les expériences de syndicalisme sincère et efficace existent fort heureusement (on en trouvera une analyse dans le récent ouvrage de C. Nizolli3), elles restent trop peu visibles, et souvent limitées à une partie du secteur (essentiellement sur des sites regroupant beaucoup de nettoyeurs et nettoyeuses au même endroit). C’est pourquoi, dans l’idée d’aider ces syndicalistes sincères à poursuivre leur action et à l’amplifier, je propose de nous intéresser à ce que sont concrètement les résistances au travail dans ce secteur.

Pour cela, je m’appuierai sur une enquête menée par immersion dans le cadre de ma thèse. Pour cette enquête, qui repose par ailleurs sur des analyses quantitatives de l’enquête emploi de l’INSEE et des entretiens, je me suis fait moi-même nettoyeur, et j’ai travaillé dans trois entreprises aux côtés de celles et ceux qui assurent ces tâches quotidiennement. La première de ces entreprises, appelée ClariNet, est une entreprise d’environ 30 salarié-es, travaillant essentiellement pour le compte de DiscountPlus, une chaîne de supermarchés. La seconde, nommée Les Bambins heureux, est une crèche où une partie du travail de nettoyage (celle pour laquelle j’étais recruté) est toujours internalisée. La troisième, que je nomme Valévol, est une agence d’un très grand groupe du secteur, travaillant notamment pour un hôpital de banlieue parisienne. J’ai passé plusieurs mois comme nettoyeur dans chacune de ces entreprises, et c’est à partir de ce travail de recherche que je propose de réfléchir ici. Il importe par ailleurs de préciser ici qu’il ne s’agit nullement, à travers ce texte, de chercher à dicter aux syndicalistes ce qu’ils devraient faire. Tout au contraire, l’auteur de ces lignes, syndicaliste lui-même, ne prétend que proposer des pistes de réflexion, dont les structures syndicales pourront se saisir si elles le souhaitent.

Déroulé de l’article : Questionnements théoriques / Freiner le travail : une activité collective / Les décapages à Valévol : se réapproprier le temps de travail / La grève : rendre visible le travail et élargir les horizons / Conclusion

Lire la suite ici.

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Lutte des salarié-e-s du nettoyage de la BnF en avril 2015

« Nettoyage : en grève » : rencontre/ projection au FRAC Lorraine à Metz samedi 23/09/2017

RENCONTRE/PROJECTION

SAMEDI 23 SEP 2017, 14H
49 NORD 6 EST – FRAC LORRAINE – METZ (57)

Accès gratuit
1bis rue des Trinitaires, Metz
tél. : 03 87 74 20 02

Nettoyage : en grève

Rendez-vous à 14h30
La Section Sud Culture de la BNF ; La CGT Hôtels de Prestige et Économiques
Modération : Fanny Zanferrari, sociologue

En partenariat avec L’IRTS de Lorraine

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 Extrait du film documentaire « On a grèvé » de Denis Gheerbrant (2014, 70mn)

Et si le ménage n’était plus fait dans les hôtels ? Et si la poussière s’accumulait sur les livres ? Et si, et si… Personne n’ose même l’envisager ! Sans ces travailleur.euse.s invisibles, précaires, méprisé.e.s par beaucoup, plus rien ne fonctionnerait… Leur seul pouvoir de revendication : la grève.

Sujet à une invisibilisation et une précarisation continues, que ce soit par leurs horaires, leur rémunération, leurs conditions de travail ou le mépris envers celui-ci, dans le privé comme dans le public, le personnel de ménage peut être amené à se mettre en grève pour se rendre visible. Qui aurait cru que plus rien ne fonctionnerait ?

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Projection du film documentaire « On a grèvé » de Denis Gheerbrant (2014, 70mn) au cours de la rencontre.

Elles s’appellent Oulimata, Mariam, Géraldine, Fatoumata… elles sont une petite vingtaine de femmes de chambres et pendant un mois elles vont affronter le deuxième groupe hôtelier d’Europe. Pour la première fois, elles n’acceptent plus la manière dont elles sont traitées. Et elles tiendront jusqu’au bout, avec force musique et danse.

Bande annonce du film : https://vimeo.com/99251465

Informations sur le site du FRAC Lorraine : http://www.fraclorraine.org/explorez/rencontres/576

Pour 2017, exigeons des conditions d’emploi dignes pour les salarié.e.s du nettoyage !

Cette année encore, la direction de la BnF présente ses vœux pour la nouvelle année. Au-delà des belles paroles et des bonnes intentions, pour nous salarié-e-s du nettoyage du site de Tolbiac,  organisé-e-s collectivement au sein de la section SUD Culture de la BnF, cette année 2017 va surtout être marquée au second semestre par un énième changement d’employeur.

En effet comme tous les 3-4 ans, la BnF, qui externalise plusieurs des métiers les plus pénibles bien qu’indispensables au bon fonctionnement de l’établissement, va lancer un appel d’offre pour la reprise du chantier de nettoyage du site de Tolbiac. Plusieurs prestataires de service privés vont donc entrer en concurrence pour tenter de remporter ce marché important, source de profits conséquents. Pour nous salarié-e-s du nettoyage, chaque renouvellement de marché est source de stress en raison du risque de voir nos acquis sociaux et nos conditions de travail une nouvelle fois dégradés. La direction de la BnF ne peut pourtant pas continuer d’ignorer le coût social des marchés de la sous-traitance, les situations de « dumping social » qui lui sont souvent propres, tout comme les tentatives de certaines entreprises de contourner ou de dégrader le droit social.

► Retour sur 4 années de luttes et de mobilisations des salarié.e.s d’Onet sur le site Tolbiac de la BnF :

2012 : La BnF décide de faire des économies en baissant de 20% le budget alloué au nettoyage.

Fin 2012 : juste avant sa reprise du chantier, la société Onet Services tente de remettre en cause les acquis sociaux des salarié-e-s et notre représentation syndicale : volonté de ne pas reprendre les délégués syndicaux / imposition d’une clause de mobilité sur les contrats (qui permet de changer de site un-e salarié-e sans le consulter) / attaques contre la prime de fin d’année et la majoration du dimanche…

Autant d’acquis obtenus par les agent-e-s travaillant à la BnF souvent depuis de nombreuses années !

Mais une forte mobilisation des agent-e-s et de notre organisation syndicale a au final permis d’obtenir le maintien des acquis sociaux et des mandats syndicaux.

2014 – 2015 : départs contraints par Onet d’une quinzaine d’agent-e-s, pour faire des économies et sans que la charge de travail diminue pour autant pour les équipes restées sur place.

Cette situation intenable a conduit les agent-e-s, à l’appel de notre organisation syndicale, à faire grève durant 13 jours consécutifs au mois d’avril 2015, ce qui leur a permis de gagner :

  • l’embauche de 3 collègues en CDI sur le site
  •  l’attribution de 100 heures complémentaires à répartir pour les agent-e-s à temps partiel
  •  un audit sur les matériels et tenues

Fin 2016 : menace sur la prime de fin d’année des personnels de Tolbiac !

Cette année la société Onet a versé aux agent-e-s la prime de fin d’année qui leur est garantie par plusieurs accords qui sont propres au site de Tolbiac et qui ont été signés entre l’employeur et notre organisation syndicale. Toutefois Onet a décidé de morceler cette prime sur les fiches de paie et de la cacher derrière l’accord de branche régissant le secteur du nettoyage au niveau national (et qui peut donc être sujet à des variations). Cette pratique est pour nous un nouveau dénigrement des acquis des salarié-e-s du site, créant le risque de les mettre en péril lors de la prochaine reprise du marché. Les agent-e-s attendent de la direction d’Onet des mesures rectificatives, et une intervention de la BnF en tant que donneur d’ordre.

En 2017, la BnF doit assumer pleinement la responsabilité sociale qui incombe à sa position de donneur d’ordre, et se doter de moyens permettant de garantir de manière pérenne les droits des salarié-e-s du nettoyage comme de tous/tes ceux et celles dépendant de services sous-traités à la BnF (restauration, sécurité, etc..).

► Nous revendiquons pour la mise en place du nouveau marché :

L’intégration au sein des cahiers des charges de clauses plus protectrices pour les salarié.e.s :

  •  Un volume d’heures incompressible nécessaire aux prestations et un nombre précis de salarié-e-s affecté-e-s sur le site.
  • L’extension au-delà de la convention collective des conditions de reprise des personnels pour qu’aucun-e salarié-e ne soit exclu-e du marché suivant.
  • L’énoncé de tous les acquis sociaux, qui doivent être entièrement repris pour les personnels du site, etc…

La transposition à la BnF de la charte sociale du Ministère de la Culture et de la Communication :

  • En appliquant les préconisations et les bonnes pratiques qui y sont énoncées, notamment concernant les renouvellements et suivi de marché, les réunions de suivi avec le prestataire pour rappeler ses obligations sociales, etc.
  • En déclinant localement une charte sociale adaptée au contexte de l’établissement et qui représente un véritable engagement vis-à-vis des salarié-e-s.

Pour SUD Culture Solidaires, l’externalisation de services n’a qu’un but : baisser le coût du travail et la masse salariale de l’État, tout en sous-traitant au passage les métiers les plus pénibles et les moins bien rémunérés pour se dégager de toute responsabilité sociale.

 Contre les sous-effectifs, les cadences infernales, la précarité et le dénigrement des droits des salarié.e.s :

 Réinternalisation de la sous-traitance, à la BnF comme ailleurs !

Solidarité avec les grévistes d’OMS

Le 21 septembre dernier 53 agent-e-s de nettoyage de la société OMS Synergie travaillant sur les sites de Paris Habitat ont décidé de cesser le travail à l’appel de SUD Nettoyage pour demander une amélioration de leurs conditions de travail et une hausse des salaires. Au bout de 2 mois de grève la direction d’OMS refuse toujours d’engager les négociations avec les grévistes tout en jouant en parallèle la carte de la répression pour casser ce mouvement. En effet 2 procédures de licenciement ont récemment été engagées contre 2 délégués syndicaux.

Face au constat des très mauvaises conditions de travail dans tous les domaines de la sous-traitance de nos jours, ce type de conflit n’est appelé qu’à se répéter. Les agent-e-s de nettoyage de la société ONET qui travaillent à la Bibliothèque nationale de France, organisé-e-s au sein de la section SUD Culture de la BnF, ont mené sur le site François Mitterrand entre le 09 et le 22 avril une grève à l’issue victorieuse, sur des revendications qui font écho à celles actuellement portées par les grévistes d’OMS. Les revendications de ces derniers-ères sont :

– le changement de qualification de tous et toutes les salarié-e-s
– le changement des dates de paiement des salaires
– l’attribution d’un treizième mois.
– une prime de salissure pour tous les salarié-e-s
– l’équipement complet à disposition des salarié-e-s
– la mise en place de la subrogation pour tous les salarié-e-s

La section SUD Culture de la BnF manifeste donc tout son soutien aux salarié-e-s et à leurs revendications et condamne les intimidations et la répression syndicale qui pèsent actuellement sur eux/elles. Nous demandons à OMS Synergie d’entendre les revendications des grévistes, qui pour rappel ont été récemment conforté-e-s par un rapport de l’inspection du travail, et d’y répondre rapidement pour une sortie de conflit favorable aux salarié-e-s et sans aucune sanction. Il est aussi de la responsabilité du donneur d’ordre Paris Habitat, tout comme de la Mairie de Paris, d’intervenir concrètement auprès de la direction d’OMS pour la contraindre à respecter le droit du travail et pour donner satisfaction aux demandes des salarié-e-s qui refusent de subir l’exploitation inhérente au marché de la sous-traitance.

Après Onet à la BnF et TFN aux Finances Publiques,
Solidarité avec les grévistes d’OMS chez Paris Habitat !