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Une exposition plus que douteuse au centre financier d’Orléans. Promotion du sexisme à La Poste.

Communiqué de presse SUD PTT

Paris le 19 novembre 2019

Le centre financier d’Orléans-La Source (plus grand centre financier de France) avait, il y a quelques années, organisé un atelier maquillage le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes. Cet établissement se distingue à nouveau, et de quelle manière! Sa direction de la communication incite l’ensemble du personnel à participer à la “journée internationale de l’homme” (qui a lieu le 19 novembre), via une exposition organisée dans le centre, du 18 au 22 novembre.

Une insupportable provocation, à quelques jours de la journée contre les violences faites aux femmes le 25 novembre et de la manifestation nationale organisée sur ce sujet le 23. Concrètement, cette journée de l’homme est organisée par des associations masculinistes comme SOS-papa. Il suffit, pour se faire une idée de l’orientation politique et idéologique des promoteurs de cette initiative, de lire la page d’accueil du site officiel de cette journée: “Des recherches irréfutables montrent que les mères sont typiquement douces, gentille, confortantes, protectives et émotionnelles. Les pères encouragent la prise de risque, le challenge, le contact sportif, ludique et physique.Les enfants ont besoin d’un équilibre entre la protection et la prise de risque”. Ou encore: “Les enfants privés d’idéaux masculins risquent davantage d’être impliqués dans des activités criminelles, des grossesses adolescentes, ils ont de moins bons résultats à l’école et participent à des activités plus dangereuses.”On nage au milieu des stéréotypes les plus nauséabonds.

Et, même si les spécialistes de la com’ du centre financier de La Source n’ont pas pu prendre 5 minutes pour se renseigner, quel est le sens d’une telle exposition, dans un secteur où les femmes représentent 68% du personnel? Comment croire, dans ces conditions, les déclarations d’intention de La Poste en matière de droits des femmes affichées au moment de la signature de l’égalité hommes-femmes, il y a moins de trois mois?La fédération Sud PTT tient à rappeler à ces promoteurs du sexisme: qu’au moment où nous écrivons, 136 féminicides ont été perpétrés, depuis le début de l’année, par des conjoints ou ex-conjoints. La culture du viol se porte par ailleurs malheureusement on ne peut plus bien, à voir, par exemple, les réactions de beaucoup vis-à-vis de l’affaire Polanski, à base de “il faut savoir séparer l’homme de l’artiste”. Quand il ne s’agit pas d’appel pur et simple au viol en mode provoc’ (Finkielkraut).

Nous demandons le démontage immédiat de cette exposition, et nous appelons à participer à la manifestation nationale le 23 novembre contre les féminicides et nous appelons à participer à la manifestation nationale le 23 novembre contre les féminicides et les violences sexistes et sexuelles, à 14 heures devant l’Opéra de Paris.


Fédération des activités postales et de télécommunications
25/27 rue des Envierges 75020 paris
Tél : 01 44 62 12 00 Fax : 01 44 62 12 34
Courriel : sudptt@sudptt.fr Site : http://www.sudptt.fr

Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

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Communiqué SUD Culture Solidaires

le 18 novembre 2019

Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

Le ministère de la culture s’enorgueillit à longueur de colonnes de son double label « diversité » et « égalité ». Moins du protocole égalité femmes/hommes, signé en 2018 par l’ensemble des organisations syndicales représentatives ! L’énergie et les moyens consacrés à l’obtention de ce label auraient été mieux employés en finançant la mise en oeuvre du protocole qui est assurément à la peine. Il aura fallu un an pour qu’un plan d’action contre les violences sexistes et sexuelles soit présenté aux organisations syndicales (si tout va bien au CHSCT Ministériel du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes oblige). Il faudra encore attendre qu’il soit décliné dans les directions et les Établissements publics du
ministère qui sont largement à la traîne.

Le cas sidérant de Christian N.

Une nouvelle fois, après des premières révélations publiées dans le Canard enchaîné (29 mai 2019) le ministère fait la une des médias à la suite d’une enquête de Libération. Non pas pour vanter sa politique culturelle, mais pour une affaire de
violences sexistes et sexuelles dont s’est rendu coupable un administrateur civil hors classe.

Christian N. – nous conservons un anonymat de façade –, après une carrière à France Télécom, a occupé des responsabilités au sein de notre ministère (sous directeur des politiques des ressources humaines et des relations sociales, 2008-2013) puis à la DGFAP (sous-directeur de l’animation interministérielle des politiques de RH, novembre 2013-mai 2014) qui l’avait nommé pour siéger au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ! La DGFAP l’éjectera au bout de six mois, selon nos sources, parce qu’il avait pris des photos sous les jupes d’une de ses collègues, ce qui mit également immédiatement fin à ses fonctions au sein du Haut conseil. Le ministère de la culture l’a alors récupéré et lui a trouvé un point de chute au Département de l’Action Territoriale (DAT) pour gérer la fusion des DRAC avant de le nommer directeur adjoint de la DRAC Grand Est.

Pendant près de 10 ans, Christian N. a ainsi pu se livrer à ses turpitudes : prendre en photo des agentes du ministère (qu’elles soient en jupe ou en pantalon) et intoxiquer ses interlocutrices avec des diurétiques pour les obliger à uriner devant lui, afin de jouir de leur humiliation. Alors qu’il prenait en photo une sous-préfète, un fonctionnaire de la DRAC Grand Est l’a pris en flagrant délit et a eu le courage de dénoncer ces faits (juin 2018) auprès du secrétaire général qui a fait un premier signalement auprès du procureur. Sa suspension a alors été prononcée. C’est par un pur hasard qu’une collègue de la DRAC Grand Est a découvert dans une clef USB une liste de plus de deux cents victimes. Cette découverte a fait l’objet d’un second signalement au procureur par le ministère en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale et d’une CAP disciplinaire qui a abouti à la radiation de la fonction publique du coupable (arrêté du 13 décembre 2018). Il officie désormais dans … le coaching individuel. Christian N. ayant été mis en examen fin octobre 2019 et placé sous contrôle judiciaire, la procédure pénale suit désormais son cours, avec son lot de convocations de témoins.

Cet individu, nous l’avons côtoyé régulièrement au Comité Technique Ministériel (CTM), au Comité Hygiène, Sécurité et Condition de travail (CHSCTM) ou dans des réunions syndicales, notamment lors de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) dont il était un farouche partisan. Ironie du sort, c’est à lui qu’il revenait de recevoir les candidates victimes ou non de mobilités forcées en raison de la suppression de leurs postes. Si nous l’avons combattu pour son
zèle à mettre en oeuvre la RGPP puis la fusion des DRAC, nous n’avions jamais décelé ses méfaits et n’avons jamais été alerté·es par des victimes ou des témoins.

En tant que syndicalistes, cette absence de signalement nous interpelle. Certes, nombre de ses victimes, souvent en situation de précarité, n’ont peut-être pas eu conscience sur le moment de l’aspect volontaire de ses agissements. Des retours que nous avons aujourd’hui, c’est à la lecture
de la presse que nombre d’entre elles ont compris ce qui leur était arrivé. Mais pour les autres ? Alors que SUD Culture est depuis longtemps impliqué dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, nous n’avons clairement pas été identifié·es comme pouvant leur apporter une aide. Il nous appartient de mieux communiquer afin que les victimes ne se sentent plus isolées et que les lanceurs et lanceuses d’alerte se sachent soutenu·es syndicalement.

Une prise de parole tardive du ministre

Lors du CHSCTM du 14 novembre, dans son discours introductif, Franck Riester a eu des phrases fortes. Nous l’avons interpellé pour qu’il prenne ses responsabilités et s’adresse enfin aux médias et aux agent·es et que toutes les victimes puissent bénéficier d’une écoute et d’une protection fonctionnelle pour celles travaillant encore au ministère. Il s’est prononcé favorablement.

Quant aux victimes ayant quitté le ministère, il a proposé qu’elles soient mises en contact avec des associations pouvant les accompagner juridiquement. Or ces associations n’ont plus les moyens de faire face, puisque le gouvernement, prompt à faire de la com’ et des tweets, a diminué drastiquement leurs subventions. Nous avons donc demandé que le ministère participe au financement de ces structures si elles doivent accompagner des victimes de Christian N. Il est par contre resté plus flou s quant à la mise en oeuvre d’une enquête, notamment sur sa forme, destinée à identifier les dysfonctionnements de l’administration et les éventuelles complicités qui ont permis la poursuite de tels agissements. L’article de Libération fait état de signalements de la part de victimes qui n’ont pas été suivis d’effet. Nous voulons savoir pourquoi Christian N. a pu continuer sa carrière en bénéficiant de mobilités, s’il y a eu une volonté de le protéger, d’étouffer l’affaire ou de minimiser les faits.

Combien de Christian N. au sein du Ministère de la culture et de ses établissements ?

Si nous pouvons espérer qu’un tel degré de perversion est rare et que le cas de Christian N. soit unique au ministère, l’ampleur et la durée de ses pratiques ne doivent pas nous conduire à occulter les violences sexistes et sexuelles auxquelles sont exposées les agentes, les salariées des entreprises de sous-traitance ainsi que les étudiantes du ministère .

Il en est ainsi, par exemple, du monde de l’art et ses écoles qui n’ont pas été épargnées ces dernières années. Mains sur la cuisse, insultes sexistes, harcèlement sexuel et moral, élèves contraintes d’éviter des professeurs et des cours tout au long de leur cursus, humiliations, remarques sur l’apparence,présupposés sexistes sur la qualité du travail ne sont pas rares. Si ces dérives ont été dénoncées par SUD Culture, elles ont aussi été mises en lumière, dès 2006 puis en 2009, par Reine Prat, inspectrice générale au ministère de la Culture et autrice des rapports pour l’égalité des femmes et des hommes dans les arts du spectacle. En juin 2013, un rapport choc de la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin (PCF) sur « la place des femmes dans l’art et la culture : le temps est venu de passer aux actes », remis à Aurélie Filippetti prouvait que le fléau des comportements sexistes restait relativement banalisé dans les écoles d’art. L’omerta résultait de la conjonction de plusieurs facteurs : la sous-représentation des femmes dans le corps enseignant et aux postes de direction des établissements d’enseignement artistique ainsi quel’absence d’une réflexion approfondie sur la pédagogie. Ce n’est qu’en mars 2015, qu’une charte a été signée par les 57 écoles sous tutelle du ministère de la Culture. Mais les différentes révélations surgies dans le sillage de #MeToo nous laissent plus que sceptiques sur son application.

80 % des femmes salariées considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes (1).
1 femme sur 3 a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle.
5% seulement des cas ont été portés devant la justice (2).
En l’absence de données spécifiques, nous pouvons sans peine appliquer ces statistiques à l’ensemble du périmètre ministériel.

Si le ministère commence à se doter d’outils pour lutter contre ces violences encore faut-il que les victimes soient entendues, que leur parole ne soit pas remise en cause, que leur hiérarchie cesse de protéger les agresseurs, y compris lorsqu’il s’agit de hauts fonctionnaires.

La tâche est grande pour l’administration du ministère… comme ses organisation syndicales.

Il faut que la honte change de camp et que les femmes prennent la parole et soient écoutées !

Contre les violences faites aux femmes, toutes et tous dans la rue le 23 novembre

SUD Culture Solidaires s’inscrit dans l’appel unitaire de #NousToutes et de l’Union syndicale Solidaires pour la journée d’action du 23 novembre (3).

Il faut s’attaquer au système patriarcal partout et constamment, dès l’école maternelle, dans la rue, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives.

C’est ce système qui « autorise et tolère » socialement les conduites de dominations, de violences envers les femmes jusqu’à la mort de plusieurs dizaines d’entre elles chaque année.

Les mesures à appliquer sont déjà connues :
• La reconnaissance de la spécificité des violences faites aux femmes par l’inscription dans la loi du terme de féminicide.
• Aucune plainte refusée et sans suite, ce qui veut dire tenir compte de la parole des femmes pour les aider à justement dénoncer ce qu’elles vivent, sans honte ni culpabilité.
• Des mesures de protection rapides ce qui veut dire mettre fin à l’impunité des agresseurs, quels qu’ils soient.
• Des places suffisantes en hébergement d’urgence dans tous les départements.
• Des fonds pour les associations qui accompagnent les femmes victimes…
Il faudra aussi un budget à la hauteur de ces ambitions, et nous réclamons comme d’autres organisations féministes un vrai milliard pour enfin stopper cette horreur !

Pour accélérer et imposer la mise en place de ces mesures, il faut être nombreuses et nombreux à se retrouver dans la rue. Nous vous donnons rendez-vous à la manifestation nationale à Paris le samedi 23 novembre, 14h à Opéra, et dans les nombreuses initiatives prises un peu partout en France autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.


1 Rapport du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n°2015-01 publié le 6 mars 2015.
2 Enquête IFOP pour le Défenseur des droits – mars 2014
3 https://solidaires.org/Manifestations-Contre-les-violences-faites-aux-femmes


SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu, 75002 Paris
01 40 15 82 68, sud@culture.gouv.fr
https://sud-culture.org/

Manifestant-es-SUD-Culture-Solidaires

Préavis de grève pour le 23 novembre- journée de mobilisation contre les violences faites aux femmes

Pour les agent-es de la Fonction Publique qui travaillent le 23 novembre et qui souhaitent participer à la manifestation (14h pl. de la République à Paris) :


Paris, le 8 novembre 2019

Madame Gaëlle Martinez
Union Syndicale Solidaires
Déléguée générale fonction publique
31 rue de la Grange aux belles
75010 PARIS

à

Monsieur Gérald Darmanin
Ministre de l’action et des comptes publics
139 Rue de Bercy
75012 – PARIS

OBJET : préavis de grève 23 novembre 2019

Monsieur le Ministre

L’Union syndicale Solidaires Fonction Publique dépose un préavis de grève pour le 23 novembre à 00h01 (ce préavis comprend la nuitée en amont de cette journée pour les personnels travaillant en horaires décalés).

Ce préavis concerne l’ensemble des personnels titulaires, stagiaires, contractuels et auxiliaires des trois versants de la fonction publique et des établissements publics (y compris ceux présentant un caractère industriel et commercial) ainsi que les ersonnels titulaires et non titulaires de droit public exerçant leurs fonctions dans les sociétés anonymes et les établissements d’enseignement privé.

Ce préavis est destiné à permettre à tous-tes les agents-es de la fonction publique qui le souhaitent, de participer aux mobilisations dénonçant les violences sexuelles et sexistes subies par les femmes y compris dans la Fonction Publique.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.

Pour l’Union Syndicale Solidaires Fonction Publique
Gaëlle Martinez


Retrouvez le préavis de grève sur le site de l’Union syndicale Solidaires


 

Contre les violences faites aux femmes : Toutes et tous dans la rue le 23 novembre

En France, au 1er septembre : 100e féminicide connu. 22 octobre : 124 féminicides connus. A ce rythme, on risque d’atteindre 1 femme tuée tous les 2 jours en 2019 !

Le Grenelle des violences rendra ses conclusions le 25 novembre. Marlène Shiappa, secrétaire d’État à l’Egalité a annoncé en grandes pompes que plus d’un milliard d’euros était désormais consacré à l’égalité femmes hommes et à la lutte contre les violences faites aux femmes. Mais sans dire que 75 % de ce chiffre concerne en fait des dépenses de coopération internationales… prévues sur 3 ans ! Discrètement, le gouvernement a supprimé l’Observatoire qui dénombrait notamment les violences sexistes et sexuelles. Truquer ainsi la réalité est honteux et révoltant. Dans ces conditions, nous n’attendons rien de ce Grenelle.

Sur les 121 féminicides connus de 2018, une enquête du Monde a révélé ce mois-ci, qu’un tiers de ces femmes avaient porté plainte ou avaient déposé une main courante avant d’être assassinées ! Les dysfonctionnements sont flagrants, la mise en place de formation et d’obligations auprès des agents qui les recoivent (police, gendarmerie) est plus qu’urgente.
Des incohérences démontrent bien les inégalités en termes de priorité pour une « justice » finalement très patriarcale (elle aussi!) : c’est ainsi qu’une militante de Solidaires 93 est convoquée au commissariat de Saint-Denis sur l’injonction du préfet pour avoir participé au rassemblement revendiquant une réelle prise en charge de ces plaintes par les forces de l’ordre dans cette commune ! Des militantes sont astreintes à des amendes pour affichage contre les féminicides. Sandra Muller qui a lancé le hashtag #BalanceTonPorc contre le harcèlement et les violences a été condamnée pour diffamation… Les victimes et les femmes qui les soutiennent sont visées par la police et la justice. De telles décisions concourent à bâillonner les femmes qui veulent sortir de la spirale des violences sexistes.

Pour l’Union syndicale Solidaires, il faut s’attaquer au système patriarcal partout et constamment, dès l’école maternelle, dans la rue, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives. C’est ce système qui « autorise et tolère » socialement les conduites de dominations, de violences envers les femmes jusqu’à la mort de plusieurs dizaines d’entre elles chaque année.

L’Union syndicale Solidaires lutte depuis des années pour que les violences conjugales  détectées sur le lieu de travail soient reconnues comme relevant de la responsabilité de protection de l’employeur. Il est nécessaire d’apporter des réponses concrètes aux victimes et de les protéger de toute sanction professionnelle ou licenciement.

Cela passe par la mise en place de mesures concrètes : orientation vers des associations spécialisées, renforcement du rôle du CHSCT ou de la commission spécialisée du CSE, congés exceptionnels alloués par les employeurs, aménagements d’horaires, de postes, mutations facilitées pour celles qui le souhaitent… Des mesures urgentes à accorder aux femmes victimes.

Plus largement, les mesures à appliquer sont déjà connues :

>>> La reconnaissance de la spécificité des violences faites aux femmes par l’inscription dans la loi du terme de féminicide.
>>> Aucune plainte refusée et sans suite, ce qui veut dire tenir compte de la parole des femmes pour les aider à justement dénoncer ce qu’elles vivent sans honte, ni culpabilité.
>>> Des mesures de protection rapides ce qui veut dire mettre fin à l’impunité des agresseurs, quel qu’ils soient.
>>> Des places suffisantes en hébergement d’urgence dans tous les départements.
>>> Des fonds pour les associations qui accompagnent les femmes victimes…

Il faudra aussi un budget à la hauteur de ces ambitions, et nous réclamons comme d’autres organisations féministes un vrai milliard pour enfin stopper cette horreur !

Pour accélérer et imposer la mise en place de ces mesures, il faut être nombreuses et nombreux à se retrouver dans la rue. On vous donne rendez- vous à la manifestation nationale à Paris le samedi 23 novembre à 14h à République et dans les nombreuses initiatives prises un peu partout en France autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

Pas une de moins !
(ni una menos!)

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POUR EN FINIR AVEC L’OMERTA ET L’IMPUNITE DES VIOLENCES HIERARCHIQUES DANS LA FONCTION PUBLIQUE

Communiqué CFTC – CFDT – CGT – FSU – SUD – UNSA

C’est avec sidération, colère et indignation que nous avons appris par la presse les graves agissements d’un haut fonctionnaire ayant occupé des responsabilités au sein du service des ressources humaines du ministère de la Culture, du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et de la direction régionale des affaires culturelles Grand Est.
Suite à des enquêtes journalistiques, les articles se succèdent : le 29 mai dernier dans Le Canard Enchaîné puis, la semaine passée, dans Libération. Ces articles mettent en exergue le fait que « pendant presque dix ans, un ancien responsable RH de la Rue de Valois a administré à des candidates des diurétiques avant de les isoler jusqu’à ce qu’elles urinent devant lui. »

Le Canard Enchaîné et Libération révèlent également que cet homme avait pour habitude, pendant les réunions professionnelles, de prendre des photographies sous la table des femmes en jupes et que cela avait été signalé par les victimes à leurs supérieurs hiérarchiques, y compris à deux ministres de la Culture, et à la médecine de prévention. Il a fallu qu’il s’attaque à une haute-fonctionnaire d’une autre administration, qui l’a pris en flagrant délit de photographie, pour que des enquêtes, administrative puis judiciaire, soient enfin diligentées. C’est l’enquête de police qui a révélé une liste de plus de deux cents victimes, consignée par le fonctionnaire en question dans un fichier Excel qu’il avait intitulé « expériences » et qui avait trait, non pas aux photographies, mais à l’administration de diurétiques.

Le résumé de carrière de ce haut fonctionnaire, rappelé dans Libération, pose le problème du système qui a permis de tels agissements. Nous attendons des enquêtes en cours qu’elles disent clairement quel était le degré d’information de la direction générale de la fonction publique et du secrétaire général du ministère de la Culture, notamment lors de la réintégration de cet agent en 2015. Car, au-delà de cet individu, c’est bien la nature du système hiérarchique de notre administration qui est en cause, système qui garantit une forme intolérable d’impunité à de hauts responsables. Il est fort peu probable qu’un agent de catégorie C, B ou A ait pu commettre de telles ignominies pendant une si longue période.

Nous dénonçons une situation systémique au ministère de la Culture et dans la fonction publique où la couverture des actes de violence et d’abus de pouvoir est favorisée par un système hiérarchique vertical violent et rigide qui offre l’impunité à des personnalités toxiques.

Nous dénonçons aussi la mise en place de dispositifs simulacres destinés à lutter contre cette violence, notamment les labels anti-discrimination (Égalité et Diversité), qui ne font que rendre la violence encore plus insidieuse et souterraine.

Dans le cas de l’affaire rapportée par Le Canard enchaîné et Libération, cet homme a abusé du pouvoir qu’il avait sur des femmes en recherche d’emploi, de poste ou de stage. Il profitait de sa position professionnelle pour leur faire ingérer des diurétiques à leur insu et les mettre, devant lui et en public, dans une situation de vulnérabilité et d’humiliation totales. Les victimes de ces actes, dont beaucoup étaient déjà dans des situations de précarité professionnelle, en ont été psychologiquement traumatisées et mises en danger par l’ingestion de substances toxiques.

Nous souhaitons dire à ces femmes toute l’émotion et l’indignation que suscitent en nous ces actes odieux et apporter notre plein soutien à toutes celles qui les ont subis. Nous voudrions également exprimer notre admiration pour le courage de celles et ceux qui ont tenté de faire la lumière sur ces agissements malgré l’inaction de leur hiérarchie et des pouvoirs publics face à leurs signalements.

Sur ces sujets, il faut absolument que la parole se libère et que les femmes victimes de ces agissements soient entendues. Les syndicats ont vocation à être un instrument de cette libération et de cette prise en compte de la parole.

Nous appelons donc toutes les victimes dans le périmètre du ministère de la Culture à signaler les actes de violence et d’abus de pouvoir, quels qu’ils soient, auprès de nos organisations syndicales.

Nous nous engageons à suivre et veiller au traitement adéquat de tous les cas dont nous serons informé.e.s.
Les violences contre les femmes mais aussi contre les minorités et les démuni.e.s ainsi que les violences managériales constituent, hélas, des situations ordinaires. Plusieurs cas, recensés dernièrement et balayés d’un revers de main par la hiérarchie et les instances institutionnelles, nous font craindre que le système que nous dénonçons ait de beaux jours devant lui.

Nous demandons :

• le bénéfice de la protection fonctionnelle pour les victimes de Christian N. désirant porter plainte au pénal ou au civil et une aide financière couvrant les frais juridiques pour celles qui ne sont pas en position d’employées du ministère de la Culture ou de l’une de ses structures,

• une enquête ministérielle approfondie dans le cadre du CHSCT ministériel, avec arbre des causes, sur les graves dysfonctionnements d’un système qui a permis à un homme faisant l’objet de signalements pour comportement abusif et actes de harcèlement sexuel d’arriver en position de sous-directeur des ressources humaines, de haut-commissaire à l’Égalité des droits entre les femmes et les hommes, puis de directeur adjoint d’un service déconcentré du ministère de la Culture,

• le retrait immédiat des labels Égalité et Diversité décernés au ministère de la Culture,

• l’examen immédiat d’un plan de prévention des actes de violence psychologique, verbale ou physique dans notre administration, en CHSCT ministériel, CHSCT des services centraux et déconcentrés ainsi que des établissements publics, en coordination avec les médecins du travail, assistant.e.s socia.ux.ales, inspect.eurs.trices du travail et services hospitaliers publics, dans le ministère de la Culture et dans toutes les autres administrations dont les personnels et leurs représentant.e.s l’estiment nécessaire.

Mercredi 13 novembre 2019

100 féminicides de trop au 1er septembre !

Union syndicale Solidaires

Début juillet, elles étaient 75 femmes tuées sous les coups de leur conjoint ou exconjoint… Au 1er septembre nous avons atteint le 100ème féminicide.

Demain, Marlène Shiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes entame le « Grenelle » des violences conjugales annoncé début juillet dernier. Y participeront, certaines associations (triées on ne sait sur quel critère), dont #NousToutes, invitée au dernier moment.
Selon nos informations, les syndicats n’ont pas été conviés, ce qui dénote d’un manque patent : la sphère professionnelle est aussi le lieu où existent les possibilités de détecter les violences, de protéger et d’autonomiser les femmes victimes. On pourrait ainsi mettre en place ou consolider notablement de vrais outils contre ces violences, à l’image des normes de l’Organisation Internationale du Travail récemment renforcées sur ces points.

Solidaires lutte depuis des années pour que les violences conjugales détectées sur le lieu de travail soient reconnues comme relevant de la responsabilité de l’employeur. Il est nécessaire d’apporter des réponses concrètes aux femmes victimes et de les protéger de toute sanction professionnelle ou licenciement : Orientation vers des associations spécialisées, rôle du CSE ou du CHSCT, congés exceptionnels, aménagements horaires, et de postes, mutations facilitées etc.
Il est urgent de prendre des mesures concrètes, même si à l’image de la politique gouvernementale sur ces enjeux, on peut fortement craindre avec ce Grenelle, une opération de comm’ autour de quelques mesurettes !

Plus largement, les mesures à appliquer sont déjà connues : aucune plainte refusée et sans suite, ce qui veut dire, tenir compte de la parole des femmes ; des mesures de protection rapides ce qui veut dire, fin de l’impunité des agresseurs ; des places suffisantes en hébergement d’urgence dans tous les départements ; des fonds pour les associations qui accompagnent les femmes victimes…
Il faudra aussi un budget à la hauteur des ambitions, et nous réclamons comme d’autres organisations féministes un milliard pour financer toutes ces mesures !

Répétons le aussi, il faut s’attaquer au système patriarcal partout et constamment, dès l’école maternelle, dans la rue, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives. C’est ce système qui « autorise » socialement ces conduites de dominations, de violences envers les femmes jusqu’à la mort de centaines d’entre elles chaque année. Luttons toutes et tous pour y mettre fin !

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Lutter contre les violences sexistes et sexuelles : ASSEZ DE BLABLA, DU CONCRET !!

pas une de moins

Union syndicale Solidaires

DANS LE MONDE DU TRAVAIL, NI VIOLENCES NI HARCÈLEMENT…MAINTENANT !

Le 21 juin 2019 une nouvelle convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) pour combattre la violence et le harcèlement au travail a été adoptée, grâce à la mobilisation internationale de syndicats et des organisations internationales féministes.

Elle reconnaît notamment que le harcèlement sexuel fait partie des violences et harcèlement fondés sur le genre, que ces violences sont incompatibles avec le travail décent.

Le texte prévoit surtout dans le détail les politiques de prévention à mettre en place ainsi que des mesures pour assurer le contrôle et le suivi de l’application de la réglementation  : cela pourrait aboutir au droit à des aménagements d’horaires, de poste, des congés payés, la possibilité d’une mobilité fonctionnelle ou géographique choisie, ainsi que l’accès à une prise en charge médico-sociale et psychologique des victimes sans frais, la formation de tous et toutes les professionnel.les qui peuvent rencontrer ces situations.

Solidaires lutte depuis des années pour que les violences conjugales détectées sur le lieu de travail soient reconnues comme relevant de la responsabilité de l’employeur quant aux réponses concrètes à apporter aux victimes (ce qui figure désormais dans les accords égalité dans la fonction publique), et que les femmes soient protégées de toute sanction professionnelle. La convention prévoit notamment l’interdiction de licenciements des femmes victimes de violences conjugales, ce qui semble un minimum !

Certes les normes internationales du travail ne suffisent pas à elles seules, mais cette convention est une avancée notable sur laquelle de nombreuses femmes et hommes de par le monde pourront s’appuyer pour lutter.

Même si la France ratifie cette convention (qui entrera en vigueur un an après la ratification de deux Etats membres), il faudra des mises en oeuvre concrètes, et dégager réellement les moyens nécessaires pour que ça change !

VIOLENCES CONJUGALES, URGENCE ABSOLUE !

Marlène Shiappa a annoncé dimanche 7 juillet un Grenelle des violences conjugales pour… septembre, tandis que l’on compte depuis le 1er janvier 2019 , 75 femmes tuées sous les coups de leur conjoint ou ex conjoint. Oui, il faut mettre fin à cette horreur, mais il faudra plus qu’une consultation citoyenne et des psy dans les commissariats ! Nous n’avons pas besoin de nouvelles lois ou d’un Grenelle, mais de mesures concrètes  : aucune plainte refusée et sans suite, ce qui veut dire tenir compte de la parole des femmes, des mesures de protection rapides ce qui veut dire
fin de l’impunité des agresseurs, des places suffisantes en hébergement d’urgence dans tous les départements, des fonds pour les associations qui accompagnent les femmes victimes…

Et tout ceci sera encore insuffisant tant qu’on ne s’attaquera pas au système patriarcal partout et constamment, dès l’école maternelle, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives.


Union syndicale Solidaires
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