Archives du mot-clé violences faites aux femmes

Violences conjugales : ne pas rester confiné·e avec les auteurs

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SUD Culture Solidaires

Oyé, Paris, le 6 avril 2020

Depuis la mise en place du confinement, les associations alertent sur le risque d’une hausse des violences. Ces craintes se confirment puisque le ministère de l’Intérieur fait état d’une augmentation de 32 % des faits rapportés en zone gendarmerie et de 36 % à la préfecture de police de Paris en une semaine.

Dispositifs d’urgences

Si vous êtes victimes ou témoins de violences intra-familiales :

– Appeler la police/gendarmerie au 17 (accessible 24h/24, 7j/7) ;

– En cas de difficulté pour appeler en toute confidentialité contactez le numéro d’urgence 114 par SMS (accessible gratuitement 24h/24, 7j/7). Vous communiquerez alors par écrit avec un·e agent·e de régulation formé·e à l’urgence qui recueillera des informations et les transmettra aux services d’urgence adaptés (police, gendarmerie, pompiers ou Samu) via des numéros coupe-file prioritaires ;

– Signaler en ligne : https://arretonslesviolences.gouv.fr/ (accessible 24h/24, 7j/7) ;

– Donner l’alerte dans une pharmacie qui alertera tout de suite les forces de l’ordre. Si le conjoint violent est présent dans l’officine, vous pouvez prononcer le mot de code « Masque 19 » devant le/la pharmacien·ne ;

– Il n’est pas interdit de fuir en cas de violences, ceci malgré le confinement. Si vous êtes dans cette situation, vous pouvez appeler le 115 (hébergement d’urgence) et expliquer les violences que vous subissez ;

Écoute et conseils

Composer le 3919 « Femmes Violences Information » : numéro d’écoute anonyme et gratuit, accessible du lundi au samedi de 9h à 19h (animé par la Fédération nationale solidarité femmes) ;

– Joindre Viols femmes Information (CFCV) au 0800 05 95 95 : numéro d’écoute anonyme et gratuit accessible du lundi au vendredi de 10h à 19h ;

Utiliser le tchat du Ministère de l’Intérieur (24h/24 et 7j/7) : anonyme et gratuit, il permet d’avoir des premiers conseils sur ses droits et démarches, et d’être orientée vers un rendez-vous pour déposer plainte pour des violences sexistes et sexuelles ;

Utiliser le tchat de l’association « En avant toute(s) » : gratuit et anonyme, de 15h à 18h du lundi au mercredi et jusqu’à 20h le jeudi et le vendredi.

Pour les femmes en situation de handicap, vous pouvez contacter l’association « Femmes pour le Dire Femmes pour Agir » et appeler les permanences au 01 40 47 06 06

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Covid-19 : Battantes face à la crise, gagnantes pour nos droits !

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Union syndicale Solidaires

Mars 2020

La crise du coronavirus impacte tout le monde, mais certaines plus que d’autres ! La situation d’ «état d’urgence sanitaire» décidé par le gouvernement accentue des inégalités liées au patriarcat et à la répartition genrée des rôles, déjà bien ancrées. En outre, le confinement renforce la vulnérabilité des femmes victimes de violences dans la sphère domestique.
Plus on vit dans la précarité, plus on est exposée aux effets sanitaires et sociaux de cette pandémie, qui révèle toutes les incohérences et inégalités politiques, économiques et sociales de nos sociétés. C’est bien à la fois contre le patriarcat et le capitalisme qu’il faut lutter, et la crise sanitaire ne doit en aucun cas servir de prétexte pour casser nos droits et nos solidarités.

Sur tous les fronts, pendant le confinement aussi

Alors que les femmes occupent la majorité des emplois à temps partiels, gagnent 19 % de moins que les hommes et accomplissent en moyenne 1h30 de plus de tâches domestiques que leur conjoint, il y a de grandes chances que leur incombe la garde des enfants, l’aide au travail scolaire, la majorité des travaux du foyer, les soins aux personnes âgées et  donc une charge mentale démultipliée en plus de leur propre télétravail s’il a été mis en place par leur employeur. Et que va-t-il advenir des mères isolées ou séparées avec un ex-conjoint défaillant ?

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Un 8 mars historique !

Union syndicale Solidaires

L’Union syndicale Solidaires se félicite du succès historique de ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

Notre Union a fait partie des 150.000 manifestantes mobilisées activement sur tout le territoire autour de ce 8 mars.

Solidaires se félicite de l’inventivité de l’expression de nos luttes et grèves féministes. Nous réaffirmons que l’égalité de façade doit cesser, et sommes aux côtés de toutes les femmes qui brisent le silence face aux violences sexistes et sexuelles.

En ce sens, nous condamnons les violences policières exercées à l’encontre des manifestantes à Paris et à Nantes. Nous condamnons cette société qui trouve des excuses aux auteurs, et ne reconnaît pas les victimes : c’est pourtant elles qui devraient, par leur courage, avoir les Césars !

Partout, ici comme ailleurs, les mobilisations des femmes montrent qu’elles sont déjà, de grandes gagnantes !

L’Union syndicale Solidaires appelle à continuer à lutter dans la rue comme au travail pour obtenir l’égalité, en particulier contre cette réforme des retraites par points qui pénalisera particulièrement les femmes. Ce ne sont pas quelques vagues modifications du projet de loi qui changeront la donne.

Cette journée a constitué une belle étape et un encouragement pour nos prochaines mobilisations contre le projet gouvernemental.

Les manifestations massives dans de très nombreux pays, les grèves qui se déroulent ce jour montrent l’ampleur de mouvements qui entrent en résonance les uns avec les autres : violences, retraites, salaires, avortement, migrations… la solidarité des femmes est internationale.

Nous resterons fortes, fières, féministes, radicales et en colère, et mobilisées tant qu’il le faudra.

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Répression du mouvement social : quand une épidémie en cache une autre !

Union syndicale Solidaires

Ayant perdu la bataille de la communication, le gouvernement s’enfonce toujours plus loin dans la répression violente pour tenter de faire taire la parole dissidente à son monde et ses politiques antisociales. A Paris et Lille ce samedi 7 mars mais également à Nantes tout au long de ce week end, les manifestations féministes ont été l’objet d’une répression brutale jamais vue de la part de la police et notamment celle sous les ordres du tristement célèbre préfet Lallement. A telle enseigne que le gouvernement lui même s’est senti obligé de réagir, déclarant demander un rapport sur les évènements de Paris. Matraques, agressions physiques et gaz lacrymogènes, usage de chiens lâché sur les manifestant-es le 6 à Lille, telle fut donc la réponse du pouvoir à la dénonciation des violences sexistes, sexuelles et machistes, signifiant ainsi à quel point le système patriarcal dispose de soutiens puissants.

Mais c’est aussi à Nancy, La Roche sur Yon, en Aveyron ou encore à Chalon sur Saône, dans les entreprises et dans les administrations qu’une épidémie de répression antisyndicale et autoritaire s’abat sur les militant.es syndicalistes dont Solidaires engagé.es dans la lutte contre la réforme des retraites. Convocations au commissariat pour « entraves à la libre circulation » ou « à la liberté du travail » puis poursuites devant le tribunal pour des faits qui déboucheront espérons-le sur des relaxes, conseils de discipline dans les entreprises : c’est la possibilité même de s’opposer aux projets antisociaux du gouvernement qui est dans le collimateur. Il s’agit là encore de faire peur et intimider celles et ceux qui font entendre pacifiquement et démocratiquement leur opposition à un ordre social violent et un projet de loi retraites sur lequel le gouvernement s’obstine dans l’erreur et l’impose malgré son impopularité par la violence et par la procédure sans débats du 49-3.

Face au virus autoritaire d’un pouvoir aux abois qui n’a d’autres arguments que pratiquer la répression, Solidaires appelle à soutenir sans réserve les militant-es visé-es par cette répression aveugle. Elle appelle à renforcer massivement le rapport de force qui, fort du soutien majoritaire, nous fera gagner sur la bataille des retraites. Ce n’est certainement pas l’appareil judiciaire, par ailleurs lui-même en révolte en partie contre ce projet de loi injuste, qui tranchera ce conflit social : ce sera à la mobilisation forte des travailleurs-euses d’imposer son retrait.

Tout au long du mois de mars et au besoin ensuite, rassemblons-nous, manifestons, grévillons pour imposer un autre monde que celui imposé par ce pouvoir illégitime !

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Une exposition plus que douteuse au centre financier d’Orléans. Promotion du sexisme à La Poste.

Communiqué de presse SUD PTT

Paris le 19 novembre 2019

Le centre financier d’Orléans-La Source (plus grand centre financier de France) avait, il y a quelques années, organisé un atelier maquillage le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes. Cet établissement se distingue à nouveau, et de quelle manière! Sa direction de la communication incite l’ensemble du personnel à participer à la “journée internationale de l’homme” (qui a lieu le 19 novembre), via une exposition organisée dans le centre, du 18 au 22 novembre.

Une insupportable provocation, à quelques jours de la journée contre les violences faites aux femmes le 25 novembre et de la manifestation nationale organisée sur ce sujet le 23. Concrètement, cette journée de l’homme est organisée par des associations masculinistes comme SOS-papa. Il suffit, pour se faire une idée de l’orientation politique et idéologique des promoteurs de cette initiative, de lire la page d’accueil du site officiel de cette journée: “Des recherches irréfutables montrent que les mères sont typiquement douces, gentille, confortantes, protectives et émotionnelles. Les pères encouragent la prise de risque, le challenge, le contact sportif, ludique et physique.Les enfants ont besoin d’un équilibre entre la protection et la prise de risque”. Ou encore: “Les enfants privés d’idéaux masculins risquent davantage d’être impliqués dans des activités criminelles, des grossesses adolescentes, ils ont de moins bons résultats à l’école et participent à des activités plus dangereuses.”On nage au milieu des stéréotypes les plus nauséabonds.

Et, même si les spécialistes de la com’ du centre financier de La Source n’ont pas pu prendre 5 minutes pour se renseigner, quel est le sens d’une telle exposition, dans un secteur où les femmes représentent 68% du personnel? Comment croire, dans ces conditions, les déclarations d’intention de La Poste en matière de droits des femmes affichées au moment de la signature de l’égalité hommes-femmes, il y a moins de trois mois?La fédération Sud PTT tient à rappeler à ces promoteurs du sexisme: qu’au moment où nous écrivons, 136 féminicides ont été perpétrés, depuis le début de l’année, par des conjoints ou ex-conjoints. La culture du viol se porte par ailleurs malheureusement on ne peut plus bien, à voir, par exemple, les réactions de beaucoup vis-à-vis de l’affaire Polanski, à base de “il faut savoir séparer l’homme de l’artiste”. Quand il ne s’agit pas d’appel pur et simple au viol en mode provoc’ (Finkielkraut).

Nous demandons le démontage immédiat de cette exposition, et nous appelons à participer à la manifestation nationale le 23 novembre contre les féminicides et nous appelons à participer à la manifestation nationale le 23 novembre contre les féminicides et les violences sexistes et sexuelles, à 14 heures devant l’Opéra de Paris.


Fédération des activités postales et de télécommunications
25/27 rue des Envierges 75020 paris
Tél : 01 44 62 12 00 Fax : 01 44 62 12 34
Courriel : sudptt@sudptt.fr Site : http://www.sudptt.fr

Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

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Communiqué SUD Culture Solidaires

le 18 novembre 2019

Violences sexistes et sexuelles au ministère : l’arbre médiatique cache-t-il la forêt ?

Le ministère de la culture s’enorgueillit à longueur de colonnes de son double label « diversité » et « égalité ». Moins du protocole égalité femmes/hommes, signé en 2018 par l’ensemble des organisations syndicales représentatives ! L’énergie et les moyens consacrés à l’obtention de ce label auraient été mieux employés en finançant la mise en oeuvre du protocole qui est assurément à la peine. Il aura fallu un an pour qu’un plan d’action contre les violences sexistes et sexuelles soit présenté aux organisations syndicales (si tout va bien au CHSCT Ministériel du 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes oblige). Il faudra encore attendre qu’il soit décliné dans les directions et les Établissements publics du
ministère qui sont largement à la traîne.

Le cas sidérant de Christian N.

Une nouvelle fois, après des premières révélations publiées dans le Canard enchaîné (29 mai 2019) le ministère fait la une des médias à la suite d’une enquête de Libération. Non pas pour vanter sa politique culturelle, mais pour une affaire de
violences sexistes et sexuelles dont s’est rendu coupable un administrateur civil hors classe.

Christian N. – nous conservons un anonymat de façade –, après une carrière à France Télécom, a occupé des responsabilités au sein de notre ministère (sous directeur des politiques des ressources humaines et des relations sociales, 2008-2013) puis à la DGFAP (sous-directeur de l’animation interministérielle des politiques de RH, novembre 2013-mai 2014) qui l’avait nommé pour siéger au Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes ! La DGFAP l’éjectera au bout de six mois, selon nos sources, parce qu’il avait pris des photos sous les jupes d’une de ses collègues, ce qui mit également immédiatement fin à ses fonctions au sein du Haut conseil. Le ministère de la culture l’a alors récupéré et lui a trouvé un point de chute au Département de l’Action Territoriale (DAT) pour gérer la fusion des DRAC avant de le nommer directeur adjoint de la DRAC Grand Est.

Pendant près de 10 ans, Christian N. a ainsi pu se livrer à ses turpitudes : prendre en photo des agentes du ministère (qu’elles soient en jupe ou en pantalon) et intoxiquer ses interlocutrices avec des diurétiques pour les obliger à uriner devant lui, afin de jouir de leur humiliation. Alors qu’il prenait en photo une sous-préfète, un fonctionnaire de la DRAC Grand Est l’a pris en flagrant délit et a eu le courage de dénoncer ces faits (juin 2018) auprès du secrétaire général qui a fait un premier signalement auprès du procureur. Sa suspension a alors été prononcée. C’est par un pur hasard qu’une collègue de la DRAC Grand Est a découvert dans une clef USB une liste de plus de deux cents victimes. Cette découverte a fait l’objet d’un second signalement au procureur par le ministère en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale et d’une CAP disciplinaire qui a abouti à la radiation de la fonction publique du coupable (arrêté du 13 décembre 2018). Il officie désormais dans … le coaching individuel. Christian N. ayant été mis en examen fin octobre 2019 et placé sous contrôle judiciaire, la procédure pénale suit désormais son cours, avec son lot de convocations de témoins.

Cet individu, nous l’avons côtoyé régulièrement au Comité Technique Ministériel (CTM), au Comité Hygiène, Sécurité et Condition de travail (CHSCTM) ou dans des réunions syndicales, notamment lors de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) dont il était un farouche partisan. Ironie du sort, c’est à lui qu’il revenait de recevoir les candidates victimes ou non de mobilités forcées en raison de la suppression de leurs postes. Si nous l’avons combattu pour son
zèle à mettre en oeuvre la RGPP puis la fusion des DRAC, nous n’avions jamais décelé ses méfaits et n’avons jamais été alerté·es par des victimes ou des témoins.

En tant que syndicalistes, cette absence de signalement nous interpelle. Certes, nombre de ses victimes, souvent en situation de précarité, n’ont peut-être pas eu conscience sur le moment de l’aspect volontaire de ses agissements. Des retours que nous avons aujourd’hui, c’est à la lecture
de la presse que nombre d’entre elles ont compris ce qui leur était arrivé. Mais pour les autres ? Alors que SUD Culture est depuis longtemps impliqué dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, nous n’avons clairement pas été identifié·es comme pouvant leur apporter une aide. Il nous appartient de mieux communiquer afin que les victimes ne se sentent plus isolées et que les lanceurs et lanceuses d’alerte se sachent soutenu·es syndicalement.

Une prise de parole tardive du ministre

Lors du CHSCTM du 14 novembre, dans son discours introductif, Franck Riester a eu des phrases fortes. Nous l’avons interpellé pour qu’il prenne ses responsabilités et s’adresse enfin aux médias et aux agent·es et que toutes les victimes puissent bénéficier d’une écoute et d’une protection fonctionnelle pour celles travaillant encore au ministère. Il s’est prononcé favorablement.

Quant aux victimes ayant quitté le ministère, il a proposé qu’elles soient mises en contact avec des associations pouvant les accompagner juridiquement. Or ces associations n’ont plus les moyens de faire face, puisque le gouvernement, prompt à faire de la com’ et des tweets, a diminué drastiquement leurs subventions. Nous avons donc demandé que le ministère participe au financement de ces structures si elles doivent accompagner des victimes de Christian N. Il est par contre resté plus flou s quant à la mise en oeuvre d’une enquête, notamment sur sa forme, destinée à identifier les dysfonctionnements de l’administration et les éventuelles complicités qui ont permis la poursuite de tels agissements. L’article de Libération fait état de signalements de la part de victimes qui n’ont pas été suivis d’effet. Nous voulons savoir pourquoi Christian N. a pu continuer sa carrière en bénéficiant de mobilités, s’il y a eu une volonté de le protéger, d’étouffer l’affaire ou de minimiser les faits.

Combien de Christian N. au sein du Ministère de la culture et de ses établissements ?

Si nous pouvons espérer qu’un tel degré de perversion est rare et que le cas de Christian N. soit unique au ministère, l’ampleur et la durée de ses pratiques ne doivent pas nous conduire à occulter les violences sexistes et sexuelles auxquelles sont exposées les agentes, les salariées des entreprises de sous-traitance ainsi que les étudiantes du ministère .

Il en est ainsi, par exemple, du monde de l’art et ses écoles qui n’ont pas été épargnées ces dernières années. Mains sur la cuisse, insultes sexistes, harcèlement sexuel et moral, élèves contraintes d’éviter des professeurs et des cours tout au long de leur cursus, humiliations, remarques sur l’apparence,présupposés sexistes sur la qualité du travail ne sont pas rares. Si ces dérives ont été dénoncées par SUD Culture, elles ont aussi été mises en lumière, dès 2006 puis en 2009, par Reine Prat, inspectrice générale au ministère de la Culture et autrice des rapports pour l’égalité des femmes et des hommes dans les arts du spectacle. En juin 2013, un rapport choc de la sénatrice Brigitte Gonthier-Maurin (PCF) sur « la place des femmes dans l’art et la culture : le temps est venu de passer aux actes », remis à Aurélie Filippetti prouvait que le fléau des comportements sexistes restait relativement banalisé dans les écoles d’art. L’omerta résultait de la conjonction de plusieurs facteurs : la sous-représentation des femmes dans le corps enseignant et aux postes de direction des établissements d’enseignement artistique ainsi quel’absence d’une réflexion approfondie sur la pédagogie. Ce n’est qu’en mars 2015, qu’une charte a été signée par les 57 écoles sous tutelle du ministère de la Culture. Mais les différentes révélations surgies dans le sillage de #MeToo nous laissent plus que sceptiques sur son application.

80 % des femmes salariées considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes (1).
1 femme sur 3 a été victime de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle.
5% seulement des cas ont été portés devant la justice (2).
En l’absence de données spécifiques, nous pouvons sans peine appliquer ces statistiques à l’ensemble du périmètre ministériel.

Si le ministère commence à se doter d’outils pour lutter contre ces violences encore faut-il que les victimes soient entendues, que leur parole ne soit pas remise en cause, que leur hiérarchie cesse de protéger les agresseurs, y compris lorsqu’il s’agit de hauts fonctionnaires.

La tâche est grande pour l’administration du ministère… comme ses organisation syndicales.

Il faut que la honte change de camp et que les femmes prennent la parole et soient écoutées !

Contre les violences faites aux femmes, toutes et tous dans la rue le 23 novembre

SUD Culture Solidaires s’inscrit dans l’appel unitaire de #NousToutes et de l’Union syndicale Solidaires pour la journée d’action du 23 novembre (3).

Il faut s’attaquer au système patriarcal partout et constamment, dès l’école maternelle, dans la rue, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives.

C’est ce système qui « autorise et tolère » socialement les conduites de dominations, de violences envers les femmes jusqu’à la mort de plusieurs dizaines d’entre elles chaque année.

Les mesures à appliquer sont déjà connues :
• La reconnaissance de la spécificité des violences faites aux femmes par l’inscription dans la loi du terme de féminicide.
• Aucune plainte refusée et sans suite, ce qui veut dire tenir compte de la parole des femmes pour les aider à justement dénoncer ce qu’elles vivent, sans honte ni culpabilité.
• Des mesures de protection rapides ce qui veut dire mettre fin à l’impunité des agresseurs, quels qu’ils soient.
• Des places suffisantes en hébergement d’urgence dans tous les départements.
• Des fonds pour les associations qui accompagnent les femmes victimes…
Il faudra aussi un budget à la hauteur de ces ambitions, et nous réclamons comme d’autres organisations féministes un vrai milliard pour enfin stopper cette horreur !

Pour accélérer et imposer la mise en place de ces mesures, il faut être nombreuses et nombreux à se retrouver dans la rue. Nous vous donnons rendez-vous à la manifestation nationale à Paris le samedi 23 novembre, 14h à Opéra, et dans les nombreuses initiatives prises un peu partout en France autour du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.


1 Rapport du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n°2015-01 publié le 6 mars 2015.
2 Enquête IFOP pour le Défenseur des droits – mars 2014
3 https://solidaires.org/Manifestations-Contre-les-violences-faites-aux-femmes


SUD Culture Solidaires
61 rue de Richelieu, 75002 Paris
01 40 15 82 68, sud@culture.gouv.fr
https://sud-culture.org/

Manifestant-es-SUD-Culture-Solidaires

Préavis de grève pour le 23 novembre- journée de mobilisation contre les violences faites aux femmes

Pour les agent-es de la Fonction Publique qui travaillent le 23 novembre et qui souhaitent participer à la manifestation (14h pl. de la République à Paris) :


Paris, le 8 novembre 2019

Madame Gaëlle Martinez
Union Syndicale Solidaires
Déléguée générale fonction publique
31 rue de la Grange aux belles
75010 PARIS

à

Monsieur Gérald Darmanin
Ministre de l’action et des comptes publics
139 Rue de Bercy
75012 – PARIS

OBJET : préavis de grève 23 novembre 2019

Monsieur le Ministre

L’Union syndicale Solidaires Fonction Publique dépose un préavis de grève pour le 23 novembre à 00h01 (ce préavis comprend la nuitée en amont de cette journée pour les personnels travaillant en horaires décalés).

Ce préavis concerne l’ensemble des personnels titulaires, stagiaires, contractuels et auxiliaires des trois versants de la fonction publique et des établissements publics (y compris ceux présentant un caractère industriel et commercial) ainsi que les ersonnels titulaires et non titulaires de droit public exerçant leurs fonctions dans les sociétés anonymes et les établissements d’enseignement privé.

Ce préavis est destiné à permettre à tous-tes les agents-es de la fonction publique qui le souhaitent, de participer aux mobilisations dénonçant les violences sexuelles et sexistes subies par les femmes y compris dans la Fonction Publique.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.

Pour l’Union Syndicale Solidaires Fonction Publique
Gaëlle Martinez


Retrouvez le préavis de grève sur le site de l’Union syndicale Solidaires