Recrutement sans concours de magasinier-ères : Un mépris de plus pour les « vacataires » de la BnF !

La BnF compte dans ses murs nombre de contractuel-les à temps incomplet (250 « vacataires ») : magasiniers-ières (150), agent-es d’accueil au vestiaire, agent-es de numérisation ou occupant d’autres postes. Le recrutement sans concours organisé en avril 2015 a été le premier à leur avoir été ouvert depuis longtemps, les « vacataires » ayant été souvent exclu-es de la vague de titularisation dite « Sauvadet ». La nouvelle a donc été accueillie comme une opportunité pour les « vacataires » d’être enfin titularisé-es au sein de la BnF où ils et elles travaillent, parfois depuis de longues années.

Le syndicat Sud Culture de la BnF se bat depuis des années pour un réel plan de titularisation, sans condition, de tous-tes les « vacataires » de la BnF et d’ailleurs, et avait dénoncé à ce titre l’insuffisance du dispositif Sauvadet au moment de sa mise en place puisqu’il excluait de nombreux-ses « vacataires » de son processus. Nous demandons aussi depuis des années la création de contrats au volume horaire plus élevé pour les « vacataires » qui le réclament, afin de leur permettre d’augmenter leurs salaires. Aujourd’hui, la majorité des magasinier-ières « vacataires » recruté-es le sont sur des contrats de 80h/mois.

La BnF vient donc de publier les résultats de son recrutement sans concours de magasiniers-ières des bibliothèques. Les 35 candidat-es admis-es sur liste principale entreront en fonction en tant que stagiaires au 1er septembre 2015. Plus de 200 candidat-es étaient admissibles à l’oral dont 89 candidat-es internes à la BnF. Nous constatons aujourd’hui que seulement un quart de nos collègues « vacataires » candidat-es au recrutement sans concours seront titularisé-es. En 2009, lors du précédent recrutement sans concours, la moitié des reçu-es étaient des candidat-es internes à la BnF. Aujourd’hui, 23 candidat-es BnF ont été reçu-es sur les 70 postes à pourvoir : 11 sur 35 sur liste principale et 12 sur 35 sur liste complémentaire, soit moins d’un tiers de reçu-es BnF par liste. En ce qui concerne l’utilisation de cette liste complémentaire, la section Sud Culture de la BnF sera particulièrement attentive à ce que les futur-es agent-es recruté-es en soient bien issu-es, et demandera à ce titre des garanties à la BnF.

Pour la section Sud Culture BnF, ces résultats traduisent un échec de la BnF et de son discours sur les formations offertes aux candidat-es internes. Au moment de l’annonce de ce recrutement, nous avions déjà pointé du doigt le nombre insuffisant de postes à pourvoir, notamment en regard du nombre de départ de titulaires (mutations, retraites…) et à un moment où les sous-effectifs plombent sérieusement les services. Nous avions aussi réclamé un volet interne de recrutement, permettant à un maximum de collègues de sortir de la précarité, tout en laissant la possibilité à des candidat-es de l’extérieur d’intégrer la BnF, comme cela se fait lors des concours. Cette opportunité n’a pas été saisie par la BnF. Des candidats ayant plusieurs années d’ancienneté (10 ans pour certain-es) ont donc ainsi été recalé-es puisque la BNF s’est également refusée à prendre en compte ces paramètres internes.

Quelles sont les perspectives d’avenir proposées par la BNF pour ces vacataires recalé-es à l’oral de titularisation à l’heure où les postes au concours sont drastiquement bas? Combien d’années devront-ils/elles encore attendre pour espérer une hypothétique titularisation ?
Combien d’années à travailler pour 700 euros par mois en moyenne, à enchaîner les samedis, dimanches et soirées ?

Il est urgent que la BNF prenne ses responsabilités pour résorber la précarité qu’elle a créée et qu’elle mette en place un plan de titularisation digne de ce nom.

Au même titre, la BnF a récemment décidé de supprimer le comité de suivi mensuel des contractuel-les. Cette instance, en marge de la CCPC (commission consultative paritaire des contractuel-les), permettait pourtant un suivi régulier et précis des situations individuelles des « vacataires ». La section Sud Culture de la BnF demande donc à nouveau son rétablissement puisque, de fait, son utilité est plus que jamais d’actualité.

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