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Service Public à Tolbiac : une réorganisation ni faite, ni à faire

Gandalf gardien du SP section BnF$


Communiqué SUD Culture BnF

Les agent·e·s titulaires de la DCO effectuant leur service public à Tolbiac ont eu la mauvaise surprise, lors de la réouverture du site après la fermeture annuelle, de devoir signaler en urgence leur volonté ou non d’effectuer des samedis supplémentaires sur l’année 2020. Ce branle-bas de combat, pour lequel un délai supplémentaire a finalement été accordé tant la situation était précipitée, répondait à un contexte particulier : la mise en œuvre illico presto de la réorganisation du service public (sur Tolbiac dans un premier temps), que la direction a décidé de faire passer en force cet été malgré les oppositions syndicales, et dont les balbutiements sont dénués d’anticipation et déconnectés de la réalité des services.

Une conception particulière du « volontariat »

Cette méthode douteuse, qui oblige chacun·e à se positionner plutôt que de ne recenser que les volontaires, est un coup porté à la notion même de « volontariat », déjà bancale car sans fondement juridique général et global dans la Fonction Publique et dans le droit du travail en général. L’appel signé par plus de 660 agent·e·s en avril 2019 n’aura manifestement pas suffit à faire connaitre le sentiment de refus d’une importante partie du personnel quant à cette réorganisation…

► Pour notre organisation syndicale, cette manière de procéder n’est pas acceptable, car elle revient de fait à mettre la pression sur l’ensemble des agent·e·s et à obliger ceux et celles qui veulent en rester à l’application du règlement intérieur à se signaler, alors qu’ils et elles n’ont pas à le faire. Nous craignons que ce procédé ait aussi eu pour but de solliciter des candidatures supplémentaires à tout prix, dont nous ne pouvons qu’espérer qu’aucune n’aura été forcée, et de faire connaitre cette nouvelle offre « à la carte » aux agent·e·s de manière promotionnelle. Nous demandons que cesse l’obligation de remplir ce type de formulaire pour les agent·e·s qui ne veulent pas, à juste titre, travailler plus de 10 samedis par an et qu’il n’y ait que les « volontaires » qui se signalent.

Volontariat pour les un·e·s, obligation pour les autres

Pour les agent·e·s hors DCO (ainsi que ceux et celles des services transverses de la DCO qui faisaient pourtant déjà du service public), désormais obligé·e·s de participer au Service Public, avec 5 samedis obligatoires par an, le volontariat aura donc finalement été abandonné, malgré certaines modalités de dispense peu claires et laissées à la discrétion des services de façon tout à fait arbitraire.

► Pour une partie de ces agent·e·s (notamment à la DSR) qui avaient décidé d’intégrer des équipes sans service public parfois après de longues années au contact du public, le constat reste que la direction de la BnF ne connait pas la spécificité de leurs missions et ne respecte pas leurs choix professionnels. En effet, déplacer ces personnels en service public crée logiquement une carence dans le temps de travail consacré à leurs tâches spécifiques quotidiennes (conservation, travail sur les entrées de collections,…). De quoi créer un malaise, voire de susciter la contestation. Notre organisation syndicale avait pourtant porté cette question simple à plusieurs reprises : qui fera la part de travail interne indispensable, délaissée pour le service public, sans personnel supplémentaire ? Rattrapée par la réalité, la direction de la BnF aurait pour le moment ralenti la mise en œuvre de cette obligation de service public pour une partie des agent·e·s hors DCO, sans toutefois s’exprimer clairement sur ce point.

Mais selon nous, il s’agit encore là d’une question qui a été complétement ignorée, et qui reste loin d’être réglée, tout comme la question de la formation de ces personnels à de nouvelles tâches ainsi que celle de leur affectation dans tel ou tel département pour le service public.

 Des inégalités qui se creusent plutôt que de se résorber

Autre inégalité flagrante : les différentes modalités d’accès ─ DCO par rapport à hors DCO ─ aux maigres primes destinées à inciter les agent·e·s « volontaires » à travailler plus de samedis (il faut que les agent·e·s DCO fassent 15 samedis par an pour avoir la prime minime de 375 euros, alors que les agent-e-s hors DCO et assimilé·e·s ne doivent faire que 10 samedis par an pour la toucher), ne font finalement que creuser les inégalités entre personnels, même quand ces derniers et dernières sont issu·e·s du même corps de métier et de la même filière. À statut égal, traitement inégal. C’est pourtant ce même argument qui a été avancé durant plusieurs mois par la direction de la BnF : l’ensemble des agent·e·s de la filière bibliothèque devant selon elle participer à cette charge de service public. Mais si les plannings de service public, surtout les samedis, sont difficiles à faire, ce n’est pas parce que chacun-e n’y contribuerait pas assez, c’est parce que les gouvernements successifs ont imposé la suppression de plus de 300 postes depuis une dizaine d’année.

En prétendant procéder à une répartition équivalente de la charge de travail parmi les personnels, niant donc au passage l’architecture des différentes directions quant à la spécificité de leurs missions, la direction de la BnF aura au final réussi à attiser une division absurde chez les personnels en générant un sentiment d’injustice.

Un plafond de 10 samedis annuels transformé en plancher et transversalité à tout va :
On marche sur la tête !

                Le plafond ou maxima de 10 samedis travaillés par an pour les agent·e·s de la DCO, resté à ce jour inchangé dans le règlement intérieur, semble désormais avoir été transformé en plancher ou minima par la direction. En effet, de nouvelles règles, interdisant par exemple le don de samedi dont l’usage répandu permettait jusqu’ici de faciliter la vie des agent·e·s, ont aussi récemment vu le jour, sans que cette question n’ait jamais été l’objet de discussions avec les organisations syndicales.

A vouloir normaliser les exceptions et annihiler les usages courants, la direction aura donc réussi à désordonner des pratiques jusque-là encadrées par le seul bon sens des collectifs de travail !

                 De même, les agent·e·s ont été informé·e·s de la possibilité d’effectuer leur service public de manière transversale, avec des postages potentiels dans d’autres départements selon les besoins. Encore une décision niant totalement les spécificités propres à chaque département, avec des organisations du travail différentes (en ABS, banques de salles, en magasins). Une connaissance approfondie des collections acquise par les personnels affectés dans tel ou tel service, est pourtant une expertise indispensable tant pour la communication des collections que pour leur conservation. La direction montre encore une fois que pour elle, les agent·e·s ne sont que des pions interchangeables.

Les réorganisations inutiles, ça suffit !

images4En plus de cette mise en place difficile, la direction de la BnF s’est bien gardée de communiquer à nouveau pour expliquer son projet aux agent·e·s. Le flou règne actuellement sur les modalités exactes applicables aux « volontaires » pour toucher leurs primes et organiser leurs plannings (avec la contrainte en plus de devoir faire deux samedis en plus avant le 31/05), ce qui accroît aussi la charge de travail des responsables des plannings.

Nous avons lutté contre ce projet tout comme les 660 signataires de l’appel à l’initiative d’un collectif d’agent·e·s mobilisé·e·s, et nous continuerons de le faire. A la charge de la direction de la BnF de rattraper le désordre qu’elle a semé avec sa réorganisation à tiroirs, source d’inégalités, d’augmentation des risques d’épuisement physique, sous couvert de « volontariat ».

Les solutions aux problèmes de plannings de service public restent simples :

>>> Recrutement suffisant de titulaires, en particulier de magasinier·ère·s partout où c’est nécessaire.

>>> Passage et l’embauche directe en CDI des « vacataires » qui travaillent sur des besoins permanents, comme le prévoit le protocole de fin de grève signé par la direction en 2016.

>>> Arrêt des suppressions de poste, augmentation des budgets et organisation de recrutements directs avec volets internes permettant de titulariser les plus précaires.

>>> Action contre l’isolement, qui passe par l’amélioration des conditions de travail, pour lutter contre toute source de risque psycho-social ou de risque organisationnel.

La mobilisation réussie pour le passage en CDI des « vacataires » sur besoins permanents, pour l’appel intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasinier·ère·s désormais gagné, et les luttes réussies les années passées contre les suppressions de postes montrent bien que seule la lutte paie et permet d’intégrer des personnels supplémentaires là où on en a besoin !

Pour faire tenir les plannings, il faut plus d’agent·e·s, pas plus de samedis travaillés !
Préservons notre santé et notre vie sociale : augmentation des bas salaires !

 

Les personnels de la BnF se sont une nouvelle fois invités au Conseil d’Administration !

Communiqué intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD :

Remise de la pétition des personnels de la BnF au ministère de la Culture à l’occasion du Conseil d’Administration du 20 juin 2019

Jeudi 20 juin 2019, à l’appel de l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD, relayé par le collectif de personnels mobilisés contre le projet de réorganisation du service public, une centaine d’agents s’est réunie et s’est rendue au Conseil d’Administration de la BnF pour remettre à cette occasion aux tutelles ministérielles de notre établissement une pétition destinée au ministre de la Culture Franck Riester. Cette pétition, qui a réuni plus de 1700 signatures des personnels et de leurs soutiens, vise à interpeller concrètement le ministère de la Culture sur la situation très difficile de notre établissement, qui a dépassé cette année les 300 suppressions de postes en 10 ans et dont le budget en baisse met à mal l’exercice des missions de la bibliothèque.

A cette occasion, nos organisations syndicales ont pu obtenir l’engagement d’être reçues par la Direction Générale des Médias et Industries Culturelles du ministère de la Culture début juillet (RDV prévu le 5 juillet), plus de 10 mois après leur première interpellation et maintes relances restées lettre morte. Nos organisations syndicales resteront particulièrement vigilantes à ce que le ministère respecte cet engagement, afin de pouvoir faire état des attentes réelles des personnels de la BnF en termes de budget, d’emploi et de lutte contre la précarité, et pour que des solutions effectives soient trouvées.

De la même façon, nous continuons d’exiger de la direction de la BnF le retrait de son projet de réorganisation de service public, qui incarne un recul social sans précédant dans notre établissement (augmentation du nombre de samedis travaillés, recours à l’ultra précarité, etc). Ce projet, tout comme le recours actuel à de nouveaux contrats en CDD de courtes durées de « vacataires » qui sont en fait sur des besoins permanents et l’application de mesures d’austérité (ex. : baisse du budget de l’action sociale et de la conservation), ne sont que la conséquence de l’austérité budgétaire mise en œuvre par les gouvernements successifs.

Pour enrayer ce processus général (projet de loi dite « transformation de la Fonction Publique »), l’heure est plus que jamais à la mobilisation de l’ensemble des personnels de la BnF et de la Fonction Publique, pour la défense des missions, des emplois et de la notion même de service public. Agissons ensemble pour obtenir les postes de titulaires dont nous avons besoins, la stabilisation et la titularisation des collègues sur des contrats précaires, une hausse des budgets et l’amélioration de nos conditions de travail.

Mardi 28 mai : GRÈVE DES AGENTS DU SERVICE DE L’ACCUEIL DE LA BnF

Intersyndicale CGT BnF- SUD culture

GRÈVE DES AGENTS DU SERVICE DE L’ACCUEIL DE LA BnF

Après avoir massivement participé à la grève du 9 mai dernier, qui a été un succès avec plus de 300 grévistes à la BnF, les agents du Service de l’Accueil de la Bibliothèque nationale de France soutenus par la CGT et SUD ont cessé à nouveau le travail ce mardi 28 mai, afin de dénoncer :

– le sous-effectif chronique
– les mauvaises conditions de travail dans le hall Est et en Pieds-de-Tours
– le projet d’inscription des primo-arrivants de la bibliothèque de recherche qui vont dégrader les conditions d’accueil des chercheurs et reporter la charge de travail vers les agents du pôle information/inscription
– les problèmes d’encadrement

Aujourd’hui l’accueil des lecteurs et les vestiaires sont donc restés totalement fermés et l’accès à la bibliothèque tous publics et aux expositions est gratuit.

Après 2 séances de négociations avec la direction de la BnF, dont la dernière s’est déroulée ce matin, les personnels et nos organisation syndicales attendent désormais de vraies avancées et des réponses positives de la direction pour répondre aux problèmes dénoncés, qu’il s’agisse des effectifs comme de l’organisation du travail dans ces services de la Direction des Publics.

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Personnels de la BnF, signons la pétition à destination du ministre de la Culture!

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 Pour signer, c’est ici


 

Monsieur le Ministre de la culture, donnez les moyens à la BnF d’assurer ses missions

Monsieur le Ministre de la culture,

La BnF, troisième plus grande bibliothèque au monde de par ses collections patrimoniales (40 millions de documents dont 15 millions d’imprimés), subit depuis 10 ans des restrictions budgétaires drastiques mettant à mal ses missions fondamentales.

Alors que son périmètre d’action n’a cessé de s’élargir (la numérisation de ses collections par exemple) et que des projets d’envergure se multiplient, le budget 2019 entérine de nouvelles destructions d’emplois portant à 304 le nombre de postes supprimés en 10 ans. Dans le même temps le budget conservation/restauration des documents, que la bibliothèque collecte depuis plusieurs siècles, continue sa baisse vertigineuse (5,6 millions d’euros en 2009 contre 2 millions en 2019).  

Au quotidien, cette politique se traduit par :
•  des conditions d’activités de plus en plus tendues et dégradées pour les personnels
•  des budgets insuffisants dans tous les secteurs, que ce soit les missions fondamentales (collecter et conserver pour les générations futures, rendre accessible au plus grand nombre) ou les dépenses de fonctionnement courant.

Aujourd’hui, par manque de personnel, il faudrait par exemple augmenter le nombre de samedis travaillés par les agents, recourir à des contrats encore plus précaires, etc. Au-delà, il s’agit aussi d’anticiper la réouverture du site historique de Richelieu dont les horaires seraient élargis et les missions étendues (bibliothèque musée). Les conséquences, sont toujours les mêmes : demander aux agents de faire plus pour pallier le manque d’effectif.

Nous, signataires, refusons cette politique porteuse de reculs et de dégradations des conditions de travail, d’abaissement des missions et de perte de sens des métiers. Nous réclamons des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins et des missions de la BnF ainsi que la stabilisation et la titularisation des personnels précaires.

Il en va désormais du devenir de la Bibliothèque nationale de France.

Texte de la pétition à l’initiative de l’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture

Bienvenue sur AirBnF : Attention, vous risquez de rester coincé•e dans les couloirs !

SUD Culture Solidaires / Section BnF

Voilà plusieurs mois maintenant que la direction de la BnF cherche à imposer une réorganisation-régression du service public. À cette occasion, l’organisation des services offerts au public dans notre établissement a pu être comparée, lors de plusieurs interventions malheureuses de la direction devant les agent·es, à celle d’Easyjet. Comme si les services publics méritaient d’être traités comme des compagnies aériennes à bas budget, fraudeuses fiscales et réduisant à rien les droits sociaux et les conditions de travail de leurs personnels.

Or, il y a déjà plusieurs années que la direction de la BnF imite en fait discrètement les compagnies aériennes avec la mise en place d’un système de sur-réservation dans les salles de lecture du Rez-de-Jardin. Ce dispositif a été mis en place pour résoudre un problème réel : parfois, des places réservées n’étaient jamais occupées, et des usager·ères ne pouvaient plus entrer dans une salle en réalité pleine… de fantômes. Pour remédier à cela, la direction a donc décidé de créer des places virtuelles, que les lecteurs et lectrices réservent et dont le nombre est supérieur au nombre de places Avion BnF.pngréelles qui lui ne change pas. Ce système fonctionne… à condition que l’affluence au sein de notre établissement n’augmente pas elle de manière significative ! En effet, il arrive de plus en plus fréquemment que les salles soient tellement remplies que des usager·ères, ayant pourtant réservé, se retrouvent sans place réelle et soient contraint·es de traverser l’établissement pour trouver une place physique dans une autre salle. Cela les éloigne également des ouvrages en libre-accès des salles dans lesquelles elles et ils avaient pourtant réservé.

Ce système pose également un vrai problème pour les agent·es posté·es en service public. D’une part les discussions avec le public deviennent tendues (« Oui vous avez un numéro de réservation mais non vous n’avez pas de place assise malgré vos 10 livres qui sont bien arrivés »), générant du stress et un environnement de travail pesant. D’autre part, la gestion des documents commandés demande du travail supplémentaire, sans assurance qu’ils arrivent à destination faute de place en salle. Même pour les documents, les conditions sont dégradées : baladés dans tout le rez-de-jardin, déplacés dans tous les départements. Les risques de transit d’ouvrages des magasins hors des salles de leur bandeau s’intensifient.

Bref, une fausse bonne solution qui engendre de la colère légitime chez le public, des conditions de travail dégradées pour les agent·es, et qui détériore les ouvrages de la BnF par une trop grande manipulation, sans compter les risques de perte. Après plusieurs années de fonctionnement, il est donc maintenant temps de dire que ce système ne fonctionne plus et qu’il pose de plus en plus de problèmes, face à la plus grande fréquentation des salles de lecture.

Alors que le projet de réorganisation du service public est un scandale, à la fois pour les agent·es et pour les lecteurs et lectrices, puisqu’il va entraîner une dégradation des conditions de travail, créer de l’utra-précarité, inciter les agent·es à « travailler toujours plus »  tout en supprimant des postes, nous nous opposons une fois de plus à une gestion qui prend modèle sur le secteur privé et qui n’a par conséquent que faire de l’intérêt général, de la qualité du service rendu et des acquis sociaux.

► Nous demandons donc le retour à un nombre de places réservables égales à celui des places physiquement attribuables lors des périodes de forte affluence (vacances universitaires, fermeture de la BPI, etc.).

On notera que la direction de la BnF a fini par se reprendre pour finalement comparer notre bibliothèque à Air France : une comparaison bien audacieuse quand on se souvient de la fameuse « chemise arrachée » en plein conflit social !

Arrêtons le « surbooking » et les pratiques managériales « low cost » à la BnF !

Pour un service public de qualité !