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Consolidation des étagères de libre-accès en salles de lecture : Un chantier important, mais pas n’importe quand ni n’importe comment !

Communiqué de la section SUD Culture de la BnF, le 19/07/2017

Au début du mois de juin, une étagère de documents en libre-accès en salle U s’est écroulée, entraînant la chute des ouvrages. Si aucun-e lecteur et lectrice n’a été blessé, certain-e-s se trouvaient à proximité lors de la chute de cette étagère et les conséquences de celle-ci auraient pu être plus grave.

Notre organisation syndicale est intervenue à ce sujet, en particulier lors du dernier Comité d’Hygiène, de Sécurité et de Conditions de Travail, pour demander qu’un état des lieux soit fait afin de savoir si ce type d’incident peut se reproduire et pour qu’un chantier soit prévu afin de changer ces étagères, qui ont près de 20 ans.

Un inventaire des étagères des salles de lecture du site de Tolbiac a donc été fait et il apparaît que la plus grande partie des rayonnages est fragilisée. Face à cette situation dégradée, un chantier de consolidation des rayonnages au moyen de cales semble prévu par le DMT à partir, vraisemblablement, du mois d’août.

S’il est nécessaire de consolider des rayonnages abîmés pour garantir la sécurité des lecteurs/trices et des agent-e-s et si le principe de ce chantier correspond bien aux demandes de notre organisation syndicale, c’est la mise en œuvre de celui-ci qui pose problème.

En effet, les informations quant à son déroulement et à son calendrier sont très floues et imprécises. De plus, les départements de la DCO ne semblent pas avoir les mêmes positions ou réagir de la même façon. Ainsi, au département LLA, il a été demandé à certain-e-s chargé-e-s et gestionnaires de collections de procéder à un désherbage en urgence dans les salles du Haut et du Rez-de-jardin, de manière à libérer 6 cm sur chaque rayonnage d’ici la fin du mois de juillet. Des ouvrages seront sinon retirés arbitrairement pour libérer l’espace nécessaire, puis transmis aux chargés de collections pour validation du retrait. Il semblerait que la pose des taquets et cales serait, elle, assurée par les magasiniers/ères des départements de collections.

Tout d’abord, face à cette annonce confuse, on ne peut une nouvelle fois que regretter qu’il ait fallu attendre un accident pour que ce problème, connu de longue date, soit enfin sérieusement pris en considération. Cette décision aurait pu être anticipée et l’urgence évitée si des moyens avaient été dégagés en temps opportun. Ces étagères sont en effet inspectées régulièrement par le DMT, leur état ne semble pas surprendre, et leur fragilité avait été signalée depuis de nombreuses années. Aussi serait-il la moindre des choses que les départements puissent disposer d’informations précises au plus vite pour pouvoir préparer dans de bonnes conditions l’organisation du chantier.

Car ce nouveau chantier urgent, annoncé en plein été, constitue pour les agent-e-s concerné-e-s une tâche supplémentaire particulièrement lourde. Les magasiniers/ères devront procéder non seulement à des mouvements de collections mais également à la pose du matériel de consolidation, alors qu’ils et elles travaillent déjà, dans bien des services, à effectifs réduits et que leurs plannings de service public sont extrêmement serrés. Les chargé-e-s de collections ont quant à eux et elles des délais impératifs à respecter pour les acquisitions, dont la fin est fixée à la mi-octobre depuis quelques années ; l’été est aussi la période de la campagne annuelle de révision des abonnements de périodiques. Pour leur part, les gestionnaires de collections, toujours soumis-e-s au délai médian pour le catalogage courant, devront en plus prendre en charge la modification dans le catalogue des notices des documents désherbés. Ce chantier intervient en plus en pleine période de vacances : dans le cas des consignes données au département LLA, certain-e-s agent-e-s absents pendant tout ou partie du mois de juillet ne pourront matériellement pas désherber les collections dont ils et elles ont la charge et, d’une manière plus générale, les agent-e-s de la DCO sont aussi plus lourdement sollicité-e-s pour le service public en été.

Mais les conséquences de ce chantier sur le reste de leur travail ne semblent pas non plus avoir été prises en compte. Aucun élément n’indique qu’il soit prévu de les décharger de certaines de leurs tâches habituelles, notamment de service public, pour faire face à cette urgence. Il n’est pourtant pas admissible de reporter sur le personnel, par une surcharge de travail et une action dans l’urgence, les conséquences de l’absence de travaux sur les étagères depuis 20 ans.

De plus, aucune fermeture de salle ne semble envisagée. Nous nous interrogeons donc sur les conditions dans lesquelles s’effectueront ces travaux sur les étagères. Les mouvements de collections et les travaux, quels qu’ils soient, se font habituellement en dehors des périodes d’ouverture au public. Il nous semble donc envisageable, tant pour le confort du public que pour éviter une surcharge de travail des agent-e-s, que ces travaux se fassent pendant la fermeture annuelle, ce qui permettrait aussi de repousser quelque peu le délai imposé pour le désherbage. Le cas échéant, la fermeture des salles de lecture concernées pendant la période du chantier de consolidation de rayonnages, mais aussi du désherbage, pourrait être une autre solution. Cela a du reste été fait récemment pour le remplacement de bornes Wifi, qui elles posent bien des problèmes. L’importance de ce chantier, comme de tant d’autres tout aussi nécessaires, confirme en tout cas une fois encore, si besoin en était, la nécessité de revenir à une fermeture annuelle de deux semaines, comme l’a toujours préconisé notre organisation syndicale.

Concernant plus spécifiquement la consigne de désherbage en urgence donnée au sein d’une partie du département LLA et la situation des chargé-e-s de collections, dans la mesure où il s’agit d’une tâche lourde, imprévue et urgente, qui se surajoute à leurs autres tâches sans qu’ils et elles aient pu l’anticiper, il paraîtrait normal que la date de fin des acquisitions soit repoussée au moins à la mi-novembre, comme cela était du reste le cas auparavant.

Ajoutons enfin que le désherbage, qui doit se faire de manière réfléchie, selon des critères intellectuels, que chaque chargé-e de collections doit apprécier en fonction du fonds dont il/elle a la charge pour maintenir sa cohérence, se prête mal à l’urgence : on ne retire pas des documents des collections à la va vite. Il est pour le moins inquiétant que notre établissement envisage de réduire son offre documentaire, en fonction de considérations qui n’ont rien à voir avec le contenu des collections et des critères documentaires. Les collections sont-elles devenues pour la BnF une variable d’ajustement ? Il nous semblerait plus censé, plutôt que de retirer définitivement ces documents des collections, de les mettre temporairement de côté, pour les réintégrer une fois que les rayonnages pourront les accueillir sans danger.

Il nous paraît donc nécessaire que :
– des consignes claires quant au déroulement et au calendrier de ce chantier soient communiquées au plus vite par le DMT aux départements de la DCO et à leurs agent-e-s, afin qu’ils puissent anticiper l’organisation de ce chantier en fonction de leurs effectifs et de leur charge de travail ;
– ce chantier se fasse suivant un calendrier réaliste et qu’en particulier, un délai supplémentaire soit accordé pour réaliser le désherbage, de manière à ce qu’il puisse se faire de façon réfléchie ;
– ce chantier soit réalisé de préférence pendant la période de fermeture annuelle et/ou que les salles de lectures concernées soient fermées au public pendant les chantiers de désherbage et de consolidation ;
– les agent-e-s concerné-e-s soient déchargé-e-s d’une partie de leurs tâches habituelles pour faire face à l’urgence ;
– la date de fin des acquisitions, habituellement fixée à la mi-octobre ces dernières années, soit repoussée à la mi-novembre.

Ce chantier de consolidation s’inscrit dans un contexte de conditions de travail dégradées et d’une charge de travail accrue pour la plupart des agent-e-s, constamment sollicité-e-s pour de nouvelles tâches prétendument urgentes. Les difficultés qu’il soulève illustrent une fois encore les conséquences désastreuses des suppressions de postes de ces dernières années, tant au DMT que dans les départements de collections. Il revient à la direction de la BnF de veiller à ce que ce chantier se fasse en tenant compte des contraintes et de la charge de travail de tous les agent-e-s concerné-e-s, ainsi que de celles liées aux tâches qui leur sont demandées (mouvements de collections, désherbage et vérifications afférentes, catalogage, pose des taquets et cales), afin qu’il puisse se passer dans de bonnes conditions.

Rassemblement des bibliothèques en lutte au salon du Livre le 24 mars : un premier succès qui appelle des suites !

non à la fermeture des bibliothèquesVendredi 24 mars, près d’une centaine d’agent-e-s des bibliothèques se sont rassemblé-e-s devant le salon du Livre à Paris, à l’appel des collègues des bibliothèques de Grenoble. Ceux-ci/celles-ci luttent depuis 2016 contre le plan d’austérité que leur impose la mairie Les Verts / Front de Gauche et qui prévoit la fermeture de bibliothèques (2 bibliothèques déjà fermées), des suppressions de postes importantes, des baisses de budget, etc…

Ce rassemblement était donc en premier lieu une action de soutien à nos collègues de Grenoble qui sont monté-e-s au salon du Livre pour faire entendre leur lutte. Mais c’était aussi l’occasion de faire converger toutes les bibliothèques en lutte et il y en a beaucoup, car partout, les bibliothèques municipales subissent des coupes budgétaires, des pertes de postes, un management agressif, la remise en cause de leurs missions de service public, mais aussi des pressions pour ouvrir le dimanche par exemple sans effectif supplémentaire. Face à ces problèmes communs, la mobilisation doit donc aussi être commune et c’est pour cela que des agent-e-s des bibliothèques de Clamart, de la Plaine-Commune, de Paris, de Vitry, de Nantes, etc… se sont retrouvé-e-s aux côtés des agent-e-s de Grenoble.

Parce que nous subissons à la BnF les mêmes problèmes d’austérité, de baisse du budget, de suppressions de postes, de remise en cause de nos missions, de précarité et parce qu’il faut une action commune de toutes les bibliothèques, quelques soient leurs statuts, pour défendre le service public de la lecture, la section SUD Culture de la BnF avait appelé à ce rassemblement et nous y avons pris part de manière importante, aux côtés d’autres collègues et camarades de la BnF, mais aussi de nos camarades de SUD Collectivité Territoriale de Grenoble, de Saint-Denis ou de Paris. Nous avons aussi pris par à la conférence de presse qui a suivi et qui a permis non seulement de faire le point sur la situation difficile de beaucoup de bibliothèques (nous sommes intervenus pour ce qui est de la BnF), mais aussi de dégager des perspectives d’actions afin de poursuivre la lutte ensemble.

Notre organisation syndicale se félicite du dynamisme et de l’étendue de cette mobilisation. Il faut maintenant l’approfondir et y entraîner tous les établissements possibles. Les problèmes sont les mêmes dans les bibliothèques municipales, dans les bibliothèques universitaires, à la BnF, à la BPI, à la BSI. Il faut donc une action commune et des initiatives de luttes fortes. Comme lors de la mobilisation commune entre la bnF, la BPI et la BSI en 2013, comme lors des convergences avec les collègues précaires de la BULAC, de la BU de la Sorbonne ou de la BU des Grands Moulins en 2016, comme lors de la mobilisation pour la bibliothèque de la MSH, il faut fédérer nos luttes.

Défendons le service public de la lecture !

Des moyens, des crédits, du personnel pour les bibliothèques !  

Quelques articles sur le rassemblement et la conférence de presse qui l’a suivie :

http://parisculturesociale.over-blog.com/2017/03/la-voix-de-l-association-des-bibliothecaires-de-france-doit-etre-plus-ferme.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

http://parisculturesociale.over-blog.com/2017/03/une-centaine-de-bibliothecaires-manifestent-a-livre-paris.html

http://parisculturesociale.over-blog.com/2017/03/les-bibliothecaires-a-livre-paris-il-faut-defendre-notre-metier-au-niveau-national.html

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/les-bibliothecaires-a-livre-paris-il-faut-defendre-notre-metier-au-niveau-national/70386

https://www.facebook.com/pg/Biblioth%C3%A9caires-de-Grenoble-en-lutte-340845656250173/videos/?ref=page_internal