Motion de l’Assemblée Générale du 12/05/2022

Nous, personnel de la BnF réunit en Assemblée Générale le jeudi 12 mai 2022 :

Constatons une nouvelle fois que la remise en cause du fonctionnement du service public et toutes les dégradations que cela entraîne est toujours autant refusée par les usagers, comme le montre les plus de 17 000 signatures recueillies par les deux pétitions en ligne et la tribune publiée le 10 mai par les représentants des lecteurs au conseil d’administration et ALU BnF. La mobilisation des lecteurs et celle du personnel sont convergentes et s’appuie l’une et l’autre. Nous agissons ensemble, personnel et usagers, pour obtenir le retrait de ces mesures inacceptables et l’obtention des moyens nécessaires à tous les niveaux pour assurer les missions de service public de la BnF, tout en garantissant les droits et les conditions de travail du personnel. Nous remercions une nouvelle fois les lecteurs de leur solidarité et nous allons continuer à mener des actions communes.

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MARDI 10 MAI > une grève spécifique pour la BnF et ses personnels

Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture

Après plusieurs mois de mobilisation (envahissement du Conseil d’administration par près de 150 agents en novembre, grèves les 27 janvier et 17 mars, pétition de plus de 700 collègues en avril, etc.) la direction reste totalement sourde aux demandes des agents et à leurs difficultés.

Une situation qui s’est aggravée pour les personnels

Baisse de effectifs à Tolbiac (-40 postes), retour de la grande précarité avec la fin des CDI pour les « vacataires », non revalorisations des primes à l’ancienneté des titulaires (perte de 500 à 1500 euros par an), augmentation de la charge de travail à Richelieu avec la réouverture du site, absence de primes de fin d’année pour une partie des contractuels, etc. : la liste est longue et démontre que la politique de la direction se résume à demander aux agents de faire plus sans moyens et dans des conditions dégradées.

Les lecteurs désormais dans le viseur des restrictions

Malgré une pétition en ligne signée par des milliers de lecteurs, la direction de la BnF met en œuvre un système de communication dégradé des collections (les documents conservés en magasins ne seraient plus accessibles aux lecteurs le matin) dans le but de concentrer l’activité l’après-midi et ainsi réduire sensiblement le nombre d’agents postés. Cette réorganisation ne fera que concentrer la charge de travail et les cadences sur des périodes toujours plus courtes, au détriment des conditions de travail, tout en réduisant de façon drastique les services offerts au public.

> Pour des créations de postes et des moyens financiers ;

> Pour le maintien de la communication directe des documents aux lecteurs et la défense de nos missions ;

> Contre le retour des contrats ultra-précaires à la BnF ;

MARDI 10 MAI, TOUTE LA BnF EN GRÈVE !

Communiqué commun des représentants élus des lecteurs et usagers de la BnF et de l’AluBnF (Association des lecteurs et usagers de la BnF)  

Madame la Présidente de la BnF,
 
Vous persistez à vouloir modifier radicalement les conditions de travail et de recherche à la BnF, sur la base de statistiques tronquées, utilisées de façon purement comptable, et même manipulatoire, comme nous vous l’avons démontré à plusieurs reprises et par plusieurs canaux.
 
Vous cherchez à passer en force, en essayant d’imposer à tout prix un projet de réforme qui n’a le soutien de personne, ni des personnels, ni des lecteurs et usagers.
 
Vous balayez d’un revers de main l’avis unanime des organisations syndicales des personnels, qui ont déjà voté à trois reprises contre votre projet. Vous intégrez d’ailleurs dans votre réforme la création de contrats ultra-précaires (des CDD d’un an non renouvelables) qui sont un reniement complet du protocole de fin de grève de juillet 2016 sur lequel vous vous étiez engagée formellement.
 
Vous ignorez l’avis des représentants élus des lecteurs, qui vous ont signifié à plusieurs reprises qu’ils étaient résolument contre cette réforme, injustifiée et injustifiable. Vous prétendez dans vos courriers au personnel et aux lecteurs « poursuivre les concertations » avec eux, alors qu’il n’y a eu que quelques réunions d’information. Cédant à des méthodes douteuses, vous essayez pourtant de leur faire porter la responsabilité de votre projet, en mettant en avant les quelques aménagements, bien marginaux, qui ont été consentis, et en les présentant comme une co-construction. La réalité est qu’ils sont tenus à l’écart de ce projet, qui n’aurait même pas été présenté en CA sans l’insistance des représentants élus des lecteurs dans cette instance.
 
Vous dénigrez la mobilisation massive et inédite des usagers, outrés aussi bien par votre réforme que par vos méthodes, et qui sont déjà plus de 14 000 à avoir signé à ce jour la pétition initiée par un comité de lectrices et lecteurs et par l’AluBnF :
https://www.mesopinions.com/petition/art-culture/bibliotheque-nationale-france-retour-aux-communications/175704
 
Madame la Présidente, nous vous le répétons encore une fois, et nous le répéterons autant de fois que nécessaire : nous nous opposons à cette dégradation définitive du service public rendu par la BnF. Nous nous opposons à votre projet qui est un recul et un danger à la fois pour les conditions de travail des personnels et celles des lecteurs. Nous contestons votre gestion de cette crise, qui se traduit par une remise en cause à la fois du dialogue social et de l’esprit d’ouverture qui devrait dicter la conduite d’une responsable d’institution publique majeure comme la BnF.
 
Nous vous demandons de prendre la mesure de la protestation soulevée par votre réforme et vos méthodes, et en conséquence de retirer votre projet et d’engager des consultations élargies avec les personnels et les lecteurs, afin de construire un autre avenir à la BnF.
 
Les représentants élus des lecteurs et usagers de la BnF
L’AluBnF, Association des lecteurs et usagers de la BnF

Association des lecteurs et usagers de la Bibliothèque nationale de France (ALUBnF)
alubnf@gmail.comhttp://www.facebook.com/alubnf – @alubnf

Dépôt d’un préavis de grève spécifique à la Bibliothèque nationale de France

EMPLOI, RÉFORME DU SERVICE PUBLIC, HYPER PRÉCARITÉ, PRIMES :
LE 10 MAI, TOUTES ET TOUS EN GRÈVE !

« Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture

Le 28 avril 2022, à Paris

Madame Laurence Engel, Présidente de la BnF

Objet : dépôt d’un préavis de grève pour les personnels de la BnF

Madame la Présidente,

Les organisations syndicales CGT-FSU-SUD et les personnels de la bibliothèque sont maintenant mobilisés depuis plusieurs mois. L’envahissement du Conseil d’administration par près de 150 collègues le 25 novembre dernier, deux préavis de grève particulièrement bien suivis et une pétition de plus de 700 signatures témoignent du mécontentement des personnels et leurs oppositions aux projets de la direction.

Le dernier projet en date qui vise à réduire la communication directe des documents pour les lecteurs et lectrices du Rez-de-jardin suscite une forte contestation des personnels à laquelle se joint le mécontentement des usagers de la bibliothèque (comme en témoigne la pétition en ligne qui a recueilli plus de 14000 signatures).

Le dispositif proposé instaure une communication directe des documents uniquement l’après-midi et constitue non seulement un recul de la qualité du service rendu aux lecteurs et lectrices mais a des conséquences négatives sur l’organisation du travail des magasinier·ère·s en concentrant l’activité sur des horaires restreints dégradant ainsi encore plus les conditions de travail de ces personnels par ailleurs en sous-effectif du fait des choix politiques de la direction.

Malgré cette forte opposition et les avis négatifs répétés donnés à l’unanimité des représentants du personnel lors des CHSCT et comité technique, la direction refuse de retirer ce projet.

Dans ces conditions et faisant le constat d’un déni de dialogue social, nos organisations syndicales CGT-FSU-SUD déposent un préavis de grève à partir du 4 mai jusqu’au 31 mai 2022 pour l’ensemble des agent·e·s de l’établissement afin de faire aboutir les revendications suivantes :

– Le retrait du projet visant à réduire la communication directe des documents pour les
lecteurs et lectrices du Rez-de-jardin, celle-ci étant désormais prévue uniquement l’aprèsmidi.

A cela s’ajoute, les revendications que les personnels avec nos organisations syndicales portent depuis plusieurs mois et qui restent entières :

– le renforcement des effectifs et l’arrêt des « destructions » d’emplois sous couvert de redéploiement de postes. Plus particulièrement, afin de pallier le manque de personnel de magasinage (120 postes de magasiniers titulaires et 150 postes de magasiniers contractuels à temps incomplet supprimés) et réduire la précarité, nos organisations syndicales réclament l’organisation rapide d’un recrutement de magasinier comprenant un volet interne important pour permettre l’accès à l’emploi titulaire des plus précaires,

– le respect du Protocole de fin de grève de 2016 prévoyant le recrutement des agent·e·s contractuel·le·s à temps incomplet sur missions pérennes en CDI et le retrait de la récente disposition permettant ce recrutement en CDD d’un an renouvelable une fois,

– l’application des mesures ministérielles de revalorisation des primes. Pour les agents titulaires, nous réclamons une égalité de traitement avec les agents du Ministère de la culture qui ont bénéficié fin 2021 d’une revalorisation de leur prime de +500 à +1500 euros/an en fonction de leur ancienneté. Pour les agents contractuels exclus pour la plupart d’entre eux de la prime de fin d’année, nous demandons également l’égalité de traitement et un calendrier de mise en oeuvre,

– la révision du fonctionnement du site Richelieu à la réouverture en septembre 2022 qui entraîne surcharges et dégradations des conditions de travail. Nous réclamons le maintien de l’amplitude horaire actuelle (abandon des jours fériés, du 19h, etc.) et le recrutement de personnel titulaire en particulier pour l’ouverture de la salle Ovale.

Nous restons à votre disposition, comme le prévoit la réglementation, pour ouvrir des négociations, et nous vous adressons, Madame la Présidente, l’expression de nos sincères salutations. »

1ER MAI. PAR NOS LUTTES CONSTRUISONS UN AUTRE AVENIR

Paris : rdv manifestation 14h place de la République

Les élections présidentielles ont confirmé l’exaspération d’une grande partie des salarié·es et de la population devant les mesures anti-sociales prises par le gouvernement Macron, pour le plus grand bénéfice d’une minorité de riches et de grandes entreprises. Les politiques liberticides des gouvernements successifs enferment la société dans une spirale sécuritaire. Elles sont un tremplin pour l’extrême-droite.

Les élections ont aussi à nouveau été l’occasion pour l’extrême-droite d’instrumentaliser la peur du déclassement social, de la précarité et de la pauvreté, au point qu’une partie de la population a été séduite par ses fausses mesures sociales. Comme à son habitude, l’extrême-droite a tenu un discours de rejet et de haine des étranger.es et des immigré-es.

Emmanuel Macron et ses ami-es de tout bord entendent amplifier l’action entamée au précédent quinquennat : austérité pour les salarié-es et attaque contre la protection sociale avec l’annonce d’une nouvelle contre-réforme des retraites. C’est cette politique qui a constitué, pour une large part, le terreau sur lequel l’extrême droite ne cesse de se développer en entretenant un climat raciste et haineux.

Si Emmanuel Macron a été élu, c’est en grande partie pour éliminer la menace, pire encore. L’Union syndicale Solidaires a toujours combattu, et combattra les mesures qui, plutôt que de s’en prendre aux actionnaires, au patronat, opposent les travailleurs et travailleuses entre elleux, les pressurisent et pointent les immigré·es comme responsables de tous les maux. Notre Union rejette et combat le fascisme, la xénophobie, le racisme, l’impérialisme et la haine de l’autre.

Contre l’extrême-droite et l’ultralibéralisme, nous devons renforcer les luttes sociales et mettre plus que jamais en avant la solidarité et la paix entre les peuples. Seules les luttes à venir, des mobilisations massives pourront mettre le rapport de force du côté des intérêts des travailleur-euses, et de tous et toutes, et nous permettre de riposter aux attaques qui s’annoncent. Dans ce contexte, ce 1er mai revêt une importance toute particulière : il doit donc montrer que le mouvement social est présent et dans la rue !

Pour l’Union syndicale Solidaires, il est plus que jamais nécessaire de mener le combat pour les droits sociaux, les libertés publiques et l’égalité réelle. C’est l’ensemble de nos luttes, si essentielles, comme celles pour le climat, l’égalité femmes hommes, les droits des personnes discriminées, stigmatisées, handicapées, qui sont aussi en jeu à travers ce premier mai. Solidaires appelle l’ensemble des salarié·es, des privé·es d’emploi, des retraité·es, étudiant·es à la vigilance, à la mobilisation et à l’action.

Ensemble, faisons du 1er mai une journée de lutte et de mobilisation contre l’extrême-droite, l’ultralibéralisme, une journée pour la paix et la solidarité internationale, la justice sociale et la démocratie.

LANÇONS LA CONTRE OFFENSIVE POUR CONSTRUIRE UN AUTRE AVENIR !