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« Acte Deux » Du gouvernement… sans surprise

Union syndicale Solidaires

« Acte Deux » Du gouvernement…
sans surprise

Le 13 juin 2019

Le discours de politique générale d’Edouard Philippe devant l’Assemblée nationale a été sans surprise : il garde le cap sur la politique menée depuis l’élection présidentielle,  promesses de campagnes et annonces déjà faites qui détricotent ce qui reste de notre  modèle social. Il tient à la fois un discours sécuritaire et identitaire(l’ordre et la lutte  contre le terrorisme, l’islamisme et l’immigration en amalgamant largement ces sujets) et  des propos qui se veulent « progressistes » (la PMA pour toutes les femmes, bonus  malus pour les contrats courts dans certains secteurs). A cela s’ajoute une tentative de  répondre aux mobilisations sur l’écologie et une réelle attaque sur les retraites.

Diminution Des recettes fiscales =
baisse Des services publics

L’annonce d’une diminution de 27 milliards de baisse d’impôts pour les ménages, avec la baisse de l’imposition des deux premières tranches d’impôt sur le revenu, la suppression  de la taxe d’habitation, laissent perplexe : pas de vision sur le manque à gagner des  collectivités (donc à terme pour les contribuables) et une baisse de l’impôt le plus juste  car progressif (l’impôt sur le revenu). Si le coup de pouce au pouvoir d’achat peut  s’apprécier pour certains ménages la baisse de recettes fiscales et sociales veut dire  moins de services publics … Et nous n’oublions pas les nombreu cadeaux fiscaux déjà  faits aux plus riches : ISF supprimé, baisse d’impôts sur les sociétés, transformation du  CICE en allègement de charges sociales !

Tout ceci s’accompagne donc d’une baisse de la dépense publique : moins de  fonctionnaires, et avec notamment des économies sur l’hôpital, l’éducation… C’est en fait  un véritable laminage des services publics, de leurs missions ou leurs implantations ! Et  ce ne sont pas les Maisons de  services au public qui sauveront la mise. Elles ne seront  rien d’autre que des services publics au rabais.

Travailler plus pour partager moins et gagner quoi ?

Il parle de « distribuer du pouvoir d’achat » sans augmenter le Smic ni les salaires :  intéressement, primes Macron bis, suppression de la taxe d’habitation. Toutes choses qui ne permettent pas aux personnes de progresser dans leur carrière, d’augmenter de façon  régulière leur salaire. Et qui ne remettent pas en cause l’injuste répartition des richesses dans notre pays.

Il confirme aussi la réforme des retraites avec l’incitation forte à travailler plus longtemps par l’introduction de la notion d’un « âge d’équilibre » pour partir en retraite, décidée par le gouvernement, tout en gardant un affichage de départ possible à 62 ans.  Ce sera certainement aux prix décotes encore plus importantes ! Même chose pour les heures supplémentaires défiscalisées : incitation à travailler plus  avec un  mécanisme qui freine la création d’emplois et réduit les recettes fiscales. Tout  est dans tout…

L’écologie :
Toujours à l’état De promesses floues et incomplètes

Edouard Philippe a annoncé que la convention citoyenne pour la transition écologique, assemblée de 150 citoyen.nes créée à l’issue du grand débat, pourrait voir ses  préconisations soumises à référendum. Sinon les aides pour la rénovation énergétique d’habitats seront remises à plat, et les  produits en plastique jetable seront interdits… dans l’administration ! Et rien d’autre ..  On est très loin de la rupture nécessaire pour répondre à l’urgence climatique !

Et qu’est ce qu’on veut ?

Les Gilets jaunes n’ont pas exigé la défiscalisation ou des mesurettes mais  la justice fiscale. Alors que les urgentistes sont massivement en grève, les  personnels de santé apprécieront l’appel d’Edouard Philippe à leur mobilisation pendant  l’été ! Ceux et celles qui veulent l’égalité des droits continueront à courir après  l’égalité des chances…

De notre côté ce n’est pas travailler plus individuellement et gagner plus provisoirement  que nous voulons. Partager le travail, répartir les richesses créées par les  travailleurs/euses dans l’entreprise par des augmentations de salaire, développer égalitairement les services publics, les soustraire à la logique de rentabilité, tout ceci  participerait à la justice sociale et plus globalement à transformer notre société.

Cette transformation sociale doit s’accompagner de mesures écologiques, autrement plus fortes.


Union syndicale Solidaires
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Jour 21 (2) – Procès France Télécom : Les mots, les arguties, le sens…

procès lombard

L’audience du 11 juin 2019 du procès France Télécom, vue par Patrick Cingolani, professeur de sociologie ( LCSP), auteur notamment de « Révolutions précaires – essai sur l’avenir de l’émancipation », La découverte.

Voilà longtemps que je ne suis allé à un procès. Dans la salle 2.01 du Tribunal Correctionnel de Paris entrent des hommes et des femmes vêtus de robe comme pour un étrange rituel. Ils vont viennent déjà dans cette scène de justice qui va se jouer dans un instant. Derrière veillent deux policiers. Devant au premier plan, le décor se divise en deux, dessinant, pour une lutte contradictoire, une sorte d’échiquier singulier où toutes les pièces sont noires. Face à moi la balance qui orne le mur, apparait rigide, empesée, loin de l’infime sensibilité de ce vieil instrument de mesure. Soudain la juge arrive, et en quelques instants, la salle debout se fige. La séance est ouverte.

Les témoignages sont au nombre de deux. Le premier est celui d’un membre CFDT du Comité national d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, avec lui ressurgit toute l’histoire de France télécom : le passage de l’établissement de droit public à l’établissement de droit privé, la fidélité des salariés à l’égard de leur entreprise, leur fierté ; l’endettement et les économies drastiques auxquelles les travailleurs consentent, puis finalement l’annonce par Didier Lombard de la suppression de 22 000 postes en trois ans. […]

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Brésil : grève générale le 14 juin

bda2508965af79a4-86e7fAu cours de ces cinq premiers mois de gouvernement, le président d’extrême droite, Bolsonaro s’est attaqué aux droits des travailleurs et travailleuses du Brésil. C’est une politique qui profite aux banques, aux entreprises et aux grands propriétaires terriens et qui entraîne la pauvreté et la faim pour la classe ouvrière.

Le chômage a augmenté et il y a plus de 60 millions de personnes exclues du marché du travail formel. La réforme des retraites aggravera la situation en empêchant les travailleurs de prendre leur retraite, en détruisant les droits à la sécurité sociale et en augmentant la misère.

Face à ce scénario d’attaques perpétrés par le gouvernement Bolsonaro contre les droits, les travailleurs du Brésil organiseront une grève générale le 14 juin.

Les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes soutiennent la motion ci-après, en solidarité avec la grève générale du 14 juin au Brésil.

Voir sur le site du réseau

SOUS-TRAITANCE EN CASCADE ET RECOURS A DES TRAVAILLEURS « SANS PAPIERS » A CHRONOPOST : LE SCANDAL SOCIAL DOIT CESSER !

Communiqué SUD Culture /Solidaires

Depuis le mardi 11/06, des travailleurs « sans-papiers » tiennent un piquet de grève au centre Chronopost d’Alfortville, dans le Val-de-Marne, où ils ont été employés par le biais d’agences d’intérim, afin d’être régularisés et que les donneurs d’ordre, La Poste et sa filiale Chronopost, assument leurs responsabilités sociales. Cette mobilisation a lieu à l’initiative de SUD PTT, de Solidaires 94, du Comité des Travailleurs Sans Papiers de Vitry, de la CNT-SO et de la CNT.

Le syndicat SUD Culture Solidaires apporte tout son soutien et son appui à cette lutte. Nous dénonçons les agissements de La Poste et de ses filiales et sous-traitants. Cela d’autant plus que nous connaissons bien ce type d’exactions, que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public. En effet, ce qui se trame aujourd’hui à La Poste laisse présager de l’avenir de toute la fonction publique, avec des secteurs divisés en filiales et une sous-traitance en cascade. Car c’est bien la création de multiples filiales, le recours à la « prestation de service » et à la sous-traitance, avec une multitudes de statuts différents des travailleurs et travailleurses employé-e-s dans le même lieu de travail, qui permet tous les abus et le recours régulier à des travailleurs et travailleuses « sans-papiers », sans mettre en place les procédures normales pour régulariser ceux-ci, chaque entreprise prétendant ne pas être au courant.

Nous pouvons aussi témoigner de l’exploitation de travailleur·euse·s « sans-papiers » dans les secteurs de la culture et des médias, y compris dans la fonction publique via les sous-traitants. Il suffit pour cela de prendre la situation du secteur du nettoyage !

Notre syndicat est de plus directement concerné par cette lutte, car les maisons d’éditions sont de grosses utilisatrices de la livraison par colis et donc des services de Chronopost. Or, en tant que syndicat implanté dans ce secteur professionnel, mais aussi parce que de nombreux établissements publics du ministère de la Culture et le ministère lui-même ont leur propres maisons d’éditions qui recourent aussi à Chronopost, nous sommes donc confronté-e-s aux mauvaises conditions sociales et de travail que subissent le personnel de Chronopost. Nous voyons aussi les conséquences négatives que cela a sur la qualité des prestations pour les utilisateurs/trices et sur ce qui reste encore un service public. De ce fait, nous nous joignons au communiqué de soutien à la lutte publié par des maisons d’éditions le 01/06 qui dénonce ce système et ses conséquences.

Nous exigeons par conséquent que La Poste prenne ici ses responsabilités sociales, ainsi que l’état puisqu’il est actionnaire majoritaire du groupe.

Nous exigeons que les travailleurs « sans-papiers » en lutte soient régularisés et qu’ils soient embauchés à La Poste, leur véritable employeur. Nous exigeons aussi la réinternalisation à La Poste de toutes les filiales, l’arrêt du recours à la sous-traitance et à l’intérim, et l’embauche directe au sein de La Poste de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs concerné-e-s. Ces mesures d’égalité et progrès social doivent bien sûr s’appliquer à l’ensemble des services publics, en particulier au ministère de la Culture.

Nous appelons à être présent-e-s aux côtés des travailleurs « sans-papiers » sur leur piquet de grève, lors des rassemblements et manifestations et à les soutenir par tous les moyens possibles, face au mépris et à la répression dont ils font l’objet de la part de La Poste, de Chronopost et de l’Etat !

Régularisation de toutes et tous les « sans-papiers » ! 

Paris, le 12/06/2019

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Jour 21: Le témoignage de Fanny Jedlicki

procès lombard

L’audience du 11 juin 2019, début de la seconde moitié du procès France télécom,  a permis de revenir sur le rapport Technologia avec le témoignage de Fanny Jedlicki, docteure en sociologie. Celle-ci a participé en 2009/2010 à l’enquête du cabinet d’expertise agréé  comme consultante en risques psychosociaux (RPS) et conditions de travail. Nous publions sa déposition in extenso ainsi qu’une courte interview à sa sortie de l’audience.

Je vais commencer par me présenter. Je suis docteure en sociologie de l’université Paris 7 Diderot, et maître de conférences à l’université du Havre depuis 2010. Avant d’être recrutée à l’université, j’ai effectué des contrats de recherche et de l’enseignement dans différentes institutions du supérieur. J’ai aussi travaillé comme consultante en risques psychosociaux (RPS) et conditions de travail pour le cabinet Technologia. Au sein de Technologia, j’ai réalisé six expertises, dont deux dans de grosses sociétés de télécommunications. Et l’enquête France-Télécom (FT) a été l’une d’entre elles.

En général, dans ces expertises RPS et conditions de travail, je m’occupais de la collecte des données dites qualitatives – c’est-à-dire de faire des entretiens individuels de type semi-directif avec des salariés ; puis j’analysais l’ensemble des données recueillies (y compris documentaires et quantitatives quand c’était le cas), le tout aboutissant à la rédaction de rapports. J’ai arrêté ma collaboration avec Technologia fin 2010 pour me consacrer à ma fonction d’enseignante-chercheure. […]

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Jour 20.2 – Procès France Télécom : #CorpsSocialMalade

procès lombard

L’audience du 7 juin 2019 du procès France Télécom, vue par Émilie Counil, chercheuse à l’Ined et associée à l’IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux), travaille sur la production de savoir et d’ignorance en santé au travail, les biais de genre en épidémiologie des risques professionnels.

En tant que chercheuse en santé publique, je suis peu familière de l’univers judiciaire. J’approche donc du Palais de justice essentiellement imprégnée des documentaires de Depardon. Lieux clos, caméra intimiste, proximité aux détenus. Rien de comparable à un procès de cols blancs, comparaissant pour harcèlement moral – vraiment ? ni homicide involontaire, ni mise en danger d’autrui ? – ce qui constitue pourtant un précédent en France. Vont-ils seulement tous se présenter à la barre ?

Dans le hall traversé d’une lumière qui ne réchauffe pas, le sol immaculé, les murs immaculés, jusqu’aux bancs immaculés semblent tendre une immense page blanche à écrire. Des robes noires glissent d’un pas lent vers les escalators. Je leur emboîte le pas et entreprends l’ascension vers la salle d’audience.

[Chacun.e à sa place]

Dans la salle, l’espace est découpé, étiqueté, ritualisé. Sur scène, côté cour, les fameux fauteuils des accusés ; jambes croisées, sourires de connivence de ceux qui maîtrisent l’espace, le temps, et le verbe. Mondanité qui rassure ? Légion de juristes auxquels s’adosser. A jardin, les avocats des plaignants sortent leurs dossiers. Les strapontins devant eux sont vides. Il n’y aura pas d’audition de victimes aujourd’hui. En fond de scène, les places réservées aux membres de la Chambre correctionnelle. Cherchant de l’espace en prévision d’un temps qui va inévitablement s’étirer, je m’assois sur un banc de presse inoccupé. Une femme derrière moi me conseille énergiquement de partir sur un rang sans étiquette. « Je viens tous les jours, j’ai l’habitude, ils vont vous virer. » me dit-elle encore pour me convaincre. Sentant confusément son hostilité, je rejoins les parties civiles et les victimes. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit de l’épouse d’un des prévenus. Assistante bénévole et zélée des policiers dans la domestication de l’auditoire. […]

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Jour 20 – Procès France Télécom : Chronologie d’une entreprise en crise

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L’audience du 7 juin 2019 du procès France Télécom, vue par Arnaud Mias, professeur des universités en sociologie à l’Université Paris-Dauphine, chercheur à l’Institut de recherches interdisciplinaire en sciences sociales (Irisso), a notamment dirigé  avec Cyril Wolmark le livre « Agir sur la santé au travail. Acteurs, dispositifs, outils et expertise autour des enjeux psychosociaux » Éditions Octarès.

La crise des suicides chez France Télécom a représenté un moment où beaucoup de personnes ont pris conscience que l’organisation du travail peut avoir des effets délétères sur la santé des salariés. L’audience à laquelle j’ai assisté vendredi 7 juin me paraît très éclairante sur la façon dont les dirigeants d’une entreprise en crise peuvent rester longtemps sourds aux signaux du mal-être engendré par leur politique.

Les débats ont tourné autour de la reconstitution de la « chronologie des faits » de l’année 2009, titre d’un document qui a servi de fil conducteur aux échanges et interventions. Dans cette liste de dates cohabitent, au titre desdits « faits », des déplacements des prévenus en région, des réunions avec les représentants du personnel, des rencontres avec des ministres et… des suicides et tentatives de suicide. Cette « chronologie » est organisée autour d’une date-bascule : le 14 juillet 2009, Mr Deparis se suicide à Marseille. Cet événement fonctionne comme une « déflagration » dit la présidente de la cour, qui distingue un « avant » et un « après » 14 juillet 2009. L’exactitude des dates contraste pourtant avec la difficulté à identifier le moment où la stratégie managériale bascule, où les objectifs de mobilité – « les ambitions de fluidité sortante » comme il est dit pudiquement dans un document lu en séance – sont abandonnés pour répondre enfin à la crise sociale que connaît l’entreprise. […]

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