Scandale du chlordécone : Le parquet demande le non-lieu. La colère de la population antillaise se fera entendre le 10 décembre 2022

Communiqué unitaire Union syndicale Solidaires, FSU, ATTAC France, Fondation Copernic, Confédération paysanne, CGT.

Suite au scandale du chlordécone, la plainte déposée en 2006 soutenue par de nombreuses parties civiles, fait aujourd’hui l’objet d’une demande de non-lieu par le parquet. Les avocats ont un mois pour déposer des recours.

Plus de 90 % de la population locale actuelle est toujours exposée aujourd’hui encore aux contaminations contenues dans les sols et la mer, et ce pour des siècles. Une étude démontre d’ailleurs que 95% des Guadeloupéens et 97% des Martiniquais ont du Chlordécone dans le sang. Par ailleurs, régulièrement des communiqués interdisent la consommation de l’eau du robinet suite à une pollution au chlordécone. L’empoisonnement continue. Les mesures prisent par les autorités ne sont que de la poudre aux yeux.

Le 10 décembre 2022 à 8h, un rassemblement d’information et de mobilisation est prévu devant la Maison des Syndicats à Fort-de-France en Martinique pour contester la demande de non-lieu faite par le parquet de Paris ce 24 novembre dans l’instruction des plaintes contre l’empoisonnement au chlordécone, véritable scandale sanitaire et environnemental depuis de très nombreuses années.

Le non-lieu sera un affront indigne pour la population des Antilles. La justice doit reconnaître le préjudice subi par la population par ce pesticide très dangereux et nocif pour la santé. Elle doit aussi dédommager toutes les victimes et condamner les coupables, à savoir les gouvernements successifs. Des mesures concrètes doivent être prises pour que cesse cet interminable scandale sanitaire qui n’a que trop duré.

Aux Antilles, le combat et la lutte continuent afin que les gouvernements successifs reconnaissent leurs responsabilités dans ce dossier. La population antillaise doit être entendue et reconnue par la justice en tant que victime.

En soutien aux Antilles, nos organisations : la Fédération Syndicale Unitaire, la Fondation Copernic, la Confédération paysanne, ATTAC France, la Confédération Générale du Travail et l’Union syndicale Solidaires ont sollicité par courriel une audience le 25 mai 2022 auprès des Ministres de l’Outre-mer et de la Justice. Cette demande a été réitérée par nos soins le 21 juin 2022 en y incluant la Ministre de la Santé et de la Prévention. Ces deux demandes d’audience sont restées sans réponse de leur part. Cela en dit long sur le peu de considération qu’ils accordent à la population des Antilles. Le traitement infligé aux antillais-es est une insulte à la souffrance physique et morale qu’elles et ils supportent depuis des décennies.

Le Ministre de l’Outre-mer, le Ministre de la Santé et de la Prévention et le Ministre de la Justice actuels doivent prendre la mesure de ce « massacre environnemental et sanitaire », et doivent en faire l’une de leurs priorités. Comme aux Antilles, pour obtenir justice et réparation, nos organisations ne lâcheront rien ! Nous renouvelons une troisième demande d’audience auprès des ministres concernés, nous souhaitons être reçu-es et entendu-es dans les plus brefs délais.

Nos organisations soutiennent, nous exigeons d’être reçues par trois ministres !

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Violences sexistes et sexuelles à la BnF : Mettons fin au déni !

Le 25 novembre est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ces violences se produisent aussi sur nos lieux de travail : une femme sur trois y est victime de harcèlement sexuel et 9% des violences y sont commises, par des collègues ou des usagers. Notre section syndicale se mobilise toute l’année contre les violences sexistes et sexuelles et pour les droits des femmes et des minorités de genre !

La BnF face à ses obligations

Selon le code du travail, l’employeur a obligation d’assurer la sécurité de ses employé.es, ainsi que de protéger leur santé physique et mentale. Contre les violences sexistes et sexuelles, il doit donc agir à plusieurs niveaux :

  • en organisant des formations de prévention pour informer et sensibiliser les agent·es,
  • en mettant en œuvre un dispositif efficace de signalement et de traitement des violences,
  • en protégeant et en accompagnant les victimes,
  • en sanctionnant l’agresseur à la hauteur de la gravité des faits.

À la BnF, certaines mesures ont été mises en place, après des années de travail de notre organisation syndicale pour faire reconnaitre la nécessité de prendre des mesures face à des violences longtemps restées impunies.

Ainsi, une formation « Lutte contre les violences sexistes et sexuelles » a été mise en place, et la procédure de signalement via stop-harcelements@bnf.fr a été créée en 2019. Nous avons dû intervenir pour que la formation devienne obligatoire, et pour que la procédure de signalement soit indiquée en page d’accueil de Biblionautes, alors qu’elle était avant compliquée à trouver. Malgré ses avancées, nous constatons les limites de l’action de l’établissement en matière de prévention de ces violences et de leur traitement quand elles ont lieu.

Nous estimons que la BnF, pour satisfaire à ses obligations en matière de santé et de sécurité, doit former les agent·es de façon constante, anticiper les situations de violences possibles, prendre en compte les signalements flous et rumeurs pour faire la lumière sur ces situations, et non pas se contenter de réagir une fois mise au pied du mur, lorsque les violences ont déjà eu lieu. Le « tout le monde savait » banalisant la violence sexiste et l’isolement des victimes doit cesser !

Se former mieux

La formation mise en place pour le moment à la BnF  est pertinente, mais insuffisante. Une demi-journée dans une carrière ne permet pas d’appréhender la réalité des violences sexistes et sexuelles au travail. Notons d’ailleurs que cette formation se décline en deux versions, une pour les agent·es et une pour l’encadrement, et que les deux ne durent que trois heures et ont lieu en distanciel. Cette formation de trois heures est dispensée par un organisme extérieur, les encadrant·es n’y sont donc pas formé·es à la procédure interne de signalement de la BnF, outil pourtant essentiel.

 Ce manque dans la formation interne a conduit encore cette année à des situations absurdes, la hiérarchie de certains départements continuant à essayer de cacher sous le tapis des actes de harcèlement sous couvert de « régler en interne » ces situations, plutôt que de les signaler. Ce genre de comportement est intolérable, car il est en lui-même porteur de violence pour les personnes déjà victimes.

De la même façon, l’obligation de formation est pour le moment théorique, malgré l’importance du sujet : les correspondant·es formation relancent régulièrement les collègues pour les pousser à s’inscrire aux formations obligatoires, mais rien de plus contraignant n’est prévu. Cette situation est inacceptable, et il est absolument nécessaire que la direction de la BnF y remédie rapidement.

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Déclaration de l’Association des lecteurs et usagers de la BnF (ALU BnF)

Déclaration de l’ALU BnF au Conseil d’Administration de la BnF du 24/11/2022

Mesdames les administratrices, Messieurs les administrateurs de la Bibliothèque nationale de France,

Après six mois de reprise tronquée des communications directes en bibliothèque de recherche (site Tolbiac), l’ALUBnF renouvelle son opposition de fond à cette réforme : en plus d’aller contre les besoins basiques et évidents de la recherche, les nouvelles modalités confirment l’usine à gaz redoutée – tant pour les usagers et usagères du Rez-de-Jardin que pour le personnel – et sur laquelle l’ALUBnF a interpellé la direction de l’établissement dès le printemps.

De cette réforme des communications résulte un sentiment général de mal-être de part et d’autre des banques de salle, ce qui dégrade l’expérience des lectrices et lecteurs et entame profondément la crédibilité de la BnF auprès des professionnel·le·s de la recherche en France et à l’international. “Trop compliquée, trop peu accessible, trop peu rentable pour le temps qu’on y passe, trop chère” sont les formules qui reviennent le plus régulièrement chez nombre de lectrices et lecteurs, y compris chez les fidèles parmi les fidèles qui ne peuvent se résoudre à renoncer à leur désormais “très chère” carte annuelle recherche.

L’association d’usagers et d’usagères bénévoles mobilisée depuis mai dernier ne peut que constater avec douleur, mais sans surprise, la diminution significative et durable de la fréquentation du Rez-de-Jardin. L’écart aussi « stable » que considérable par rapport à la fréquentation de 2019 est moins une conséquence de la fermeture due à la pandémie, ou de « l’évolution des pratiques de recherche » à laquelle s’accroche la direction, que le résultat de modalités d’accueil inhospitalières en rez-de-jardin : l’ampleur du recul, près d’un·e usager·ère sur trois, trahit une désaffection profonde due aux restrictions de la communication directe. Cette situation était prévisible et risque de s’aggraver, l’ALUBnF parmi tant d’autres voix n’a cessé de le répéter. Ces inquiétudes, ces mises en garde ont été soit ignorées, soit balayées d’un revers de main. L’association, avec plusieurs corequérant·e·s, en a donc saisi le Tribunal Administratif de Paris. Le soutien matériel que cette démarche a d’emblée suscité confirme qu’elle répond à une attente profonde parmi les lecteurs.

La réforme devait libérer du temps et rationnaliser l’activité des agents postés. Six mois après sa mise en oeuvre et deux mois après sa première bordée d’ajustements, on ne peut que constater son caractère erratique, quand on apprend que des ouvrages prélevés et disponibles sont volontairement triés pour ne pas être communiqués immédiatement aux lecteurs tandis que des équipes pudiquement qualifiées de “volantes” assurent néanmoins une présence continue en magasin, preuve que le rétablissement de la communication directe le matin ne tiendrait pas à grand-chose. L’ALUBnF réitère son attachement aux conditions de travail des agents et s’inquiète par ailleurs de l’empilement des statuts de plus en plus précarisés au sein d’un corps assurant les mêmes fonctions. Par le passé, la BnF a su répondre aux nécessités du service par des recrutements directs de magasiniers titulaires. Les vieilles recettes ont du bon, il ne faut pas hésiter à les appliquer. Les besoins sont attestés, reconnus par tous, et les vingt postes concédés en juillet par le ministère sur des supports précaires ne font rien à l’affaire.

La direction, visiblement sensibilisée par le mouvement du printemps à la nécessité d’un dialogue avec ses lecteurs et usagers, a fait le choix de mettre à l’ordre du jour du conseil d’administration un point d’information sur de possibles modalités d’échanges. L’ALUBnF, tout en saluant la constance des représentant·e·s élu·e·s des Usagers à remplir leur fonction, Association des Lectrices, Lecteurs, Usagères et Usagers de la Bibliothèque nationale de France s’interroge néanmoins sur la frilosité manifestée par l’institution (interdiction d’affichage et de permanence) face à l’existence même d’une association d’usagers. Y aurait-il des paroles plus légitimes que d’autres ? L’organisation collective et spontanée serait-elle suspecte d’un moindre régime de vérité ? La démocratie culturelle passe pourtant, autant que par la représentation formalisée, par ces tiers lieux que sont les associations. Lorsqu’on se demande, à bon droit, que peut la culture dans notre société contemporaine, une des réponses peut être : écouter celles et ceux qui contribuent à la construire.

Le bureau de l’ALUBnF,

Paris, le 24 novembre 2022

Conseil d’Administration de la BnF : les tutelles rejouent la fuite de Varennes !

Communication de la direction de la BnF aux agent-es la veille du CA


Déclaration SUD Culture Solidaires au Conseil d’Administration de la BnF du 24 novembre 2022

« Il y a près de 6 mois débutait une mobilisation sans précédent à la BnF, mobilisation qui s’est profondément ancrée dans les esprits et dans notre établissement. Toutes les voix incarnées par ce mouvement n’ont eu de cesse,  comme l’indiquent encore les derniers préavis de grève déposés, de dénoncer la gestion de la direction de la BnF et sa politique de marche forcée.

SUD Culture saisit l’occasion de ce Conseil d’Administration fraichement recomposé pour dénoncer une fois de plus les passages en force successifs de la direction sur des questions pourtant essentielles, qui touchent le cœur de nos missions, creusant ainsi toujours plus le fossé entre décisionnaires déconnecté-es du terrain et exécutant-es qui se sentent plus méprisé-es que jamais. Jamais en effet notre établissement n’a traversé une telle crise sociale, et les agent-es affrontés de telles régressions. La tenue de ce Conseil d’Administration sans vraie justification en visio-conférence est dans ce sens un pas supplémentaire dans une gestion technocratique de notre établissement et une marque renouvelée du mépris à l’égard du personnel, dont il faut éviter à tout prix toute manifestation éventuelle.

Régression dans l’offre faite au public, amputée d’une partie des communications directes de documents des magasins qui faisaient la spécificité de la BnF, régression que doivent assumer chaque jour contre leur gré les agent-es, à l’heure même où paradoxalement les tarifs de la bibliothèque augmentent.

Régression au sein des collectifs de travail, où les plannings de Service Public morcelés dispersent les équipes de magasinage confrontées à des tâches vidées de leur sens, tandis que l’organisation des chantiers et travaux internes souffre du sous-effectif que les politiques d’austérité pensent pouvoir creuser toujours plus sans retour de flamme.

Régression en termes de précarité, avec le franchissement d’une ligne rouge, celle d’un protocole de fin de grève piétiné publiquement, où les besoins permanents de l’établissement sont désormais pourvus par des agent-es contractuel-le-s à temps incomplet ultra précaires en CDD d’un an, payé-e-s un salaire de misère et presque sans droits.

Régression dans les conditions de travail avec la dernière création en date d’équipes d’agent-es ultra précaires isolé-es, dit-es équipes mobiles, utilisé-es comme bouches trous flexibles et dont la fonction est, nous citons, comparée à celles de « voitures balais » dans les hautes sphères. Mais cette régression des conditions de travail touche aussi d’autres services, directions et sites de la BnF, comme au service des Expositions qui est en alerte aux Risques Psycho-Sociaux depuis plus d’un an sans que rien ne change ; au Dépôt Légal qui est en sous-effectif face à une charge de travail qui ne diminue pas ou sur les sites de Sablé et de Bussy, laissés à l’abandon et où les départs ne sont pas remplacés, le travail à faire retombant sur les agent-e-s qui restent.  

Régression pour les plus ancien/nes des précaires, en attente de l’organisation d’un recrutement direct de magasiniers/ères et non d’un soi-disant plan de déprécarisation qui est non seulement éparpillé dans le temps mais qui les prive d’un accès au statut dont bénéficient pourtant leurs collègues titulaires effectuant exactement les mêmes tâches et les place à un salaire inférieur, puisqu’il n’y a ni primes ni prise en compte de leur ancienneté globale.

Régression du dialogue social, avec des manœuvres indignes telles que celle d’utiliser les 20 ETP gagnés au CA de juin suite aux nombreuses journées de grève et à l’interpellation des tutelles de la BnF pour créer non pas des postes permanents de catégorie C mais bien pour dépenser ces crédits en emplois précaires et temporaires.

Régression qui mène notre propre public à effectuer un recours au Tribunal Administratif contre la BnF, tant le dialogue avec la direction se résume, malgré une pétition titanesque, à des portes claquées au visage. Du jamais vu.

Découle de l’ensemble de ces régressions le désagréable sentiment, partagé par une importante partie du personnel, de la perte de sens de nos métiers et missions désormais soumis à des règles comptables où la comptabilisation de l’activité prime sur le reste.

Les raisons de ces régressions ? L’intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD Culture  les pointe depuis de longs mois, bien avant même le fort mouvement amorcé en mai.

Ce sont :

  • les suppressions de postes subies ces dernières années, en particulier de fonctionnaires magasiniers-ières
  • l’absence d’anticipation des besoins de postes pérennes en catégorie C (cat. C qui furent pourtant en première ligne quand la direction, en télétravail, a décidé de rouvrir au public pendant la crise sanitaire),
  • l’absence d’écoute du personnel croulant sous les nouvelles missions.

A cela s’ajoute la gestion orgueilleuse d’une énième réorganisation du Service Public  dont chacun-e constate pourtant l’échec.

A l’heure où le Musée du Louvre annonce un recrutement pied de corps en catégorie C de dizaines de postes de titulaires, notre organisation syndicale constate que malgré le tableau dressé par la direction de la BnF, les solutions par le haut existent bien à certains endroits du Ministère, ce qui ne peut que motiver le personnel à continuer la mobilisation.

La sortie de crise est possible et elle devra commencer par l’annonce immédiate d’un recrutement direct de magasiniers-ières fonctionnaires amenant rapidement les effectifs dont nous avons tant besoin là où ils sont indispensables, notamment en prévision du déménagement à Amiens et suite à la réouverture de Richelieu, et pour assurer le flux continue de nos missions de conservation et de service public. La sortie de crise commence aussi par le fait de savoir reconnaitre ses erreurs en annulant une réorganisation du service public qui ne fonctionne pas. La sortie de crise commence enfin par annuler le recrutement de contrats ultra précaires pour revenir à la norme gagnée par le personnel avec l’intersyndicale CGT-FSU-SUD Culture : un besoin permanent = un CDI.

La section SUD Culture de la BnF  n’est pas « maximaliste » mais simplement réaliste face à la souffrance de nos collègues et nous continuons ce jour de porter haut et fort ces revendications. Nous ne nous laisserons endormir ni par le temps qui passe, ni par les « mesurettes », les ajustements ou autre cache misère. Nous refusons aussi les instances tronquées, les cadres de discussion réduits à du virtuel et le refus de parler aux personnels. Nous ne siégerons donc pas dans ce CA qui n’est qu’une caricature d’une instance déjà peu démocratique ! »

Du 19 novembre au 25 novembre, EXIGEONS LA FIN DES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES !

La cause des violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes au quotidien est connue : c’est le système patriarcal.

Nous devons nous y attaquer partout, toute l’année : dès l’école maternelle, dans la rue, dans les médias, dans les entreprises, au travail comme dans toutes les organisations collectives, et bien sûr dans la Culture.

C’est ce système qui « autorise et tolère » voire encourage socialement les conduites de dominations et de violences envers les femmes. 225 000 femmes sont victimes de la violence de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année, un tiers des femmes sont victimes de harcèlement sexuel au travail, 80 % des femmes handicapées sont victimes de violences…

En 2022, ces violences restent massives. Elles sont présentes dans toutes les classes sociales, dans toutes les sphères de la société, et partout dans le secteur culturel : dans le spectacle vivant, dans la musique, en archéologie, dans les écoles du ministère de la Culture, dans les musées, à la BnF…

 

Quel que soit le statut des victimes, scomédiennes, musiciennes, techniciennes, étudiantes, bénévoles, salariées et agentes de structures privées et publiques… des voix se sont élevées pour témoigner des violences subies, pour dénoncer la culture du viol et pour tenter de faire cesser l’impunité des agresseurs et l’inertie des institutions.

Si la libération de la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles a pu trouver un certain écho médiatique, encore faut-il que cette parole soit réellement écoutée, qu’elle ne soit pas remise en cause, qu’elle soit crue et que des procédures soient mise en place pour condamner les agresseurs. Des paroles aux actes, il y a souvent un abyme ! Nous ne pouvons que trop souvent le constater au sein de notre ministère (avec par exemple la reconduction et le maintien d’un prédateur sexuel présumé à la tête du CNC).

De mesurettes en déclarations de bonnes intentions, il manque encore et toujours des politiques ambitieuses dotées de moyens en adéquation avec les besoins, et les déclarations de la nouvelle ministre ne semblent pas augurer de nouvelle ère.

SUD Culture continue d’exiger :

  • l’application effective des lois et textes réglementaires relatifs à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail ;
  • la mise en place d’actions de prévention et de formation en direction de l’ensemble des salarié·es et des différents acteurs et actrices de la prévention (y compris les dirigeants), et leur inscription dans le règlement intérieur ;
  • le renforcement des mesures de protection des victimes sur le lieu de travail dès le signalement des violences : éloignement/suspension immédiat de l’auteur, et si nécessaire, le déplacement sur un autre site de la victime (avec son consentement !) ;
  • l’accès à des données chiffrées dans les bilans sociaux ou les base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE) et par le biais d’enquêtes spécifiques ;
  • l’inscription des violences sexistes et sexuelles dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
  • l’établissement et la publicisation de sanctions claires à l’égard des auteurs ;
  • la prise en compte systématique de ces violences, y compris celles survenues hors du travail, lors des négociations sur les accords Égalité ;
  • la mise en place d’autorisations d’absence pour que les femmes victimes de violences sexuelles puissent porter plainte ou déposer une main courante, se rendre chez le médecin ou aux urgences médico-judicaires, consulter un·e avocat·e… ;
  • la prise en charge des frais juridiques et médicaux (notamment psychologiques) par l’employeur dans le cas de violences subies sur le lieu de travail ;
  • la déclaration systématique comme accident du travail des violences sexistes et sexuelles ;
  • la facilitation d’aménagements horaires, fonctionnels et de mutation pour les victimes ;
  • la création d’un congé pour que les femmes victimes de violences conjugales et intrafamiliales puissent se protéger, s’organiser
  • des hébergements d’urgence, en nombre suffisant

MANIFESTONS, CRIONS NOTRE RAGE, DÉNONÇONS ET EXIGEONS LA FIN DE CES VIOLENCES

Elections professionnelles Fonction Publique 2022 : votons SUD mais surtout, construisons nos luttes !

PARTOUT, FAISONS ENTENDRE LA VOIX DU SYNDICALISME RADICAL !

Vous retrouverez dans ce dossier les professions de foi déposées par la section SUD Culture de la BnF et SUD Education pour les élections professionnelles Fonction Publique 2022.
>>> Attention, le vote se fera uniquement par voie électronique (en ligne), du 1er au 8 décembre 2022!

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Le patriarcat ne s’effondrera pas tout seul, aidons-le !

POUR QUE NOS VIES NE SOIENT PLUS CLASSÉES SANS SUITE
MANIFESTATION CONTRE LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES

SAMEDI 19 NOV. 2022
RDV 14h République

TEXTE D’APPEL UNITAIRE

Le collectif #NousToutes et l’ensemble des associations féministes et organisations syndicales signataires de ce texte appellent tou·tes celles et ceux qui veulent en finir avec les violences sexistes et sexuelles à manifester le samedi 19 novembre 2022 à Paris et partout en France. La mobilisation continuera toute la semaine jusqu’au 25 novembre, date de la journée mondiale de lutte contre les violences à l’égard des femmes.

En 2022, les violences sexistes et sexuelles restent massives. Elles abîment et parfois brisent la vie de millions de femmes, de personnes LGBTQIA+, d’enfants, de familles. Face à cette réalité, une prise de conscience collective a eu lieu. Mais elle n’est pas suffisante. Alors qu’il est maintenant devenu évident que le président de la République et ses gouvernements sont en décalage avec les attentes de la société sur ces questions et ne mènent pas de politiques publiques adaptées à l’enjeu, nous appelons la société toute entière à se mobiliser, dans chaque ville, chaque école, chaque université, chaque établissement de santé, chaque entreprise, chaque parti politique, et sur les réseaux sociaux.

Les violences sexistes et sexuelles surviennent partout, et tout le temps. Elles trouvent racine dans le patriarcat et se situent aussi, souvent, au croisement d’autres discriminations racistes, classistes, validistes, psychophobes, LGBTQIA+phobes, sérophobes, grossophobes, âgistes, islamophobes, antisémites, xénophobes, etc.

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Précarité à la BnF : La LUTTE CONTINUE !

SUD Culture Section BnF

Appel de collègues « vacataires » à une Assemblée Générale
SAMEDI 19/11, 12h30-13h30, Tolbiac, locaux syndicaux T4A2 !

En septembre sont arrivés de nouveaux contrats précaires spécialement concoctés par la direction pour pallier le sous-effectif chronique dont souffrent les équipes de service public. Aux collègues « vacataires » embauché-es parfois depuis des années en CDI et travaillant jusqu’à 110h par mois notamment en soirée et le weekend, se sont greffées – sur des tâches similaires et bien permanentes – des agent-es sur contrats d’un an renouvelables une fois et sur de faibles quotités horaires, qui forment des équipes SP dîtes « mobiles » le matin ou sont posté-e-s selon les besoins.

Cette situation absurde, qui creuse les inégalités entre agent-es, est la conséquence directe des choix de la direction, qui a décidé de renier son engagement à embaucher en CDI et jusqu’à 110h/mois les agent-es « vacataires » travaillant sur des besoins permanents (protocole de fin de grève signé par la présidente de la BnF Laurence Engel avec les organisations syndicales CGT-FSU-SUD en 2016).

Malgré des mois de lutte contre cette situation liée au sous-effectif en cat. C et de nombreux préavis de grève, les choses n’ont pas bougé, la direction ayant ainsi et de son seul fait décidé d’instaurer un conflit durable, conflit qui ne risque pas de s’éteindre quand on considère l’insupportable affront incarné par cette politique antisociale.

Pendant ce temps, la réorganisation du service public, dont nous constatons chaque jour l’inefficacité et l’indigence, continue de désorganiser le travail des équipes de magasinage, qui comportent désormais 4 statuts différents : des magasiniers/ères titulaires, des magasiniers/ères contractuel-les à temps plein, des « vacataires » en CDI à 110h et d’autres sur des contrats de 1 an (sans compter les contrats réellement temporaires de remplacement)…

Nos collègues fraîchement embauché-es (élégamment surnommés les « voitures balais » dans les hautes sphères qui n’en sont plus à une marque de mépris près), se retrouvent à courir pour des salaires de misère et sur un temps réduit de station en station, coupé-es du reste de leur équipe, sans affectation précise, et parfois sans pause déjeuner comme c’est le cas le samedi avec des postages de 11h à 14h.

A côté de cela, les plus ancien-nes « vacataires » se sont vu-es promettre une soi-disant sortie de la précarité suite à l’ouverture de postes de contractuel-les à temps plein mais qui en fait ne permettent d’obtenir le statut protecteur de fonctionnaire et qui ne donnent pas droit aux primes, créant ainsi une différence de salaires avec leurs collègues fonctionnaires. Dans l’air du temps, la direction joue pleinement la contractualisation de la Fonction Publique voulue par le gouvernement et dont la finalité est bien de libéraliser l’ensemble des services publics. La seule sortie viable, c’est celle du recrutement direct de magasiniers/ères (avec volet interne) pour titulariser les précaires !

Mais la solidarité tout comme la colère sont là et de nombreux/ses agent-es marquent

régulièrement leur désaccord avec cette gestion antisociale des effectifs, d’autant plus quand cette gestion catastrophique se double d’atteinte aux droits les plus élémentaires des plus précaires d’entre nous (droit aux demi-journées d’indisponibilités, de suivre des formations sur le temps de travail, accès aux prestations sociales etc.).

En appui à l’appel diffusé par des collègues « vacataires » du DEP (voir au dos), la section SUD Culture de la BnF appelle les précaires de l’établissement mais aussi l’ensemble des agent-es à s’organiser en participant à une :

Assemblée Générale
Samedi 19 novembre > 12h30-13h30

Locaux syndicaux Tolbiac T4/A2

Une heure d’information syndicale a été déposée pour vous permettre d’y assister sur votre temps de travail. Prévenez juste votre hiérarchie, venez déjeuner sur place et en encouragez les collègues hésitant-es à venir !