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Consolidation des étagères de libre-accès en salles de lecture : Un chantier important, mais pas n’importe quand ni n’importe comment !

Communiqué de la section SUD Culture de la BnF, le 19/07/2017

Au début du mois de juin, une étagère de documents en libre-accès en salle U s’est écroulée, entraînant la chute des ouvrages. Si aucun-e lecteur et lectrice n’a été blessé, certain-e-s se trouvaient à proximité lors de la chute de cette étagère et les conséquences de celle-ci auraient pu être plus grave.

Notre organisation syndicale est intervenue à ce sujet, en particulier lors du dernier Comité d’Hygiène, de Sécurité et de Conditions de Travail, pour demander qu’un état des lieux soit fait afin de savoir si ce type d’incident peut se reproduire et pour qu’un chantier soit prévu afin de changer ces étagères, qui ont près de 20 ans.

Un inventaire des étagères des salles de lecture du site de Tolbiac a donc été fait et il apparaît que la plus grande partie des rayonnages est fragilisée. Face à cette situation dégradée, un chantier de consolidation des rayonnages au moyen de cales semble prévu par le DMT à partir, vraisemblablement, du mois d’août.

S’il est nécessaire de consolider des rayonnages abîmés pour garantir la sécurité des lecteurs/trices et des agent-e-s et si le principe de ce chantier correspond bien aux demandes de notre organisation syndicale, c’est la mise en œuvre de celui-ci qui pose problème.

En effet, les informations quant à son déroulement et à son calendrier sont très floues et imprécises. De plus, les départements de la DCO ne semblent pas avoir les mêmes positions ou réagir de la même façon. Ainsi, au département LLA, il a été demandé à certain-e-s chargé-e-s et gestionnaires de collections de procéder à un désherbage en urgence dans les salles du Haut et du Rez-de-jardin, de manière à libérer 6 cm sur chaque rayonnage d’ici la fin du mois de juillet. Des ouvrages seront sinon retirés arbitrairement pour libérer l’espace nécessaire, puis transmis aux chargés de collections pour validation du retrait. Il semblerait que la pose des taquets et cales serait, elle, assurée par les magasiniers/ères des départements de collections.

Tout d’abord, face à cette annonce confuse, on ne peut une nouvelle fois que regretter qu’il ait fallu attendre un accident pour que ce problème, connu de longue date, soit enfin sérieusement pris en considération. Cette décision aurait pu être anticipée et l’urgence évitée si des moyens avaient été dégagés en temps opportun. Ces étagères sont en effet inspectées régulièrement par le DMT, leur état ne semble pas surprendre, et leur fragilité avait été signalée depuis de nombreuses années. Aussi serait-il la moindre des choses que les départements puissent disposer d’informations précises au plus vite pour pouvoir préparer dans de bonnes conditions l’organisation du chantier.

Car ce nouveau chantier urgent, annoncé en plein été, constitue pour les agent-e-s concerné-e-s une tâche supplémentaire particulièrement lourde. Les magasiniers/ères devront procéder non seulement à des mouvements de collections mais également à la pose du matériel de consolidation, alors qu’ils et elles travaillent déjà, dans bien des services, à effectifs réduits et que leurs plannings de service public sont extrêmement serrés. Les chargé-e-s de collections ont quant à eux et elles des délais impératifs à respecter pour les acquisitions, dont la fin est fixée à la mi-octobre depuis quelques années ; l’été est aussi la période de la campagne annuelle de révision des abonnements de périodiques. Pour leur part, les gestionnaires de collections, toujours soumis-e-s au délai médian pour le catalogage courant, devront en plus prendre en charge la modification dans le catalogue des notices des documents désherbés. Ce chantier intervient en plus en pleine période de vacances : dans le cas des consignes données au département LLA, certain-e-s agent-e-s absents pendant tout ou partie du mois de juillet ne pourront matériellement pas désherber les collections dont ils et elles ont la charge et, d’une manière plus générale, les agent-e-s de la DCO sont aussi plus lourdement sollicité-e-s pour le service public en été.

Mais les conséquences de ce chantier sur le reste de leur travail ne semblent pas non plus avoir été prises en compte. Aucun élément n’indique qu’il soit prévu de les décharger de certaines de leurs tâches habituelles, notamment de service public, pour faire face à cette urgence. Il n’est pourtant pas admissible de reporter sur le personnel, par une surcharge de travail et une action dans l’urgence, les conséquences de l’absence de travaux sur les étagères depuis 20 ans.

De plus, aucune fermeture de salle ne semble envisagée. Nous nous interrogeons donc sur les conditions dans lesquelles s’effectueront ces travaux sur les étagères. Les mouvements de collections et les travaux, quels qu’ils soient, se font habituellement en dehors des périodes d’ouverture au public. Il nous semble donc envisageable, tant pour le confort du public que pour éviter une surcharge de travail des agent-e-s, que ces travaux se fassent pendant la fermeture annuelle, ce qui permettrait aussi de repousser quelque peu le délai imposé pour le désherbage. Le cas échéant, la fermeture des salles de lecture concernées pendant la période du chantier de consolidation de rayonnages, mais aussi du désherbage, pourrait être une autre solution. Cela a du reste été fait récemment pour le remplacement de bornes Wifi, qui elles posent bien des problèmes. L’importance de ce chantier, comme de tant d’autres tout aussi nécessaires, confirme en tout cas une fois encore, si besoin en était, la nécessité de revenir à une fermeture annuelle de deux semaines, comme l’a toujours préconisé notre organisation syndicale.

Concernant plus spécifiquement la consigne de désherbage en urgence donnée au sein d’une partie du département LLA et la situation des chargé-e-s de collections, dans la mesure où il s’agit d’une tâche lourde, imprévue et urgente, qui se surajoute à leurs autres tâches sans qu’ils et elles aient pu l’anticiper, il paraîtrait normal que la date de fin des acquisitions soit repoussée au moins à la mi-novembre, comme cela était du reste le cas auparavant.

Ajoutons enfin que le désherbage, qui doit se faire de manière réfléchie, selon des critères intellectuels, que chaque chargé-e de collections doit apprécier en fonction du fonds dont il/elle a la charge pour maintenir sa cohérence, se prête mal à l’urgence : on ne retire pas des documents des collections à la va vite. Il est pour le moins inquiétant que notre établissement envisage de réduire son offre documentaire, en fonction de considérations qui n’ont rien à voir avec le contenu des collections et des critères documentaires. Les collections sont-elles devenues pour la BnF une variable d’ajustement ? Il nous semblerait plus censé, plutôt que de retirer définitivement ces documents des collections, de les mettre temporairement de côté, pour les réintégrer une fois que les rayonnages pourront les accueillir sans danger.

Il nous paraît donc nécessaire que :
– des consignes claires quant au déroulement et au calendrier de ce chantier soient communiquées au plus vite par le DMT aux départements de la DCO et à leurs agent-e-s, afin qu’ils puissent anticiper l’organisation de ce chantier en fonction de leurs effectifs et de leur charge de travail ;
– ce chantier se fasse suivant un calendrier réaliste et qu’en particulier, un délai supplémentaire soit accordé pour réaliser le désherbage, de manière à ce qu’il puisse se faire de façon réfléchie ;
– ce chantier soit réalisé de préférence pendant la période de fermeture annuelle et/ou que les salles de lectures concernées soient fermées au public pendant les chantiers de désherbage et de consolidation ;
– les agent-e-s concerné-e-s soient déchargé-e-s d’une partie de leurs tâches habituelles pour faire face à l’urgence ;
– la date de fin des acquisitions, habituellement fixée à la mi-octobre ces dernières années, soit repoussée à la mi-novembre.

Ce chantier de consolidation s’inscrit dans un contexte de conditions de travail dégradées et d’une charge de travail accrue pour la plupart des agent-e-s, constamment sollicité-e-s pour de nouvelles tâches prétendument urgentes. Les difficultés qu’il soulève illustrent une fois encore les conséquences désastreuses des suppressions de postes de ces dernières années, tant au DMT que dans les départements de collections. Il revient à la direction de la BnF de veiller à ce que ce chantier se fasse en tenant compte des contraintes et de la charge de travail de tous les agent-e-s concerné-e-s, ainsi que de celles liées aux tâches qui leur sont demandées (mouvements de collections, désherbage et vérifications afférentes, catalogage, pose des taquets et cales), afin qu’il puisse se passer dans de bonnes conditions.

Sous-effectif au département littérature et art : Comment la direction normalise la transversalité entre services

Depuis plusieurs mois les équipes de magasinage du département littérature et art (D4) souffrent de sous-effectif, en particulier le Service Littérature du Monde (SLM). Suite à l’ouverture d’une nouvelle station TAD, aux départs prévus ou non d’agent-e-s, à des mises en disponibilité ou encore à des arrêts maladie de longue durée, les effectifs n’ont pas été compensés ou bien de façon très insuffisante.

Aussi, chaque situation liée à une absence supplémentaire imprévue ou à la simple prise de congés, qui devrait pourtant être résolue grâce à des effectifs adaptés, crée très fréquemment des situations où des services ne peuvent tout simplement plus assurer certaines plages de service public. Ceci les oblige souvent à faire appel à la transversalité entre services voisins, ce qui revient à déplacer le problème. Cette transversalité, plébiscitée un peu partout dans la BnF par la direction sous couvert d’un meilleur travail en commun des services, n’est donc en rien une solution face aux sous-effectifs mais tout juste un moyen de les maquiller en en demandant toujours plus aux agent-e-s.

Il est également fréquent de voir des agent-e-s devant assurer plusieurs postes en même temps pour combler les sous-effectifs, pratique inacceptable pour notre organisation syndicale car elle entraîne une surcharge de travail, du stress et des risques accrus de fatigue physique (ports de charges multipliées, déplacements plus fréquents, etc.…).

Notre organisation syndicale est intervenue à plusieurs reprises auprès de la direction au sujet de cette situation, sans pour l’instant obtenir de réponse satisfaisante.
Plusieurs exemples illustrent pourtant clairement cette organisation du travail bouleversée et les pratiques abusives que met en place la BnF :

  • Des services constamment sollicités pour renforcer les plannings des services voisins (notamment celui du SLM), souvent au détriment de leurs propres effectifs.
  • Des plages de service public parfois abandonnées faute de personnel disponible, comme le rangement et la surveillance de salle en journée voire en soirée et parfois le travail en magasin durant certaines plages de service public le samedi.
  • Des situations où les agent-e-s se retrouvent à seulement 3 pour assurer le service public en salles U/V en soirée (1 agent-e par banque, 1 agent-e en ABS) alors que l’effectif prévu initialement par les plannings est de 6 (2 par banque, et 2 en ABS) !
  • La généralisation de la situation où une seule personne est postée de 16h30 à 18h (voire jusqu’à 20h) en arrière-banque U/V, plage parfois source de surmenage car il faut gérer en peu de temps : le déménagement des casiers (afin de préparer les demandes des lecteurs/trices du lendemain) ; le vidage des dernières nacelles TAD ; l’envoi des derniers retours avant 17h (16h30 le samedi) ; le pistage des retours de documents destinés aux chariots du socle ; s’occuper des retours sans communication. Tout cela sans compter la gestion d’éventuels problèmes liés à des dysfonctionnements dans le circuit des documents (document temporairement égaré, etc.).
  • La généralisation de la fusion de deux postes pour une seule personne, par exemple celui dédié au rangement et celui consacré à l’arrière-banque de 18h à 20h, ou encore ceux de l’ABS et d’une station en magasin au L1..
  • Demander aux agent-e-s de quitter plus tôt leur poste en magasin afin d’aider au mouvement des ABS.
  • Des encadrant-e-s qui font de nombreuses heures de travail en plus, dont beaucoup se retrouvent écrêtées, afin de combler les plannings en souffrance.
  • Des plages de service public en salle G où aucun-e agent-e n’est posté-e, laissant le/la président-e de salle seul-e, les agent-e-s du SLL posté-e-s en salle H étant alors « invité-e-s » à faire des tours de surveillance sur les deux salles, le tout en période de saturation.
  • L’ouverture temporaire d’un bureau d’accueil en salle G, qui génère un nouveau poste de service public à assurer sans qu’aient été prévus pour autant des effectifs supplémentaires, ce qui dégrade ainsi encore plus les conditions de travail.

Nouveau poste de service public en salle G :

Des services toujours plus sollicités et une distribution discriminatoire du travail !

La direction a décidé récemment de l’ouverture d’un nouveau bureau d’accueil dans le fond de la salle G, destiné à la surveillance durant la période du bac et générant donc des plages de service public supplémentaires non sans conséquence sur des effectifs déjà réduits.

Il a également été annoncé que ce poste sera occupé uniquement par les « vacataires », avec de nouveau un recours à la transversalité entre services puisque le service Littérature du Monde, responsable de la salle, n’est pas en mesure de le gérer seul. Jusqu’aujourd’hui dans notre établissement, jamais un poste de service public à la DCO n’a été assigné à une catégorie particulière de personnel. En effet les agent-e-s de la DCO, qu’ils/elles soient titulaires ou non titulaires ont toujours jusqu’aujourd’hui géré ensemble et selon un partage équitable toute les tâches de service public, peu importe leur pénibilité ou les préférences personnelles des agent-e-s.

Revenir sur ce principe égalitaire d’organisation du travail est donc pour nous une décision totalement injustifiée et inacceptable !

Notre organisation syndicale est intervenue pour dénoncer cette situation auprès de la direction, pour demander la mise en place de réels renforts en personnels et son intervention pour mettre fin à toute attribution discriminatoire du travail en service public !


Alors que la direction promet de vouloir améliorer les conditions de travail à la BnF, l’action entreprise au sein de ce département est pour notre organisation syndicale un véritable signe de mépris lancé à l’ensemble des agent-e-s. C’est également la preuve de l’incapacité de la direction d’accorder à ses politiques d’accueil du public les moyens de leur mise en œuvre ! Car nous savons très bien que ces problèmes de sous-effectif, de plannings contraints, de transversalité et de postes non-tenus se posent partout à la BnF !

 Contre la dégradation des conditions de travail au département Littérature et Art comme dans toute la BnF, exigeons des effectifs à la hauteur de nos besoins !

ComRAO est arrivée !

En effet, le 13 mars dernier, après diverses informations contradictoires, ComRAO est arrivée au département de la Musique (sites Louvois et Opéra) et au département des Monnaies, Médailles et Antiques. Il convient peut-être de saluer la rapidité de la mise en fonctionnement de l’application COMRAO, alors que la mise à jour des comptes GTA pour les 5 jours de congés supplémentaires pour 2017 obtenus lors de la journée de grève du 15 décembre tarde tant dans son application pour les agent-e-s de Richelieu/Louvois.

ComRAO, c’est le petit nom pour les départements spécialisés de l’application informatique qui est désormais censée permettre aux lecteurs/trices de commander à distance et à l’avance leurs documents, et qui est aussi censée permettre la communication informatisée de ces documents. Cela c’est la théorie.

En réalité, l’application ComRao, loin de faciliter le circuit du document, l’a considérablement alourdi. Le personnel rame avec une application qui n’est pas prête, car élaborée sans les moyens nécessaires aux ambitions de la direction (manque de postes, de personnels, de temps, de mise en pratique, de coordination entre les différents services notamment informatique et DMT).

Elle entraîne de nombreux problèmes techniques non anticipés, puis non résolus à temps, qui  rendent les conditions de travail très difficiles pour les agent-e-s :

■ Des statuts de documents divergents, non modifiables, pouvant concourir à une plus grande perte de documents ;

■ Aucune mémoire des filtres de tri ;

■ Taux d’erreur de l’application important qui oblige les agent-e-s à effectuer des vérifications manuelles ;

■ Problèmes très réguliers de paramétrage mettant trop de temps à être résolus

■ Système de mise de côté inadapté, etc…

■ Quant au code barre sur le bulletin, il est un pis-aller qui fonctionne mal (perte des papiers, prise en considération informatique de la demande et pas du document qui amène beaucoup de complication lors du traitement de chaque demande).

Ces conséquences négatives pour les lecteurs/trices amène le personnel à devoir les accompagner individuellement, alors qu’il doit déjà se former lui-même et improviser une réorganisation de son propre travail en inadéquation avec ses réalités.

Mais en plus de ces dysfonctionnements, des problèmes techniques et des difficultés organisationnelles, ce système de réservation implique aussi que les magasiniers/ères doivent être présent-e-s plus tôt le matin et soient plus nombreux/ses pour faire les différentes opérations nécessaires. Or, les effectifs ne changent pas et les équipes doivent également répondre aux exigences du travail interne, nécessaire à la préparation des collections, notamment en vue du déménagement, pour le département de la Musique. Cela se traduit donc par une augmentation de la charge de travail et des pressions pour des agent-e-s qui se retrouvent de fait en sous-effectif et par un risque que le travail interne soit délaissé.

Cette situation ubuesque a rapidement amené la section SUD Culture de la BnF à demander la suspension de cette application, mais la direction s’y est refusée en prétendant qu’il ne s’agissait que d’aléas informatiques temporaires, sans considération pour les trop nombreuses difficultés rencontrées par les agent-e-s. Loin du terrain, il semblerait qu’elle n’ait toujours pas compris la différence entre les divers sites de la BnF, du point de vue des bâtiments, des collections et de l’organisation du travail qui en découle. De plus, les restrictions budgétaires et d’effectifs ne la freine en rien dans sa volonté d’afficher de nouveaux services pour les lecteurs/trices et de prétendre faire preuve de « modernité » à travers ce type d’application informatique. Et ce, peu importe comment cela se passe concrètement pour les agent-e-s.

Il faut croire qu’aucune leçon n’a été tirée de l’ouverture du site de Tolbiac à l’automne 1998 et de tous les problèmes informatiques rencontrés alors…

Il n’y a pas eu de marche à blanc pour tester dans une configuration la plus réaliste possible l’application ComRAO.

Il n’y a pas eu d’augmentation des moyens matériels pour anticiper les difficultés.

Il n’y a pas eu de prise en compte des avis et remarques des agent-e-s !

Dans ces conditions, l’introduction de ComRAO se traduit par une dégradation des conditions de travail pour les agent-e-s et par une dégradation du service réel offert aux lecteurs/trices, tout cela dans un contexte défavorable.

La section SUD Culture de la BnF redemande donc la suspension de ComRAO, le temps qu’il faudra pour régler les problèmes rencontrés, préparer sa mise en marche dans de bonnes conditions et doter les départements concernés des moyens en personnel et en matériel nécessaires !

 

Contre les violences sexistes et sexuelles à la BnF : réunion non mixte le 03 mars et appel à une prise de conscience collective

La BnF, avec ses 2.400 agent-e-s à majorité féminine, n’est pas exempte de rapports sociaux où la domination d’un groupe sur l’autre s’impose de façon violente, qu’il s’agisse de racisme, d’homophobie, ou encore de sexisme.

Notre établissement est également un lieu où des actes de harcèlement sexuel se produisent, tant entre collègues qu’au sein du public ou des sociétés de sous-traitance. Ces situations inacceptables, qui sont le reflet d’une société machiste et patriarcale, doivent être systématiquement dénoncées. Il relève de la responsabilité de tous/tes d’y veiller.

Notre organisation syndicale, féministe et antisexiste, a demandé récemment à la direction de la BnF la production d’une note de prévention détaillée et la mise en place d’une campagne de sensibilisation, afin de donner à l’ensemble des agent-e-s, qu’ils/elles soient victimes ou témoins de violences sexistes ou sexuelles (en tant que collègues ou encadrant-e-s), les outils et bon réflexes à adopter pour gérer ces situations.

Pour mettre fin au harcèlement sexuel et à toute violence sexiste,  il incombe aussi à tous/tes d’être les acteurs et actrices d’un changement de mentalité, et de lutter contre les discriminations que subissent les femmes au travail comme dans le reste de la société.

La section SUD Culture de la BnF invite l’ensemble des agent-e-s à prendre ces problèmes à bras le corps, et propose à toutes les femmes (agentes de la BnF comme de sociétés sous-traitantes) de participer le 03 mars à une réunion non mixte portant sur le harcèlement sexuel et les violences sexistes, afin de s’armer pour surmonter la seule position de victime.

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Réunion non mixte sur le harcèlement sexuel et les violences sexistes

Vendredi 03 mars 2016 de 12h à 14h

Locaux syndicaux de Tolbiac (T4 A2)

En présence d’une membre de l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT) et d’une syndicaliste de l’Union Syndicale Solidaires.


 Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, des comportements à proscrire et dénoncer :

Les avances ou propositions à caractère sexuel non sollicitées, qu’elles soient verbales ou écrites.

Les remarques ou « compliments » insistants sur le physique ou les tenues vestimentaires d’une collègue.

Exhiber sa vie sexuelle ou diffuser des images pornographiques à une collègue, sans y avoir été sollicité.

Les plaisanteries et remarques sexistes, visant à dévaloriser la place des femmes au travail et dans la société ou les enfermant dans des stéréotypes de genre (aptitude aux travaux ménagers, « sensibilité féminine », superficialité, incompétence physique, etc…).

Récupérer et/ou utiliser la messagerie et/ou le numéro de téléphone (personnel ou professionnel) d’une collègue, sans que cela ait de rapport avec le travail et sans son accord.

► Adopter un comportement intrusif pour avoir des renseignements sur la vie personnelle d’une collègue.

Insister pour inviter une collègue à déjeuner ou prendre une pause malgré un premier refus.

► Porter des jugements de valeur et/ou colporter des  rumeurs sur la vie sexuelle d’une collègue. […]

Le harcèlement sexuel et les comportements sexistes sont source de souffrance au travail. Ce qui pour certains est « anodin » est vécu comme une violence quotidienne pour les femmes, créant des sentiments d’humiliation, de dévalorisation personnelle, de peur ou encore de culpabilité. Certains de ces actes sont passibles de sanctions et de poursuites judiciaires.

 Mobilisons-nous pour y mettre fin, à la BnF comme ailleurs !


  Pourquoi organiser une réunion non mixte (ouverte seulement aux femmes) ?

 Il est régulièrement constaté que, même au sein d’assemblées ou réunions où la parité est respectée, les femmes prennent moins la parole que les hommes, soit parce qu’on ne leur en laisse pas la place (rapport de force), ou bien parce qu’elles n’osent pas la prendre. Les femmes, quotidiennement rabaissées par une société patriarcale, dénigrées au travail (moins rémunérées que les hommes sur des postes équivalents / exposées aux temps partiels imposés / préposées aux emplois les moins qualifiés), exploitées dans leur foyer où elles assurent la majorité du travail domestique, et cibles privilégiées des violences sexistes et sexuelles, constituent en soi un groupe social discriminé. Pour ces raisons, les moments de non mixité choisis sont émancipateurs vis-à-vis d’un groupe désigné de façon générique comme oppresseur. Ils permettent d’instaurer un climat de confiance, propice à une libération de la parole et indispensable à la construction de luttes et de revendications.

Quelles attitudes adopter pour les femmes victimes de harcèlement sexuel ?

Ne pas rester isolée : contacter un-e médecin (personnel-le ou du travail, psychologue…), les organisations syndicales, un-e proche (collègue ou non) ou une association comme l’AVFT. Il est possible de poser une main courante ou de porter plainte contre un auteur de harcèlement, le dossier sera alors étudié pour une éventuelle instruction. Penser à conserver toute preuve mettant en cause le harceleur (mails, sms, témoins…).

Saisir sa hiérarchie pour dénoncer la situation : par un message électronique ou un entretien (qui peut être l’entretien annuel). En cas de besoin d’accompagnement pour effectuer ces démarches, contacter les organisations syndicales ou un-e collègue. Toute démarche de dénonciation constitue en soi un fait probant, qui sera utile pour sanctionner l’auteur de harcèlement et faire cesser les violences subies.

Une fois ces démarches faites, le cas sera étudié dans le cadre d’une enquête, par une direction ou en CHSCT, à l’issue de laquelle des sanctions (avertissement, blâme, éloignement, mise à pied) pouvant aller jusqu’au licenciement pourront être prononcées contre le harceleur.

Comme dans le privé, il est de la responsabilité légale de l’employeur public d’assurer la protection de ses agent-e-s.

Que dit la loi ?

 La loi n°2012-954 du 6 août 2012 relative au harcèlement sexuel définit le harcèlement sexuel comme « le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit porte atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante » […]. Le harcèlement sexuel est puni par la loi de 2 ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende (3 ans et  45.000 euros d’amende dans le cadre de circonstances aggravantes).

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Réduction de l’accueil et de l’ouverture du service médical : non à la dégradation de la protection de la santé des agent-e-s et de leur prise en charge médicale !

Depuis de nombreux mois, le service médical de la BnF connaît une situation difficile, qui menace la prise en charge médicale des agent-e-s de l’établissement et la garantie de pouvoir travailler dans de bonnes conditions du point de vue du suivi des questions de santé.

En effet, suite au départ d’un médecin il y a plus d’un an, puis de deux infirmières, le service médical sur le site de Tolbiac se retrouve réduit à une toute petite équipe. La conséquence de cela, c’est que désormais et pour une durée indéterminée, le service médical sur ce site ne peut presque plus recevoir les agent-e-s de manière inopinée, ce qui veut dire que les soins infirmiers et les urgences médicales, mais aussi simplement les petits problèmes de santé ou les demandes de renseignements sur l’instant, ne sont plus assurés sauf exceptions. Seuls les rendez-vous prévus à l’avance continuent à avoir lieu. Mais il est évident qu’avec une équipe aussi réduite (une médecin et une infirmière), ces rendez-vous seront plus étalés dans le temps et donc que la prévention et le suivi médical seront plus difficiles. Il en est de même pour l’étude des postes de travail et des conditions de travail dans les services. Surtout qu’il arrive désormais régulièrement que certains jours le service médical soit fermé toute la journée.

En attendant, pour faire face aux urgences, il est demandé aux agent-e-s de contacter les pompiers. Cette solution est loin d’être appropriée pour les problèmes de santé bénins ou pour les situations de fatigue ou de stress, qui ne sont donc plus couverts de fait sur le site de Tolbiac. Tout ceci entraîne une dégradation réelle de la protection de la santé des agent-e-s et de leurs conditions de travail, qui provoque d’ailleurs une forte inquiétude parmi le personnel de ce site.

La situation n’est pas meilleure sur le site de Richelieu, où il n’y a toujours qu’une infirmière à mi-temps, ce qui là aussi ne permet pas une prise en charge médicale à la hauteur des besoins et d’offrir le service de santé nécessaire pour ce site.

Cette situation de crise est la conséquence d’une série de problèmes administratifs et de communication, qui n’a pas permis d’anticiper les départs et de pourvoir plus rapidement les postes devenus vacants. Cela n’est pas acceptable pour notre organisation syndicale et il était de la responsabilité de la direction de la BnF d’anticiper ce problème et de le résoudre de manière efficace le plus vite possible. De même que l’incertitude sur la durée de cette situation dégradée n’est pas normale.

C’est pour cela que nous avons saisi la direction de la BnF à ce sujet lors du CHSCT du mois de janvier.

Actuellement, deux postes de contractuel-le-s de courtes durées pour pourvoir rapidement les deux postes d’infirmières sur le site de Tolbiac ont enfin été publiés, en attendant que ces deux postes soient pourvus par des agent-e-s fonctionnaires, dont le recrutement a été lancé. C’est un premier pas et nous espérons que ces postes pourront être pourvus rapidement. Mais il faut aussi parvenir à recruter le deuxième médecin dont l’arrivée se fait attendre.

Dans ces conditions, la section SUD Culture de la BnF redit qu’il est nécessaire non seulement d’avoir 3 postes d’infirmières à Tolbiac et un poste sur le site de Richelieu, mais qu’il faudrait en fait aussi 3 postes de médecin, deux à Tolbiac et un à Richelieu, afin d’avoir une vraie couverture médicale pour l’ensemble du personnel de ces sites, sans surcharge de travail pour le personnel du service médical et pour pouvoir assurer correctement les missions de prévention, de suivi médical et d’accueil en cas de problèmes de santé ou de questionnement.

En attendant, nous demandons que tout soit fait pour pourvoir au plus vite les postes vacants et pour que le service médical puisse grâce à cela retrouver un fonctionnement normal, lui permettant d’accueillir les agent-e-s de la BnF, de l’APBNF et des sociétés sous-traitantes présentes sur les sites en cas de besoins, dans de bonnes conditions.

Nous continuerons à intervenir autant que nécessaire pour que cela soit bien le cas !

 

Samedis travaillés les 24 et 31 décembre 2016 : une journée compléte de travail sera finalement bien comptabilisée

Comme tout le monde s’en souvient, la direction de la BnF a décidé d’ouvrir l’établissement au public lors des samedis 24 et 31 décembre 2016, mais seulement jusqu’à 15h ces deux jours-là.

Pour la section SUD Culture de la BnF, il s’agissait là d’une mauvaise décision, qui revenait à imposer deux jours de travail, non-prévus au départ (ils n’apparaissaient pas sur les planning de service public), pendant des week-end de fêtes, aux agent-e-s de la BnF et en particulier aux agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet, alors que cela ne répondait pas à un besoin évident des usagers/ères de notre établissement. C’est pour cela que nous nous y sommes opposé-e-s lors de son annonce.

Mais puisque ces jours de travail ont finalement eu lieu et que des agent-e-s sont venu-e-s travailler ces jours là, ils/elles étaient en droit d’attendre que la journée de travail leur soit comptée comme une journée de travail complète, puisque c’est la BnF qui a décidé unilatéralement de fermer ces jours-là à 15h. C’est ce qui se fait très régulièrement lors de la fermeture annuelle et c’est ce qui s’était fait lors d’ouverture les 24 et 31 décembre certaines années précédentes.
Or, cela ne fut pas du tout le cas et, en l’absence de consigne précise et argumentée à ce sujet, les services se sont contentés de prendre en compte les heures de travail réellement faites, sans la moindre majoration, ce qui avait aussi une incidence sur les jours de récupérations, qui étaient de ce fait tronqués.

Devant ce qui nous est apparu comme un traitement injuste des agent-e-s ayant dû venir travailler ces samedis là et comme une rupture préjudiciable avec les pratiques antérieures, la section SUD Culture de la BnF a protesté auprès de la direction de la BnF afin de réclamer que les 24 et 31 décembre soient comptabilisés comme des journées de travail complètes pour les agent-e-s concerné-e-s, ce que d’autres organisations syndicales ont fait aussi.

Face à ces réclamations, la direction de la BnF vient enfin de nous répondre en nous indiquant que l’ensemble des agent-e-s ayant travaillé ces jours là se verront comptabiliser une journée entière de travail, ce qui normalement ouvre aussi le droit à une journée de récupération complète pour les agent-e-s qui sont concerné-e-s par ce point réglementaire.

La section SUD Culture de la BnF estime que cette mesure est la seule juste et favorable aux agent-e-s qui sont venu-es travailler ces deux samedis et nous ne pouvons que nous satisfaire de sa mise en œuvre, même tardive. Nous resterons néanmoins vigilant-e-s pour nous assurer qu’elle sera bien appliquée à l’ensemble des agent-e-s concerné-e-s et nous vous invitons à nous contacter si jamais vous rencontrez une difficulté quelconque à ce niveau-là.

Nous revendiquons de plus le fait que désormais, à chaque fois que un ou des sites de la BnF seront fermés de manière anticipée suite à une décision de la direction de l’établissement, une journée entière de travail soit systématiquement comptabilisée aux agent-e-s impacté-e-s.

Non aux journées de travail tronquées,

oui à une comptabilisation de la journée de travail entière !

Comptabilisation du temps de travail les 24 et 31 décembre : non à la triple peine !

Fin 2016 la section SUD Culture de la BnF est intervenue à diverses reprises pour s’opposer à l’ouverture de la BnF les 24 et 31 décembre. Cette année ces deux jours de fêtes tombaient un samedi, ce qui ne correspond pas à un jour de travail « régulier », tant en termes de fréquentation qu’en termes d’effectifs. La décision de la direction de maintenir coûte que coûte une ouverture ces deux jours, même en mettant en place une fermeture anticipée, a donc eu pour conséquence de priver de nombreux/ses agent-e-s d’un temps de repos dont ils/elles auraient pu bénéficier pour ces deux week-ends. En effet les agent-e-s n’ont pas réellement pu profiter des jours fériés des 25 décembre et 1er janvier puisqu’ils tombaient un dimanche, jour de repos habituel pour de nombreux/ses agent-e-s. Cette situation a de plus créé une inégalité de traitement entre agent-e-s de service public venu-e-s travailler ces samedis et les autres agent-e-s qui ont pu bénéficier pour les fêtes de 2 jours de congés consécutifs. En sachant que cela a surtout touché des agent-e-s contractuel-le-s à temps incomplet, qui avaient déjà connu une année 2016 chargée.
 
Dans ces conditions, pourquoi une triple peine ?
 
En plus de venir travailler quelques heures pour un public très restreint ces jours-là, les agent-e-s ont eu la mauvaise surprise de constater qu’aucune consigne sur la comptabilisation de leur temps de travail n’avait été donnée. Habituellement, quand la direction de la BnF prévoit une fermeture anticipée des sites de la BnF, une journée complète de travail est tout de même comptabilisée aux agent-e-s, puisqu’ils/elles ne sont pas responsables de cette décision. C’est le cas durant la fermeture annuelle, tout comme lors des ouvertures réduites les 24 et 31 décembre des années passées.
Or, cette année, cela n’a pas du tout été le cas. En conséquence, les services ont donc comptabilisé aux agent-e-s concerné-e-s uniquement  les quelques heures de travail badgées ces jours-là, plutôt qu’une journée complète. De plus, la durée du repos compensatoire lié au travail le samedi aurait été calquée sur le seul temps de travail badgé et non sur la base d’une journée entière de travail. Tout cela représentant une bien mauvaise surprise pour des agent-e-s qui avaient déjà eu la désagréable obligation de venir travailler ces jours là.

 
Notre organisation syndicale, qui a alerté dès la fin décembre la direction de la BnF sur ces sujets et qui l’a relancé récemment, sans obtenir pour l’instant de réponse, demande la réparation du préjudice causé par cette situation qui a été imposée aux agent-e-s par la direction de la BnF, sans aucune considération.
 
La section SUD Culture de la BnF réclame donc :
 
-que les samedis 24 et 31 décembre 2016 soient comptabilisés comme des journées entières de travail pour l’ensemble des agent-e-s qui étaient posté-e-s ces jours-là
-que ces samedis ouvrent des journées complètes de récupération pour l’ensemble des agent-e-s concerné-e-s par ce point réglementaire
 
Après avoir été forcé-e-s de travailler les samedis 24 et 31 décembre 2016, refusons de nous faire spolier dans le calcul du temps de travail et des jours de récupération !