Archives du mot-clé BnF

Au sujet de la reprise en phase 2

Courrier envoyé à la direction le 2 juin à la direction de la BnF, resté sans réponse, malgré une relance effectuée le 6 juin.

Notre organisation syndicale a pu constater des difficultés dans la communication de la procédure concernant les agent.es vulnérables. C’est pourquoi nous souhaiterions qu’une note très précise soit produite par la direction et diffusée à la fois dans les différents services et sur la page intranet de la BnF. Nous savons que des agent.es vulnérables sont programmé.es dès début juin dans certains services, ce qui montre que l’information à ce sujet a visiblement été insuffisamment diffusée. Si nous sommes bien d’accord que ce sont les agent.es qui doivent signaler leur vulnérabilité auprès de la médecine de prévention, il reste à la charge des encadrant.es de proximité de leur faire part de cette procédure. Pour rappel, le Ministère de la Culture a bien précisé que le rôle de conseil des médecins de prévention doit être rappelé aux agents tant par leurs encadrants que par des actions de communication interne notamment sur les situations de reprise d’activité en présentiel.

Nous avons  par ailleurs été informé.es que des agent.es demeurant loin de la BnF ont été sollicité.es pour une reprise dès la semaine du 8 juin dans certains départements sans que soit pris en compte leur éloignement de leur lieu de travail et pour des tâches qui n’ont aucun caractère prioritaire. De plus, il semblerait que certains agent.es de catégorie C soient revenu.es sur site pour effectuer du reclassement ou de la réintégration, ce qui ne constitue pas des tâches prioritaires au regard de ce qui a été défini en CHSCT par la direction elle-même, qui avait fait porter la priorité sur les tâches liées « aux flux ». Nous sommes également inquiet.es de la mise en application très variée et très large qui est faite dans les services de l’aménagement des horaires. D’ailleurs le message de la direction prête selon nous à confusion : les horaires décalés sont présentés comme une option alors que ce dispositif nous a été présenté comme une condition sine qua non à la reprise de journées complètes et à la sécurité sanitaires des agent.es. Cela ne nous semble pas aller dans le bon sens. Le Ministère de la Culture a indiqué lors du CSCHT du 26 mai que les horaires décalés doivent être privilégiés. Si la majorité des agent.es travaillent sur des horaires habituels, d’une part ils et elles sont exposé.es aux heures de pointe dans les transports, d’autre part, cela risque de créer une densité importante d’agent.es au sein des bâtiments, ce qui augmente le risque de contamination. Pourtant, la direction n’a cessé d’expliquer que le roulement des agent.es permettrait d’éviter des « embouteillages » dans des zones à risques, telles que les accès aux sites, les ascenseurs ou les sanitaires. Nous nous interrogeons donc sur l’organisation du travail mise en place au sein de l’établissement pendant cette période de déconfinement et souhaiterions que les instructions transmises aux encadrant.es nous soient transmises rapidement, comme nous l’avons déjà demandé en CHSCT et en CT.

Certains départements n’ont toujours pas communiqué de plannings précis aux agent.es sur leurs horaires et missions spécifiques alors que certain.es sont appelé.es à reprendre le travail dès le 2 juin. 

Enfin, nous vous demandons de transmettre à l’ensemble des organisations syndicales, le tableau des effectifs pour la phase 2, si ceux-ci ont subi une évolution.

Notre organisation syndicale tient à souligner que toutes les difficultés mentionnées ici ont déjà été soulevées lors des instances, et que nous ne pouvons que constater, une fois encore, le peu de considération que nous porte la direction de la BnF. L’opacité régnant pour les agent.es en cette période compliquée de déconfinement est inadmissible, mais malheureusement caractéristique. Elle conduit à des inégalités de traitement dommageables, et met en danger le personnel.

Courrier envoyé à la direction au sujet du nettoyage

Ce courrier, envoyé le 16 mai, est resté sans réponse, malgré une relance effectuée le 26 mai 2020

A l’attention du président du CHSCT,

Notre organisation syndicale demande à ce que les documents suivants soient transmis aux membres du CHSCT:

– liste des produits de nettoyage utilisés sur l’ensemble des sites, en phase 1 et 2

– listes des équipements individuels de protection mis à la disposition des salarié.es des sociétés de nettoyage de tous les sites ainsi que leur nombre, pour les phases 1 et 2.

– protocole de nettoyage et/ou désinfection pour tous les sites, phase 1 et 2

– planning de nettoyage et/ou désinfection des sites en phase 1 et 2- nombre d’agent.es présent.es sur chaque site par jour

BnF : Questions diverses SUD Culture au Comité Technique du 20 mai 2020

Questions diverses de la section SUD Culture de la BnF au Comité Technique du 20 mai 2020

(les questions n’ayant pu être abordées en instance, les réponses de la direction seront données par écrit)

  1. Concernant la DelCom.

Nous avions saisi le directeur général concernant des réunions réseaux sociaux et médiation organisées par la DelCom. La réponse apportée nous semble lacunaire, étant donné que la multiplication des réunions et les consignes qui y ont été données (notamment en terme de lieu des publications ou des thèmes de celles-ci) ressemblent à notre sens à une réorganisation interne qui ne dit pas son nom, et qui n’a pas fait l’objet de présentation ni au comité technique, ni dans le plan de continuité d’activité de la BnF. Nous demandons aussi la confirmation que les vidéos enregistrées illégalement ont bien été supprimées. Nous n’avons par ailleurs pas reçu de réponse concernant notre demande qu’une note de rappel concernant le respect de la vie privée des agent•es et de leur droit à l’image soit produite et diffusée à l’ensemble du personnel en indiquant qu’il est conseillé de quitter les réunions enregistrées, conformément aux consignes données.

  1. Cantine

Une communication par mail a été faite aux agent.es concernant la réservation des plateaux repas à la réouverture de la cantine. Nous sommes stupéfait-es d’apprendre que l’un des périphériques est maintenant obligatoirement une bouteille d’eau, ce qui nous semble être une restriction importante du choix des agent.es par rapport au contenu du plateau forfaitaire adopté habituellement pour la restauration collective à la BnF. Nous demandons à ce que le second périphérique soit de nouveau un choix possible, que ce soit une boisson, une entrée ou un dessert. L’eau est par ailleurs disponible gratuitement en temps normal dans l’enceinte de la BnF, par le biais de fontaines à eau et de lavabos, il nous semble déplacé de la rendre payante et obligatoire à la cantine. Si l’accès habituel ne peut pas être maintenu pour des raisons d’hygiène, nous demandons à ce que des bouteilles d’eau soient mises gracieusement à la disposition des agent.es.

  1. Travail à distance et frais engendrés.

Le travail à distance généralisé a pu entraîner des frais pour certain.es agent.es, la direction de la BnF prévoit-elle une compensation ?

  1. Droits syndicaux des agent.es.

Nous sommes étonnés de voir que la direction de la BnF n’a pas fait de propositions pour maintenir les droits syndicaux des agent.es. Par exemple, nous tenons à nous assurer que des HMI y compris en visio-conférence pourront toujours avoir lieu dans les conditions normales, c’est à dire sur temps de travail même à distance. Nous demandons aussi à ce qu’une liste de diffusion soit construite pour les syndicats, comme c’est déjà le cas en temps normal au Louvre par exemple. Nous réitérons aussi notre demande de mention des contacts internes et externes quand ils existent des organisations syndicales sur la page BnF/agents.

  1. Fermeture annuelle

Est-ce que la direction de la BnF envisage de maintenir la fermeture annuelle de septembre en 2020 ?

BnF : Déclaration liminaire au Comité Technique du 20 mai 2019

Intersyndicale BnF CGT-FSU-SUD

« Le gouvernement a promulgué le 15 avril 2020 une ordonnance visant à imposer, au titre de l’état d’urgence sanitaire, une série de congés aux agents de la Fonction Publique, sur le modèle d’une loi similaire appliquée en mars aux salariés du privé. Nos organisations syndicales condamnent fermement l’injustice de cette mesure, qui consiste ni plus ni moins à faire payer la grave crise sanitaire et sociale que nous traversons aux salariés. Les deux mois passés de confinement auront souvent incarné une dure épreuve qui ne peut en aucun être considérée comme des « vacances », notamment pour les plus fragiles et démunis d’entre nous. Par ce vol organisé de nos congés, ce sont donc des possibilités concrètes de repos, indispensables pour se ressourcer ou retrouver ses proches, qui sont confisquées aux agents et salariés désormais sommés de reprendre le travail. Nous déplorons également le fait que dans la Fonction Publique presque aucune marge de manœuvre n’ait été laissée aux négociations locales contrairement à ce qui a été appliqué dans le privé. Une fois de plus, le gouvernement montre son mépris pour les agents de la Fonction Publique, après des années de restrictions budgétaires et d’austérité ayant notamment pour conséquence le démantèlement des services publics de santé.

Cette attaque en règle d’un droit chèrement acquis grâce aux luttes sociales contient par ailleurs un fond inégalitaire insupportable, en divisant les agents selon leurs choix de cycles de travail et leur statut administratif. Or, les agents ne sont pas responsables de leur situation actuelle, notamment pour ceux et celles en obligation de garde d’enfant ou dont les tâches de travail ne sont pas effectuables à distance, ce qui concerne particulièrement les catégories C et les agents dont les missions sont liées à l’accueil du public.

Nos organisations syndicales, qui depuis désormais plus de 2 mois lancent l’alerte en dénonçant les décisions unilatérales de la direction et le non respect des instances représentatives du personnel, constatent que les consignes d’application de cette ordonnance circulent d’ores et déjà dans les services sans avoir été examinées en Comité Technique.  Cette situation est intolérable, notamment concernant l’application de l’ordonnance pour les agents en situation de télétravail ou assimilé, sur laquelle la direction a bien la main.

Nous demandons à la direction de stopper l’application de cette mesure pour le personnel en situation de télétravail ou assimilé. Il ne peut y avoir d’ « équité », selon les mots de la direction, face à une loi de fait antisociale. Nous demandons également à ce que s’arrêtent les diffusions de consignes de reprise dans les départements en amont des décisions prises en instance. Nous dénonçons enfin l’opacité déjà dénoncée autour de la mise en place du « travail à distance » et demandons le retour en instance de l’examen réel et préalable des conditions de travail et d’activité du personnel de la bibliothèque. »

Plan de reprise BnF : Compte rendu SUD Culture du CHSCT du 7 mai 2020

images4L’ordre du jour de CHSCT prévoyait l’examen des phases 1 et 2 du plan de reprise mais, la direction ayant programmé seulement une demi-journée pour ce premier CHSCT depuis le début du confinement, la phase 2 n’a pu être abordée et a été reportée au CHSCT du 18 mai. Notre organisation syndicale a demandé une prolongation de l’instance notamment parce qu’outre la phase 2, des points importants n’ont pas été traités tels que la procédure en cas de suspicion de contamination ou les fiches de préconisation sanitaire, pourtant communiquées depuis à l’ensemble des agent-es, sans que la direction accède à notre demande. L’instance a été menée, comme habituellement, au pas de course  et la direction a peiné à apporter des réponses sérieuses et précises aux nombreuses questions légitimes des organisations syndicales, se contentant souvent de passer au point suivant. C’est dans ce contexte d’empressement qu’elle a acculé le CHSCT à procéder au vote. Notre organisation syndicale et la FSU ont refusé de participer à cette mascarade  en refusant de  prendre part au vote tout en réitérant son opposition ferme à cette reprise. Depuis trop longtemps, la direction maltraite le CHSCT, le tenant pour une simple chambre d’enregistrement, écourtant les débats.  Pour SUD Culture, au contraire, tous les moyens doivent être donnés au CHSCT et les débats doivent être libres, non soumis à de permanentes et fallacieuses contraintes de temps. En outre, le plan de reprise avait déjà commencé à être diffusé dans les départements avant son examen en CHSCT (voir notre courrier à ce sujet) et des documents ont été envoyés trop tardivement aux membres du CHSCT, ce qui est inacceptable et contraire au règlement du CHSCT.

 La FSU et SUD Culture ont lu une déclaration liminaire commune (à lire ici)

Plan de reprise

Selon nous, le plan parvient à l’opposé de son objectif : il démontre la non-viabilité de la reprise.

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Non à une réouverture de la BnF au mépris du CHSCT,  de notre santé et de nos conditions de travail !

Sections FSU et SUD Culture Solidaires de la BnF
fsu@bnf.fr / sudbnf@hotmail.fr 

Communiqué

Le 10 mai 2020

- Paris Tolbiac-BNFPrès de 2 mois après la fermeture totale de ses sites, la Bibliothèque nationale de France annonce sa réouverture partielle au personnel à compter du 11 mai et la reprise d’une partie de ses activités. Sans prendre en compte le contexte sanitaire incontrôlable en Île-de-France, région parmi les plus touchées par le coronavirus, la direction marche sans surprise dans les pas du gouvernement en demandant à ses agent-es de retourner au travail.

Cette réouverture précipitée fait peser sur les personnels un risque sanitaire. En effet l’usage des transports en commun s’annonce particulièrement difficile en Île-de-France et le brassage inévitable de la population dans des espaces confinés expose les personnels à un fort risque de contamination. Ce déconfinement prématuré pourrait d’ailleurs engendrer une seconde vague épidémique, « risque sérieux » selon les mots même du premier ministre, qui pourrait amener la BnF à fermer de nouveau. Dans ces conditions, la décision de rouvrir la BnF est pour nous inacceptable : elle se ferait au détriment de la santé et de la sécurité des agent.es dont la direction a pourtant la responsabilité au regard du code du travail.

Du 11 mai à début juin ce sont donc des dizaines puis des centaines d’agent-es qui devront travailler sur sites, tandis qu’une partie du personnel sera elle invitée à rester en travail « à distance », tant que sa production sera jugée « acceptable ». Aux agent-es BnF prévu-es en présentiel s’ajoutent par ailleurs les dizaines de travailleurs et travailleuses des entreprises prestataires de service (nettoyage, sûreté, ouvrier-es du bâtiment, agent-es techniques…)   indispensables à cette remise en route prématurée et pour lesquel-les le plus grand flou règne en termes de garanties de protections.

Jeudi 7 mai – 4 jours avant la reprise et veille d’un week-end de 3 jours – s’est déroulé dans un contexte particulièrement chaotique le CHSCT consacré au « Plan de reprise de l’activité de la BnF ». Ce plan avait commencé à circuler dans les différentes directions en amont du CHSCT alors même que les membres de l’instance n’avaient reçu aucun ordre du jour, ni documents. Convocation et transmission hors délais des documents essentiels aux membres du Comité, documents lacunaires, protocoles absents, préconisations contradictoires ou inapplicables, autant d’éléments indiquant que toutes les conditions requises pour une reprise le 11 mai ne sont pas réunies. L’instance en ellemême n’a pas permis la levée de nombreux flous, incertitudes et contradictions, la direction s’avérant généralement incapable d’apporter des réponses précises et sérieuses aux nombreuses questions légitimes des organisations syndicales.

La philosophie générale du plan de reprise repose sur une inversion des rôles, la BnF tentant de faire porter la responsabilité de la prévention et de la sécurité qui lui incombe, aux agent.es. Pour preuve, cette absurde « attestation sur l’honneur » concernant la prise de connaissance des règles sanitaires et la dotation de chaque agent-e en masques que la BnF souhaitait faire signer aux agent.es au moment de leur reprise. Cette proposition a fait bondir les organisations syndicales qui en ont demandé solennellement le retrait, obtenu provisoirement.

Comme souvent, le dialogue social conçu par la direction a donc consisté à passer au plus vite à la question suivante afin de terminer la séance et de procéder au vote. Pourtant, des points importants n’ont pas été examinés tels que la procédure en cas de contamination. A ces écueils s’ajoutent le constat du délitement continu de la médecine de prévention dont les effectifs seront réduits dès le début du mois de juin, l’absence de réel plan de prévention des risques psychosociaux durant cette période particulièrement angoissante, une série d’incertitudes sur la distribution des différents types de masques …

C’est dans ces conditions de mépris du CHSCT, mépris qui n’est d’ailleurs  pas nouveau à la BnF, mais d’autant plus grave dans un contexte de pandémie mortelle, que nos organisations syndicales ont décidé de refuser de prendre part au vote du plan de reprise et ont rappelé leur opposition totale à une réouverture de la BnF. Notre désaccord, tant sur le fond de ce projet prématuré que sur sa forme incomplète et insatisfaisante – la seconde phase de mise en œuvre, inscrite à l’ordre du jour, n’a même pas été abordée – nous a imposé de refuser fermement de nous associer à une telle mascarade.

Nous rappelons également notre opposition ferme au vol de nos congés et aux dérives liées au flou entre travail à distance et télétravail dans cette période de crise sanitaire et sociale, qui ne doit pas être une antichambre de la casse du droit du travail. Nous dénonçons fermement les injonctions gouvernementales et patronales menant à envoyer, dès le 11 mai, des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs au casse-pipe dans le seul but de relancer à tout prix l’économie, quitte à prendre le risque de relancer l’épidémie.

Ils sont en guerre, nous sommes en lutte !
Non à la reprise à la BnF !

Le communiqué en format PDF :
Réouverture BnF_communiqué FSU_SUD


>>>Déclaration liminaire FSU SUD Culture CHSCT 7 mai:
>>>Courrier de SUD Culture à la présidente de la BnF sur le dialogue social :

BnF : Déclaration liminaire des organisations syndicales FSU et SUD Culture au CHSCT de « reprise » du 7 mai 2020.

Sections FSU et SUD Culture
de la Bibliothèque nationale de France

Déclaration liminaire au CHSCT BnF du 7 mai 2020

« Nous – organisations soussignées FSU et SUD Culture – prenons toute la mesure du contexte de pandémie mortelle qui frappe la population et en particulier ses composantes les plus fragiles et les plus démunies.

Un confinement a été soudainement décrété par le gouvernement le 16 mars dernier face à l’imminence d’une catastrophe sanitaire dont la survenue aurait, si elle n’avait été provisoirement enrayée, anéanti ce qui demeure d’un système de santé laminé par trente ans de politiques néo-libérales. Aujourd’hui, la décrue des cas de contamination et des décès est sensible mais encore insuffisante quand de nouvelles infections sont diagnostiquées par milliers chaque jour. En dépit de cela, le gouvernement a pris la décision de dé-confiner la population à partir du 11 mai, dans le but de la remettre au travail, en balayant toute incertitude et subordonnant la santé publique aux injonctions politiques et économiques exigeant le redémarrage coûte que coûte de la production.  

C’est dans un tel contexte extrêmement dangereux et incontrôlable que la décision d’appeler les agents à reprendre à marche forcée l’activité à la BnF, afin de pouvoir rouvrir l’établissement au début du mois de juillet, a été prise par la direction avec l’accord de ses tutelles. En outre, la direction semble considérer le CHSCT comme une simple chambre d’enregistrement. En effet, une partie du plan de reprise détaillé a commencé à circuler dans les départements bien en amont du CHSCT, alors même que celui-ci n’en avait aucun document, ni même un ordre du jour. De même, la date très tardive de la tenue de l’instance et très rapprochée de la réouverture de la BnF démontre le peu de considération de la direction pour les remarques des organisations syndicales. Pourtant, en pleine pandémie mortelle, le CHSCT n’a jamais eu autant d’importance et tous les moyens doivent lui être donnés pour exercer pleinement ses missions. 

La première question qui nous préoccupe concerne la possibilité de cette reprise notamment au regard de l’absence de réponse suffisante au problème des transports en Île de France. En effet, quelles que soient les annonces faites pour tenter de rassurer les usagers, chacun comprend, à l’instar des médecins qui seront potentiellement confrontés à la survenue d’une deuxième vague, que la saturation des transports franciliens dont le nombre sera réduit et dans lesquels les  gestes barrières seront quasiment impossible à exercer, est inévitable.

Du reste, les contraintes imposées par une multitude de facteurs ajoutés tels que la peur et l’angoisse, l’incertitude, le manque de repères, les incohérences incessantes des politiques publiques en matière de prévention constituent déjà un motif d’épuisement et de souffrance morale : qu’en sera-t-il s’il faut y ajouter les trajets pour aller et revenir du travail ? Combien de temps nos collègues pourront-ils tenir sous l’effet d’une telle pression alors que nombre d’entre-eux sont déjà au bout de leurs forces ?

Ce sont des dizaines puis des centaines de nos collègues, particulièrement celles et ceux qui ne peuvent pas télé-travailler, donc une partie conséquente des agent.es de catégorie C, qui n’auraient plus d’autre choix que d’être exposés au danger grave et imminent de l’infection au COVID19 et qui devraient risquer leur vie après avoir été fragilisés par deux mois de confinement – pour venir travailler sous la menace d’une contamination.  Une telle prise de risque, quand l’activité d’une bibliothèque encore fermée à ses publics ne constitue pas, d’évidence, une priorité nationale, est pour nous inacceptable.

Nous vous le disons sans la moindre hésitation : une reprise précipitée le 11 mai pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les agents publics dont vous avez la charge et la responsabilité. Le principe d’humanité qui fonde notre engagement syndical commande que nous vous demandions de surseoir à la reprise de l’activité de la BnF tant que des garanties solides établissant la décrue réelle et effective de la pandémie ne sont pas disponibles. »

Déclaration FSU SUD CHSCT BnF 7 mai 2020