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Bibliothèques ville de Paris : « Diminutions d’effectifs, précarité et brigade volante : quand la nef réduit sa voilure »

Communiqué SUD Paris Culture – SUD Collectivités Territoriales Paris

Chers collègues des bibliothèques, bonjour !

Si on vous dit qu’actuellement, la situation est tendue dans les bibliothèques du réseau, on suppose qu’on ne vous apprend rien ? En effet, les bibliothèques parisiennes  souffrent d’un sous-effectif chronique et d’une gestion du personnel qui consiste  davantage à déshabiller Pierre pour habiller Paul, qu’à réellement pourvoir les postes  vacants.

Depuis plusieurs années — alors qu’ont pris forme les projets de créations de grandes et  moyens établissements et d’ouvertures dominicales — le nombre d’agents titulaires est  en régulière diminution dans la filière bibliothèques, surtout en catégories B et A. En  moins 10 ans, nous avons perdu près de 17% d’agents à la DAC ! Seul le nombre d’agents  non-titulaires augmente, sans que cela permette pour autant de compenser la baisse  globale des effectifs.

En résulte des équipes qui fatiguent, obligées d’assurer leurs  missions en surrégime,  avec parfois pour conséquence l’impossibilité de poser des congés. Plusieurs cas de ce  type nous ont été rapportés sur le réseau, et c’est une pratique qui, en plus d’être  scandaleuse, est inquiétante.

Si assurer le service public n’est plus possible à cause du manque de personnel, il nous  semble plus cohérent de limiter les horaires d’ouverture (comme l’ont déjà fait certaines  bibliothèques) plutôt que de bloquer les congés des agents. Ce n’est pas à nous, le  personnel des bibliothèques, de payer les frais de la gestion calamiteuse des effectifs du  réseau !

On est là dans le double langage caractéristique de l’administration parisienne. D’un côté  la mairie se vante des extensions des horaires d’ouverture et notamment le  dimanche, de pratiques innovantes, de Qualiparis etc… et de l’autre, elle ne nous donne  pas les moyens de cette politique. En témoigne la fermeture dominicale, imposée durant  les vacances de Noël à des bibliothèques ouvrant les dimanches, et devenue  systématique depuis quelques années.

S’imaginer qu’on va pouvoir continuer de faire tourner nos établissements respectifs en l’état actuel des choses relève soit d’un manque cruel de sens commun, soit du plus total  mépris pour nos missions. La qualité de notre travail va tôt ou tard s’en ressentir, mais  est-ce encore au rang des préoccupations de nos tutelles ? On est légitimement en droit  d’en douter.

Combien de postes budgétés sont actuellement vacants sur le réseau ?

L’administration se garde bien de nous le dire. En septembre, SUD Paris culture a  demandé à ce que la mairie lui communique, d’une part, l’évolution des effectifs, par  catégorie et par établissement, sur les quinze dernières années, et d’autre part, les  documents relatifs aux projets d’ouvertures / fermetures de bibliothèques sur le réseau,  mais jusqu’ici sans obtenir de réponse (ni même un accusé de réception du reste).

À ces problèmes d’effectifs, la Mairie de Paris propose toujours la même solution : des contractuels, emplois précaires souvent à temps partiel, y compris pour répondre à des «  besoins permanents » !

Mis en place tels de jolis sparadraps afin de parer au plus pressé, ils ne résoudront pas, à terme, les problèmes chroniques de personnels. Si la mairie de Paris veut que les  établissements tournent bien et assurent leurs missions, qu’elle embauche !

Dernière trouvaille en date : la brigade volante, qui devrait voir le jour en 2018.

Voté au comité  technique du 11 octobre dernier (et bien aidé par l’abstention de la majorité des  organisations syndicales siégeantes), ce projet consiste à créer une « équipe de  remplacement », constituée d’une vingtaine de volontaires (huit avis de vacance sont parues à ce jour, accessibles sur Wikibib), postés sur une ou plusieurs bibliothèques à la  fois — les avis de vacance sont très vagues à ce propos (à dessein ?)

Ces personnes seront amenées à remplacer tout agent absent plus d’une semaine, et se  verront spécifier leurs postes au moins trois jours à l’avance. Ce qui ne manque pas de  saveur puisque, selon ces mêmes avis de vacance, elles devront répondre à des «  absences imprévues » !

Leurs postes de travail pourraient donc varier d’une semaine à l’autre en fonction des besoins des différents sites, sur des jours ouvrés du mardi au dimanche. En effet, cette  brigade sera amenée à travailler les dimanches à Hélène Berr et à Edmond Rostand (à  partir de janvier), pour y renforcer les équipes en poste. Les établissements d’ores et déjà  ouverts le dimanche (La Canopée, Duras, Sagan, Truffaut et Yourcenar), ne seront  pas concernés pour le moment.

Ces fiches de postes soulèvent quelques questions :
– Puisqu’on recrute pour cette brigade en ponctionnant les équipes existantes, qui va remplacer les remplaçants ? La brigade ne va-t-elle servir qu’à combler les trous que sa  création va occasionner ? Ce serait presque amusant si il ne s’agissait pas de notre  travail.
– Sur quels établissements les agents de cette brigade seront-ils affectés en l’absence de collègues à remplacer ? Le nombre de postes vacants est-il tel que le BBL sait d’ores et  déjà que ce cas de figure n’arrivera jamais ?
– Et du coup, que se passe-t-il pour leurs établissements d’accueil une fois qu’ils seront partis en remplacement ailleurs ?
– Dans quel mesure ces remplaçants pourront reprendre les projets / fonds des collègues absents ?
– Comment assurer, pour un responsable d’équipe, la gestion d’un effectif éclaté sur  plusieurs établissements ?

Autant de questions qui restent largement dans le flou.

Nous attendons de la Mairie et de la DAC qu’elles daignent enfin communiquer avec leur personnel plutôt que de jouer l’esquive, qu’elles éclaircissent les points que nous venons d’évoquer et qu’elles nous donnent les moyens de travailler dans de bonnes conditions.

Cela passera par plus de transparence dans la gestion du personnel ; par des recrutements sur concours ; par davantage d’attractivité du BBL auprès de la territoriale  ; par des mesures de résorption massive de la précarité.

Si la nef flotte mais ne coule pas, il ne fait aucun doute en revanche que la plupart des équipes ont déjà la tête sous l’eau !

SUD Paris Culture, samedi 9 décembre 2017

Contacts : sud.paris.culture@free.fr / sudvilledeparis@gmail.com

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L’AVENIR DU SITE RICHELIEU SE JOUE AUJOURD’HUI

Intersyndicale CGT FSU SUD Culture BnF

La pétition : « Pour Richelieu, ses collections, ses lecteurs et ses personnels » a connu un franc succès : en moins d’une semaine, plus de 200 personnes, soit plus de 2/3 des effectifs du site Richelieu ont signé cette pétition.

Un tel succès, et le fait que parmi les signataires l’ensemble des catégories de personnels, des corps de métier, et des départements soient représentés témoignent d’un ras-le-bol généralisé après 10 ans de travaux, d’une insatisfaction des conditions de travail en zone 1 et de vives inquiétudes sur l’avenir du site Richelieu.

Lors de la réunion du 1er décembre sur la programmation des espaces sur le site Richelieu à l’issue des travaux, une délégation d’une vingtaine de collègues remis la pétition à la direction de la BnF.

  • NON ! C’est la réponse de la direction à notre principale revendication : un desserrement des espaces par le maintien au sein de la BNF d’un ou de plusieurs des bâtiments attenants au site Richelieu (le bâtiment Louvois accueillant actuellement le département de la Musique, les bureaux du 61 rue Richelieu, la maison de l’Abbé Barthélémy)

Néanmoins, sous la pression des personnels et du succès de la pétition, la direction de la BNF a été contrainte de satisfaire deux des quatre exigences figurant sur celle-ci. Le 1er décembre, la Directrice Générale s’est en effet engagée devant les personnels et leurs représentant-e-s syndicaux à :

  • Opérer un retour d’expérience de tous les dysfonctionnements survenus en zone 1 et en particulier de ne pas renouveler le choix opéré pour la réouverture de la zone 1, à savoir redémarrer l’activité sans avoir testé suffisamment en amont équipements et installations et se contenter de résoudre au fil de l’eau et sur la durée les multiples problèmes techniques, ce qui depuis un an a dégradé les conditions de travail sur le site Richelieu
  • Associer plus étroitement que par le passé les personnels au projet scientifique et culturel et à la programmation des espaces
  • Si ces mesures vont dans le bon sens, elles sont néanmoins insuffisantes pour garantir de bonnes conditions de travail à la fin des travaux, car elles ne règlent pas le problème numéro 1 du projet Richelieu : l’exigüité des locaux dédiés aux personnels, aux documents et aux matériels, ce qui implique des fusions de salles de lecture et des problèmes pour les locaux de travail.
  • C’est désormais au Ministère de la Culture que se joue en grande partie l’avenir du site Richelieu, car lui seul a le pouvoir de décider de la conservation par la BnF des bâtiments attenants au site Richelieu.

Pour faire le point sur la situation et décider collectivement des moyens d’action à mettre en œuvre ; pour obtenir satisfaction sur l’ensemble des revendications portées par la pétition signée par plus de 200 agent-e-s :

VENEZ NOMBREUX à l’Assemblée générale

du mardi 19  décembre, 12h30-13h30, salle Richelieu 1

=> salle à droite de l’entrée principale

ONET toujours malhonnête et SNCF complice ! Soutien aux grévistes du nettoyage de la Gare SNCF de Saint-Denis !

ONET toujours malhonnête et SNCF complice !

Soutien aux grévistes du nettoyage de la Gare SNCF de Saint-Denis !

 Communiqué de la section SUD Culture de la BnF

Le 11 décembre 2017

Les salarié-e-s du nettoyage de l’entreprise H. Reinier-ONET du réseau SNCF Paris Nord et en particulier de la gare SNCF de Saint-Denis sont en grève depuis un mois, soutenu-e-s par le syndicat SUD Rail Paris Nord.

Depuis sa reprise du marché de nettoyage des gares du réseau SNCF Paris Nord, la Société H. Reinier du groupe ONET tente d’imposer à ses salarié-e-s une clause de mobilité dans leur contrat. Le but de celle-ci est d’imposer une flexibilité à outrance aux agent-e-s du nettoyage qui peuvent être amené-e-s à travailler d’une gare à l’autre, sans lieu de travail fixe et pratiquement sans leur consentement. Cette disposition légale est un des moyens régulièrement employés par les sociétés de nettoyage pour rentabiliser leurs embauches, sous couvert d’une flexibilité de l’emploi dont personne n’est dupe et dont nous savons qu’elle se pratique le plus souvent de façon abusive. Cette clause n’a d’autre conséquence que de dégrader les conditions d’emploi des salarié-es et permet au passage aux patrons de casser tout collectif de travail où certain-e-s agent-e-s auraient la mauvaise idée de s’organiser pour défendre leurs droits.

Nous savons aussi à la BnF que cette clause n’a pour objectif que d’organiser sous-effectifs et surcharge de travail sans dépenser un sou pour des embauches supplémentaires. Depuis plusieurs années, le retrait de cette clause des contrats des agent-e-s de nettoyage du site de Tolbiac est un combat récurent. En effet, à chaque renouvellement de marché (hier ONET, aujourd’hui SAMSIC) les prestataires de service tentent de la réimposer, bien que cette absence de clause de mobilité ait été gagnée il y a longtemps et conservée grâce à la lutte collective et à la vigilance de nos camarades salarié-e-s du nettoyage, organisé-e-s au sein de la section SUD Culture de la BnF.

 Les revendications des grévistes de H. Reinier-ONET des gares SNCF Paris Nord sont les suivantes :

 -l’annulation des clauses de mobilité

-la reprise de tous/tes les salarié-e-s dans la Convention Collective de la Manutention Ferroviaire

-une prime de panier (déjeuner) à 4 euros par jour

-une prime vacances de 70 euros

-le maintien des effectifs et des embauches en CDD et CDI pour tous les postes vacants

-la prolongation des mandats des représentant-e-s du personnel jusqu’aux prochaines élections professionnelles

Dans la nuit du 01 au 02 décembre, la police est intervenue à la demande de la SNCF en gare de Saint-Denis pour déloger le piquet de grève et permettre le nettoyage de la gare par d’autres agent-e-s. La SNCF a justifié cette intervention pour des raisons d’insalubrité, et de risques encourus pour les usagers/ères de la SNCF. Comme souvent, c’est quand on s’arrête de nettoyer que les donneurs d’ordre des marchés semblent réaliser que cette prestation est essentielle au service public !

La section SUD Culture de la BnF condamne fermement cette grave atteinte au droit de grève, visant à faire débarquer la police contre des salarié-es au lieu d’encourager des négociations dignes de ce nom ! De plus, il est intolérable qu’avec la complicité de la SNCF, la société H. Reinier-ONET recoure à des salarié-e-s intérimaires (et donc précaires) pour casser la grève légitime des agent-e-s en leur demandant de faire leur travail. Pire encore, des mesures de licenciement sont actuellement enclenchées contre certain-e-s grévistes.

Nous exigeons de la société H. Reinier qu’elle réponde positivement aux revendications des grévistes et qu’elle stoppe toute mesure de licenciement. Nous demandons aussi à la direction SNCF d’assumer sa responsabilité sociale de donneur d’ordre au lieu de se rendre complice d’une répression contre des salarié-e-s trop souvent exploité-e-s. Cette responsabilité passe par contraindre par tous les moyens la société H. Reinier-ONET aux négociations, et aussi à terme par réintégrer les salarié-es de la sous-traitance parmi le personnel statutaire de la SNCF !

Solidarité avec les grévistes du nettoyage des gares SNCF Paris nord et stop à la sous-traitance !

Voir la lettre des grévistes :

CONTRIBUEZ A LA CAISSE DE GREVE : Tous ensemble on est plus fort !

Par CB sur internet : https://www.lepotcommun.fr/pot/smk9h0kl /

Par Chèque : ordre « Syndicat Sud Rail de Paris Nord »à l’adresse du syndicat :39 Bis Boulevard de la Chapelle 75010 Paris

En espèces : directement sur le piquet à la Gare de St Denis (RER D)

Vidéo : « Les grévistes du nettoyage des gares SNCF vous demandent du soutien!» sur la page Facebook «Sud Rail Infra»

Réunion d’information syndicale aux « vacataires » de la BnF : Samedi 09 décembre 12h30-13h30

Réunion d’information syndicale aux « vacataires » de la BnF
Samedi 09 décembre 12h30-13h30
Fins de contrats / recrutement direct / accès à vos droits…

L’année 2017 a été marquée par plusieurs événements importants pour les « vacataires » de la BnF :

D’abord, l’organisation d’un recrutement direct de magasiniers/ères, qui a notamment été marqué par le non-respect d’un engagement de la direction et dont l’issue a été défavorable à une sortie de la précarité pour une grande majorité des précaires qui s’y sont inscrit-e-s (60% des candidat-e-s internes non reçu-e-s).

Cette année a aussi été marquée par le non remplacement de nombreux/ses « vacataires » sur besoin permanent (CDI/110h maximum). Cette situation engendre du sous-effectif dans les services et une plus grande précarité pour des agent-e-s embauché-e-s pour quelques mois et dont les fin de contrats approchent à grand pas.

D’autre part, la section SUD Culture de la BnF est intervenue à de nombreuses reprises cette année encore au sujet des droits des « vacataires » (indisponibilités, congés, etc…). Notre section syndicale a dû aussi relancer de nombreuses fois la direction concernant l’application complète du protocole de sortie de grève du 15 juillet 2016, qui est le fruit de la lutte de nombreux/ses « vacataires » au printemps 2016 et qui tarde de façon inadmissible à être pleinement mis en œuvre.

Nous proposons donc de faire ensemble le bilan de cette année afin de continuer notre action commune contre la précarité à la BnF, pour l’application de tous les droits des « vacataires » et aussi pour en gagner de nouveaux. Cette réunion sera l’occasion de présenter des informations importantes concernant les points sur lesquels nous intervenons régulièrement auprès de la direction :

Ordre du jour (qui peut être complété)

► Situation des « vacataires » en fin de contrat : que faire et quels sont vos droits ?

► Recrutement direct de magasiniers/ères :
– Retour sur l’exclusion de 20% des candidat-e-s internes dès l’admissibilité à l’oral et sur les 60% de candidat-e-s internes non reçu-e-s
– Informations pour les candidat-e-s admis-e-s (modalités de recrutement, appel de la liste complémentaire)

► Information sur le suivi du protocole de fin de grève du 15 juillet 2016 :
– Comptabilisation intégrale du temps de travail : point sur les avancées prévues pour 2018
– Passage à 110h pour les « vacataires » sur besoin permanent
– Création d’un volet interne aux recrutements directs organisés par la BnF

► Point sur les questions diverses portées par la section SUD Culture de la BnF :
– Indisponibilités des « vacataires » des Vestiaires
– Problèmes concernant la pause de congés, etc…

Pour en parler rdv Samedi 09 décembre :
12h30-13h30 / Locaux syndicaux Tolbiac T4/A2

Vous disposez d’une autorisation d’absence d’1h sur votre temps de travail (prévenez juste votre encadrement) / n’hésitez pas prévoir à votre sandwich au besoin !

« Vacataires » : informons-nous, organisons-nous !

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Action Publique 2022 : le « ni gauche, ni droite » appliqué au ministère de la culture

cropped-tc3a9lc3a9chargement.jpgSUD Culture Solidaires, le 20 novembre 2017.

Pour contrer l’opacité qui règne au sein du Ministère de la Culture, heureusement, des lanceurs/ses d’alerte existent ici, comme ailleurs. Même si Emmanuel Macron n’a pas manqué de fustiger les fonctionnaires « déloyaux » qui refusent d’obéir avec servilité, même si Françoise Nyssen entend une nouvelle fois se ridiculiser en portant plainte contre un « délit d’information », nous pouvons compter sur celles et ceux qui se font un honneur d’alerter les citoyen-nes sur ce qui se trame dans notre dos.

A la lecture de la lettre du cadrage adressée le 26 septembre par Édouard Philippe à ses ministres et secrétaires d’état, déclinant les fondamentaux du programme « Action Publique 2022 », nous avions anticipé les nouvelles attaques à venir contre le Fonction publique en général et contre la culture en particulier. La composition du Comité Action Publique, mêlant la fine fleur des experts de l’ultralibéralisme : économistes de l’ancienne commission Attali, ami-e-s plus ou moins proches d’Emmanuel Macron (énarques, banquiers, créateurs d’entreprises numériques, représentant-e-s de grands groupes immobiliers,…) et excluant tout responsable des services publics, syndicalistes, associations d’usagers, nous révèle bien ses objectifs : casser et privatiser ce qu’il reste des services publics. Les scénarios annoncés auront de quoi réjouir les anciens promoteurs de ces politiques mortifères : Sarkozy en a rêvé, Macron l’a fait !

L’intersyndicale Culture avait demandé la convocation d’un Comité de l’Administration centrale pour que celle-ci daigne nous présenter la méthode, le calendrier et les incidences sur la gestion des emplois d’« Action Publique 2022 ». En guise de document de travail, l’administration nous a envoyé un diaporama aseptisé reprenant les grandes lignes de la lettre du cadrage d’Édouard Philippe. Fort heureusement, entre-temps, nous avions pris connaissance de cette désormais fameuse « contribution du Ministère de la Culture aux travaux du CAP 2022 » (datée du 3 novembre), oh combien révélatrice, qui a « fuitée » dans la presse. C’est donc fort de ces informations que nous avons participé au comité technique convoqué ce 16 novembre. Étant entendu qu’il n’était pas question pour SUD Culture de se contenter de propos aussi lénifiants qu’indigestes. Mais bien que l’on nous explique qui avait rédigé et validé un document qui vise essentiellement à réduire toujours plus la voilure du ministère.

Prise les doigts dans le pot de confiture, l’administration ne nous a pas fait l’affront de l’ignorer. Mais, comme nous y attendions, le secrétaire général nous a ressorti le discours convenu de ses prédécesseurs qui n’ont eu de cesse, depuis les Stratégies Ministérielles de Réforme de la fin du XXè siècle, la Lolf, les transferts de missions aux collectivités locales, les deux RGPP, la MAP, la Revue des missions, les mesures de simplification, la réforme territoriale, de s’attaquer aux effectifs et aux missions de notre ministère. Il s’agit de moderniser et redonner du sens à l’action publique tout en faisant des économies. Il n’a eu de cesse de nous répéter que ce document était incomplet et tronqué et qu’en aucune manière, on ne pouvait le qualifier de document idéologique. C’est tout juste, s’il ne nous a pas vendu AP 2022 comme une session de rattrapage à la RGPP. Vous voyez bien que le ministère ne fonctionne pas bien, il nous faut bien une réforme de plus.

Ah bon ? Un projet qui s’appuie sur les suppressions de postes, les transferts aux collectivités territoriales, l’autonomie accentuée des établissements publics, la destruction de pans entiers de nos archives pour ne conserver que celles-dites « essentielles », des « gains » budgétaires, pour pouvoir répondre au sacro-saint dogme de la maîtrise des dépenses publiques,.. Tout ceci ne serait pas idéologique. Ah, oui pardon, ce n’est ni de gauche ni de droite. C’est « normal » comme aurait pu le dire un ancien président de la République.

Pour Sud Culture, cette « contribution », loin d’être « tronquée », répond bel et bien à la commande du gouvernement qui veut imposer de nouvelles orientations  à toute la fonction publique. L’administration aura beau habiller ses propositions du verbiage habituel « recentrer l’administration centrale », « élargir les publics », « améliorer l’efficacité opérationnelle », « offrir aux agents publics un environnement de travail modernisé » nous sommes depuis longtemps vaccinés contre l’usage de cette novlangue technocratique.

Pas un mot sur le dialogue social mais une démarche qui relève d’un rare cynisme : « conditions de succès : annonce rapide de la stratégie de transformation » peut-on lire ! Comme pour la « réforme » du code du travail, il faut aller vite, ne pas laisser le temps aux agent-e-s de s’organiser. Le calendrier infernal exigé par le premier ministre est ridicule : les propositions pour repenser notre ministère doivent être bouclées pour mars 2018 et la ministre devra présenter son plan de transformation  d’ici l’été 2018. A l’évidence, il ne s’agit pas de tirer des enseignements des réformes passées, de s’appuyer sur les rapports dûment argumentés de l’IGAC, encore moins favoriser la qualité de vie au travail et œuvrer pour un meilleur service rendu à l’usager/ère-citoyen-ne.

En appelant à notre responsabilité, le secrétaire général nous a proposé « de travailler en commun pour éviter qu’un autre scénario, autrement plus dur, nous soit imposé ». En clair, acceptons de nous couper ensemble un bras avant que le gouvernement nous coupe les deux !

Promis-juré, le plan de transformation ministériel sera travaillé avec les agent-e-s et leurs représentant-e-s. Des marges de négociation existant, ce document « officieux » sera bien évidemment amendé. Sur les questions précises des suppressions d’emplois et des chiffres annoncés, là aussi, tout est en discussion. Ne vous inquiétez pas, chères organisations syndicales, chers agent-e-s, nous allons vous écouter, il se peut que nous ne soyons pas d’accord à la fin mais nous vous aurons écouté.

Pour mieux nous entendre, la ministre, « qui est très pragmatique », fera une intervention lors du prochain CTM du 4 décembre. Ce sera le top départ de la concertation. Lors du premier trimestre, des groupes de travail thématiques seront réunis. Ceux-ci s’empareront des « réformes » proposées : Archives (comment archiver moins et rendre moins coûteuse la politique des Archives), Musées (qui veut de mon SCN : EP ou Collectivité ?), RH (après la centralisation de la paie, réfléchissons à sa déconcentration et enfin le SRH qui pourra mettre en place la GPEEC), Création (la sélectivité des aides à la création et la réinterrogation des cahiers des charges validés il y a un an avec la LCAP)…

C’en est assez ! Nous n’allons pas rester sidéré-es face à ce projet de casse du ministère !

A chaque changement de ministre, sa prétendue « modernisation ». Les agent-e-s sont épuisés de subir ces réformes technocratiques enrobées sous couvert de meilleur service au citoyen-ne et d’une meilleure attention aux attentes du public.

Oui, madame la ministre,  il nous faut enfin une vraie réforme qui prenne en compte les conditions de travail des agent-e-s, leurs rémunérations, leurs missions.

Un service public de la culture, ce n’est certainement pas vider ce ministère de tout sens et transformer votre administration centrale en simple machine à compter.

Un service public de la culture, ce n’est pas essayer perpétuellement de nous faire comprendre que les agent-e-s de la fonction publique sont un poids pour les finances publiques et que, sans eux et elles, le pays fonctionnerait tellement mieux.

Un service public de la culture, ce n’est pas confier ses clés à tous ceux et celles qui ne rêvent que d’en externaliser ou privatiser ses missions pour en tirer de futurs profits, ce n’est pas en confiant aux boites privés les nécessaires politiques de numérisation, gages de futurs juteux contrats, ce n’est pas en confiant la sauvegarde du patrimoine à un Stéphane Bern dont l’incompétence s’ajoute à sa capacité à injurier systématiquement, sans que vous y trouviez à redire, les agent-e-s du ministère et des DRAC.

Un service public de la culture, en ces temps troublés, comme vous l’avez exprimé, c’est un gain pour la société.

   Alors, ne multipliez pas les discours creux sur le nécessaire « développement d’un dialogue social de qualité basé de l’écoute et l’échange », la nécessité de « travailler sur le temps long » et patati et patata[1]

Mettez enfin vos paroles en accord avec vos actes ! A défaut, vous romprez définitivement le lien, déjà fortement fragilisé avec les agent-e-s de ce ministère. N’en doutez pas,  ils ne se contenteront sûrement pas de répondre épisodiquement à un questionnaire dit du « baromètre social » qui ne saurait tenir lieu de politique sociale !

[1]Nous vous renvoyons à votre intervention au CTM du 7 juillet

SUD Culture Solidaires
61, rue de Richelieu – 75002 PARIS / tel : 01.40.15.82.68 – fax : 01.40.15 .85.99
Mail : sud@culture.gouv.fr / Site : http://www.sud-culture.org/expressions/

QUEL AVENIR POUR LE CENTRE NATIONAL DU LIVRE ?

cropped-tc3a9lc3a9chargement.jpgCommuniqué SUD Culture Solidaires du 10/11/2017
Suite à la remise du rapport sur la lecture remis par Marie-Georges Buffet à la ministre  de la Culture, un point d’information sur la lecture publique a été fait au Comité Technique Ministériel.
Ce point a été pour notre organisation syndicale l’occasion de défendre le rôle important du CENTRE NATIONAL DU LIVRE (CNL), que ce rapport met justement en valeur. Car le CNL est un des maillons essentiels de la lecture publique et de la création littéraire. Il met ainsi en œuvre les politiques du ministère de la culture en la matière.
Or, depuis quelques années, le budget du CNL, qui provient de taxes affectées, taxes sur  le chiffre d’affaires des plus importantes maisons d’éditions et sur la vente d’appareils de  reprographie, est en baisse. Et les prévisions indiquent que cette baisse va sûrement s’accélérer à l’avenir.
Depuis 70 ans, le CNL par des bourses, des subventions ou des prêts, apporte son soutien  aux auteur-e-s, traducteurs/trices, éditeurs/trices, revues, librairies, bibliothèques, salons du livre…
Ainsi, en 2016, le CNL a aidé :
-Plus de 100 auteur-e-s dont Marcus Malte, Jean Hatzfeld, les traducteurs traduisant en  français ou du français en langues étrangères
– des éditeurs dont La Fabrique, le Temps des cerises, Présence Africaine, L’Atelier…  l’édition en grands caractères.
– des revues dont Agone, Les Cahiers Jaurès…
En s’appuyant sur les DRAC, il a aidé :
– des librairies pour la création, la reprise, l’agrandissement… ce qui représente 400 librairies aidées pour développer leur fonds….généralistes comme Violette and Co (Paris), Envie de lire (Ivry) ou spécialistes BD, Théâtre…, de St Chély d’Apcher, à St Denis de la Réunion… ; à l’étranger pour le rayonnement de la langue française en Tunisie, Laos,  Egypte…
Pour le ministère de la Culture, il gère les demandes de label pour la défense des  librairies indépendantes et de qualité.
– les bibliothèques dans les prisons comme Fleury Mérogis, en milieu hospitalier , le  public empêché dans les bibliothèques de lecture publique (handicap, dépendance),  éloigné dans les petites communes…
– la vie littéraire en France comme le Maghreb des livres, Quai du polar… Le CNL organise également «Partir en livre» pour le compte du ministère de la Culture, pour faire découvrir la lecture par les jeunes.
Le CNL défend de plus la rémunération des auteur-e-s lorsqu’ils/elles participent à une manifestation en l’exigeant des partenaires.
C’est pourquoi, au vu de l’importance de ces missions pour le service public de la lecture  et de l’activité littéraire, Sud Culture Solidaires :
-réaffirme avec force l’importance que tous les moyens humains et financiers nécessaires soient accordés au CNL, ce qui passe entre autre par de nouvelles sources de  financement pérennes ;
-demande que le personnel du CNL soit régulièrement tenu au  courant des recherches de financement ;
-que des réponses claires soient apportées sur la volonté de préserver la création littéraire et sa diffusion et que soient communiqués les  résultats de l’Inspection Collin et Kansel.

SUD Culture Solidaires
61, rue de Richelieu – 75002 PARIS / tel : 01.40.15.82.68 – fax : 01.40.15 .85.99
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Contre le chômage et la précarité, manifestation samedi 02 décembre, rendez-vous 14h place Stalingrad à Paris

CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ

Union syndicale Solidaires, le 21 novembre 2017

Le 2 décembre aura lieu la manifestation à l’appel des associations de chômeurs. L’Union syndicale Solidaires a fait de son soutien aux associations et de la solidarité avec les chômeurs et chômeuses un élément de ses orientations depuis longtemps. Cette année la journée aura un caractère particulier. Le gouvernement avec son projet de réforme de l’assurance chômage prépare de nouvelles attaques contre les droits de ceux et celles qui ont perdu un emploi, qui en cherche un ou qui risquent de se trouver dans cette situation un jour.

Parce que les confrontations se gagnent sur la durée, nous serons présent-es le 2 décembre

Nous avons été de toutes les mobilisations contre les ordonnances qui modifient le code du travail. L’une des raisons majeures de notre opposition à ces ordonnances est qu’elles organisent la facilitation des licenciements qu’ils soient individuels (indemnités prud’hommes, modifications qui s’imposent aux contrats de travail) ou collectifs (droit d’organiser des licenciements économiques dès lors que les entreprises font apparaître une difficulté économique en jouant sur leur organisation internationale). De plus, s’agissant de la précarité qui touche des emplois de plus en plus nombreux, il y a la possibilité d’étendre l’usage des CDD, de l’intérim… Tout cela rend la question du chômage et de son indemnisation d’actualité pour les salarié-es et le combat contre les projets de modification de l’assurance chômage est une continuité de notre mobilisation.

Parce que le remplacement par la CSG des cotisations chômage changerait notre régime de protection sociale

Le gouvernement envisage, sous couvert d’universalité du système, de mettre en place un régime d’assurance chômage pour tous et toutes y compris les non-salarié-es et basé sur la CSG. Il y aurait ainsi un régime « universel » mais à quel niveau ? et en plus un régime qui serait financé par les cotisations que paient (encore) les employeurs. Tout ceci porteen germe le risque de voir les cotisations patronales disparaître au profit de la seule CSG.

Parce que le chômage est structurel et ce n’est pas aux chômeurs et chômeuses de payer

Ce gouvernement comme les précédents a une politique qui favorise les plus riches et les entreprises, en considérant que celle-ci finira par créer des emplois… en parallèle, et sans que ces politiques n’aient rien donné jusqu’à présent, il est question du contrôle des chômeur-euses dans toutes les bouches gouvernementales et patronales. Ainsi ils entendent mettre en place une obligation de répondre positivement à des offres d’emploi jugées « équivalentes » sous peine de perdre ses droits à indemnisation.

Nous refusons le contrôle des chômeurs et chômeuses, nous voulons un service public de l’emploi qui soit une aide, pas un flicage.
Pour vaincre le chômage, réduction massive du temps de travail à 32 heures et embauches correspondantes.
Nous revendiquons la continuité des droits sociaux et du salaire entre deux emploi, par un statut correspondant.

TOUTES ET TOUS DANS LA RUE, SAMEDI 2 DÉCEMBRE

POUR PARIS, RENDEZ-VOUS 14H PLACE STALINGRAD

Un meeting aura lieu salle Henaff, bourse du travail rue Charlot, le 28 novembre à 19h

manif précarité 02 décembre 2017