Déclaration publique des vacataires de la BNF

Suite au samedi de grève du 09 avril, massivement suivi par les agent-e-s de la BnF et notamment les plus précaires, les vacataires de la BnF ont décidé d’appeler à la grève pour 2 samedis consécutifs, les 07 et 14 mai. Faute de réaction de la direction de la BnF ou du Ministère de la Culture malgré le succès de leur mobilisation, les agent-e-s ont décidé de reconduire la grève pour un 3ème samedi consécutif, aujourd’hui 21 mai.

Nos revendications restent en effet inchangées depuis plusieurs semaines :

Passage à 110h par mois non pas de 5 mais des 70 vacataires sur besoin permanent qui en ont fait la demande

Embauche et passage en CDI des vacataires sur besoins permanents

Appel rapide et intégral de la liste complémentaire du dernier recrutement direct de magasiniers/ères

Comptabilisation INTÉGRALE du temps de travail des vacataires

Résorption des sous-effectifs et arrêt des suppressions de postes (272 en 7 ans !) et hausse du budget de la BnF

Pour les vacataires de la BnF, 110h de travail mensuel cela veut dire gagner 900 euros par mois, ce qui correspond toujours à des salaires inférieurs au seuil de pauvreté mais représenterait pour eux et elles une augmentation de salaire non négligeable. Comment accepter de vivre avec un salaire de 650 ou 750 euros par mois, payer son loyer, ses factures, ses transports, gérer les dettes et les aides sociales, quand on stagne professionnellement depuis parfois de nombreuses années?

Le passage en CDI c’est gagner un peu de stabilité, pour faire face aux bailleurs, aux banques, et aussi pour éliminer l’angoisse des fins de contrat auxquelles les agent-e-s précaires sont particulièrement exposé-e-s.

Cette précarité que nous vivons génère en effet de la souffrance, du mal-être au travail et aussi de la démotivation. Quelle reconnaissance pour des collègues qui ont des années d’ancienneté mais que l’on maintient sur le banc de la touche et que l’on empêche d’évoluer ? Comment continuer à nous dire de préparer des concours au nombre de postes que tout le monde sait restreints, alors que nous sommes souvent tout aussi professionnel-le-s que nos collègues titulaires ?

L’appel rapide et intégrale de la liste de complémentaire, c’est permettre à quelques collègues vacataires (et sans doute à des précaires extérieur-e-s à la BNF) de sortir enfin de la précarité. C’est aussi donner une bouffée d’oxygène aux équipes de magasinage en attente de vrais renforts pour faire face aux sous-effectifs.

Demander à ce que le temps de travail des vacataires de service public soit entièrement comptabilisé pour mettre fin au travail gratuit, ce n’est que demander la fin de pratiques que personne n’oserait s’appliquer à soi-même et qui sont indignes de notre établissement.

Au final, c’est pour toute la BnF que ces mesures sont nécessaires, car nos collègues ont de plus en plus de difficultés à remplir leurs missions de service public du fait des sous-effectif et de la baisse du budget.

Depuis le 04 mai dernier, la direction de la BnF n’a à aucun moment cherché à prendre contact avec les organisations syndicales pour tenter d’ouvrir des négociations sur des revendications pourtant portées depuis plusieurs mois. Hier soir, le Ministère de la Culture a enfin daigné répondre à nos nombreux messages en nous disant que nous serons reçu-e-s prochainement.

En attendant cette rencontre dont nous espérons qu’elle sera constructive, les « vacataires » de la BnF, soutenu-e-s par l’ensemble de leurs collègues, les organisations syndicales ainsi que les représentant-e-s des lecteurs/trices de la BnF, restent plus que jamais déterminé-es à obtenir la satisfaction de leurs revendications.

 

 

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